AFCON in Morocco: strong hosting, refereeing controversy (Full Transcript)

Morocco’s AFCON staging drew praise, but the Morocco–Senegal final’s chaotic refereeing and sideline incidents exposed CAF governance gaps.
Download Transcript (DOCX)
Speakers
add Add new speaker

[00:00:00] Speaker 1: — Bonsoir, Xavier. — Bonsoir. — Merci d'être là ce soir, chroniqueur sur RFI et sur France 24. D'abord, que peut-on retenir de cette Coupe d'Afrique des nations, son organisation au Maroc ? Quel bilan ?

[00:00:13] Speaker 2: — Globalement, elle a été bien organisée. Mais on n'est pas surpris. Le Maroc, c'est un pays qui a considérablement développé ses infrastructures ces dernières années. Il y a le TGV, il y a des hôtels pour accueillir des millions de touristes chaque année. Donc on n'est pas surpris que le Maroc soit capable d'organiser correctement une Coupe d'Afrique des nations, même avec 24 pays, ce qui est quand même un plateau assez important. En revanche, où il y a eu des couacs dans l'organisation, et ça, c'est pas complètement dépendant du Maroc. C'est plutôt le rôle de la Confédération africaine de veiller à ce que tout se passe bien. C'est au niveau de l'arbitrage et de l'environnement lié à l'arbitrage. Et on en a eu un terrible exemple hier soir avec toute la cacophonie qui a entouré la fin de cette finale.

[00:00:50] Speaker 1: Comment est-ce que vous qualifiez justement cette finale Maroc-Sénégal ? Est-ce que vous parlez de fiasco, de chaos ? Est-ce qu'elle a vraiment terni le travail des Marocains ?

[00:00:58] Speaker 2: La fin de cette finale, parce que la grande partie du match était très intéressante. C'était un match de haut niveau avec deux très bonnes équipes qui sont les deux meilleures équipes africaines au classement mondial FIFA. Donc on avait vraiment un match de haut niveau, même si le score était toujours de 0-0. Mais c'est effectivement cette fin de finale, ou en tout cas la fin du temps réglementaire, comme vous l'évoquiez en présentation, qui a été très mal gérée par l'arbitre congolais, M. Jean-Jacques Ndala, mais qui n'était pas entouré non plus. On ne l'a pas senti soutenu. Et donc du coup, il a été complètement dépassé par les événements. Il s'est passé plein de choses lors de cette finale qu'on n'a pas forcément vu en direct. On a vu des images depuis. Il y a eu plein de petites tracasseries autour du Sénégal. Il y a la fameuse histoire des serviettes.

[00:01:34] Speaker 1: Oui, alors justement, ça fait le buzz sur les réseaux sociaux.

[00:01:37] Speaker 2: Alors racontez-nous. Absolument. Déjà en demi-finale, pour le Nigeria, à l'occasion du match contre le Nigeria, il y avait des ramasseurs de balles marocains qui s'amusaient à aller piquer les serviettes du gardien. Comme il pleut beaucoup. Les gardiens ont besoin de s'essuyer les mains, s'essuyer la figure. Ils ne pouvaient pas. Chaque fois, sa serviette était piquée par les ramasseurs de balles. Donc l'entraîneur sénégalais, Pape Thiao, on dit souvent que ça se joue à des détails à ce niveau-là. Il a mis le deuxième gardien, le gardien remplaçant, Yévan Diouf, qui est gardien professionnel à Nice en France. Il l'a mis à côté du gardien titulaire dans le but pour qu'il puisse garder la serviette. Vous vous rendez compte le grotesque de la situation ? Et malgré cela, on a eu quand même, on voit sur les images, on a eu des ramasseurs de balles qui sont venus essayer d'arracher la serviette. Au gardien, Yévan Diouf. Et ça, alors que l'arbitre était en train de diriger la partie, puisque le jeu continuait. Donc là, il y a un manque évident de la part de l'organisation et notamment de la Confédération africaine pour faire respecter la sécurité et l'ordre autour du terrain. Donc ça, c'est des images tout à fait scandaleuses qui vont se retourner forcément contre les Marocains, parce que c'est quand même eux qui accueillaient et qui avaient la responsabilité, sous l'égide de la Confédération africaine, de s'assurer que ce match se déroule dans de bonnes conditions.

[00:02:49] Speaker 1: – Et en même temps, on apprend que la Fédération royale marocaine de foot a annoncé qu'elle allait porter plainte auprès de la Fédération internationale de foot sur justement l'arbitrage, les manipulations du corps arbitral. Ça va loin ?

[00:03:01] Speaker 2: – Oui, parce qu'il y a effectivement beaucoup d'intox dans toute cette affaire. Bon, il faut savoir aussi que la Confédération africaine, vous savez quand on parle de l'arbitrage, par exemple à la FIFA, pendant longtemps, ça a été un arbitre italien bien connu qui incarnait l'arbitrage. Il y avait une figure forte pour faire respecter l'arbitrage. En Europe, c'est d'ailleurs aussi un Italien, Cero Sato, qui, Rosetti, qui incarne l'arbitrage. Donc il y a des personnalités fortes. En Afrique, ce n'est pas le cas. Là, ils ont changé il y a un an. C'était un Ivoirien qui a été débarqué. On a mis à sa place un Malien. Puis en fait, celui qui décidait, c'était un Camerounais. Donc l'arbitrage n'est pas… – C'est quoi ?

[00:03:34] Speaker 1: C'est de l'amateurisme ?

[00:03:35] Speaker 2: C'est un manque de professionnalisme ? – Non, c'est que l'arbitrage n'est pas assez indépendant. Il est trop sous influence des pouvoirs politiques. – Donc là, c'est pire, ce que vous dites. – Bien sûr. Donc du coup, il y a besoin que l'arbitrage en Afrique soit incarné. Par des personnalités fortes. Et que quand l'arbitre prend une décision, elle soit respectée. Hier, M. Jean-Jacques Ndala s'est retrouvé tout seul, alors qu'il était complètement débordé. Il n'a pas pu aller sanctionner ses ramasseurs de balles, y compris un joueur marocain, Saïbari, qui joue au PSV Eindhoven aux Pays-Bas, qui était là pour empêcher le deuxième gardien sénégalais de donner la serviette à son gardien. Saïbari, il n'avait rien à faire là. Il aurait dû être expulsé par l'arbitre. Mais l'arbitre n'a pas pu s'occuper de ça. Donc après, quand il y a cette fameuse scène où les Sénégalais… Les Sénégalais décident de quitter le terrain, effectivement, ils sont hors loi la loi. Parce que normalement, ils n'ont pas le droit. A partir du moment où ils s'en vont, ils ne sont pas tous sortis. C'est ça qui les sauve. Et notamment Sadio Mane, qui a eu l'intelligence de rester sur le terrain et de rappeler ses coéquipiers pour leur dire « on va jouer le coup à fond » et peut-être même que ce pénalty ne va pas être marqué, ce qui s'est passé. Mais à ce moment-là, normalement, il doit prendre une décision forte, effectivement, ce qu'il n'a pas fait parce qu'il était dépassé, mais il n'était pas vraiment aidé dans cette situation.

[00:04:48] Speaker 1: – Mais quelle leçon ?

[00:04:50] Speaker 2: – Que malheureusement, malgré tous les efforts qu'ont fait les Marocains pour offrir des beaux stades, des belles infrastructures, et là encore une fois, on n'est pas surpris parce que c'est un pays très moderne, le football africain, en général, n'est pas encore assez mature pour gérer ce genre de situation. – Il n'est pas rentré dans une nouvelle ère ? – Pas encore, pas encore. Malgré la présidence de M. Motsepe, qui est un homme d'affaires sud-africain, qui essaye de dédramatiser un certain nombre de choses, il y a encore des progrès à faire pour justement obtenir ce respect de tout le monde auquel ils aspirent légitimement. Et donc pour ça, il faut encore que la Confédération africaine renforce ses structures, que les pays organisateurs des Coupes d'Afrique des Nations acceptent le fait que parfois l'organisateur ne gagne pas. C'est la première fois hier que le pays organisateur, sur les sept dernières Coupes d'Afrique des Nations où le pays organisateur était en finale, c'est la première fois qu'il ne gagne pas hors pénalty. C'est arrivé une fois, le Nigeria en 2000, qui avait été battu au pénalty. C'est arrivé aussi de la Libye de Kadhafi en 1982, qui avait été battu au pénalty. Sinon, le pays organisateur, quand il est en finale, il gagne.

[00:05:51] Speaker 1: Et là, c'est la première fois. – La déception d'autant plus grande des Marocains. – Absolument. – Pour les Marocains, c'est terrible.

[00:05:56] Speaker 2: – Alors c'était une finale historique, mais malheureusement, le cadre fait que c'est une finale. Et le sélectionneur marocain, Walid Regradi, qui est quelqu'un d'extrêmement réfléchi, l'a dit, c'est une mauvaise publicité pour le football africain. Et il en était désolé, parce qu'il aurait vraiment voulu que ça se termine bien sûr autrement pour son équipe, avec une victoire. Mais surtout qu'il n'y ait pas ce scénario un peu grotesque à la fin de cette finale.

[00:06:16] Speaker 1: – C'est tout de même la joie pour les Sénégalais.

[00:06:18] Speaker 2: – Bien sûr, évidemment. Parce qu'en plus, c'est une très belle équipe du Sénégal, qui va rencontrer la France au premier tour de la prochaine Coupe du Monde. Donc ça va être difficile pour les Bleus, parce que c'est vraiment une très très belle équipe. Ils travaillent dans la continuité. Le sélectionneur a changé, mais les cadres restent les mêmes. Sadio Mane, qui est le meilleur joueur de la compétition. Idrissa Ghanaguei, qui était le capitaine. Khalilou Koulibaly, le chef de la défense, lui, était suspendu pour cette finale. Il n'a pas pu jouer, mais malgré ses absences, le Sénégal tient la route, parce que c'est une équipe qui s'est constituée dans la continuité, avec beaucoup de jeunes joueurs qui se sont intégrés petit à petit dans ce groupe, qui sont capables de prendre le relais, qui sont capables de prendre des responsabilités. C'est une équipe, encore une fois, qui va être très difficile à battre pour l'équipe de France au premier tour de la prochaine Coupe du Monde.

[00:07:00] Speaker 1: – Et nous irons d'ailleurs à Dakar retrouver notre correspondant dans une dizaine de minutes. Merci beaucoup, Xavier Barré, d'avoir été avec nous. Chroniqueur sur RFI et sur France 24. Voilà ce qu'on pouvait dire de la Cannes. – Sous-titrage FR –

ai AI Insights
Arow Summary
Interview about the Africa Cup of Nations hosted in Morocco. Overall organization and infrastructure were strong, but major issues arose around refereeing and match management, especially at the end of the Morocco–Senegal final. The commentator cites incidents like ball boys stealing goalkeepers’ towels and insufficient control around the pitch, blaming weak CAF structures and lack of independent, authoritative refereeing leadership. The referee (Jean-Jacques Ndala) appeared unsupported and overwhelmed during a chaotic sequence involving Senegal briefly leaving the pitch and a missed penalty. The episode is framed as bad publicity for African football despite Morocco’s modern venues. Senegal’s victory is still celebrated; the team is praised for continuity and strength ahead of a World Cup group match vs France.
Arow Title
Morocco-hosted AFCON praised, but final marred by refereeing chaos
Arow Keywords
AFCON Remove
Morocco Remove
Senegal Remove
final Remove
organization Remove
infrastructure Remove
CAF Remove
refereeing Remove
Jean-Jacques Ndala Remove
ball boys Remove
towel incident Remove
pitch security Remove
political influence Remove
Sadio Mané Remove
Walid Regragui Remove
penalty Remove
controversy Remove
African football governance Remove
World Cup France vs Senegal Remove
Arow Key Takeaways
  • Morocco’s hosting and infrastructure are widely viewed as successful for a 24-team AFCON.
  • Organizational failures centered on refereeing environment and match control rather than logistics.
  • Incidents involving ball boys interfering (stealing towels) highlighted weak sideline security and oversight.
  • CAF’s refereeing structures are portrayed as lacking independence and strong leadership, vulnerable to political influence.
  • The referee in the final appeared isolated and overwhelmed, contributing to a chaotic end to regulation time.
  • The controversy is described as damaging publicity for African football despite progress.
  • Senegal’s victory underscores team continuity and depth; they are projected as a tough opponent for France at the World Cup.
Arow Sentiments
Neutral: Balanced assessment: praise for Morocco’s infrastructure and hosting capabilities, but strong criticism of refereeing governance and on-field disorder; ends with positive notes about Senegal’s team quality.
Arow Enter your query
{{ secondsToHumanTime(time) }}
Back
Forward
{{ Math.round(speed * 100) / 100 }}x
{{ secondsToHumanTime(duration) }}
close
New speaker
Add speaker
close
Edit speaker
Save changes
close
Share Transcript