Congo denies Norway bribery claim, defends election (Full Transcript)

Minister Thierry Mungala dismisses Petronor allegations as political, rebuts ‘ill-gotten gains’ claims, and addresses opposition jailings and Pool security.
Download Transcript (DOCX)
Speakers
add Add new speaker

[00:00:10] Speaker 1: — Bonjour et bienvenue en tête-à-tête sur France 24. Notre invité cette semaine est Thierry Mungala. Il est ministre de la Communication et des Médias de la République du Congo. Il est aussi porte-parole du gouvernement. Bonjour.

[00:00:22] Speaker 2: — Bonjour, Marc.

[00:00:23] Speaker 1: — Alors le 26 janvier, le parquet norvégien a annoncé la mise en examen de deux hommes d'affaires norvégiens d'une filiale du groupe pétrolier Petronor pour corruption aggravée. Selon l'accusation présentée par la procureure, Petronor et les deux accusés auraient offert en 2016 au président Denis Saswengesso et à certains de ses proches une participation de 25% dans une licence pétrolière offshore. Et il affirme que les dividendes étaient en fait une façon de donner presque 25 millions de dollars au président et à sa famille pour obtenir des faveurs. Votre réaction à cette accusation très grave de la Norvège ?

[00:01:00] Speaker 2: — Alors déjà, il faut noter dans le cadre du timing de la publication de cette information quelque chose de curieux. C'est que l'Office norvégien de lutte contre les crimes économiques – donc c'est l'organe qui a publié un communiqué – fait cette publication à quelques jours de l'office de lutte contre les crimes économiques. C'est l'organe qui a publié un communiqué. Fait cette publication à quelques jours de l'Office de lutte contre les crimes économiques. C'est l'ouverture de la campagne électorale chez nous. Voilà pourquoi nous appelons ça une boule puante. Ça, c'est déjà sur la forme. Sur le fond, on a une accusation contre des Norvégiens. Norvégiens, société Pétronor, qui nie farouchement – en tout cas les individus incriminés – avoir versé quelques pots de vin que ce soit à qui que ce soit. Nous avons une procureure qui dit qu'elle ne peut de toute façon pas, dans le cadre de la législation norvégienne, poursuivre un ressortissant étranger. Et congolais en particulier. Et trois, il s'agit d'une affaire qui a été, du point de vue juridique, du point de vue matériel, présentée de manière erronée, comme on dit, fake news. Alors on va restituer en deux minutes, si vous le permettez, les choses. D'abord, il faut savoir que la société filiale de Pétronor au Congo s'appelle MLA. MLA n'est pas détentrice d'un permis au Congo. MLA est un des participants. Un tour de table dans lequel il y a une entreprise connue franco-britannique qui s'appelle Perrinco, qui, elle, est titulaire du permis, détentrice du permis, qui l'a demandé longtemps en amont. Donc il ne s'agit pas d'avoir libéré des sommes d'argent incongrues d'un montant très élevé à un État pour simplement participer à un tour de table. Vous voyez que déjà, nous sommes dans une exagération, voire un mensonge sur le plan matériel. Ça ressemble à cet adage célèbre que j'adapte, qui disait, rappelez-vous, mentez, mentez, il en restera quelque chose. Moi, je dirais que pour le cas de cette affaire qui fait pchit, on nous dit salissez, salissez, à quelques encablures de la présidentielle, il en restera toujours quelque chose.

[00:03:03] Speaker 1: Mais M. le ministre, ce que vous dites, c'est quand même très grave, parce que ce n'est pas des médias qui ont publié ça. C'est le procureur d'un pays quand même sérieux, la Norvège. Vous dites fake news, boules puantes. C'est quand même des accusations très graves. On peut imaginer qu'un procureur a des preuves, a des éléments. Vous ne pouvez pas juste balayer ça en disant que c'est pour saboter la campagne du président Nguesso.

[00:03:28] Speaker 2: Tout cela, nous le renvoyons à un climat qui est le climat préélectoral dans lequel on veut, je le répète, salir pour salir. Pourquoi il y aurait-il eu un traitement particulièrement différent du traitement de cette entreprise, ce qui n'est même pas détentrice ni demanderesse d'un permis, dans ce cas précis, avec des montants faramineux de 25 millions ? Je ne comprends pas. Il s'agit pour moi d'une exagération, voire d'un mensonge et d'une absence de vérification par les médias de la nature même de la participation d'EMLA dans le fameux permis objet de cette affaire.

[00:04:06] Speaker 1: Le président s'est souvent plaint du fait qu'en France, il y ait eu les enquêtes sur les biens mal acquis qui continuent. On sait que la première dame a failli être convoquée par un juge. Il y a quelques mois en France. Pour vous, ça participe de la même chose ou est-ce qu'en effet, il y a quand même un problème de corruption avérée, y compris dans l'entourage même du président ?

[00:04:26] Speaker 2: Non, ça participe de ce que moi j'appellerais, excusez-moi la comparaison, d'une volonté de blesser en sachant qu'on ne peut pas tuer. C'est pour dire qu'il s'agit de salir au point d'affaiblir en termes d'image, en termes de crédibilité, la position de l'État congolais, mais tout en sachant que ces affaires ne prospéreront pas. Vous voyez, cette affaire dite des biens mal acquis, elle est instruite depuis Mathusalem, elle est instruite depuis longtemps. Nous voyons bien que cette affaire souffre, si affaire il y a d'ailleurs, souffre d'un défaut congénital. C'est quand vous estimez qu'il y a eu corruption dans un pays étranger et qui concerne de l'argent étranger avec des agents publics étrangers, il faut encore que vous puissiez démontrer le fait racine, c'est-à-dire le détournement éventuel. Pas le fonds public, mais aucun juge, aucun procureur, aucun de ceux qui sont censés instruire cette affaire dite des biens mal acquis n'a pris la peine de venir à Brazzaville et de demander à Brazzaville des éléments matériels qui justifieraient du détournement et qui justifieraient donc de l'existence de biens mal acquis. Donc tout cela, c'est la participation des relais, que ce soit les relais médiatiques ou les relais judiciaires, c'est la participation d'une entreprise de démolition dont l'objet est simplement de nous affaiblir et d'affaiblir le président de la République.

[00:05:45] Speaker 1: Alors le président de la République souhaite être réélu. L'élection est prévue le 15 mars prochain. Ses deux principaux opposants sont derrière les barreaux, Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi-Salissa. C'est une élection qui est jouée d'avance puisqu'il n'y a pas d'adversaire véritable.

[00:06:04] Speaker 2: Marc Perel-Made, le président, pour qu'il souhaite être réélu, doit d'abord au préalable faire acte de candidature, ce qui n'est pas au moment où nous nous entretenons. Ce n'est pas le cas.

[00:06:16] Speaker 1: Mais je vous vois sourire, donc vous savez très bien qu'il va l'être.

[00:06:19] Speaker 2: Non, ce qui est constant, c'est qu'il y a eu des appels de la classe politique qui soutient son action, de la majorité présidentielle, des partis qui soutiennent l'action du président. Et vous savez, la décision de se porter candidat, c'est un homme d'État face à son peuple. C'est un homme consciencieux.

[00:06:40] Speaker 1: C'est un secret de polichinelle.

[00:06:41] Speaker 2: C'est un homme consciencieux. C'est un homme consciencieux dont le haut niveau de moralité politique l'amène à réfléchir en pesant le pour et le contre et enfin de donner, nous l'espérons positivement, une réponse. Mais il n'y a pas d'adversaire.

[00:06:56] Speaker 1: Il n'y a pas véritablement d'adversaire.

[00:06:58] Speaker 2: Non, c'est à ce moment-là, vous voyez, c'est un peu comme pour l'affaire MLA. C'est des raccourcis médiatiques qui sont faits. Un adversaire, je ne sais pas si vous, vous les connaissez, parce qu'on ne connaît pas plus qui sera le candidat de notre côté. Nous souhaitons que ce soit le président. Ce n'est pas plus ce qui est en face. Donc, il y a des adversaires. Il y en aura parce que l'élection est ouverte. Tous les citoyens en âge d'être élus conformément au texte, conformément à la Constitution, sont libres de se présenter s'ils en remplissent les conditions. Attendons. L'élection est ouverte. Maintenant, vous parlez de M. Mokoko et de M. Okombi. Je ne sais pas sur quels critères on peut dire qu'ils sont les principaux opposants. Je ne sais pas sur quelle pesée électorale cela a pu être jugé. Je ne sais pas sur quel point on peut dire qu'il y a eu un débat. Si on s'en réfère au résultat. Le débat de 2016, ils sont loin d'être les principaux candidats ou les poids lourds qui sont annoncés par la presse. Ils sont derrière les barreaux pour des raisons étrangères à leur activité politique, pour des raisons liées à la déstabilisation de l'État et à des complots contre la sûreté de l'État. Donc, des choses qui n'ont rien à voir avec leur activité politique.

[00:08:03] Speaker 1: Très rapidement, parce qu'on n'a plus beaucoup de temps, il y a une personne dont on dit qu'il aimerait se présenter, Frédéric Binsamou. On connaît. Surtout sous le nom du pasteur Ntoumi, il y a eu des incidents dans son fief du Poule, qui est proche de Brazzaville. Son mouvement a affirmé que la direction générale de la sécurité présidentielle, la DGSP, a bombardé à l'aide d'hélicoptères, quatre hélicoptères, le 25 février, deux endroits, dont une de ses résidences. Son parti affirme que ce n'est pas acceptable. Est-ce qu'on est reparti pour des combats à grande échelle dans le Poule ?

[00:08:43] Speaker 2: Alors, en deux mots, il faut savoir d'abord qu'il y a eu un incident qui s'est passé à proximité d'une localité dans le Poule qui s'appelle Mindouli. Cet incident qui consistait à ce qu'un convoi de la direction générale de la sécurité présidentielle, qui se rendait dans d'autres localités et d'autres départements, a, dans le cadre de l'opération dite « zéro Koulouna », qui consiste à, disons, mettre la pression sur les grands bandits, sur les gangs, qui, pendant longtemps, ont écumé la ville de Brazzaville et notre pays en général. Maintenant, on est arrivé, ce jour-là, sur la base d'un incident malheureux où une moto a été détruite. Il y a des individus armés qui ont décidé, pour des raisons qui les regardent, de braver la force publique. Cet incident a été résorbé. Avec des morts ? Avec un certain nombre de victimes. Écoutez, je crois que les choses ont été rendues publiques par les services. Les compétents de l'armée, il y a eu quelques blessés, il y a eu un ou deux morts, je crois, du côté des assaillants. Eh bien, cet incident a été réglé dans le cadre de concertations qui existent entre le pasteur Ntoumi, ses équipes et le gouvernement. Il y a un comité, un comité ad hoc, un comité qui a rendu public un communiqué, ce communiqué, appelant à la poursuite du climat dans lequel il y a coopération entre l'État d'un côté et le pasteur Ntoumi de l'autre. L'incident est clair. Ça, c'est le cas. L'incident est clair. L'incident est clair. L'incident est clair. C'est le communiqué, ça, c'est le communiqué que nous considérons comme la position, la dernière position connue du pasteur Ntoumi. Maintenant, donc, l'incident est clos au jour d'aujourd'hui. Maintenant, vous parlez d'un communiqué qui, de mon point de vue à ce stade, reflète peut-être la position de M. Ntoumi ou d'un de ses lieutenants, je n'en sais rien. Je ne suis pas en mesure ni de l'authentifier ni d'en faire des commentaires. Voilà ce que je peux vous dire sur ce sujet-là. Donc, nous regrettons. Nous regrettons cela et nous espérons que ceux qui, avec le gouvernement, travaillent au maintien du climat de paix dans le pôle, aux côtés du gouvernement et avec nos interlocuteurs issus du parti du pasteur Ntoumi, que les choses continueront à se faire dans le cadre de cette sérénité qui est aujourd'hui la norme.

[00:11:02] Speaker 1: Et si ce n'est pas le cas, on a vu qu'une association a appelé à dissoudre le parti et à interdire au pasteur Ntoumi d'être candidat. Est-ce que c'est une option qui est sur la table ? Oui.

[00:11:11] Speaker 2: Encore faudrait-il déjà que le pasteur Ntoumi ait exprimé dans le processus qui est en cours actuellement. Vous savez qu'il y a ouverture de la période de candidature. Je ne sais même pas s'il est candidat. Il appartient aux organes de gestion du processus électoral, les organes compétents, d'indiquer si d'aventure il l'était, candidat, et bien d'indiquer s'il peut être considéré comme éligible. Je n'ai rien à dire en tant que membre de l'exécutif sur cette question.

[00:11:40] Speaker 1: Mais s'il y a des troubles ? Est-ce que ça pourrait changer la donne ?

[00:11:42] Speaker 2: Alors, il n'y a pas de troubles, Dieu merci. Nous souhaitons qu'il n'y en ait pas dans l'avenir proche et dans l'avenir plus lointain. Nous n'avons aucun commentaire, en tout cas au niveau de l'exécutif, sur la qualité des candidats qui doivent se présenter, pasteur Ntoumi ou d'autres.

[00:11:59] Speaker 1: Merci beaucoup, M. le ministre, d'avoir répondu aux questions de France 24. Et merci à vous d'avoir regardé cette édition dans Tête à Tête sur nos antennes. Sous-titrage ST' 501

ai AI Insights
Arow Summary
Interview on France 24 with Thierry Mungala, Congo Republic’s Minister of Communication and government spokesperson. He rejects Norwegian prosecutors’ allegations that Petronor offered President Denis Sassou Nguesso and relatives a 25% stake in an offshore license as a disguised bribe, calling it politically timed “fake news” ahead of elections and arguing the subsidiary’s role in the license is misrepresented. He similarly dismisses France’s “ill-gotten gains” investigations as a campaign to damage Congo’s image, claiming investigators have not established the underlying predicate offense in Congo. On domestic politics, he says the president has not yet officially declared his candidacy and denies the election is predetermined; he argues jailed opposition figures Mokoko and Okombi-Salissa were convicted for state security offenses, not politics. On security in Pool region, he describes a localized incident near Mindouli during an anti-gang operation, says it is resolved through dialogue with Pastor Ntoumi’s camp, and declines to comment on Ntoumi’s eligibility or party dissolution, deferring to electoral bodies.
Arow Title
Congo’s spokesman rejects Norway bribery claim, cites election timing
Arow Keywords
France 24 Remove
Thierry Mungala Remove
Republic of the Congo Remove
Denis Sassou Nguesso Remove
Petronor Remove
Norway prosecutor Remove
aggravated corruption Remove
offshore oil license Remove
ill-gotten gains Remove
France investigation Remove
presidential election Remove
opposition detention Remove
Mokoko Remove
Okombi-Salissa Remove
Pastor Ntoumi Remove
Pool region Remove
Mindouli Remove
DGSP Remove
Operation zéro Koulouna Remove
Arow Key Takeaways
  • The minister frames Norway’s Petronor-related corruption case as politically timed disinformation ahead of Congo’s electoral campaign.
  • He argues the alleged mechanism is materially implausible because Petronor’s Congo subsidiary was not the license holder, portraying the accusation as exaggerated.
  • He extends the same ‘smear campaign’ narrative to France’s long-running ‘ill-gotten gains’ probes, saying predicate corruption in Congo has not been demonstrated through on-the-ground requests.
  • He insists President Sassou Nguesso had not officially declared candidacy at the time, and rejects claims the election is predetermined.
  • He says detained opposition figures Mokoko and Okombi-Salissa are imprisoned for state security/plotting offenses, not for opposition politics.
  • On Pool region tensions tied to Pastor Ntoumi, he characterizes reported attacks as a contained incident resolved via dialogue mechanisms and avoids commenting on Ntoumi’s eligibility or party status.
Arow Sentiments
Neutral: The tone is defensive and confrontational from the minister—denying allegations and framing them as politically motivated—while the interviewer presses on seriousness and governance concerns. Overall content is largely factual claims, rebuttals, and political positioning rather than emotive storytelling.
Arow Enter your query
{{ secondsToHumanTime(time) }}
Back
Forward
{{ Math.round(speed * 100) / 100 }}x
{{ secondsToHumanTime(duration) }}
close
New speaker
Add speaker
close
Edit speaker
Save changes
close
Share Transcript