[00:00:00] Speaker 1: La situation à présent dans le nord de la Syrie, le cessez-le-feu entre Damas et les forces kurdes a été prolongé de 15 jours, mais on nous rapporte des violations de la trêve de part et d'autre. Wassim Nasr, vous nous avez rejoint, bonjour à vous. Quelle est la situation ce lundi 26 janvier ?
[00:00:13] Speaker 2: On va tout de suite regarder une carte pour voir quelles sont en fait les lignes de démarcation entre les forces kurdes et les forces de Damas à l'heure où on parle. Là on va voir le territoire qui a été récupéré par l'armée syrienne. Il a limite, donc en jaune, les zones contrôlées toujours par les forces kurdes. Ce qui est le plus important, comme vous l'avez dit, c'est qu'il y a toujours des violations, des escarmouches entre les deux. Il y a des civils qui meurent d'un côté comme de l'autre sur les routes. Mais on va voir par exemple qu'il y a un gros effort qui est mis par le ministère de l'Intérieur syrien à déployer des forces derrière les lignes de démarcation. Et là en l'occurrence on est à Alep, parce que Kobané al-Arab dépend d'Alep. Et le ministère de l'Intérieur a déployé des forces juste pour empêcher. Les civils d'arriver sur les lignes de démarcation. Justement pour empêcher les exactions parce que c'est une zone très chargée. Par exemple il y a une zone qui s'appelle Hachouyour qui est une zone arabe qui a été vidée de sa population par les factions kurdes. Parce que c'était une ligne de démarcation avec les rebelles syriens. Donc ces gens-là veulent rentrer chez eux. Et le ministère de l'Intérieur les empêche. Et en même temps il y a des consultations, limite 24h sur 24 pour calmer les esprits. Que ce soit avec les notables kurdes de la minorité kurde. Qui se trouvent autour du sanctuaire disons de l'Alep Kobané et les autres habitants arabes. L'équipe qui est en charge de ça, on va la voir en photo, c'est la même équipe qui était en charge de la sécurité d'Alep quand il y a eu les combats à Alep ville. Donc ils ont eu des résultats et c'est eux-mêmes qui sont déployés sur cette zone pour calmer les esprits. Là on les voit à Tabqa quand ils ont négocié avec le YPG. L'homme en militaire c'est Sipan Amo qui a géré le YPG à Alep puis Adel Hafer et puis apparemment maintenant à Kobané. Donc ce sont des gens qui se connaissent mais ça n'empêche pas pour autant les escarmouches qui continuent. Et d'un autre côté, on a l'autre côté donc Hasake, l'autre enclave jaune qu'on a vu où la situation est très très tendue. Donc c'est une ville à majorité arabe mais c'est comme la dernière bataille que mènerait le YPG ou qu'on voudrait mener le YPG. Donc ils essaient de faire le vide autour de la ville et en même temps les forces tribales sur zone essayent aussi d'avancer pour couper toutes les routes qui amènent vers Hasake. Donc à l'heure où on parle, il y a eu un exode par exemple. Du village qui s'appelle Asafa qui est sur la route avec le dernier passage frontalier entre la zone tenue par le YPG et le Kurdistan irakien.
[00:02:33] Speaker 1: Voilà, on revoit cette image et on prend conscience que l'armée syrienne a vraiment repris de larges pans du territoire aux Kurdes. Comment est-ce qu'ils sont sécurisés ?
[00:02:43] Speaker 2: En fait, il faut rappeler, comme on l'a dit ici la semaine dernière, que des gens ont retourné leur veste. Donc ce sont les combattants arabes qui étaient dans les rangs des forces démocratiques syriennes qui ont retourné leur veste. Maintenant, le gros défi pour d'abord... C'est de stabiliser la zone. Donc à cette fin, ils envoient le conseiller spécial du président syrien, Jihad al-Sachar, qui a en charge le dossier des tribus et des clans. On l'a en image à son arrivée à Raqqa. Donc l'État se manifeste, disons, à travers la personne de Jihad al-Sachar. Pas en termes de sécurité, pas en termes, disons, militaires, mais surtout pour empêcher les gens de s'en prendre les uns aux autres. Parce que dans cette zone, les clans, les tribus, en partie étaient avec Assad, en partie étaient avec les forces démocratiques syriennes, en partie avec l'État islamique, et en partie il y a des gens, donc de ces clans-là, des déplacés, qui reviennent d'Idlib chez eux. Donc comment empêcher le feu de prendre entre eux ? Il y a eu des vrais combats, par exemple, dans un village qui s'appelle Gharanij, où l'armée, la nouvelle armée syrienne, était obligée d'intervenir pour empêcher les gens de s'entretuer. Il y a eu plusieurs arrestations dans ces villages pour empêcher que les personnes arrêtées, donc qui travaillaient que ce soit pour Assad ou pour les factions kurdes, ne soient tuées par les habitants. Donc on les arrête pour empêcher des meurtres. Il y a aussi des campagnes, disons, de régularisation qui ont commencé hier. On va voir une image. Donc ce sont les combattants arabes des YPG, des forces démocratiques syriennes, qui viennent régulariser leur situation. Donc il y a un vrai effort pour faire la différence entre les recrues arabes qui étaient pour la paie, la jeunesse du YPG, et les vrais combattants PKK kurdes, donc très, disons, extrémistes, disons les choses comme elles sont. Et il y a aussi une réactivation, là, voilà, des réactivités. Et donc là, on voit que les gens veulent rentrer dans l'armée pour la simple raison que c'est une zone très, très pauvre et les gens se battent pour être recrutés parce que qui dit armée dit paye. Et beaucoup de gens qui étaient payés par les forces américaines aujourd'hui sont sans paye. Donc il y a un vrai appel, un appel d'air pour que les gens soient recrutés. Et donc à travers ce recrutement, que la zone soit quadrillée. L'autre point à surveiller de près, ce sont les prisons et leur contrôle, Wassim. Effectivement. Donc on a vu, par exemple, on va revoir la carte. Donc il y a le Kandahar Hall, le Kandahar Roj, la prison de Chaddadi et la prison de Raqqa. La prison de Chaddadi a été évacuée par les forces américaines syriennes. Il y a eu un vide. Et pendant ce vide, il y a des prisonniers qui se sont échappés. Là, on parle de combattants de l'État islamique. On les a en images. Donc il y a à peu près une centaine de combattants qui ont réussi à fuir. Là, on les voit sur les routes. Donc il y a des gens éclopés. La situation dans ces prisons était très, très grave. Donc là, ils erraient sur la route. Ils étaient récupérés par les civils, puis livrés à l'armée. Sur les cent cinquante qui se sont échappés, quatre-vingt-dix ont été récupérés. Il y a eu aussi un vide à Al-Hol qui a été évacué par les forces américaines qui se sont repliées sur al-Saké. Pendant deux heures à peu près, il y a eu aussi des fuites des familles de djihadistes. Mais il n'y a pas eu de milliers de fuites de djihadistes. À l'inverse, il y a des endroits où ça s'est bien passé, comme par exemple pour la prison de Raqqa, Al-Qatan, qui a été livrée à travers un accord, donc via la coalition et les nouvelles forces armées syriennes. Sauf que, par exemple, samedi, il y a eu 126 djihadistes. Des mineurs qui ont été libérés. Là, on les voit. Et parmi ces mineurs, qui ont été accusés de terrorisme, il y a aussi des gens qui étaient accusés de soutenir le nouveau pouvoir à Damas. Des gens qui étaient pour du crime ou pour des affaires de conflit ou de crime normal, de droit commun. Et qui étaient là-dedans. Il y a eu 126 personnes libérées. La prison d'Al-Qatan, il y a plus de 3000 détenus. Et maintenant, le gros défi pour Damas, c'est de faire le tri. Donc il y a leurs parents qui attendent, leurs familles qui attendent dehors. Et qui disent qu'ils sont accusés d'appartenir à l'État islamique. Mais en fait, ce n'est pas vrai. Et maintenant, c'est à Damas de faire le tri pour remplir le contrat. Que ce soit avec la coalition ou même pour se protéger. Parce qu'évidemment, Damas est en grand conflit avec l'État islamique. Dernier point important. Les djihadistes étrangers les plus, disons, importants, entre guillemets, ont été évacués en partie vers l'Irak par l'armée américaine, mais aussi l'armée française. Merci beaucoup Wassim Nasr.
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