[00:00:00] Speaker 1: Ici en France, ce début de semaine marque la fin d'une très longue et douloureuse séquence politique. Le budget 2026 sera définitivement adopté ce soir, sauf retournement de situation de dernière minute. Sébastien Lecornu affronte deux dernières motions de censure qui n'ont a priori aucune chance d'être adoptées sans soutien des socialistes. Bonjour Florent Simon.
[00:00:21] Speaker 2: Bonjour Pauline.
[00:00:22] Speaker 1: Peut-on parler du succès de la méthode Lecornu ?
[00:00:25] Speaker 2: Ah oui, dans un sens c'est un succès Pauline, parce qu'il a réussi sa mission qui était celle de doter la France d'un budget et qui malgré le recours au 49.3 est le fruit d'un compromis avec les socialistes, parce que jusqu'à la dernière minute il a discuté avec les socialistes avant donc d'engager la responsabilité du gouvernement. Alors pour ce qui est des mois, il a donc utilisé le 49.3 qui permet de faire passer ce texte sans vote, alors qu'il avait annoncé en octobre qu'il n'aurait pas recours au 49.3. Et puis c'est vrai qu'il a lâché, il a beaucoup lâché à la gauche, c'est d'ailleurs ce que lui reproche son camp. Il a notamment renoncé sur le budget de la sécurité sociale, il a suspendu la réforme des retraites, la revalorisation de la prime d'activité ou encore la continuité de la surtaxe sur les grandes entreprises. Tout ça c'est des concessions qu'il a fait à la gauche et c'est vrai que les macronistes grincent des dents en disant qu'il a trop lâché au PS et qu'en plus il a donné en pâture en quelque sorte une partie du bilan d'Emmanuel Macron. Mais ? On peut quand même lui reconnaître une certaine habileté dans ses négociations. Ça lui a aussi permis de se maintenir à Matignon, là où les élus finalement ne donnaient pas forcément très cher de sa peau il y a quelques semaines encore.
[00:01:38] Speaker 1: Un Premier ministre qui peut maintenant se tourner vers la suite et envisager de se maintenir jusqu'en 2027 ?
[00:01:42] Speaker 2: Il peut en effet espérer se maintenir jusqu'en 2027 et c'est d'ailleurs ce qui est a priori dans la tête d'un peu tout le monde. Et puis il va sans doute aussi essayer de montrer qu'il n'est pas que monsieur budget parce que c'est vrai que Pauline, depuis qu'il a été nommé, Sébastien Lecornu, est tout à la tâche sur le budget 2026. Alors il a dit qu'il voulait faire de cette dernière année avant la présidentielle un temps utile avec les cartes qu'il a en main, c'est-à-dire pas grand-chose puisqu'il n'a pas de majorité à l'Assemblée nationale, pas d'argent et peu de temps. Donc dans la suite du programme, ça devrait porter sur des réformes plutôt consensuelles. Il n'y aura pas d'âpre débat à l'Assemblée nationale. Il y aura l'actualisation de la loi. Il n'y aura pas de programmation militaire parce qu'avec l'adoption du budget, le budget de la défense se dote de 6,5 milliards d'euros en plus. Il devrait aussi présenter une loi d'urgence pour l'agriculture ou encore le projet de loi sur la fin de vie qui va revenir dans quelques semaines à l'Assemblée nationale. Donc voilà, part de réformes d'ampleur. Et puis avant ça, le Premier ministre a annoncé qu'il y aurait un ajustement, une forme de remaniement dans son gouvernement avec notamment le départ du ministère de la Culture de Rachida Dati qui se présente. Donc à la mairie de Paris, un léger remaniement avec des ministres qui auront pour particularité, ou en tout cas pour Lecornu, il ne faut pas que ces ministres aient d'ambition présidentielle pour qu'ils soient à 100% à leur tâche.
[00:03:08] Speaker 1: Alors la méthode Lecornu, en tout cas telle qu'il l'affiche, c'est le compromis et la discussion. Mais est-ce que ça ne va pas se corser rapport aux échéances électorales qui arrivent, les municipales et puis après bien sûr la présidentielle ?
[00:03:22] Speaker 2: Oui, ça va sûrement se durcir. Notamment avec le socialiste. Alors il veut continuer dans ce sens puisqu'il reçoit cette semaine les présidents des groupes du Sénat et de l'Assemblée nationale hors RN et LFI. Sauf que c'est vrai qu'il y a les municipales à partir de mi-mars, que les socialistes, même s'ils portent en étendard les victoires qu'ils ont obtenues lors du budget, sont quand même taxés allègrement par leurs anciens alliés LFI d'être aujourd'hui les béquilles de la Macronie. Donc ils vont devoir quand même montrer qu'ils restent dans l'opposition. LR s'est divisé sur ce budget. Les sénateurs qui critiquaient un budget socialiste, ceux qui disaient qu'il fallait censurer et puis finalement les députés qui ne l'ont pas fait. EPS et LR disent que c'est dans un esprit de responsabilité. Donc c'est vrai que les discussions, les négociations avec Sébastien Lecornu vont être plus difficiles. Et puis immédiatement les municipales passées, tous les yeux seront évidemment rivés vers 2027. Et vous allez me poser la question Pauline, et les yeux de Sébastien Lecornu ? Pour l'instant. Il dit qu'il n'a aucune ambition présidentielle, mais d'autres y pensent pour lui. Affaire à suivre en ce qui concerne le Premier ministre sur cette question de la présidentielle.
[00:04:32] Speaker 1: Merci beaucoup Flore, affaire à suivre.
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