[00:00:00] Speaker 1: C'est le rendez-vous diplomatique de ce vendredi en ce qui concerne la guerre entre la Russie et l'Ukraine. Les deux parties se rencontrent à Abu Dhabi, aux côtés des États-Unis. Une trilatérale donc pour faire avancer des négociations de paix entamées depuis quelques temps et qui n'ont jusqu'ici abouti à rien, selon Volodymyr Zelensky, qui s'exprimait depuis Davos. Un accord a été trouvé avec les Américains sur la garantie de sécurité à l'Ukraine. Avec nous, en duplex de Kiev, notre correspondant Gulliver Krag. Bonjour Gulliver, que sait-on de ces garanties de sécurité évoquées par Volodymyr Zelensky ? En quoi consistent-elles ?
[00:00:35] Speaker 2: Eh bien justement, on en sait très peu et c'est pour cela qu'il y a à Kiev beaucoup de scepticisme sur l'accord qu'ils disent a été trouvé. On avait proposé il y a une semaine, je pense, que Zelensky n'irait à Davos pour rencontrer Donald Trump que s'il y avait un document qui... Il serait déjà prêt à signer. Eh bien ils n'ont rien signé. Ils ont dit que l'accord est prêt mais qu'il faut attendre d'abord un accord de paix avec la Russie et cet accord de paix avec la Russie est toujours aussi loin parce que même si, comme le dit Steve Witkoff, il y a toujours seulement un point vraiment qui bloque, c'est un point sur lequel les positions des deux côtés sont complètement irréconciliables. C'est la question de la cession du reste de la région de Donetsk dans le Donbass que la Russie réclame et que l'Ukraine refuse.
[00:01:25] Speaker 1: La question. C'est la question territoriale qui reste centrale, dit la Russie. Par ailleurs, Gulliver, Volodymyr Zelensky s'est montré très critique envers les Européens à Davos. Quelques réactions à Kiev?
[00:01:40] Speaker 2: Je n'ai pas vu de réaction à Kiev, mais je pense que Volodymyr Zelensky, dans sa critique à l'Europe, a sans doute voulu plaire aux Américains. Il dit en réalité des choses que l'Ukraine dit depuis longtemps sur la nécessité que l'Europe, prend en charge sa sécurité, pense beaucoup plus sérieusement aux besoins d'investir dans la défense. Et peut-être qu'il avait déjà prévenu même les dirigeants européens, qui sont ses alliés aussi, qu'il allait y aller de manière assez dure cette fois-ci. Peut-être parce qu'il pense qu'il est essentiel de se montrer quelque part du côté des Américains qui sont eux aussi très critiques envers l'Europe. Et notamment le vice-président J.D. Vance, il y a des inquiétudes en Ukraine sur ce qui va se passer, si jamais Donald Trump ne va pas jusqu'au bout de son mandat et que J.D. Vance, si farouchement anti-européen, devient président des États-Unis. Alors je pense qu'il y a un calcul là-dedans et que le calcul a aussi été que les Européens ne s'offusqueraient pas tant que ça, puisqu'ils comprendraient la nécessité pour l'Ukraine de garder les États-Unis un tant soit peu de leur côté. Mais sur le fond, je pense qu'il y a une différence dans ce que j'entends dire par des officiels en Ukraine, et ce que l'on peut entendre dire en Europe sur Donald Trump. En Europe, il y a de l'étonnement, du dégoût par rapport à comment le président des États-Unis ment tout le temps, etc. Et en Ukraine, malgré le danger dans lequel Donald Trump a mis l'Ukraine en réduisant l'aide américaine et avec ses négociations avec la Russie qui semble si souvent favoriser la Russie, tout de même, je pense que sur le fond, Donald Trump n'est que l'incarnation d'une tendance qui existe déjà aux États-Unis, et qu'ils n'ont pas tort de dire que l'Europe ne peut plus dépendre des États-Unis pour sa sécurité. Et même sur la question du Groenland, interprétée par beaucoup en Europe comme simplement une fantaisie de Donald Trump par sa mégalomanie pour agrandir les États-Unis, les Ukrainiens prennent beaucoup plus au sérieux le besoin d'urgencement renforcer la sécurité dans l'Arctique. Et même si le Groenland ne serait peut-être pas la priorité par rapport à l'Alaska ou le Canada, ils disent que ce n'est tout de même peut-être pas une mauvaise chose. Si les Européens sont forcés à investir dans la sécurité de l'Arctique aussi. Donc, quelque part, il y a cette communauté d'idées entre les Ukrainiens et les Américains qui est peut-être un petit peu plus présente qu'entre les Européens et les Américains en ce moment. Merci beaucoup, Gulliver Craig à Kiev.
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