[00:00:02] Speaker 1: — Cécile, bonsoir. Les méthodes de la police de l'immigration, l'ICE, éclaboussent toutes les personnes et les entreprises qui collaborent avec elles. Et elles sont nombreuses. On a appris qu'une entreprise française a récemment signé un contrat avec ICE.
[00:00:18] Speaker 2: — Il s'agit de Capgemini, une entreprise de services numériques créée par Serge Kampf en 1967 à Grenoble. Basée à Paris, elle fait partie du CAC 40 depuis 1988, selon l'Observatoire des multinationales. Capgemini est leader des services numériques sur le marché français. C'est écrit juste ici. Et numéro 3 sur le marché européen, Capgemini travaille pour des entreprises françaises et étrangères. Le groupe a d'ailleurs une filiale américaine installée près de Washington qui collabore avec plusieurs institutions majeures américaines. On a d'abord le ministère de la Santé, celui des anciens combattants. Et depuis 2007, avec le département de la Sécurité intérieure, l'organisme qui supervise l'ICE depuis le deuxième mandat de Trump, 95 % de l'activité de la filiale américaine est liée au département de la Sécurité intérieure. Par exemple, regardez, c'est Capgemini qui gère le standard téléphonique Voice, réservé aux victimes de crimes commis par des étrangers, qui est une création du président Trump.
[00:01:22] Speaker 1: — Et le groupe français Capgemini a répondu à un appel d'offres. — C'était en novembre dernier.
[00:01:29] Speaker 2: — Et Capgemini a remporté le contrat de 4,8 millions de dollars, soit 4 millions d'euros, selon les termes du contrat. Regardez, il s'agit d'obtenir des services de recherche de personnes à l'échelle nationale pour les opérations d'exécution et d'expulsion pour aider à réduire au maximum le temps nécessaire et les coûts engagés pour expulser tous les étrangers en situation irrégulière des États-Unis. Tout ça grâce à une technique. — Skip tracing, qu'est-ce que c'est ? C'est la collecte de données personnelles via des logiciels spécialisés, des infos publiques, comme par exemple les registres électoraux, des bases de données immobilières ou les réseaux sociaux, et des données également privées, comme on a l'historique des crédits, les adresses IP, les numéros de téléphone ou encore les relevés bancaires. Toutes ces infos sont croisées pour permettre la localisation des personnes. Pour ICE, il s'agit donc de migrants en situation irrégulière pour les interpeller.
[00:02:26] Speaker 1: Et pour que Capgemini soit performant, il y a même un intéressement financier.
[00:02:31] Speaker 2: — Oui, en gros, plus la société française localisera de migrants, plus elle pourra empocher d'argent. C'est écrit, regardez, noir sur blanc, juste ici, des primes financières, des ajustements tarifaires fondés sur le taux de réussite dans les délais convenus. Et tenez-vous bien, il y aurait à la clé pas moins de 365 millions de dollars mis en cause. La direction de Capgemini répond que le contrat... ...n'est pas encore en cours d'exécution, sous-entendu que le groupe n'est pas lié aux interventions très violentes de ICE de ces dernières semaines. Et rajoute, regardez, que la nature et le périmètre du contrat qui ont été portés à notre connaissance par la presse ne correspondent pas à ce que nous faisons habituellement en tant qu'entreprise. Réponse assez facile, car il suffit de lire les contrats qui sont accessibles sur le net pour savoir ce qu'ils font.
[00:03:20] Speaker 1: — Et depuis que l'on sait ce que fait Capgemini, eh bien les critiques sont nombreuses.
[00:03:24] Speaker 2: — Il y a d'abord en France. La CGT au sein de Capgemini, qui dans un communiqué intitulé « L'argent n'a pas d'odeur », mais il commence fortement à avoir le goût du sang, demande au groupe la fin du contrat. Et regardez la suspension de ses activités, tant qu'il sera aux mains de fascistes qui considèrent que chaque vie humaine n'a pas la même valeur. Et puis il y a beaucoup de voix qui dénoncent les méthodes de l'ICE. Des célébrités d'abord comme Billie Eilish ou encore Moby, Katy Perry, Nathalie Portman ou encore Pedro Pascal, appelées à une grève nationale le 30 janvier prochain. Il y a également le basketteur français Victor Wambanyama qui s'est également exprimé. Il a dit « Je suis un étranger qui vit dans ce pays et je suis inquiet ».
[00:04:09] Speaker 1: — Merci beaucoup, Cécile Galluccio. C'était les clés de l'info.
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