Benin Turns Water Hyacinth Into Oil-Spill Absorbent (Full Transcript)

A Beninese start-up buys invasive water hyacinth from local harvesters and converts it into a hydrocarbon-absorbing fiber, while pushing for better sanitation to curb regrowth.
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[00:00:08] Speaker 1: Vous saviez que les zones humides ont rétréci de 85% depuis le début de l'ère industrielle ? Que les rivières, les lacs, les marais sont gravement menacés par des espèces invasives ? Des espèces en hausse de 40% depuis les années 80 à cause de la mondialisation des échanges ? Bonjour et bienvenue dans Plan B, l'économie autrement. Pertes agricoles, épidémies, extinctions, ces invasifs coûtent 140 milliards d'euros par an à l'économie, selon l'IPBES, l'équivalent du GIEC pour la biodiversité. Des animaux et des plantes qui comptent leur VIP, le rat noir, le frelon asiatique ou la jacinthe d'eau. Cette jolie plante latino-américaine étouffe déjà 20 pays d'Afrique. Au Bénin, une start-up transforme ce plomb en or vert. Un tapis flottant de fin juillet à début décembre. Chaque année, le lac Noko est envahi par la jacinthe d'eau. Une plante très invasive qui disparaît quand la salinité remonte en hiver. Sa récolte est devenue une activité saisonnière. 750 ramasseuses travaillent pour une start-up béninoise.

[00:01:18] Speaker 2: Je ramasse 10 pirogues par jour de la jacinthe d'eau, ce qui fait quelque chose de 50 kilos comme ça.

[00:01:24] Speaker 1: Soit près de 10 euros par jour.

[00:01:26] Speaker 2: Ça, ça me permet de faire beaucoup de choses pour ma santé en cas où je tombe malade. Ça me permet aussi de faire d'autres activités. Les objets d'art que je peux fabriquer avec cette jacinthe d'eau-là.

[00:01:38] Speaker 1: Des objets que les femmes de Ganvier vendent aux touristes. Mais depuis 10 ans, l'essentiel de la récolte est racheté par la start-up qui a vu le potentiel commercial de ce fléau.

[00:01:48] Speaker 3: Lorsque la jacinthe d'eau apparaît, il y a un problème pour la circulation. Aller à la pêche, c'est une difficulté pour les populations. Vraiment, ça constitue des sérieux problèmes à leur niveau.

[00:02:03] Speaker 1: Concrètement, le poisson est de plus en plus rare, car la jacinthe asphyxie le lac, en plus d'être un nid à moustiques. Avant de céder leur récolte, les ramasseuses doivent en assurer le séchage avec les moyens du bord.

[00:02:18] Speaker 4: Après la récolte, nous faisons sécher les jacinthes un mois en les retournant tous les 3 jours. Il arrive parfois que nous soyons obligés de tout jeter lorsqu'il pleut.

[00:02:28] Speaker 1: Une fois séchées, les tiges sont acheminées dans cette usine à 2 heures de route du lac Nocoué. Broyées, puis tamisées, la jacinthe ressort en bout de chaîne sous forme de super absorbant, le Gécasorb.

[00:02:41] Speaker 3: Cette fibre permet de faire l'absorption d'hydrocarbures sur l'eau ou sur le sol. Quand il y a le dévestissement, il suffit juste que le client prend ce produit et qu'il n'est pas appuyé sur la zone infectée. Et, c'est parti. La fibre absorbe l'huile.

[00:02:58] Speaker 1: Concrètement, 1 kg de cette fibre encapsule jusqu'à 12 litres d'hydrocarbures. Parmi les clients, de gros industriels, cimentiers, logisticiens, énergéticiens, mais aussi ce garage solidaire près de Cotonou.

[00:03:12] Speaker 5: Lui, il est là pour... Lorsque vous avez, par exemple, un bidon d'huile qui s'est versé au sol.

[00:03:18] Speaker 1: Christian forme chaque année 40 jeunes issus des quartiers défavorisés. Leur stage dure 24 mois. Le garage dispense aussi des formations aux professionnels. 300 garagistes sont déjà passés par cet atelier.

[00:03:30] Speaker 5: Dans le domaine de la mécanique automobile que nous utilisons, la plupart des liquides que nous utilisons sont faits à base de l'hydrocarbure. Et tout l'hydrocarbure qu'on a versé au niveau du sol vient polluer l'eau que nous buvons.

[00:03:41] Speaker 1: Pour éviter toute pollution, la start-up récupère les coussins souillés en fin de parcours et se charge de les éliminer.

[00:03:48] Speaker 4: Quand il y a des clients qui achètent nos produits, nous repassons après pour collecter. Le GK s'obtient usagé et après nous délivrons des certificats d'incinération à ces entreprises-là qui peuvent montrer au cours d'un audit environnemental.

[00:04:03] Speaker 1: La start-up compte désormais une cinquantaine de clients. Son graal, décrocher des marchés au Nigeria voisin, un pays producteur de pétrole. Pourquoi dit-on que la jacinthe d'eau est invasive ?

[00:04:20] Speaker 6: On dit qu'elle est invasive car elle a une... facilité à se reproduire, à coloniser le milieu dans lequel elle se trouve. Dans des conditions optimales de température et d'éléments nutritifs, elle a la capacité de doubler son volume dans un intervalle d'une à trois semaines.

[00:04:39] Speaker 1: La faute à qui ? A l'homme ou à la nature ?

[00:04:41] Speaker 6: D'abord c'est un phénomène naturel, mais elle prend une autre ampleur avec l'action de l'homme. Dans le cas particulier du lac Nukui par exemple, on a les revêtements de la jacinthe d'eau. On a les rejets d'eaux usées urbaines et aussi les eaux de ruissellement qui proviennent des bassins versants surtout agricoles où on utilise énormément d'engrais.

[00:05:03] Speaker 1: La jacinthe menace-t-elle d'autres parties du monde ?

[00:05:06] Speaker 6: Aujourd'hui, on la retrouve dans environ 141 pays. Au moins 50 d'entre eux connaissent l'invasion de la jacinthe d'eau. Et ces pays sont répartis en Afrique, l'Amérique du Sud dont elle est originaire, l'Asie et même l'Océanie avec l'Australie et la Nouvelle-Zélande.

[00:05:27] Speaker 1: Que peut-on faire pour s'en débarrasser ?

[00:05:29] Speaker 6: Ce serait bien d'intensifier ce qui se fait déjà, c'est-à-dire le ramassage manuel qui pourrait devenir mécanique. Pour le long terme, il s'agira de repenser l'assainissement des villes qui bordent le lac Nukui, notamment à Beaume et Calavi et Cotonou, et aussi tous les villages lacustres où cela n'est pas encore le cas à ce jour. Cela contribuera à réduire substantiellement les rejets d'eau usée.

[00:06:03] Speaker 1: Plan B, c'est fini. Retrouvez tous nos épisodes sur le site de France 24, X, Facebook et sur mes comptes LinkedIn et Instagram. Tchuss .

ai AI Insights
Arow Summary
Wetlands have shrunk dramatically since industrialization, and invasive species—rising with global trade—cause major ecological and economic damage. In Benin’s Lake Nokoué, the invasive water hyacinth forms seasonal floating mats that hinder fishing, navigation, and worsen mosquito breeding while depleting oxygen for fish. A Beninese start-up employs hundreds of local women to harvest and dry the plant, then processes it into an industrial absorbent fiber (Gécasorb) that can encapsulate large volumes of hydrocarbons for spill cleanup. The company collects used absorbent pads and provides incineration certificates for clients’ environmental audits, aiming to expand to oil-producing Nigeria. Experts explain the hyacinth’s rapid reproduction, its spread across many countries, and how human nutrient pollution (wastewater and agricultural runoff) amplifies invasions; long-term solutions include improved sanitation and potentially mechanized harvesting.
Arow Title
Turning an invasive water hyacinth into an oil-absorbent resource
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Arow Key Takeaways
  • Invasive species impose huge economic costs and are accelerating with globalization.
  • Water hyacinth invasions can choke lakes, reduce fish stocks, disrupt transport, and increase mosquito habitat.
  • A Beninese start-up creates seasonal income for hundreds of women by buying harvested hyacinth.
  • Processed hyacinth fiber can absorb significant quantities of hydrocarbons, offering a spill-response product.
  • Closing the loop includes collecting used absorbents and issuing disposal/incineration certificates.
  • Human-driven nutrient inputs (wastewater, fertilizer runoff) intensify hyacinth growth; sanitation upgrades are key long-term fixes.
  • Mechanizing harvesting and reducing pollution can help manage invasions more sustainably.
  • Market expansion targets include neighboring Nigeria due to oil-industry demand.
Arow Sentiments
Neutral: The piece balances alarming facts about ecological degradation and invasive species impacts with a pragmatic, solutions-oriented narrative about local jobs and an innovative circular-economy use case.
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