[00:00:00] Speaker 1: C'est l'heure du journal de l'Afrique. Soyez les bienvenus sur France 24 à la une ce soir. La filière cacao au bord de la crise. En Côte d'Ivoire, des milliers de tonnes de fèves s'entassent dans les entrepôts et aux abords des ports du pays. Depuis le mois de novembre, les autorités se sont engagées à racheter les stocks aux producteurs. Reportage à suivre. La condamnation de deux journalistes en Tunisie, Borhan Psaïs et Mourad Zridi. Ils ont été condamnés à trois ans et demi de prison ferme pour blanchiment d'argent et délit fiscal. Nous serons à Tunis dans ce journal. L'appel à l'apaisement d'Ousmane Sonko après la victoire du Sénégal dimanche à la Coupe d'Afrique des Nations. Une victoire à l'issue d'un match chaotique. Le Premier ministre sénégalais qui s'est entretenu avec son homologue marocain dit suivre de près la situation des supporters sénégalais interpellés à Rabat. Nous serons à Dakar dans ce journal. La filière cacao en crise en Côte d'Ivoire. Son cours a chuté mais le prix fixé par l'État ne baisse pas. Du coup, des milliers de tonnes de cacao ne trouvent plus d'acheteurs et s'entassent dans les entrepôts. L'État s'est engagé à racheter le stock mais l'État et les syndicats ne sont pas d'accord sur le volume de cacao entassé dans ces entrepôts. Reportage de Julia Guggenheim.
[00:01:20] Speaker 2: C'est une attente insupportable. Depuis deux mois, pas un kilo de cacao produit par les planteurs.
[00:01:28] Speaker 3: Le stockage de cette coopérative n'a pu être vendu.
[00:01:40] Speaker 4: Ce blocage touche tout le pays.
[00:01:46] Speaker 2: Premier producteur mondial où une personne sur quatre dépend des revenus du cacao pour vivre. Si le ministère de l'Agriculture s'est engagé ce mardi à racheter, le cacao aux coopératives, le coût de cette attente se fait déjà sentir.
[00:02:01] Speaker 4: Il y a des risques de moisissus. Donc on est obligé à chaque fois de faire sortir le cacao séché et puis remettre dans les sacs pour venir paléter encore. Donc tout ça, ça demande encore de l'argent. Il y a aussi le risque de vol parce que nous-mêmes, nous avons été victimes de vol dans le mois de novembre. Nous avons perdu beaucoup de cacao.
[00:02:19] Speaker 2: 100 tonnes de cacao sont stockées ici en attendant d'être vendues. Mais ce chiffre ne représente qu'un tiers. Un tiers de la production des planteurs. Certains ont bradé leur stock hors des circuits légaux, tandis que d'autres se résignent à voir leurs fèves pourrir sur les arbres.
[00:02:36] Speaker 3: Tout ça là, c'est des cabosses perdues que nous allons jeter. À cause du manque d'argent, on n'a pas pu payer la main-d'œuvre et puis les produits d'entretien.
[00:02:50] Speaker 2: Derrière cette crise, un problème d'argent alors que le prix du kilo de cacao a été fixé au montant record de 2800 francs CFA, le cours du cacao, lui, a chuté sur les marchés internationaux.
[00:03:02] Speaker 5: Les CCC ont préféré, au lieu de vendre le cacao aux multinationales qui ont les moyens, ils ont préféré vendre tous les volumes aux nationaux pour leurs intérêts économiques. Or, à ces dons qu'ils ont vendus ce cacao, ils n'ont pas les moyens financiers pour l'acheter.
[00:03:22] Speaker 2: Le stock actuellement bloqué est estimé à 700 000 tonnes. Par ce syndicat, un chiffre que démonne le ministère de l'Agriculture qui s'est engagé à racheter 130 000 tonnes.
[00:03:34] Speaker 1: La condamnation de deux journalistes en Tunisie, Borham Seyye et Mourad Zridi, ils ont écopé de trois ans et demi de prison ferme. La justice reproche à Mourad Zridi, journaliste franco-tunisien, un délit fiscal et du blanchiment d'argent. On retrouve tout de suite notre correspondante à Tunis, Lilia Blaise. Lilia, bonsoir. Mourad Zridi aurait dû être libéré au mois de janvier. Il est de nouveau condamné.
[00:03:59] Speaker 6: Alors oui, il faut préciser que lui et Borham Seyye sont en prison depuis le 11 mai 2024 et avaient déjà purgé une peine de huit mois d'emprisonnement avant de faire de nouveau l'objet d'un mandat de dépôt dans le cadre de cette enquête de délit fiscal et de soupçon de blanchiment d'argent, d'où le fait qu'ils étaient encore en détention dans l'attente de leur procès. Pour rappel, ils étaient tous les deux animateurs de l'émission de radio de grande écoute appelée « L'émission impossible », une émission politique, jusqu'à leur arrestation il y a presque deux ans. Alors depuis plusieurs mois, ils réclamaient une mise en liberté conditionnelle, notamment parce que leur défense argumente que si irrégularité fiscale il y a, ces problèmes peuvent être réglés pendant qu'ils sont en liberté. Cette remise en liberté conditionnelle avait déjà été refusée le 5 janvier dernier et le procès, lui, s'est achevé ce jeudi avec les interrogatoires déprévenus par la juge, avec ce verdict, trois ans et demi de prison, un coup de massue, selon les mots de la sœur de Mourad Zridi, Meryam, que j'ai pu avoir au téléphone juste après l'annonce du verdict. Elle gardait un mince espoir qu'il soit remis en liberté, notamment parce que début janvier, il y a eu la libération de plusieurs cadres humanitaires, la semaine dernière, la libération de la journaliste Shadaha Jambarek et en novembre dernier, la libération de l'avocate et chroniqueuse Sonia Dahmeni, qui avait été arrêtée et emprisonnée. Même jour que Mourad Zridi et Borham Sayes. Aujourd'hui, l'ONG Reporters sans frontières dénonce un réel acharnement judiciaire dans un communiqué qui avait été publié la veille de l'audience et les avocats des deux journalistes comptent faire appel du jugement.
[00:05:40] Speaker 1: Merci beaucoup Lilia Blaise, notre correspondante à Tunis. Merci pour tous ces détails. En Guinée-Bissau, deux mois après le coup d'État qui a interrompu le processus électoral, les militaires au pouvoir annoncent un calendrier électoral. Les élections présidentielles et législatives sont fixées au 6 décembre 2026 par un décret. La correspondance régionale d'Aminat Oudialo.
[00:06:02] Speaker 7: Les conditions nécessaires à l'organisation d'élections libres, justes et transparentes sont réunies. Peut-on lire dans le décret signé par le président de transition, le général Hortantam a consulté le haut commandement militaire et le conseil national de transition pour fixer les élections législatives et présidentielles au 6 décembre 2026, nous apprend le texte. Cette annonce intervient dans un communiqué. Dans un contexte politique tendu, plusieurs organisations de la société civile dénoncent de graves attentes aux libertés publiques. L'opposant Domingo Chimoche Pereira, le leader du PSGC, le parti historique du pays, reste détenu. Autre point de crispation, une réforme constitutionnelle controversée. Début janvier, le conseil de transition a voté une modification de la constitution. Si elle est promulguée, la Guinée-Bissau passe à un régime présidentiel donnant au chef de l'État le pouvoir de nommer le premier ministre. Former le gouvernement et dissoudre le Parlement. Jusqu'ici, le premier ministre était issu de la majorité parlementaire, ce qui a conduit à des cohabitations mouvementées au sommet de l'État ces dernières années.
[00:07:08] Speaker 1: L'ouverture ce mercredi du CEMICA, le salon international des industries extractives à N'Djamena au Tchad. Près de 2000 participants sont attendus pendant trois jours dans la capitale tchadienne pour des affaires liées au pétrole, à l'or, mais aussi aux autres minéraux. L'objectif des autorités, à long terme, la signature de contrats. Notre correspondant Harold Girard a rencontré la ministre du pétrole, des mines et de la géologie. Écoutez.
[00:07:36] Speaker 8: Ces rencontres-là ont été édifiantes, ont été fructueuses dans la mesure où elles ont permis de déterminer les certains partenaires avec lesquels nous pourrions avancer, par exemple sur les questions d'infrastructures énergétiques pour lesquelles il y a des projets, d'autres avec lesquels nous avons signé aussi des accords de coopération pour approfondir la recherche géologique, d'autres encore avec lesquels nous allons pouvoir répondre aux problématiques de financement. Nous sommes aussi dans cette dynamique où nous voulons accélérer la réalisation de l'inventaire minier, maîtriser ce dont nous disposons dans notre sous-sol, permettre une meilleure stratégie d'exploitation, parce que de toute façon, Israël est imprudent de tout. De tout exploiter au même moment et donc ça se programme, ça se planifie.
[00:08:29] Speaker 1: On en vient à la démolition d'une partie du bidonville flottant de Makoko à Lagos au Nigeria. Ces résidents sont expulsés en masse. Selon une ONG, plus de 30 000 personnes ont été délogées sans solution de relogement. Ces opérations de destruction visent à lancer d'ambitieux projets immobiliers. Clémence Valère. Oh .
[00:08:52] Speaker 9: Sous les coups de pétrole. Filtreuses. Ce sont des communautés entières qui disparaissent. Destruction de maisons, d'écoles et lieux de culte. Les habitants du bidonville de Makoko à Lagos sont sous le choc. Ils ont trouvé refuge temporairement sur ces radeaux.
[00:09:07] Speaker 10: C'est là que ma famille et moi dormons actuellement. Mais cet endroit n'est ni sûr ni adapté. Beaucoup de nos biens ont été détruits et je ne vais vraiment pas bien à cause de tout ce qui s'est passé.
[00:09:18] Speaker 11: À cause de l'expulsion, je ne peux rien faire. Ma maison a été démolie. Mon magasin a été démoli. Et même certaines écoles où j'enseignais ont aussi été démolies.
[00:09:30] Speaker 9: Les autorités de Lagos affirment que cette opération vise à détruire les logements insalubres installés sur la côte de la lagune. Plus de 1000 bâtiments informels ont été rasés. Les habitants et les ONG accusent les autorités de servir les intérêts des promoteurs privés et des familles propriétaires de terrain. Car moins de 10% des logements sont fournis par l'Etat. Le reste appartenant au secteur privé.
[00:09:54] Speaker 12: Les gens paient jusqu'à 180 000 nairas pour une chambre sous les ponts. Dans un pays où plusieurs appartements dans les quartiers huppés de la ville sont vacants. Le problème est politique. Il y a un problème de mise en œuvre.
[00:10:07] Speaker 9: La capitale économique nigériane fait face à une extrême pénurie de logements. Une situation qui ne fera que s'aggraver avec l'explosion démographique de la ville.
[00:10:17] Speaker 1: Quand le football est rattrapé par la politique, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a appelé mercredi à l'apaisement après la victoire de la Cannes par le Sénégal à Rabat à l'issue d'une finale chaotique. Les détails avec notre correspondant à Dakar Elimandaou.
[00:10:34] Speaker 13: Dans un post sur Facebook, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko dit s'être longuement entretenu avec son homologue marocain, le Premier ministre Aziz Arhanouch, un entretien qui fait suite à la finale de la Coupe d'Afrique des Nations qui a eu lieu ce dimanche. Une finale remportée par le Sénégal face au Maroc. Rabat, une finale qui a été émaillée d'incidents. A ce propos, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko dit inviter ses compatriotes à dépassionner cet épisode qui, je cite, ne saurait aller au-delà du simple cadre sportif. Le gouvernement sénégalais dit parallèlement suivre avec attention la situation des Sénégalais qui ont été arrêtés lors des débordements enregistrés dans cette finale. 17 Sénégalais sont actuellement entre les liens de la justice. Le Sénégal et le Maroc se tiennent du 26 au 28 janvier 2026 à Rabat. Ce sera l'occasion de raffermir davantage les liens diplomatiques et économiques entre le Sénégal et le Maroc.
[00:11:46] Speaker 1: Au Soudan, le football est aussi parfois un acte de résistance. L'équipe d'Alfacher a repris les entraînements au stade d'El Obeid dans le nord cordofan. Les joueurs, qui n'ont pas disputé de match officiel depuis 2023, bénéficient d'un soutien psychologique et sont également devenus les coqueluches des supporters locaux. Récit de Laurent Berstecher.
[00:12:08] Speaker 14: Sous rire, les joueurs du club de foot d'Alfacher s'apprêtent à rentrer sur le terrain après des années d'absence. La plupart ont dû fuir leur ville natale suite à l'offensive des FSB. C'est un concert en octobre dernier. Ils sont aujourd'hui encadrés par un psychologue pour les aider à surmonter ce traumatisme.
[00:12:29] Speaker 15: Un psychologue accompagne l'équipe et le staff technique prépare également les joueurs psychologiquement et mentalement afin de transformer la tristesse et le désespoir en quelque chose de positif.
[00:12:42] Speaker 14: L'équipe, qui n'a pas disputé de match officiel depuis 2023, a récemment commencé à s'entraîner au stade d'Al Obeid. Une ville contrôlée par l'armée. Et même s'ils soutiennent une équipe rivale, les supporters locaux les ont accueillis à bras ouverts.
[00:13:00] Speaker 11: Il y a beaucoup de sympathie envers ces joueurs.
[00:13:04] Speaker 14: Au point que les supporters d'Al Obeid les soutiennent comme si c'était leur propre équipe. Un soutien sans faille devenu source de motivation pour ces joueurs.
[00:13:17] Speaker 16: Ceci est un message pour tous les fans d'Alfacher. Nous allons tout faire pour donner un peu de joie aux supporters du club et créer de l'espoir malgré le conflit.
[00:13:27] Speaker 14: Plus de 100 000 personnes ont été déplacées par l'offensive des FSR sur Alfacher. Aujourd'hui éparpillées aux quatre coins du Soudan, ils sont nombreux à continuer de soutenir leur équipe.
[00:13:39] Speaker 1: Voilà, c'est la fin du journal de l'Afrique. Restez avec nous, l'info continue sur France 24. France 24
We’re Ready to Help
Call or Book a Meeting Now