[00:00:00] Speaker 1: « Musique de générique » Comme chaque matin d'hiver, un épais brouillard toxique enveloppe la capitale indienne. Delhi et ses 30 millions d'habitants se réveillent dans un nuage de pollution. Un air irrespirable devenu la hantise de Namrita Yadav.
[00:00:33] Speaker 2: « Quand vous sortez, il y a une odeur de charbon brûlé, comme de la suie. C'est la meilleure description que je peux donner. C'est comme ça que ça sent chaque matin.
[00:00:46] Speaker 1: » Plusieurs fois par jour, elle consulte l'indice de pollution. Ce matin-là, la qualité de l'air est affichée comme dangereuse à respirer.
[00:00:54] Speaker 2: « Là, l'indice de pollution est de 591. Et les particules fines 2.5 sont à 371.
[00:01:02] Speaker 1: » Le taux de particules fines dans l'air est 25 fois supérieur à la valeur recommandée par l'OMS. Invisibles à l'œil nu, ces particules sont néfastes pour la santé. Namrita a acheté plusieurs purificateurs d'air pour protéger sa famille.
[00:01:17] Speaker 2: « On est au-delà de la dystopie. J'ai créé une bulle autour de moi, une bulle d'oxygène pur, parce que j'ai la chance d'être privilégiée. La majorité des habitants de Delhi n'ont pas les moyens de s'acheter un purificateur d'air. Souvent, on me dit que je devrais quitter Delhi. Mais Delhi, c'est ma ville. Pourquoi devrais-je la quitter ?
[00:01:38] Speaker 1: » Une vie en partie confinée. Chaque pic de pollution bouleverse son quotidien et celui de son fils, Abir, âgé de 7 ans.
[00:01:48] Speaker 2: « Depuis que l'indice de qualité de l'air a atteint des niveaux élevés, nous avons cessé toute activité en extérieur. J'attends les instructions de l'école pour savoir si je dois envoyer mon fils à l'école le lendemain ou non, ou si je dois me connecter à l'ordinateur pour qu'il suive ses cours en ligne, à distance. Cette situation est intenable pour nos enfants et pour leur avenir.
[00:02:10] Speaker 1: » Depuis près de dix ans, New Delhi a hérité du titre de capitale la plus polluée au monde. Ces deux dernières années, la ville n'a pas connu une seule journée d'air pur. Les sources de pollution s'éloignent. Les sources de pollution s'éloignent. Les sources de pollution s'éloignent. Les solutions sont bien connues. Trafic routier, chantier de construction central à charbon ou encore les brûlis agricoles allumés par les fermiers des régions voisines. L'hiver, la situation empire avec l'arrivée du froid et l'absence de vent qui empêche la dispersion des particules fines. La pollution irrite les yeux, provoque des maux de tête, une toux sèche ou encore une sensation de malaise. À chaque pic, les hôpitaux voient affluer des patients souffrant d'asthme et de bronchite. À chaque pic, les hôpitaux voient affluer des patients souffrant d'asthme et de bronchite. À chaque pic, les hôpitaux voient affluer des patients souffrant d'asthme et de bronchite. Cette dame vient pour la quatrième année consécutive.
[00:02:59] Speaker 3: Elle a besoin d'une importante assistance respiratoire que permet ce respirateur non-invasif. Cela permet de maintenir son taux d'oxygène, mais ses niveaux de dioxyde de carbone augmentent. C'est très fréquent en cas de maladies pulmonaires liées à la pollution.
[00:03:13] Speaker 1: Le docteur Soumit Ray est le médecin-chef de l'unité soins intensives de cet hôpital. Il constate les dégâts causés par les particules fines sur l'ensemble de l'organisme.
[00:03:24] Speaker 3: Ces particules pénètrent dans le sang et endommagent les artères. Elles provoquent une réaction inflammatoire, une inflammation dans tout le corps. Cette inflammation se propage ensuite. Or, les vaisseaux sanguins sont omniprésents. Ils irriguent tous les organes. En bout de chaîne, l'inflammation des vaisseaux sanguins entraîne donc des lésions de tous les organes.
[00:03:48] Speaker 1: La pollution augmente les risques d'infarctus et d'AVC. De diabète, de maladies neurologiques et surtout de cancer du poumon.
[00:03:59] Speaker 3: Concernant l'incidence du cancer du poumon chez les non-fumeurs, les données suggèrent qu'en Inde, un tiers des cancers du poumon ne sont probablement pas liés au tabagisme. Les autres causes pourraient être des agents cancérigènes, notamment les polluants primaires.
[00:04:14] Speaker 1: Selon plusieurs études, l'air toxique de Delhi réduirait l'espérance de vie d'un habitant de la capitale de 8 ans. Au service de pédiatrie, ce médecin ne peut que constater les conséquences de la pollution sur le développement des plus jeunes. Hier, elle ne pouvait pas parler.
[00:04:30] Speaker 4: Aujourd'hui, elle va beaucoup mieux. Et ce, bien avant leur naissance. Les dommages commencent dès la grossesse. À la naissance, ces épisodes répétés de fortes pollutions atmosphériques, 4 à 5 mois chaque année, ont des conséquences à long terme sur les poumons. On reçoit de plus en plus d'enfants dont les poumons sont moins développés que ceux d'autres enfants qui vivent dans des villes où la qualité de l'air est nettement meilleure.
[00:05:12] Speaker 1: Et si cet air toxique n'est pas une personne ? Il contribue à creuser les inégalités. Au nord de New Delhi, le quartier de Balswa héberge l'une des trois montagnes d'ordures de la ville. Un monstre de 60 mètres de haut, autour duquel vivent 300 000 personnes. Parmi elles, la communauté des ramasseurs de déchets. Shefali Goyal travaille pour l'ONG Shintan, qui vient en aide aux populations urbaines les plus démunies. D'après une enquête menée par cette association, 75% des chiffonniers présentent des capacités respiratoires réduites. Bien souvent, à cause de maladies pulmonaires causées ou aggravées par la pollution atmosphérique.
[00:06:04] Speaker 5: Ma respiration s'accélère et s'abaisse, puis remonte subitement. Nous avons commencé à cracher du sang à cause de ces difficultés respiratoires. Ce matin également ? Oui, ce matin aussi.
[00:06:14] Speaker 6: Cette personne, Sonia, est devenue asthmatique à cause de la pollution de l'air. Elle a des crises d'asthme très violentes, ça l'handicape énormément. La pollution n'épargne personne. Elle est aggravée en hiver, quand les habitants se chauffent en brûlant des ordures. Et puis dans presque tous les foyers, vous avez des personnes qui souffrent de la tuberculose.
[00:06:35] Speaker 1: Les émanations de la décharge à ciel ouvert empoisonnent les chiffonniers de balsois comme Roksana. Méthane, dioxyde de carbone, métaux lourds et bien entendu particules fines. Des gaz toxiques. Des gaz toxiques qui se répandent dans le ciel de la capitale indienne. Et que Roksana respire tous les jours depuis qu'elle est arrivée à New Delhi, il y a 25 ans.
[00:06:59] Speaker 7: C'est très dur de travailler dans ces conditions. Mais on n'a pas le choix.
[00:07:04] Speaker 8: On n'a pas d'autre emploi ou les moyens de vivre autrement.
[00:07:08] Speaker 7: Si on reste à la maison, comment on va nourrir nos enfants et nos familles ? Comment on va gagner notre vie pour subvenir à leurs besoins ? On demande à notre gouvernement. D'agir. Face à une telle pollution, il devrait au moins nous fournir des rations alimentaires, des soins médicaux et trouver des solutions pour réduire la pollution et nous éviter de subir cela.
[00:07:34] Speaker 1: Régulièrement, la décomposition des déchets provoque des incendies. À une vingtaine de mètres de là, ce sont des chiffonniers qui ont allumé ce feu.
[00:07:47] Speaker 6: Là, ils brûlent des câbles pour récupérer le métal qui les composent. Du matin au soir, ils montent sur la montagne d'ordures, font de petites piles de déchets à plusieurs endroits. Et ils y mettent le feu pour collecter des matériaux qu'ils revendent ensuite pour se faire un peu d'argent. Sauf que cela ajoute de la pollution, surtout en direction de leurs habitations.
[00:08:12] Speaker 1: Face à cette crise sanitaire, de plus en plus de voix s'élèvent pour dénoncer l'inaction des autorités. C'est le cas de Vim Lenduja.
[00:08:23] Speaker 9: La vie continue comme si de rien n'était. Les habitants vactent à leurs occupations, les enfants vont à l'école, les gens se rendent au bureau. Comme s'il était normal de respirer cette air dont l'indice de pollution varie entre 350 et 360.
[00:08:37] Speaker 1: Avec lui, nous nous rendons dans l'une des zones les plus polluées dans le nord-est de la capitale. Ici transitent en moyenne 300 000 voyageurs chaque jour. Au bout de quelques minutes, Vim Lendu repère un étrange balai sur la route.
[00:08:53] Speaker 9: Ils pulvérisent de l'eau. Nous sommes à 500 mètres d'un capteur de qualité de l'air. Ils cherchent à faire tomber la poussière dans l'air pour améliorer les taux de pollution.
[00:09:04] Speaker 1: Ce militant écologiste accuse le gouvernement de manipuler les chiffres de la pollution à l'aide de ses canons à eau. Le but ? C'est artificiellement l'indice de pollution en plaquant au sol les particules fines.
[00:09:17] Speaker 9: Ils ont arrosé partout, jusqu'au pied du capteur. Il y a 39 stations comme celle-ci à travers Delhi.
[00:09:26] Speaker 1: La fiabilité de ces stations de surveillance de la qualité de l'air est de plus en plus remise en question.
[00:09:33] Speaker 9: Il faut avoir en tête que quand on parle de polluants, l'air que vous et moi respirons ne se situe pas au-dessus de nos têtes mais bien à hauteur d'homme. C'est donc à ce niveau-là que doivent être situés les capteurs pour bien mesurer la qualité de l'air. Ça, c'est la première chose. Deuxièmement, ces stations ne doivent pas être entourées d'arbres ou de verdures, sinon cela fausse tout.
[00:09:55] Speaker 1: Parmi les mesures mises en place par la précédente municipalité, cette tour anti-pollution de 25 mètres de haut est équipée de 40 ventilateurs géants. Construite en 2021, elle est située en face de la station de surveillance. Son coût ? 2 millions d'euros.
[00:10:13] Speaker 9: J'appelle cela de la science vaudou. Si cette tour nettoie l'air, son impact sera limité à 200 mètres, au maximum un kilomètre carré. Masquer les données sur la pollution à ce niveau, ce n'est pas que de la mauvaise gestion, c'est criminel.
[00:10:28] Speaker 1: Le BJP, le parti nationaliste hindou arrivé au pouvoir en Inde en 2014, est à la tête de la région de Delhi depuis 2025. Sous le feu des critiques, il est accusé d'inaction, voire même de procédure à l'extrême droite. Sous le feu des critiques, il est accusé d'inaction, voire même de procédure à l'extrême droite. anticlimatique de propager de fausses informations comme en décembre dernier devant le Sénat indien. comme en décembre dernier devant le Sénat indien.
[00:10:47] Speaker 10: Dans une réponse au Sénat, le Ministre de l'Environnement, Kirti Vardhansi, n'a déclaré qu'aucune donnait n'établissait de lien entre les niveaux élevés de pollution atmosphérique et les maladies pulmonaires.
[00:10:58] Speaker 1: nous avons lancé plusieurs demandes d'interviews. seuls le ministre de l'Environnement de la région de Delhi a accepté de nous recevoir. seuls le ministre de l'Environnement de la région de Delhi a accepté de nous recevoir. Pour, lui, la pollution est bien un problème majeur Mais ils rejettent la faute sur l'opposition qui a dirigé la capitale pendant 10 ans.
[00:11:16] Speaker 11: L'AAM a mis parti et est le seul responsable de cette situation. Ils ont acheté et géré les camions brumisateurs, nous ne faisons que les utiliser. Ils ont installé toutes les stations de mesure de qualité de l'air, nous n'avons rien changé. Ils ont également mis en place tous les systèmes de surveillance des données. C'est le même système, nous n'y avons pas touché. Il s'agit donc d'une simple recherche de coupables, rien de plus. Nous ne voulons pas que la population respire cet air pollué et vicié. Mais il est vrai que le problème ne peut être résolu instantanément, c'est impossible.
[00:11:47] Speaker 12: Il faudra encore 2 à 3 ans pour retrouver un air bon pour votre santé.
[00:11:52] Speaker 1: Pour le moment, la stratégie à long terme du gouvernement reste fou. Les autorités prennent des mesures temporaires sans s'attaquer aux causes d'un problème devenu national. Selon une étude scientifique, plus d'un million et demi de décès sont attribuables chaque année à la population. La pollution atmosphérique empoisonne tout le pays. Alors la société civile se mobilise. Des citoyens envisagent d'attaquer l'état en justice. Une bataille juridique pour obtenir un simple droit. Pouvoir enfin respirer un air sain.
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