[00:00:00] Speaker 1: Le gouvernement français n'est pas tombé. Les deux motions de censure ont été rejetées. C'est une journée cruciale pour Sébastien Lecornu qui espère clore définitivement la séquence budgétaire d'ici trois semaines, quitte à engager la responsabilité du gouvernement. Il a commencé à le faire cette semaine. Il va continuer aujourd'hui. On retrouve à l'Assemblée nationale Johan Baudin. Johan, bonjour. Vous suivez ces débats depuis ce matin. Deux motions de censure viennent d'être votées. Le gouvernement résiste. Ce n'est pas une grande surprise.
[00:00:32] Speaker 2: Oui, effectivement, la première motion de censure est déposée par la France insoumise et l'écologiste. Et le Parti communiste a été rejeté. 269 voix pour la motion de censure. Cette première motion de censure est donc rejetée. Mais c'est plus qu'attendu. Cela s'est joué à 19 voix d'écart car il faut 288 voix pour faire chuter le gouvernement. Il y a donc eu des dissidents PS et LR qui ont voté cette motion de censure. La deuxième motion de censure déposée par le Rassemblement international a également été rejetée avec beaucoup moins de voix puisque LFI et la gauche ne votent jamais une motion déposée par le Rassemblement international. Elle n'a donc obtenu que plus de 142 voix. C'est donc le début de la fin du marathon pour le chef du gouvernement qui est l'adoption de ce projet de loi de finances 2026. Sébastien Lecornu, la tribune, a défendu un texte de compromis. Ce n'est pas le texte de personne. C'est le texte de tout le monde, les socialistes. Ils ont obtenu des concessions comme les repas universitaires à 1 euro, 2000 postes dans l'éducation nationale ou doublement du rendement de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises. C'est un budget passable. Nous laisserons passer à indiquer un représentant du Parti socialiste. Les LR, eux aussi, ne se sont pas joints aux deux motions de censure. Le patron des LR, Bruno Retaillé, a qualifié cette mouture de budget socialiste. Le patron des LR à l'Assemblée, Laurent Wauquiez, lui, a parlé d'un texte imparfait. Quelques demandes du socle. Le commun a bien été conservé, comme le refus d'une taxe sur les holdings ou le maintien de l'abattement de 10% pour les retraités. Nous avons besoin d'un budget pour nos armées, pour nos agriculteurs, a affirmé Nicolas Bay à la tribune. La première motion de censure était, je vous l'ai dit, issue de la France insoumise, des écologistes et des communistes pour qui ce budget aggrave tout, mais ne résout rien. La deuxième était celle du Rassemblement national. Sans surprise, Marine Le Pen a demandé la démission du gouvernement. La recette du projet de loi de finances est donc passée. Dans l'après-midi, la course continue, puisque le Premier ministre va déposer un deuxième 49.3, cette fois-ci, sur la partie dépenses.
[00:02:39] Speaker 1: Je vous remercie beaucoup, Johan. Effectivement, on a entendu ce matin la frustration de Sébastien Lecornu lors de son intervention durant l'Assemblée nationale. Il a dénoncé l'inaction des députés, mais face au blocage, il fallait agir. C'est vrai que ce 49.3 n'aura jamais été son premier choix. Je vous propose de l'écouter.
[00:02:55] Speaker 3: Il existe pour ces moments où il n'y a pas de décision. Il n'y a pas de décision. Il n'y a pas de décision. Il n'y a pas de décision. Il n'y a pas de décision. Il n'y a pas de décision. Il y a un moment où il n'y a pas de majorité stable, où les délais constitutionnels ne sont plus qu'atteints, où la situation budgétaire et internationale , interdit l'attentisme, et où surtout, le Parlement, collectivement, n'est pas parvenu à aller jusqu'au bout, hélas, de sa propre responsabilité. Je veux le dire avec gravité et sans détour. Si le gouvernement a engagé aujourd'hui sa responsabilité, ce n'est pas parce qu'il voulait décider, Et seul, c'est parce qu'à un moment donné, sur ces bancs, trop nombreux se sont retrouvés ceux qui ne voulaient pas décider du tout.
[00:03:37] Speaker 1: Préserver les institutions, Florent Simon, c'est ce qu'a voulu faire Sébastien Lecornu, c'est en tous les cas ce qu'il a défendu. C'est vrai que vu du côté des Français qui assistent à cette scène politique de l'extérieur, on a du mal à comprendre cette séquence qui vient de se dérouler ces derniers mois.
[00:03:54] Speaker 4: Oui, en effet, les Français, il y a un ras-le-bol général, on le voit, des Français autour de ce budget. Le Premier ministre l'a rappelé, 350 heures de débat pour, in fine, comme il l'a dit, finalement un blocage à l'Assemblée nationale. Il a d'ailleurs pointé la volonté de blocage du Rassemblement national et des insoumis, de ceux comme, j'imagine qu'il pensait, il ne les a pas cités, mais aux écologistes et aux communistes qui n'allaient plus aux réunions autour de ce budget. Donc il dit que voilà, il a essayé jusqu'au bout, que devant l'absence de compréhension, il a décidé finalement d'activer le 49-3. C'est vrai qu'il y a un sondage d'ailleurs, par exemple, Odoxa Backbone Consulting qui est sorti hier dans le Figaro. Alors on voit que 73% des Français considèrent qu'il s'agit d'un mauvais budget. En revanche, ils sont 51%, donc c'est vrai que c'est une courte majorité, mais quand même à estimer qu'il ne faut pas de censure. Parce qu'aujourd'hui, c'est vrai qu'on voit la séquence internationale qui est quand même assez chaotique. Et on imagine bien qu'aujourd'hui, la France, sans gouvernement, face à quand même une crise internationale qui se déploie devant nous, les Français se rendent bien compte que ce serait extrêmement compliqué. Et c'est d'ailleurs aussi l'argument de la droite, pourquoi la droite n'a pas voté cette censure. Laurent Wauquiez, le patron des députés Les Républicains, a estimé que c'était un budget imparfait, mais il a dit, voilà, avec cette crise internationale, on ne va pas ajouter du chaos au chaos. Il serre les dents, la droite, quand même, les macronistes aussi, parce que ce qu'on voit aussi, Aude, c'est que ce budget, il détricote quand même une partie du bilan d'Emmanuel Macron. Cette politique de l'offre, là, on voit qu'avec les concessions que Sébastien Lecornu a faites au PS, ça détricote cette politique de l'offre. La surtaxe sur les grandes entreprises, notamment, détricotait déjà le bilan d'Emmanuel Macron avec la suspension de la réforme des retraites lors du projet de budget de la Sécurité sociale. Donc, pour les macronistes, la pilule, elle est quand même dure à avaler, mais quoi qu'il en soit, c'est la stabilité avant tout. Et puis, il faut quand même voir que si, et Sébastien Lecornu l'a dit il y a quelques semaines, s'il y a une censure, il y aura des élections législatives. Or, que ce soit le PS, la droite ou les macronistes, aucun n'a intérêt à retourner aux urnes pour des élections nationales. Ils seraient perdants. Ils sortiraient perdants des urnes. Et puis, il y a 2027, dans quelques temps. Donc, est-ce que là, Sébastien Lecornu peut se maintenir, d'ailleurs, jusqu'à cette présidentielle ? C'est possible. Après ce budget, il n'y aura pas forcément de grandes réformes. Mais des projets de loi qui seront plutôt consensuels.
[00:06:24] Speaker 1: Il a réussi à se maintenir au pouvoir, à maintenir son gouvernement. Qu'est-ce que cette séquence flore nous dit de l'homme politique de Sébastien Lecornu, qui était évidemment, c'est le jeu politique qui le veut, très, très critiqué, et pas forcément pris au sérieux lors de sa nomination ?
[00:06:39] Speaker 4: Il a quand même réussi à négocier. Il a quand même réussi à négocier sur le budget de la Sécurité sociale. Et ça, on ne peut pas le nier. Il a réussi à faire voter ce budget de la Sécurité sociale. Alors, vous me direz, certes, en renonçant, enfin, en suspendant la réforme des retraites, mais c'est tout le problème de cette Assemblée nationale. Il l'a dit, d'ailleurs, quand il a été nommé Premier ministre, je suis le Premier ministre le plus faible de la Ve République. Et c'est le cas. Il n'a pas de majorité à l'Assemblée nationale. Donc, finalement, il a été assez habile pour réussir à négocier, notamment avec les socialistes, faire voter le budget de la Sécurité sociale par les socialistes. C'est vrai que sur le budget de l'État, c'est autrement plus politique que les oppositions votent le budget de l'État. Ça les fait presque automatiquement passer dans la majorité. Et du coup, ils ne sont plus opposants. Donc, c'est compliqué pour eux. Bon, là, il a beaucoup concédé aux socialistes sur le budget 2026. Mais il a quand même réussi assez habilement à négocier. Ce 49-3, il a pris le temps quand même de l'actionner. Et comme je vous le disais tout à l'heure, ça a aussi été finalement à la fin des demandes masquées de la gauche et de la droite pour qu'ils finissent par dégainer cet article de la Constitution. Alors après, c'est vrai que le Premier ministre dit que le 49-3 ne sera plus jamais utilisé comme avant. On va l'écouter, d'ailleurs.
[00:07:57] Speaker 3: Je n'ai pas engagé la responsabilité du gouvernement pour contourner les institutions de la Ve République. Je l'ai au contraire fait pour les protéger. Mais aucune institution, aussi solide soit-elle, ne peut fonctionner durablement si celles et ceux qui l'incarnent renoncent à leur propre responsabilité. Les recours à l'article 49 à l'année 3. Ils ne pourront plus être utilisés demain comme avant. Ils ne pourront plus être un réflexe. Ils ne pourront plus être une facilité. Ils ne pourront plus être ce qu'ils ont été. Ils seront désormais ce qu'ils sont par leur nature initiale. L'ultime réponse à l'impossibilité de conclure après avoir de bonne foi tout essayé.
[00:08:36] Speaker 4: Voilà, ce que dit le Premier ministre, c'est qu'en fait, redonner la main au Parlement, et c'est ce qu'il a essayé de faire, c'est vrai que c'est une nouveauté en France. Parce que généralement, les gouvernements avaient des majorités plus ou moins, absolues à l'Assemblée nationale, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Ce qui est inédit, cette Assemblée complètement fractionnée, où personne n'a de majorité absolue. Donc Sébastien Lecornu a essayé le compromis. On voit qu'il y a une possibilité de compromis, même si ce n'est pas du tout une culture ici en France. Et ce 49-3, en fait, est très mal vécu aujourd'hui par les Français, depuis en fait Elisabeth Borne, la première ministre d'Emmanuel Macron, qui l'a utilisé à plus de 20 reprises. Mais maintenant, on voit qu'il y a une forme de rejet de ce 49-3, qui est pourtant un article de la Constitution française. Mais aujourd'hui, on a en effet l'impression que quelque chose s'est passé, en tout cas dans les discussions parlementaires, et finalement que le Parlement reprenne la main. Bon, il a essayé, c'est ce qu'il dit, et que devant le blocage de certaines formations politiques, il n'a pas pu aller au bout des discussions pour trouver un compromis sur ce budget 2026.
[00:09:36] Speaker 1: J'en remercie beaucoup, Flore, pour ces éléments.
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