Attali Says Trump Exposes Longstanding US Pressure on Europe (Full Transcript)

Jacques Attali argues Trump is not a rupture but a louder continuation of US coercive policy; he urges Europe to build strategic autonomy and leverage.
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[00:00:00] Speaker 1: — Bonsoir, Jacques Attali. Merci d'être avec nous ce soir. Écrivain, ancien conseiller de François Mitterrand, président de Positive Planète. Je cite les deux derniers livres. Vous en avez écrit beaucoup. « Histoire et avenir des villes ». Et puis « Bienheureux soit notre monde ». Un an que Donald Trump est au pouvoir. Sur la question « Est-on dans une rupture sur le leadership américain dans le monde ? », vous écrivez dans une tribune qui va apparaître demain aux échos. Non, la présidence de Trump ne marque pas une rupture par rapport aux administrations précédentes. Les États-Unis, la relation entre les États-Unis et l'Europe a toujours été fondée sur le rapport de force et le chantage. Donc avec Trump, rien de nouveau.

[00:00:41] Speaker 2: Je donne plusieurs exemples dans cet éditorial de ce qu'en effet les États-Unis ont toujours été en l'absence totale de respect des règles du droit. C'est des rapports de force, du chantage. De la volonté de tout faire pour que l'Europe ne soit pas unie, pour qu'elle se divise, pour qu'elle ne soit pas une puissance. C'est vrai depuis, on peut dire même depuis 1942, puisque l'exemple peu connu, mais que pendant la négociation de la création de la Banque mondiale et du FMI, pendant la guerre, quand les Anglais étaient trop exigeants dans la négociation, les Américains ralentissaient les bateaux qui apportaient des armes à travers l'Atlantique. Donc on est déjà dans un rapport de force. Et de chantage.

[00:01:20] Speaker 1: Vous citez un exemple pendant lequel vous étiez Sherpa de François Mitterrand en mai 1983 au sommet du G7 de Williamsburg. Il est intéressant cet exemple.

[00:01:30] Speaker 2: Oui, j'ai assez peu raconté cette histoire qui est restée secrète assez longtemps. Mais dans une négociation très très dure, où il n'y avait que les chefs d'État et les Sherpas dans la salle, où j'ai vu le président Reagan taper sur la table pendant que François Mitterrand parlait, et puis ensuite lui jeter les dossiers à la figure. Et ensuite, pendant cette même réunion, le Sherpa américain est venu me dire à l'oreille, c'est l'État, vous ne pourrez plus faire fonctionner vos armes nucléaires car nous empêcherons de disposer des pièces détachées dont vous avez besoin. Je ne savais pas d'ailleurs à l'époque que nous avions encore besoin de pièces détachées américaines. L'armée nous avait dit le contraire. Et après, on s'est mis en situation de ne pas en disposer. Donc du chantage. Il y a deux différences majeures. Évidemment, la première, c'est que c'est public. Cette histoire de 1983 est restée secrète jusqu'à il n'y a pas longtemps. Et que c'est aussi pour faire de l'argent à titre personnel. Que M. Trump et son clan, son gang, son équipe, comme vous voudrez l'appeler, fait de la politique pour ça.

[00:02:34] Speaker 1: C'est ça qui est différent. C'est ça qui est différent avec... Est-ce qu'il n'y a pas non plus un impérialisme un peu décomplexé aujourd'hui ? Peut-être n'était pas affiché de cette manière-là avant.

[00:02:42] Speaker 2: Non, il était tout aussi décomplexé. Tout aussi décomplexé. Les États-Unis étaient la superpuissance. Je me souviens de lettres écrites au président Mitterrand, qui étaient la même qui était écrite au Premier ministre de Luxembourg. Ou du Premier ministre de Danemark ou d'autres pays. Je n'ai aucun manque de considération pour ces pays. Mais il s'agissait de lettres écrites sur les sujets nucléaires auxquels la France avait un rôle particulier. Donc aucun respect pour rien. C'était et c'est toujours une superpuissance dans les rapports de force. Il y a eu des exceptions. Il y a eu des présidents américains et des hommes d'État américains et des grands leaders américains qui ont eu du respect pour l'Europe, qui ont souhaité intelligemment que l'Europe...

[00:03:19] Speaker 1: Lesquels, par exemple, vous pourriez citer ?

[00:03:20] Speaker 2: Georges Bush, seigneur. Le premier président. Le premier président Bush était un intellectuel cultivé qui avait compris l'intérêt de construire une Europe forte. Un peu Bob Bill Clinton à certains moments de sa présidence. Henry Kissinger dans certains moments de son action. Mais pour le reste, c'était et ça reste... J'exagère presque pas en disant un État voyou.

[00:03:42] Speaker 1: Parce que les États-Unis ont toujours empêché l'Europe de devenir une puissance, y compris après la chute du mur de Berlin. C'est ce que vous dites. En encourageant finalement l'élargissement, ils empêchaient l'Europe politique. Faute aux Américains de ne pas avoir une Europe politique.

[00:03:55] Speaker 2: Très intelligemment, après la chute du mur de Berlin, alors que nous voulions créer les conditions d'une Europe rassemblée et politique, ils ont tout fait pour pousser les pays d'Europe de l'Est à rejoindre l'Union européenne, qui ne voulaient pas rejoindre ces pays, parce qu'ils ne voulaient pas rejoindre un autre Comécon, comme ils le disaient à l'époque, dans la perspective d'affaiblir une Europe qui serait trop large. Et qui, en effet, ça a réussi. Une Europe plus large, à 27, et beaucoup plus difficilement une entité politique.

[00:04:25] Speaker 1: Mais pourtant, Jacques Attali, on a quand même l'impression en ce moment que la relation entre les Etats-Unis et l'Europe n'a jamais été aussi malmenée dans l'histoire récente. Cette volonté de contrôler le Groenland, de le dire ainsi, Trump parle de la force, ensuite il parle de lâcheté. Même s'il y a eu cet accord trouvé avec le secrétaire général de l'OTAN, ça semblait totalement impensable il y a quelques années. Non, pas vraiment impensable.

[00:04:48] Speaker 2: C'est simplement beaucoup plus public, mais c'est tout. Mais cette volonté de... Du coup, la résonance est différente. Voilà, c'est simplement plus sur la table. Et les accords, une fois passés, peuvent très bien être remis en cause dans 10 minutes ou dans une heure. Donc, il n'y a pas de stabilité. Il y a eu des périodes où les hommes d'État américains étaient plus sérieux, en particulier parce que le secret permettait ensuite d'arriver à un compromis, comme ça a été le cas à Williamsburg. C'était d'ailleurs un bon exemple, parce que François Mitterrand n'a pas cédé. A aucun moment. Il a dit... Il a dit non, et les Américains ont cédé dans ce chantage que vous évoquiez tout à l'heure. Donc, la leçon, c'est qu'il faut construire une puissance européenne, il faut s'unir, il ne faut pas avoir peur. Les Américains font du chantage. Nous avons beaucoup de reconnaissance à avoir à leur égard, beaucoup d'admiration pour leur culture, leur cinéma, leur idéal démocratique. Beaucoup de gens sont extraordinaires culturellement et politiquement aux États-Unis, mais la politique américaine a toujours une politique de grande puissance.

[00:05:51] Speaker 1: Parce que Donald Trump ne parle jamais d'alliés. Il l'humilie. Hier, dans le discours, il humiliait les Européens, il humiliait les Allemands, il humilie Emmanuel Macron. On a l'impression de ne jamais avoir entendu ça. Joe Biden, par exemple, avec les Ukrainiens, il a soutenu l'Ukraine. Là, il a humilié Volodymyr Zelensky. Donald Trump, il a tout de même changé.

[00:06:07] Speaker 2: C'est la différence. Nous, la seule différence, c'est que c'est public. Mais dans le passé, c'était comme ça, mais en privé. Et le résultat n'était pas différent.

[00:06:14] Speaker 1: Il y a une différence avec Joe Biden, peut-être, quand même, sur le soutien des Ukrainiens, sur la façon dont ils sont traités.

[00:06:21] Speaker 2: Interd'État qui était lui-même très européen par son histoire personnelle et une administration qui était beaucoup plus respectueuse. Mais dans le rapport de force, c'était la même chose.

[00:06:32] Speaker 1: Dans le soutien à l'Ukraine, différent tout de même.

[00:06:34] Speaker 2: Avec des allers-retours, quand même.

[00:06:36] Speaker 1: Il n'a pas suspendu le renseignement américain aux Ukrainiens, ce qu'a fait Trump dès qu'il a pu le faire.

[00:06:41] Speaker 2: Il y a en plus cette dimension personnelle de Trump qui agit comme s'il était un agent russe. Ça, c'est aussi en plus...

[00:06:46] Speaker 1: Ça, c'est en plus, mais c'est important, cette dimension personnelle.

[00:06:50] Speaker 2: Oui, c'est important. Mais encore une fois, ça s'inscrit dans une histoire américaine où les Américains, regardez, dans d'autres domaines, en matière bancaire ou en matière d'extraterritorialité du droit américain, ce n'est pas Trump qui a imposé ça, c'est il y a très longtemps. Regardez, en matière de non-solidarité avec les Européens, dans la lutte contre le terrorisme, ça a été vrai sous François Vitterrand, ça a été vrai sous François Hollande, ça a été vrai en multiples occasions. Ce n'est pas nouveau.

[00:07:15] Speaker 1: Est-ce que l'OTAN a encore un sens ? Cet article 5 qui stipule qu'une attaque contre un État membre de l'OTAN est considérée comme une attaque contre tout, les États membres ? Est-ce que l'OTAN s'est terminé ses caducs ou pas ? Ça protégeait tout de même l'Europe pendant longtemps.

[00:07:27] Speaker 2: Cet article 5, qui est d'ailleurs issu d'un traité qui n'a pas été adopté en 1920 par Wilson, d'une vieille idée de solidarité, a été mis en œuvre une seule fois à la demande des États-Unis, contrairement à ce que beaucoup de gens croient, c'est les États-Unis qui ont demandé à l'utiliser et les Européens sont venus au secours des Américains. C'était au moment des opérations en Irak et en Afghanistan. C'est une demande américaine qu'il a faite. Est-ce qu'aujourd'hui, les Américains et les Européens iraient au secours des États-Unis ? Sans aucun doute. Est-ce que l'Amérique irait au secours des Européens ? Il faut faire comme s'ils ne venaient pas. On ne peut pas dépendre d'un allié qui agit en fonction de son intérêt et qui n'a pas compris, et qui n'a presque jamais compris, depuis en tout cas très longtemps, qu'ils ont intérêt à avoir une Europe forte.

[00:08:19] Speaker 1: Donc ils étaient trop naïfs, les Européens, de penser qu'il y avait un vrai parapluie militaire américain ?

[00:08:25] Speaker 2: Certains d'entre eux, d'ailleurs. C'est pour ça que la France s'est dotée très vite, avec le génie du général de Gaulle et de tous ceux qui étaient avant lui et après lui, d'une arme nucléaire. C'est pour ne pas dépendre d'un parapluie américain plus ou moins illusoire. Ce n'est pas nouveau.

[00:08:39] Speaker 1: Pourtant, ils ont l'impression de renoncer à un protecteur, aujourd'hui, les Européens. C'est peut-être ça qui est compliqué.

[00:08:45] Speaker 2: Ils doivent renoncer à un protecteur, mais le Canada, il renonce tout autant. Il a compris que les Etats-Unis ne sont pas là pour les défendre, mais pour les attaquer. Monsieur Carné dit tout haut ce que beaucoup de chefs d'Etat européens devraient dire aussi. C'est-à-dire que les Etats-Unis ne sont plus un allié fiable.

[00:09:08] Speaker 1: Comment les Européens devraient-ils réagir aujourd'hui ? Jacques Attali, c'est le sommet de crise extraordinaire et maintenu alors qu'il y a une sorte de reculade. Il y a eu un accord entre Trump et le secrétaire général de l'OTAN. Est-ce qu'ils doivent afficher une fermeté ce soir ?

[00:09:22] Speaker 2: Il ne faut surtout pas céder à l'illusion qu'on ne vient pas, donc vous vous désarmez, vous enlevez vos troupes en Groenland et je ne sais pas comment on découvre que trois semaines plus tard ou une semaine plus tard, il y a des troupes américaines. Surtout ne pas partir. Il faut sortir le bazooka commercial. Oui, il faut être prêt à le sortir, il faut être crédible. Il ne faut peut-être pas le mettre en œuvre si les Américains reculent, mais il faut être crédible. C'est pourquoi il est très important que les Européens fassent la liste des armes qu'ils peuvent utiliser. Par exemple, les Américains ont des armes extraordinaires. Ils peuvent nous couper les cartes de crédit, Internet et beaucoup de choses. C'est une arme gigantesque. Mais on reste très dépendant. Mais il faut que nous-mêmes fassions la liste des armes que nous pouvons utiliser en espérant ne pas avoir une idée. Encore une fois, moi je suis un grand ami, admirateur des États-Unis. Je rêve d'une situation où les États-Unis seraient ce que j'ai toujours rêvé qu'ils deviennent, c'est-à-dire une Europe qui a réussi. Une Europe où tous les peuples d'Europe se sont retrouvés aux États-Unis. Ça c'est un rêve, c'est terminé. Non, encore une fois, ce n'est pas terminé. C'est toujours en construction avec dans les États-Unis à la fois un idéal mondialiste d'une société démocratique qui voudrait répandre la démocratie partout à travers le monde et un idéal d'État boyau qui voudrait imposer son pouvoir en détruisant tous les autres. C'est un peu ce qu'ils ont fait avec les nations premières, les premiers habitants des États-Unis et ce qu'ils ont fait avec les esclaves qu'ils ont importés d'une façon particulièrement peu aimable d'Afrique.

[00:10:57] Speaker 1: Marc Carnet, vous faisiez référence il y a un instant, le Premier ministre canadien qui a fait un discours à Davos « Si vous n'êtes pas à table, vous êtes au menu. Il faut des accords entre puissances moyennes, des alliances. » Est-ce que ça, c'est la fin de l'ordre mondial de 1945 ? Il y a un ordre mondial qui a été mis en place par les Américains ?

[00:11:14] Speaker 2: Encore une fois, il n'y a jamais eu d'ordre mondial.

[00:11:17] Speaker 1: Il y avait un désir, en tout cas. C'est une illusion.

[00:11:19] Speaker 2: Il y a des institutions...

[00:11:20] Speaker 1: Bretton Woods d'un côté, l'ONU de l'autre...

[00:11:22] Speaker 2: Prenez l'exemple de Bretton Woods. Bretton Woods est une institution américaine totalement dominée par les États-Unis, telles qu'elles sont construites, telles qu'elles sont organisées. Ce n'est pas parce qu'il y a un directeur général français, le numéro 2 est américain. Le droit de vote sont majoritairement américains et alliés.

[00:11:37] Speaker 1: Elles ne pouvaient être réformées, ces institutions.

[00:11:39] Speaker 2: Elles ne l'ont jamais été. Et les Nations unies sont une juxtaposition d'États. Il n'y a pas de supranationalité. Donc, on a vécu volontairement sur l'illusion d'un ordre qui n'était en fait qu'un ordre américain polissé.

[00:11:52] Speaker 1: Et l'ONU ?

[00:11:53] Speaker 2: Et l'ONU, c'est une juxtaposition de nations qui s'affrontent. Heureusement, la France a obtenu, grâce au génie, encore une fois, de Jean-Luc Gaullet et de Pierre-Vincent Desfrancs, un siège permanent. Mais ça n'a jamais été qu'une juxtaposition d'intérêts nationaux.

[00:12:07] Speaker 1: Il y a au moins un idéal de justice, une CPI. Il y a une voie. Tous les pays y sont.

[00:12:12] Speaker 2: Cet idéal existe et reste à construire. Il existe aussi dans l'idéal de la Constitution américaine. Mais encore une fois, il y a une phrase qui a été dite il y a quelques mois par un des gourous de Trump, qui dit tout, dans la Constitution américaine. Il a dit qu'en Constitution américaine, il y a trois pouvoirs, exécutif, législatif et judiciaire. Rappelez-moi lequel des trois dispose de l'armée. Ça dit tout. Si vous avez un pouvoir exécutif qui dit que l'armée est à son service et que le législatif et le judiciaire vont se coucher devant l'armée, c'est-à-dire devant l'exécutif, il y a une dictature. Cette phrase est celle d'un conseiller d'un dictateur.

[00:12:54] Speaker 1: Le Conseil de la paix qui a été mis en place par Donald Trump, on l'a vu à Davos, il a été créé. Ce sont des invitations de Donald Trump. Tout est dirigé par le président américain. Il peut révoquer. Il veut concurrencer l'ONU, mais on n'est plus dans la même démarche. Jacques Attali, la France, a refusé l'invitation.

[00:13:11] Speaker 2: Il n'y a pas de traité.

[00:13:14] Speaker 1: La Norvège et les Ukrainiens aussi. C'est une sorte de mandat.

[00:13:17] Speaker 2: C'est une sorte de mandat. Le Mar-a-Lago planétaire, le club où on joue au golf. Mais ça ne survivra pas à M. Trump. Il n'y a même pas de texte qui définit des statuts, des droits de vote, des règles. Ah si, il y a une règle improvisée de cotisation. Il faut payer un milliard pour être membre.

[00:13:36] Speaker 1: C'était censé être aussi un comité pour Gaza. Il y a un sous-comité d'ailleurs. Vous pensez que ça peut servir à quelque chose, pour Gaza en particulier ?

[00:13:43] Speaker 2: Gaza, ça ne peut trouver de solution que quand il y aura une reconnaissance réciproque des Israéliens et des Palestiniens. On en est loin.

[00:13:48] Speaker 1: Encore un mot sur les alliances. Est-ce que le monde aujourd'hui est plus dangereux qu'il y a 20 ans ?

[00:13:54] Speaker 2: Oui, il est plus dangereux parce qu'on a eu un rare moment où on avait un dirigeant russe qui voulait rejoindre l'Europe. C'était M. Kovatchov, M. Eltsine et les premières années de M. Poutine. On ne l'a pas vu, on ne l'a pas fait. C'était une grave erreur. On avait des présidents américains qui avaient peur de la guerre. Là, on a l'impression d'une situation erratique où tout est possible. Et quand tout est possible avec des dirigeants qui sont en train de dire qui est le plus gros, le plus puissant, ça peut déraper n'importe comment. Parce qu'il n'y a pas de réflexion stratégique très profonde.

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Arow Summary
Interview with Jacques Attali arguing that Donald Trump’s presidency is not a true rupture in US global leadership or the US–Europe relationship: historically the US has relied on power politics, coercion and undermining European unity. Attali cites WWII-era Bretton Woods negotiations and a 1983 G7 episode with Reagan as examples of pressure tactics, including threats affecting French nuclear forces. What is new under Trump is the public, transactional, and personally profit-seeking nature of the coercion, plus perceived alignment with Russian interests. Attali contends NATO’s Article 5 has been invoked only once at US request, and Europe should not assume US protection; instead it must build autonomous European power, prepare credible commercial retaliation (“bazooka”), and reduce dependence on US financial/tech levers. He dismisses the idea of a post-1945 “world order” as an American-dominated system and sees rising global danger due to erratic leadership, missed opportunities to integrate Russia, and weakened strategic thinking.
Arow Title
Jacques Attali: Trump and the US–Europe Power Relationship
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Arow Key Takeaways
  • Attali argues Trump is more a continuation than a rupture: US policy toward Europe has long been based on leverage and divide-and-rule.
  • What changes under Trump is the public, explicitly transactional style and alleged personal enrichment motives.
  • Europe should plan as if the US will not honor security guarantees and accelerate strategic autonomy.
  • NATO’s Article 5 is historically limited in use; Europeans once aided the US, not vice versa.
  • Europe needs credible deterrents, including trade tools, and must map both US vulnerabilities and Europe’s own leverage.
  • Post-1945 institutions (Bretton Woods, UN) are depicted as US-dominated or merely intergovernmental, not a true rules-based order.
  • Global risk is higher due to erratic leadership and missed opportunities to integrate Russia into Europe.
Arow Sentiments
Negative: Tone is critical and cautionary: portrays US policy as coercive and law-disrespecting, warns of unreliable alliances, increased danger, and erratic leadership. Some balanced notes of admiration for US culture and democratic ideals temper but do not outweigh the critique.
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