[00:00:00] Speaker 1: Vous êtes sur France 24 et vous avez raison, bienvenue dans votre journal de l'Afrique. Alain, ce soir, un remaniement pour la continuité en Côte d'Ivoire. Le Premier ministre est reconduit et le frère du Président devient vice-premier ministre en ce jour. Du premier conseil des ministres, les explications sont à suivre. Nous irons sur place. La crise scolaire qui s'enlise au Gabon alors que les enseignants sont en grève depuis le début de l'année. Et que le dialogue est bloqué, un événement a jeté de l'huile sur le feu. L'arrestation de deux figures historiques du syndicalisme étudiant. Explications à suivre. Et notre focus de ce samedi soir s'intéresse à la migration. Sur les traces de ceux qui partent, huit auteurs, dont des sans-papiers africains, signent une bande dessinée collective intitulée « Idées noires » publiée chez Frémoc. Elle raconte l'immigration depuis l'intérieur, exil, attente, contrôlée. Contrôle, mais aussi solidarité. Nous en donderons deux des auteurs de la bande dessinée. On ouvre ce journal par la politique ivoirienne. Robert Beugré-Mabé a été reconduit au poste de Premier ministre. La Côte d'Ivoire dévoile son nouveau gouvernement. Peu de changements, mais quelques nouvelles figures, dont le frère du Président, Tenebraima Ouattara, dit photocopie pour sa ressemblance avec son frère. Le premier conseil des ministres est donc tenu. Lui et le Président prévient qu'aucune dérive ne sera tolérée. Les détails avec ma caméra à Bidjan.
[00:01:38] Speaker 2: Le Président Alassane Ouattara reste fidèle à la même équipe. Il y a peu de nouveaux visages pour ce nouveau gouvernement. Le changement majeur vient de la création du poste de vice-premier ministre qui sera occupé par le frère du Président, Tenebraima Ouattara, qui garde le portefeuille de la défense. Pour certains observateurs, c'est un poste taillé sur mesure. De tutelle royale, autre changement remarqué, le départ du ministre d'État à la tête de l'agriculture Kobénankwasi à Djoumani, le porte-parole du RHDP, était dans tous les gouvernements depuis l'arrivée d'Alassane Ouattara au pouvoir en 2011. Pour le reste, il s'appuie sur ses fidèles, comme le général Vagondo Diomande, discrète mais influent, qui reste à la sécurité et à l'intérieur. Mamadou Touré est maintenu à la promotion de la jeunesse. Et Jean Saint-Cambillé à la justice. De nouveaux visages apparaissent également issus du public et du privé, comme le directeur du port d'Abidjan, Yann Yacoubassié, ou l'ancien patron de MTN, Djibril Ouattara. Selon des diplomates avec qui nous avons pu échanger, c'est le signe que le pouvoir se prépare à un renouvellement progressif.
[00:02:51] Speaker 1: On passe au Gabon, où la crise scolaire s'enlise. Pas de cours dans les établissements publics depuis le début de l'année. Les enseignants revendiquent de meilleures conditions de vie et de travail. Le mouvement est néanmoins fracturé et le dialogue bloqué. Et un nouvel élément jette de l'huile sur le feu l'incarcération de deux figures historiques du syndicalisme enseignant. Leur sort judiciaire reste déterminant pour la suite de la crise. Et précision de notre correspondant à Libreville, Ismaël Obiangze.
[00:03:21] Speaker 3: À l'initiative de cette grève qui paralyse les écoles au Gabon, le mouvement SOS Éducation. Une crise qui dure depuis le début de l'année, connaît aujourd'hui un tournant majeur. Une frange du mouvement négocie la reprise des cours avec les autorités. Mais une base plus radicale campe sur ses positions. Elle réclame la satisfaction intégrale de cette doléance avant toute reprise du travail. Lors d'une assemblée générale à Libreville, elle a réitéré ses préalables.
[00:03:45] Speaker 4: Nous avons des enseignants précarisés qui ont été enfermés par solidarité. Nous ne pouvons pas regagner les cours tant qu'ils sont dans les geôles. Nous avons des enseignants qui sont bénévoles depuis. Ils ont pratiquement plus de 12 ans et qui n'ont pas la possibilité de se rendre dans leur lieu de travail puisqu'ils n'ont pas d'argent. Donc, c'est important de regarder tous ces pans-là afin que nous puissions retourner dans les salles de classe.
[00:04:12] Speaker 3: Parmi les priorités affichées, la régularisation des situations administratives et financières de nouveaux enseignants et le rappel solde. De son côté, le gouvernement estime avoir satisfait plusieurs revendications. La ministre de l'Éducation nationale, Camélia Antetoum Leclerc, rappelle l'urgence.
[00:04:27] Speaker 5: Il y a eu des avancées sur tout ce qui est titularisation, régularisation des situations administratives dans l'ensemble, avancement, reclassement à prestages. Tout le monde a fait un pas en avant. Nous comprenons la colère des enseignants. Ce sont des revendications qui sont légitimes et qui datent. Mais cette fois-ci, le gouvernement et le président de la République lui-même s'étaient engagés. Donc, il faut que les uns et les autres regagnent les salles de classe.
[00:04:50] Speaker 3: Chaque jour perdu hypothèque un peu plus l'avenir des milliers d'élèves gabonais, dont l'espoir de débloquer la situation. L'Assemblée nationale ouvrira des discussions dès la semaine prochaine avec un comité désigné par SOS Éducation. L'objectif de cette rencontre bipartite, envisager la signature d'un protocole d'accord pour sortir de la crise.
[00:05:10] Speaker 1: En Centrafrique, l'insécurité persistante dans le sud-est du pays entrave gravement l'accès à l'aide humanitaire. Plus de 23 000 personnes se retrouvent privées de toute assistance en raison d'affrontements entre un groupe armé local et des forces gouvernementales appuyées par leurs alliés russes du groupe Wagner. Les précisions de notre correspondant à Bangui, Cyril Jefferson Yapande.
[00:05:34] Speaker 6: Depuis plusieurs mois, l'axe Zemmio-Raphaï dans le sud-est de la Centrafrique est totalement coupé du reste du pays. La zone est le théâtre de violents affrontements opposant les miliciens armés à Zande-Anikpibé, aux forces armées centrafricaines soutenues par leurs alliés russes du groupe Wagner. Cette situation rend impossible l'acheminement de l'aide humanitaire vers les populations de Zemmio et de Raphaï fortement dépendant de cette assistance. Si des milliers de personnes se sont réfugiées au-delà des frontières, notamment en République démocratique du Congo et au Soudan du Sud, près de 2 000 déplacés, faute de moyens ou de familles d'accueil ont trouvé refuge sur les sites de l'église catholique et de l'hôpital de Zemmio. Selon des sources religieuses locales, les conditions de vie sur ces sites sont extrêmement précaires. Les déplacés font face à de graves pénuries de vivres, d'eau et de médicaments dans un contexte sanitaire de plus en plus alarmant. Dans un communiqué publié le 14 janvier dernier, le comité international de la Croix-Rouge souligne que la crise humanitaire est aggravée par l'enclavement de la région. Les organisations humanitaires doivent recourir exclusivement à la voie aérienne pour acheminer les secours. Face à cette situation, plusieurs observateurs appellent les autorités centrafricaines à aller au-delà de la seule réponse militaire. Ils plaident pour une approche globale s'attaquant aux causes profondes du conflit, notamment le sentiment d'abandon exprimé par les populations locales vis-à-vis du pouvoir central de Bangui.
[00:07:14] Speaker 1: Et notre focus de ce samedi soir s'intéresse à ceux qui partent, à ces hommes, ces femmes, africains pour la plupart, qui quittent leur pays dans l'espoir d'un avenir meilleur et se retrouvent confrontés aux réalités brutales des frontières et de l'administration. Des parcours invisibles faits d'attentes, de silences, de luttes pour exister. Une bande dessinée collective idées noires donne la parole à ceux qu'on entend rarement des sans-papiers africains qui racontent eux-mêmes leur exil. C'est une autre façon d'aborder l'immigration ce soir. Et pour en parler, on reçoit deux membres du collectif Baraka Grafica. Merci à vous d'être avec nous, Margot Peram et Alberto Isifin Chama. Voilà, merci à vous deux. Je voudrais commencer par Margot, justement, Peram. Dites-nous comment est née, tout simplement, cette bande dessinée ?
[00:08:08] Speaker 7: Alors, cette bande dessinée est née à la faveur d'ateliers de dessin qui ont lieu dans cette pièce là où nous sommes maintenant, qui est une pièce de l'Occupation de la Voix des Sans-Papiers, donc le collectif de militants dont Alberto fait partie. Donc ça a commencé par des ateliers de dessin sans vraiment de but très précis, il y a quatre ans, un peu plus de quatre ans. Et puis, progressivement, il y a eu de plus en plus d'atteliers de dessin. Et puis, progressivement, il y a eu de plus en plus d'atteliers de dessin. Et puis, progressivement, il y a eu de plus en plus d'atteliers de dessin. Progressivement et avec l'aide de Thierry Van Asselt qui nous suit depuis le début sur le projet, après quelques magazines de plus petits formats, ça s'est concrétisé par l'édition de cette bande dessinée. Pardon ? Oui, allez-y, allez-y. Non, désolé, il y a eu un petit décalage de son. J'ai terminé.
[00:09:10] Speaker 1: Alors, j'aimerais entendre Alberto Chama à présent parce que souvent, effectivement, les sans-papiers, on ne les entend pas parler directement. Là, c'est ce qui change dans cette bande dessinée. Qu'est-ce que ça change pour vous, justement, quand ce sont les sans-papiers eux-mêmes qui écrivent et qui dessinent leurs récits ?
[00:09:34] Speaker 8: Justement, et comme on vous l'a dit, en tant que personnes sans-papiers, ici en Belgique, ça fait des années qu'on a, avec notre collectif, donc le fait d'avoir participé aussi à écrire notre histoire et de le faire dessiner aussi en tant que personnes concernées des sans-papiers, c'est une fierté à savoir qu'il y ait cette histoire, qu'on peut laisser la trace aussi, quelle que soit la situation administrative qu'on a ici en Belgique, mais on continue à lutter à savoir quand même montrer notre compétence et la capacité aussi qu'on a et se placer dans ces pays-là. Mais surtout, laisser l'exemple aussi pour tous les pays européens, il y a d'autres migrants aussi qui se trouvent dans d'autres pays, et pourquoi pas d'avoir montré cet exemplaire aussi à d'autres étrangers qui se trouvent en Europe aussi.
[00:10:39] Speaker 1: On vous entend très bien. Une chose qui frappe, moi je vais vous dire par exemple ce qui m'a plu dans la bande dessinée au départ, c'est vraiment au début de chaque histoire, il y a un passeport qui est dessiné de chaque personnage, et j'ai beaucoup aimé ça parce que finalement, on parle de sans-papiers, mais ils ont des papiers, ils n'ont pas peut-être des papiers européens, mais ils existent. C'est comme si en faisant ça, vous leur rendez une part de leur humanité. Est-ce que ça aussi, c'était important pour vous ?
[00:11:17] Speaker 8: Ben oui, si on parle des passeports, donc on a déjà notre passeport de notre pays, mais ici, le système mis en place, c'est ça aussi, qu'avec un nom, nommer ici une personne étrangère, on le considère, on le nomme un nom, et soi-disant, vous êtes des sans-papiers, mais nous sommes tous des personnes avec des papiers. Et c'est pour ça aussi qu'on amène notre passeport, et ça montre aussi que si vous nous dites qu'on n'a pas de papiers, mais nous, on a notre papier.
[00:11:49] Speaker 1: Voilà, vous avez des papiers, peut-être pas les papiers estampillés européens ou autres, mais en tout cas, vous avez des papiers. Margot Perham, j'aimerais vous entendre sur, visuellement, la bande dessinée est néanmoins variée, même si on voit une unité, grâce au noir et blanc. Comment vous avez travaillé à plusieurs mains ? Il y a huit auteurs. Est-ce que cette diversité de styles, c'était aussi fait exprès pour refléter quelque part la diversité des parcours ?
[00:12:17] Speaker 7: Oui, alors comme je disais, la bande dessinée n'a pas notre, pas tout à fait notre premier travail tous ensemble. Donc, on a eu le temps de trouver notre style, je vais dire, par le pli d'autres publications plus, plus artisanal. Et effectivement, quasiment sur chaque page, les huit personnes ont dessiné. C'est assez naturel entre nous. On ne décide pas forcément à l'avance de qui va dessiner quoi. C'est un peu sur le moment avec les envies de chacun. Et effectivement, oui, le crayon permet d'avoir une unité quand les éléments pourraient être un peu contrastés les uns des autres. L'ajout des volumes, des ombres, etc. crée l'unité des différents éléments.
[00:13:26] Speaker 1: Alors, comment ce livre circule aujourd'hui ? Est-ce que vous imaginez une suite, que ce soit d'autres bandes dessinées, des ateliers ou même une adaptation à travers un autre médium, comme une pièce de théâtre, quelque chose ?
[00:13:43] Speaker 7: Alors, effectivement, on a des contacts un peu dans le théâtre, mais pour l'instant, ce n'est pas d'actualité. Là, pour l'instant, effectivement, on va animer des ateliers, je crois en mars, à la fête du livre de Bruxelles, avec plutôt de jeunes publics. Et on va aussi normalement en 2027 participer à une exposition dans un centre d'art contemporain, ici à Bruxelles. Donc, ce n'est pas tout à fait le même médium que la bande dessinée, qui est plutôt éditoriale. On nous a invités, donc on ne sait pas encore exactement ce qu'on va faire, mais voilà, on va être plutôt dans des œuvres plastiques qui s'accrochent au mur. Très bien. On doit encore réfléchir à tout ça.
[00:14:31] Speaker 1: On le note. Tiama, rapidement, qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter pour la suite ?
[00:14:44] Speaker 8: Juste pour donner la visibilité aussi, la continuité, et d'avoir notre... appuyer pour notre motivation aussi à ces exemplaires-là qu'on a laissés aussi, qu'on a donnés. Et pourquoi pas de vraiment avoir ici beaucoup de choses, par rapport à celles-là, et qu'on a sorti de ça, et ce qu'on est en train de penser à obtenir.
[00:15:11] Speaker 1: OK, on vous entend. Merci, on vous souhaite le meilleur de toute façon. Idées Noires, justement, la bande dessinée, Baraka, Grafica. Merci beaucoup. Merci d'être venu sur le journal de France 24. C'est ainsi que nous fermons cette édition. Merci à tous ceux qui nous ont suivis partout dans le monde, d'Abidjan à Bangui, en passant par Bruxelles. Restez avec nous, car l'actualité continue.
[00:15:32] Speaker 9: On continue sur France 24. Merci. Sous-titrage MFP.
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