[00:00:00] Speaker 1: Bonjour Karim Yahyaoui, l'image du couple Clinton devant cette commission d'enquête du Congrès américain, ce sera une image singulière ?
[00:00:09] Speaker 2: Une image singulière et ils ont tout fait pour l'éviter le couple Clinton, mais c'est vrai qu'il y avait cette menace d'être poursuivi qui a fini par les faire céder parce que témoigner devant le Congrès autour de cette affaire Epstein, ça a évidemment une dimension infamante, c'est difficile à digérer pour le couple et d'ailleurs leur porte-parole s'est empressée de souligner qu'il fallait que ça ouvre un précédent, c'est-à-dire que d'autres soient finalement amenés à venir témoigner devant le Congrès. C'est rarissime, ça s'est produit dans un cas de figure bien différent en 1983 lorsque Gérald Ford, l'ancien président, était venu devant le Congrès pour parler du bicentenaire de la promulgation de la Constitution, donc ça n'avait strictement rien à voir. Il y a un autre homme qui aurait pu témoigner devant le Congrès. Il y a un autre homme qui aurait pu témoigner devant le Congrès, c'était Donald Trump, dans le cadre évidemment de cette enquête sur l'assaut du Capitole le 6 janvier 2021, mais il avait attaqué l'instance en justice pour bloquer la procédure et entre-temps il a été réélu président. Donc Bill Clinton n'a jamais nié qu'il avait eu des liens avec Jeffrey Epstein, mais il a toujours nié par contre savoir connaître finalement le caractère délictuel de tout ce qui a été mis en œuvre par le président. Et donc aujourd'hui on peut se demander si finalement ce n'est pas une belle opération pour Donald Trump et ses amis que finalement de détourner l'attention sur les anciens amis démocrates d'Epstein. Et finalement c'est une réussite pour Donald Trump qui finalement on parle finalement assez peu de lui.
[00:01:51] Speaker 1: Maintenant si on revient sur cette onde qui se propage depuis la fin de la semaine dernière, le département de la justice américain a diffusé des dizaines de milliers de documents, de fichiers, de vidéos. Il est important de s'interroger sur la façon dont on travaille avec ces documents, comment on peut faire le tri ?
[00:02:12] Speaker 2: Oui parce que le tri n'a pas été fait, on a affaire à 3 millions de pages, 2000 vidéos, 180 000 photos, c'est tout simplement colossal. De nombreux documents qui ont été caviardés, c'est-à-dire qu'un certain nombre de parties de ces documents ne sont pas en train de se faire faire, c'est-à-dire qu'il y a un certain nombre de parties de ces documents qui sont en train de se faire faire. Les documents ne sont pas lisibles ou visibles. Le département de la justice qui explique qu'il conserve encore une partie des archives, c'est-à-dire tout ce qui relève de la pornographie, d'abus physiques et de morts. Une information qui va justement encore ajouter de la confusion et certains vont estimer qu'on n'a pas donné tous les éléments de preuve justement. En tout cas cette affaire Epstein est devenue un espèce de puits sans fond. Il y a évidemment cette masse de documents mais aussi leur nature qui est extrêmement variée. Il y a des correspondances. Il y a des correspondances privées, des e-mails, des échanges par SMS, des documents judiciaires, des notes de police. Et finalement si ça dessine une immense toile d'araignée où s'enchevêtrent business, politique, spectacle et affaires, en réalité ça crée de la confusion parce qu'il est assez difficile, si on ne s'arrête pas un instant sur tous ces documents, de faire le lien entre ce qui est fait incontestable, éléments incomplets, allégations sans fondement ou la simple évocation d'un nom. Il n'y a pas eu suffisamment de précautions qui ont été mises en place avant la divulgation de ces documents. Et on peut s'interroger aussi sur le fait que les Clintons vont être entendus, sur le fait que finalement on ait livré en pâture tous ces tas de documents et finalement ça fait peut-être le jeu de ceux qui ne veulent pas que les faits soient précis et clairs mais qui nous embrouillent avec des informations extrêmement variées et extrêmement importantes.
[00:03:57] Speaker 1: D'autant que c'est une affaire tentaculaire qui dépasse largement les Etats-Unis.
[00:04:02] Speaker 2: Oui, le nombre de personnalités qui sont évoquées dans ces documents donne le tournis. Les documents dans un certain nombre de cas viennent confirmer ce qu'on savait un petit peu déjà. Par exemple, la réputation déjà bien écornée de Peter Mandelson, l'ancien ministre de Tony Blair et l'ancien commissaire européen, s'est trouvée encore un peu plus salie par de nouvelles photos qui ont été diffusées. En tout cas, c'est un peu plus sali par de nouvelles photos qui ont été diffusées. Andrew Moonbatten, Windsor, le frère cadet du roi qui a déjà renoncé à tous ses titres, est apparu à nouveau dans une série de photos plutôt compromettantes. Du côté de Belfast, on envisage de déboulonner une statue à la gloire d'un sénateur qui a participé au processus de paix parce qu'il a eu des liens avec Jeffrey Epstein. En Norvège, on pourrait parler de la princesse Mette Marit qui entretenait des relations étroites à en croire les échanges qu'elle a eus avec Jeffrey Epstein. En Slovaquie, l'ancien ministre des Affaires étrangères qui est devenu entre-temps conseiller du Premier ministre a été poussé à la démission. En France, la fille de l'ancien ministre de l'Aquaculture, Jacques Lang, démissionne de son poste de délégué général du syndicat de la production indépendante parce qu'elle avait fondé en 2016 une société offshore avec l'homme d'affaires américain. Tout ça donne le tournis et Donald Trump, dans tout ça, il y a tout de même des documents qui évoquent le président américain, notamment une note du FBI qui parle d'accusations selon lesquelles Donald Trump et Jeffrey Epstein auraient commis des agressions sexuelles, mais aucune preuve concrète. Bien sûr, des informations qui seraient basées sur des appels anonymes, des informations non vérifiées et évidemment le département de la justice qui prend fait et cause pour Donald Trump en évoquant des allégations mensongères et sensationnalistes. C'est un peu la seule fois. où le département de la justice a commenté ces informations juste pour prendre la défense du président américain qui estime que tous ces documents font qu'il n'a rien à se reprocher dans cette affaire Epstein.
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