After Maduro’s Capture: Oil, Control, and a Trump-Petro Thaw (Full Transcript)

A month after Maduro’s arrest, Venezuela faces US-led oil restructuring while Colombia’s Petro meets Trump amid counternarcotics and election pressures.
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[00:00:00] Speaker 1: Il y a un mois, tout juste, Donald Trump s'imposait par la force dans son bras de fer avec le Venezuela. Souvenez-vous, il prenait par surprise la garde rapprochée présidentielle vénézuélienne. Les forces spéciales américaines capturaient le président Nicolas Maduro et son épouse. À l'enlèvement, allait suivre un transfert hautement médiatisé dans une prison de New York. Puis, ces menaces proféraient très vite à l'encontre des voisins latino-américains. Cuba, mais aussi la Colombie, pourraient subir le même sort, prévenait Trump. Nous sommes un mois plus tard et forcés de constater que le ton s'est légèrement, nettement, pardon, adouci en direction de Bogotá. Le président colombien va même être reçu tout à l'heure à la Maison-Blanche. Que peut-il sortir de cette séquence ? Que devient aussi le vénézuélien depuis le départ de Maduro ? On va évoquer ces questions avec vous, Jean-Jacques Kourliansky. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes directeur de l'Observatoire de l'Amérique latine pour la Fondation Jean Jaurès. On va évidemment se rafraîchir la mémoire, revoir quelques images. Mais avant cela, une question. Un mois, c'est peu et beaucoup à la fois. Il s'est passé quand même beaucoup de choses au Venezuela depuis la capture, l'enlèvement du couple Maduro. Est-ce que vous avez le sentiment aujourd'hui d'un nouvel ordre qui est en train de se mettre en place dans le pays ?

[00:01:12] Speaker 2: Oui, tout à fait. Le bilan, d'ailleurs, a été dressé par le ministre des Affaires étrangères de Donald Trump, secrétaire d'État, selon la terminologie locale, Marco Rubio, qui s'est exprimé devant le Sénat des États-Unis, et qui a présenté le bilan de ce qui s'était passé, qui, pour lui, est extrêmement positif. Positif pour une raison fondamentale, c'est la mise sous protectorat pétrolier économique du Venezuela. Il a détaillé un petit peu ce qu'il fallait entendre par là. Il a dit, voilà, actuellement, on est dans une période de stabilisation qui s'est bien passée. Il n'y a pas eu de troubles dans le pays. Il n'y a pas eu de flux de réfugiés vénézuéliens passant la frontière de Colombie. Tout se passe bien de ce point de vue-là. Donc, on va pouvoir passer à la phase 2, c'est-à-dire la réorganisation de l'économie, du secteur pétrolier. Et ultérieurement, sans fixer de date, on passera à une transition avec des élections.

[00:02:22] Speaker 1: Ça, c'est le bilan américain qui est fait. On ne peut pas attendre autre chose aujourd'hui. Ça, c'est le bilan américain qui est fait.

[00:02:29] Speaker 2: Oui, c'est le bilan.

[00:02:30] Speaker 1: On ne peut pas attendre autre chose de la part de l'administration Trump. Ce qui va être intéressant, c'est de voir ce que pensent aussi les Vénézuéliens un mois après ce départ fracassant.

[00:02:41] Speaker 2: Alors, le bilan fait par les États-Unis s'impose par lui-même en raison de l'asymétrie des forces. Il s'impose aux autorités en place, laissé par les États-Unis. Ça a été quelque chose qui a beaucoup surpris. La chute du président Manourou n'a pas été suivie de la chute du régime. Donald Trump a choisi de...

[00:03:01] Speaker 1: Delcy Rodrigues, qui est toujours aux commandes, la présidente par intérim.

[00:03:04] Speaker 2: Voilà. Et donc, les autorités en place sont obligées de passer sous les fourches codines des États-Unis, de même que l'opposition. Maria Corina Machado, qui est l'une des leaders de l'opposition, la plus médiatisée au niveau international, a bien été reçue par Donald Trump. Mais il l'a reçue assez discrètement. Et Marco Rubio s'en est expliqué devant ses anciens collègues sénateurs de la Commission des affaires étrangères en disant, bon, il faut tenir compte des réalités. Qui contrôle le pays ? Qui contrôle les forces armées ? Qui a l'autorité ? Ce sont les autorités actuelles. Donc, Madame Delcy Rodrigues, quoi que l'on pense de cette personne.

[00:03:54] Speaker 1: Prix Nobel de la paix qu'on aperçoit derrière vous, qui aimerait bien, figure de l'opposition, presser cette transition et passer à autre chose. Elle, elle presse de son côté. On va se remémorer le départ fracassant de l'enlèvement, plutôt la capture du couple Maduro. C'était donc il y a un mois, au lendemain du 1er janvier. Je vous laisse découvrir de nouveau ces images et le récit d'Onel Miroche. Regardez. ...

[00:04:23] Speaker 3: 3 janvier 2025, les habitants de Caracas sont réveillés en pleine nuit par des bombardements américains. Quelques heures plus tard, le président vénézuélien Nicolas Maduro est arrêté dans son palais présidentiel, avec sa femme, par une unité d'élite des forces américaines. Le couple est ensuite exfiltré vers les Etats-Unis, où il est mis en accusation pour narcoterrorisme. Baptisé Absolute Resolve. Détermination absolue. Cette opération a été préparée depuis des mois par Washington, dans le but officiel de lutter contre le trafic de drogue. Dans sa conférence de presse quelques heures plus tard, Donald Trump ne cache pas ses intentions quant à l'avenir du Venezuela.

[00:05:08] Speaker 4: Nous allons nous assurer que le pays est dirigé correctement. Nous allons reconstruire les infrastructures pétrolières, ce qui coûtera des milliards de dollars, qui seront directement pris en charge par les compagnies pétrolières. Et nous allons faire en sorte que le pétrole...

[00:05:21] Speaker 3: Au Venezuela, la vice-présidente, Delcy Rodríguez, dénonce un coup d'Etat. Le seul président légitime du Venezuela est le président Nicolas Maduro. La chef de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado, appelle alors Edmundo González Urrugia, candidat de l'opposition lors de la présidentielle de 2024, à assurer la présidence. Mais en vertu de la constitution vénézuélienne, c'est Delcy Rodríguez qui est investi. La présidente par intérim est adoubée par Washington, non sans pression.

[00:05:57] Speaker 4: Elle a eu une longue conversation avec Marco. Il lui a dit, nous ferons tout ce dont vous aurez besoin. Je la trouve plutôt courtoise, mais elle n'a pas vraiment le choix.

[00:06:08] Speaker 3: Résultat, la présidente par intérim met rapidement en oeuvre les changements exigés par Donald Trump. Ouverture pétrolière, amnistie générale ou encore rapprochement avec Washington. Dans le même temps, la présidente maintient une rhétorique chaviste dans le pays où des marches de soutien à Nicolas Maduro sont organisées régulièrement et où les habitants continuent de critiquer le gouvernement à voix basse. Une stabilité sous tutelle en quelque sorte, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a averti. Delcy Rodríguez pourrait connaître le même sort que Nicolas Maduro si elle s'écartait de la ligne tracée par Donald Trump.

[00:06:47] Speaker 1: La transition, c'est évidemment la première chose qu'on a envie. On a envie de commenter depuis ces changements opérés. Sur le papier, effectivement, Delcy Rodríguez qui dirige par intérim le gouvernement de Maduro, même si elle a quand même effectué quelques changements de poste conséquents, non ?

[00:07:04] Speaker 2: Bon, le paradoxe, c'est qu'effectivement, il y a une équipe qui reste en place. Delcy Rodríguez et tous ceux, les ministres qui sont autour d'elle, étaient des collaborateurs proches du président Maduro. Le paradoxe, c'est que le fondement du régime vénézuélien, tel qu'il a été conçu par Hugo Chavez, c'est la souveraineté pétrolière. Cette souveraineté pétrolière a disparu. Donc, une forme de légitimité idéologique, y compris pour les partisans de Delcy Rodríguez, a disparu. Ce qui reste, c'est que cette structure de pouvoir offre un certain nombre d'avantages matériels. Le maintien au pouvoir... Et donc, ils ont accepté de vivre en protectorat sous réserve de pouvoir maintenir leur autorité sur l'ensemble du pays.

[00:08:01] Speaker 1: Y compris, et c'est assez étonnant, les puissants ministres de l'Intérieur et de la Défense qu'on connaît si bien sous le régime Maduro.

[00:08:06] Speaker 2: Oui, oui. Tout le système est en place. L'armée, la police, avec peu de concessions. Il y en a une, quand même, qui a été accordée la semaine dernière et qui est quand même importante. Loi d'amnistie. Donc, tous les prisonniers politiques détenus par le régime vont être libérés. Un certain nombre l'avaient été depuis le début du mois de janvier, avec des contestations sur les chiffres entre les autorités et l'opposition. Et le bâtiment symbole où étaient enfermées ces personnes va être transformé en une sorte de lieu d'activité sociale. Au-delà, c'est l'inconnu. Donc, avec un... Un gouvernement et un régime qui n'a plus de légitimité idéologique et une opposition qui n'est pas reconnue par Donald Trump. Donc, on est dans une situation qui répond tout à fait à ce que souhaitent les États-Unis, ce que souhaitent montrer les...

[00:09:04] Speaker 1: C'est ce que je voulais vous demander. C'est aux Américains que ça profite, cette situation. C'est plus facile de laisser en place, finalement, ce régime en le dirigeant à distance ?

[00:09:14] Speaker 2: C'est, disons, ce qui répond aux intérêts des États-Unis. Pourtant, au Venezuela, pour les États-Unis, est-ce que, comme à l'époque de Biden, c'est le rétablissement, le changement de régime, la démocratie, ou est-ce que c'est le pétrole ? Bon, Donald Trump a répondu le pétrole. L'une de ses principales critiques à ses prédécesseurs, républicains ou démocrates, c'est de dire que vous avez dépensé beaucoup d'argent en Irak et, finalement, le pétrole nous échappe. Là, au Venezuela, avec un investissement minimal, il avait bien insisté, d'ailleurs, le 3 janvier, il n'y a pas eu un seul mort nord-américain. Il y en a eu plus de 80 Cubains et Vénézuéliens. Nous avons récupéré le contrôle du pétrole vénézuélien. Je ne sais pas si vous vous rappelez la photo qui était assez spectaculaire dans un salon de la Maison-Blanche. Donald Trump invitant tous les représentants des grandes majors pétrolières nord-américaines et quelques Européens pour leur dire « ça y est, j'ai fait le boulot, à vous d'agir pour remettre la machine pétrolière en marche ». Donc, il ne cache pas. Quels sont ses objectifs, ses ambitions ? Ce n'est pas du tout le rétablissement de la démocratie. D'ailleurs, si vous voyez l'acte d'accusation contre Nicolas Maduro, on ne lui reproche pas d'avoir violé les libertés, on ne lui reproche pas d'avoir violé les droits de l'homme. On lui attribue une accusation assez fantaisiste de chef d'un cartel de narco-trafiquants.

[00:10:42] Speaker 1: Trump, concrètement, aujourd'hui, a déjà pris le contrôle d'une partie des ventes de pétrole du Venezuela ?

[00:10:48] Speaker 2: Alors, le pétrole a déjà rapporté 500 millions de dollars, contrôlés par les États-Unis, et versés provisoirement à travers d'un fonds au Qatar. 300 millions seront reversés sous supervision de Marco Rubio, donc des États-Unis, au gouvernement vénézuélien pour payer les fonctionnaires et assurer le fonctionnement de l'État. 200 millions restent bloqués pour l'instant au Qatar. Et d'après ce qu'a dit Marco Rubio au Sénat, ces fonds, ultérieurement, seront gérés à partir d'une banque, d'un compte bancaire aux États-Unis. Donc, on est face à une situation inattendue au départ, mais qui a une valeur démonstrative. Ce qui se passe en Iran est aussi une façon de dire aux Iraniens, regardez ce qu'on a fait au Venezuela. Vous voyez comment on a pu le faire, comment on a pu extraire un chef d'État étranger, soi-disant protégé, par toute une série de lignes de défense physiques ou matérielles, et la situation dans laquelle se trouve le Venezuela aujourd'hui. Donc, attention, Donald Trump a ainsi démontré ce dont il était capable et que ces menaces peuvent être suivies des faits. Donc, ce qui s'est passé au Venezuela ne concerne pas simplement le Venezuela, mais a une valeur de démonstration, à l'égard du monde extérieur.

[00:12:19] Speaker 1: Vous voyez la portée sur la scène internationale, on pourrait parler aussi d'autres pays, le Groenland, tous ceux à qui Trump, dans la foulée, s'est attaqué. Ça peut se passer aussi facilement que ça dans la durée ? Parce qu'on n'est qu'un mois, finalement, après l'enlèvement de Maduro, dans le temps. Le peuple vénézuélien, est-ce que ça va ?

[00:12:38] Speaker 2: C'est difficile, c'est difficile.

[00:12:39] Speaker 1: Vous parliez tout à l'heure de pas de révolte, pas de soulèvement. Tout le monde est resté quand même assez sonné aussi par ce qui s'est passé.

[00:12:45] Speaker 2: Il n'y a pas de sondage. Il n'y a pas d'élection qui permette de juger l'état de l'opinion vénézuélienne. On a l'impression, au vu des images des rues de Caracas, qu'il y a une espèce de sidération. Il y a également une fatigue. La population a du mal à joindre les deux bouts, à se nourrir. Il y a une inflation importante. Elle a subi plusieurs contre-coups des mobilisations de 2014, de 2019. Qui se sont mal terminées à l'époque. Après le 3 janvier, ce qu'on a vu, c'est que les seuls regroupements de population, c'était devant les supermarchés, des queues, pour faire des réserves alimentaires au cas où la situation viendrait à se dégrader. Il y a eu effectivement une petite mobilisation devant les centres de détention, avec les familles.

[00:13:44] Speaker 1: Il y a eu des amnisties notamment. Parce que Mme Rodriguez, elle a annoncé une amnistie générale qui est censée être annoncée à l'Assemblée cette semaine.

[00:13:51] Speaker 2: Oui, manifestement, elle a désamorcé la bombe potentielle des familles qui auraient pu créer un abcès de fixation. Et manifestement, les détenteurs du régime actuel ne souhaitent pas faire de vagues. Donc, amnistie, on libère les prisonniers. Et par la même occasion, il n'y a plus de manifestation devant les prisons.

[00:14:11] Speaker 1: Vous nous parliez tout à l'heure de cette situation au Venezuela qui pourrait faire écho. Dans d'autres pays, très vite, Donald Trump s'en est pris aux voisins cubains, colombiens. On va parler de Gustavo Petro. Forcément, il va être reçu tout à l'heure à la Maison-Blanche. Déjà, le fait qu'il soit reçu dans le bureau Oval, ça, c'est quand même assez inattendu. En un mois, ça fait partie des grands changements amorcés. Ce changement de ton assez soudain, après un simple coup de fil, comme ça, avec le président colombien, vous vous y seriez attendu, vous ?

[00:14:40] Speaker 2: Alors, c'est vrai que le ton était monté, ça fait plusieurs mois. Rappelez-vous, lorsqu'il y avait eu les premières expulsions de résidents, légaux ou illégaux, latino-américains, vers leur pays d'origine, dans des vols nolisés, la Colombie avait été le pays qui, le premier, avait dit non. Et on va prendre des sanctions. Et Trump avait dit, si vous prenez des sanctions, moi aussi. Le ton était monté entre les deux pays. Et ça avait rebondi à plusieurs reprises. Les contacts n'avaient pas été faciles. Et donc, la réponse de Trump avait été la même que celle de Venezuela, le président colombien et le chef d'un cartel de narcotrafiquants. Et il y a un certain nombre de bateaux qui ont été présentés comme étant des bateaux transportant de la drogue vers les Etats-Unis en partant des côtes du Venezuela, mais aussi de Colombie. C'est passé un petit peu inaperçu parce qu'il n'y en a pas beaucoup, mais il y a eu quand même des bateaux partant des côtes, notamment du Pacifique colombien, qui ont été coulés par des avions ou des bateaux des Etats-Unis.

[00:15:47] Speaker 1: Mais toute la rhétorique utilisée pour Nicolas Maduro, là, le morceau était peut-être un peu plus gros à faire avaler pour le président colombien. Ce ne sont pas du tout les mêmes profils, pas du tout les mêmes régimes. Et on a bien vu que Trump, finalement, s'est assez vite ravisé. On va peut-être regarder quelques images tout de suite, justement, qui introduisent cette séquence qui aura lieu en fin d'après-midi à la Maison-Blanche, qui nous rappelle aussi les tensions vives il y a quelques semaines entre Bogota et Washington. Puis, soudain, ce ton qui s'est adouci. Le résumé est signé tout de suite, look ici, là.

[00:16:23] Speaker 5: Voir atterrir l'avion présidentiel colombien à Washington était impensable il y a encore quelques semaines. Gustavo Petro est pourtant bien l'invité de Donald Trump ce mardi. Sur le tarmac, avant son départ, il se montrait optimiste.

[00:16:39] Speaker 6: Nous avons de nombreuses raisons de conclure un pacte à vie dans toutes les Amériques et espérons-le dans le monde entier et en Colombie. C'est ce qui nous intéresse aujourd'hui.

[00:16:49] Speaker 7: Avec quelles nouvelles espérez-vous revenir de ce voyage ? Avec de bonnes nouvelles, on verra bien.

[00:16:56] Speaker 5: Changement de ton après plus d'un an de relations pour le moins houleuses. Donald Trump a accusé Gustavo Petro d'être un baron de la drogue et avait même évoqué la possibilité d'une intervention militaire en Colombie.

[00:17:09] Speaker 7: La Colombie est une machine à fabriquer de la drogue et nous ne voulons pas y participer. La Colombie est hors de contrôle. Elle a maintenant le pire président qu'elle ait jamais eu. C'est un fou qui a beaucoup de problèmes, des problèmes mentaux.

[00:17:22] Speaker 5: Dans le cadre de sa guerre contre la drogue, l'armée américaine a frappé deux embarcations colombiennes accusées sans preuve de transporter de la cocaïne. Gustavo Petro a qualifié de meurtre la mort des trois personnes à bord.

[00:17:36] Speaker 6: Trump ne se contente pas d'envoyer des missiles sur les jeunes des Caraïbes. Il ne se contente pas d'emprisonner et d'enchaîner les migrants. Il ne se contente pas d'envoyer des missiles sur les jeunes des Caraïbes. Il ne se contente pas d'emprisonner et d'enchaîner les migrants. Mais il autorise également les frappes sur les enfants, les jeunes, les femmes et les personnes âgées de Gaza. Il se rend complice d'un génocide.

[00:17:55] Speaker 5: Fin septembre, le président colombien n'avait plus le droit de poser le pied sur le sol américain après avoir pris part à une marche pour Gaza à New York. Mais c'est le mois dernier que culmine la crise lors de la capture de Nicolas Maduro. Gustavo Petro compare alors le bombardement de Caracas à celui de Guernica lors de la guerre civile espagnole en 1937. Les tensions sont retombées seulement la semaine dernière après un appel téléphonique que Donald Trump a qualifié de grand honneur.

[00:18:27] Speaker 1: Toutes les guerres vont être braquées forcément vers la Maison-Blanche cet après-midi. On sait ce qu'ils se sont dit pendant cette conversation téléphonique qui aura duré une heure. On s'en souvient, Petro qui était monté sur scène à Bogota qui était censé haranguer la foule et prononcer un discours très offensif. En direction de Washington, il avait complètement réécrit son discours et même improvisé devant la foule.

[00:18:49] Speaker 2: La situation intérieure colombienne n'a pas grand chose à voir avec celle du Venezuela. Il y a des élections en Colombie qui se passent bien dans le passé. Il n'y a aucune raison que les prochaines, effectivement les législatives de mars et les présidentielles de la fin mai se passent dans de mauvaises conditions. Et donc le président colombien, a également besoin de transmettre ses pouvoirs à son successeur et si possible à un successeur qui lui soit ami. Son candidat s'appelle Ivan Cepeda. Il est premier dans les sondages. Donc d'essayer d'éviter d'avoir un contexte émotionnel très fort dans le contexte de la campagne électorale. Il ne faut pas oublier non plus que les Etats-Unis, à la différence d'autres pays d'Amérique latine, sont les premiers partenaires commerciaux de la Colombie. Donc il y a quelque part, de la part du président colombien, un geste, une prédisposition à essayer de baisser d'un cran le ton des relations entre les deux pays. Et de la part du président Trump, ça fait partie de sa méthode de joueur de poker. On monte le ton au maximum, puis on tire la corde. Et au moment de... Au moment de la rompre, on prend contact, y compris avec des gens les plus improbables. Rappelez-vous...

[00:20:19] Speaker 1: Sauf que parfois, ils ronlent la corde. C'est ce qui s'était passé à Caracas. Et ça, certains ne l'ont pas oublié aussi en Colombie. Vous parlez du poulain de Gustavo Petro, qui est aujourd'hui le favori dans les sondages à cette présidentielle. Il attend beaucoup de la séquence de cet après-midi, savoir comment se positionner. Parce que lui, aujourd'hui, il accuse les Etats-Unis de vouloir s'immiscer dans la présidentielle.

[00:20:39] Speaker 2: Alors le candidat de Gustavo Petro va probablement arriver le premier. Mais au soir du premier tour, le deuxième tour sera beaucoup plus compliqué. Bon, c'est pas très bien comment va réagir Donald Trump dans ce cadre de figure. Dans les élections précédentes en Amérique latine, il est intervenu en Argentine directement, en faveur de son candidat préféré, et également au Honduras. En revanche, il n'est pas intervenu au Chili. Il n'est pas intervenu hier, avant-hier, pardon, aux Costa Rica, où ont été élus dans les deux cas des candidats qui lui sont favorables, mais qui étaient portés par les sondages. Là, le constat qu'on peut faire en Colombie, c'est que la situation, les élections sont ouvertes, donc il ne faut pas exclure éventuellement qu'il y ait des gestes favorables aux candidats opposés à la ligne politique de Gustavo Petro. Donc, bon, tous les deux sont en position d'attente dans un contexte, je répète, qui n'est pas celui du Venezuela, où il n'y a pas d'élection.

[00:21:49] Speaker 1: Sauf qu'on sent quand même qu'il y a une volonté d'infléchir un peu sa position côté colombien. On vous parlait tout à l'heure de ces vols chargés de migrants sans papier, expulsés par les Américains, qui avaient été suspendus par la Colombie. Petro, Bogota, a fait un geste de bonne volonté en annonçant soudainement, vendredi, la reprise de ces vols d'expulsion. C'est le signe de quoi ? Oui.

[00:22:12] Speaker 2: C'est le signe de quoi ? Oui. C'est le signe de quoi ? La coopération en matière de lutte contre les stupéfiants qui est l'argument majeur qui a été utilisé contre Maduro et contre Gustavo Petro. Avec tout ce qu'il peut y avoir dans la tête de Petro, bon, mon voisin Maduro a été accusé d'être un narcotrafiquant et il a été enlevé. Donc, il y a probablement dans la tête de Gustavo Petro ce scénario-là, bien que, bien que la Colombie soit en période électorale, ce qui était tout à fait exclu au Venezuela. Il y a quelque chose d'assez intéressant qui a été dit au sénateur des Etats-Unis par Marco Rubio. Il a dit, ça fait plusieurs mois qu'on parlait avec Maduro en lui demandant de partir et il a refusé. Bon, et il a refusé, ce qui veut dire que, comme il n'y a pas d'élection transparente et libre, Maduro était là et ad vitam aeternam, ce qui ne correspondait pas du tout à ce que souhaitaient les Etats-Unis. Là, dans le cas de la Colombie, il y a des élections, ce qui introduit un élément différentiel assez important.

[00:23:23] Speaker 1: Avec une échéance qui, effectivement, arrive en plus assez vite. Pour en revenir à ce rendez-vous de tout à l'heure à la Maison-Blanche qu'on va pouvoir vivre, évidemment, en direct sur nos antennes, Trump a dit hier, on va avoir une bonne réunion, tous les deux. Bon, il est beaucoup plus conciliant, il le trouve beaucoup plus joli, il est beaucoup plus gentil, Petro, depuis quelques semaines, depuis qu'il a enlevé Nicolas Maduro, je reprends cet homme. Les deux hommes, ils partagent quelques points communs, notamment leur caractère assez imprévisible à l'un comme à l'autre. Ça pourrait mal se passer, tout à l'heure, entre eux, ou c'est complètement exclu, vu la situation politique et vu ce qui s'est passé au Venezuela ?

[00:24:00] Speaker 2: Oui, ça pourrait effectivement mal se passer, mais c'est peu probable, parce que ce sont souvent des colères calculées, avec certains objectifs, des discours dirigés soit à leur opinion intérieure, soit à l'opinion internationale. Donc là, si tous les deux ont accepté de se voir, ce n'est pas pour s'invectiver devant les caméras de télévision, c'est manifestement pour donner une impression qu'un dialogue est ouvert, et on peut imaginer qu'il sera ouvert sur ce point qui fait l'objet officiellement des critiques des États-Unis, de Donald Trump, le trafic de stupéfiants et la coopération de la Colombie, à la lutte contre ce trafic. Au mois de septembre, la Colombie a été déqualifiée. Le gouvernement des États-Unis a considéré que la Colombie ne coopérait plus comme elle le devrait avec les États-Unis, et donc qu'elle n'était plus qualifiée pour bénéficier d'informations et d'un travail commun avec les services compétents des États-Unis. Donc on est dans un contexte sur ce point-là, sur lequel Trump est assez cohérent et exerce des pressions assez fortes sur la Colombie. Donc il est probable que le président colombien va lui parler de la coopération, de la bonne disposition des forces de l'ordre colombiennes et de lutte contre les stupéfiants.

[00:25:23] Speaker 1: Et des bons résultats qui devraient être présentés par les responsables colombiens. Je crois qu'ils viennent avec quelques bons chiffres. Merci beaucoup Jean-Jacques Kourliansky. C'est déjà la fin de l'Info du jour. Restez évidemment à nos côtés. L'Info se poursuit dans ce Paris Direct. On va se retrouver dans quelques instants pour le journal. A tout de suite.

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Arow Summary
The transcript discusses the aftermath of a US special-forces operation that captured Venezuelan president Nicolás Maduro and installed a constrained interim government under Delcy Rodríguez. An expert argues the regime’s personnel largely remain, but Venezuela has effectively lost “oil sovereignty,” becoming an economic/oil protectorate shaped by Washington. The US frames the first month as a successful stabilization with no major unrest or refugee flows, moving next to reorganize the oil sector, with elections only later and unspecified. The opposition is sidelined because current authorities control the security forces; an amnesty and release of political prisoners aims to prevent mobilization. The segment then shifts to Colombia, where Donald Trump has softened rhetoric and will host President Gustavo Petro at the White House after a period of intense tension over migration flights and anti-drug policy. The analyst suggests Petro seeks to lower tensions ahead of Colombian elections and because the US is Colombia’s main trade partner, while Trump uses escalation/de-escalation tactics. The likely focus of talks is counternarcotics cooperation and US pressure mechanisms, with concern about potential US interference in Colombian politics.
Arow Title
Venezuela under US oil tutelage; Trump-Petro thaw
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Arow Key Takeaways
  • The Maduro capture did not topple the Venezuelan regime’s core apparatus; many officials and security forces remain in place under Delcy Rodríguez.
  • The US priority is oil control and economic restructuring; democratic transition/elections are deferred and non-committal.
  • An amnesty and prisoner releases function as a pressure-release valve to prevent protests and destabilization.
  • Washington’s approach is shaped by power asymmetry: it engages whoever controls the state, sidelining opposition figures.
  • US-managed oil revenues are being routed through external/US-controlled mechanisms, signaling de facto tutelage.
  • The Venezuela operation is portrayed as a global demonstration of US capability and deterrence toward other adversaries.
  • Trump’s rhetoric toward Colombia has softened as Petro visits the White House, reflecting mutual incentives to de-escalate.
  • Colombia’s electoral calendar and economic ties to the US constrain Petro’s options compared with Venezuela.
  • Counternarcotics cooperation and migration/expulsions are key levers in US-Colombia relations and likely meeting agenda.
  • Risk remains of US political interference or renewed escalation, but a public breakdown is considered unlikely if both agreed to meet.
Arow Sentiments
Neutral: Analytical, policy-focused tone with critical cues about sovereignty loss, coercion, and threats, balanced by descriptive reporting of events and positions.
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