Dr Yaro explains his AI-driven rise and new album (Full Transcript)

On France 24’s Planète Afro, Dr Yaro discusses AI voice-swaps, diamond hit “Minimum ça,” and his dance-forward album “C’est bon.”
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[00:00:11] Speaker 1: Bonjour à tous, bienvenue dans À l'affiche, planète afro, l'émission consacrée à l'actualité culturelle africaine et caribéenne.

[00:00:20] Speaker 2: Ouais, c'est bon, tu peux commencer.

[00:00:22] Speaker 1: Dr Yaro est l'une des nouvelles figures montantes de la scène afro urbaine connectée. Il s'est fait connaître en utilisant l'intelligence artificielle sur les réseaux sociaux, notamment avec le titre Minimum ça. Soutenu par des artistes comme Gims, Nasa, VG Dream ou encore Que Black, sa musique est un concentré de bonne humeur, de good vibes, sur des sonorités principalement afro. Aujourd'hui, il vient nous présenter son dernier album, C'est bon. Bonjour Dr Yaro.

[00:00:50] Speaker 3: Bonjour, ça va ? Ça va et vous ?

[00:00:51] Speaker 1: Ça va, ça va.

[00:00:52] Speaker 3: Je vous vois en forme en tout cas.

[00:00:53] Speaker 1: Ouais, c'est important. Merci en tout cas.

[00:00:55] Speaker 3: Merci à vous d'être venu.

[00:00:56] Speaker 1: Merci à vous d'être présent dans cette émission Planète Afro. Alors, Dr Yaro, on vous appelle docteur ou encore le doc, non pas parce que vous soignez les gens, mais parce que vous avez le sens du détail quand vous créez, vous fabriquez de la musique et parce que vous êtes un addict, un amoureux de l'informatique. Est-ce que vous vous considérez comme un geek ?

[00:01:16] Speaker 2: Ouais, je me considère un peu comme un geek. Moi, j'aime beaucoup tout ce qui est technologie, machin, je suis toujours à la pointe.

[00:01:22] Speaker 1: Ouais.

[00:01:23] Speaker 2: Et le concept, comme tu l'as dit, comme vous l'avez dit, avec l'intelligence artificielle. C'est venu de là, en vérité. Comme moi, j'aime beaucoup toutes ces choses-là. Et en même temps, je me suis dit, ça peut être bien de marier un peu le côté geek et le côté musique ensemble. Et je trouve ça très intéressant et ça a bien fonctionné pour moi, je pense.

[00:01:42] Speaker 1: Vous vous renseignez régulièrement sur les dernières technologies qui viennent juste de sortir ?

[00:01:46] Speaker 2: Ouais, souvent. Après, je ne suis pas non plus à la pointe-pointe parce qu'il faut quand même que je travaille ma musique à côté.

[00:01:53] Speaker 1: Oui.

[00:01:53] Speaker 2: Mais je suis quand même assez renseigné dessus.

[00:01:55] Speaker 1: Merci beaucoup. M. Yarrow, vous avez fait sensation sur les réseaux sociaux avec votre titre « Minimum ça ». Au départ, vous utilisez l'intelligence artificielle en empruntant des voix d'artistes connus comme Beams, Tiakola, Dadjou ou encore Keblak. Et puis, dans un second temps, vous sortez ce titre avec votre propre voix. Dans les deux cas, ça marche. Comment vous est venue l'idée d'utiliser l'intelligence artificielle ?

[00:02:21] Speaker 2: En fait, c'est une histoire que j'aime bien raconter. Sur les réseaux sociaux, je traîne souvent comme tout le monde et tout. Et je me rends compte que les gens utilisent l'IA pour faire des bêtises. Pour faire vraiment des bêtises. On fait chanter Carice sur « Petit ours brun », on fait chanter trucs sur... En fait, que des trucs un peu, on va dire, pour rire mais pas de sérieux. Et moi, je me suis dit « Mais les gars, il y a un truc à faire là. Pourquoi on ne prend pas ça pour faire du vrai son en fait ? » Et c'est là que j'ai pensé à faire la promo de mes titres via l'intelligence artificielle.

[00:02:55] Speaker 1: Comment vous avez sélectionné les différentes voix ? Gims, Naza par exemple ?

[00:02:59] Speaker 2: La sélection, elle est simple. C'est des artistes que j'aime bien, que j'écoutais, que j'écoute beaucoup. Comme ça, c'est plus facile pour moi de reprendre certaines gimmicks qu'ils aiment bien ou bien des flows qu'ils aiment bien utiliser. J'analyse beaucoup tout ce qui se passe. Et si tu vois que je reprends un artiste, c'est qu'en vérité, j'aime bien.

[00:03:20] Speaker 1: Je vous propose M. Yaro qu'on regarde à l'extrait. De « Minimum ça » mais cette fois-ci avec votre voix. Ce titre « Minimum ça », il est désormais disque de diamant. Déjà, bravo pour ça.

[00:03:54] Speaker 3: Merci.

[00:03:55] Speaker 1: Et là, les gens disent que c'est un titre qui a failli finir à la poubelle. Alors, qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis ?

[00:04:00] Speaker 2: Ce titre, comme beaucoup, comme tous les titres que je fais, au début, je néglige un peu. Je le fais, je suis chez moi un jour, comme ça, je ne sais pas quoi faire. Je mets une instru, je chante. Et la première mélodie qui vient, c'est ce que vous entendez au refrain. Et le lendemain, je me dis non, je ne suis pas sûr que c'est un truc de ouf. Je ne sais pas trop, j'envoie à mon cousin La Folie avec qui j'étais en duo juste avant. Et lui, il pète un plomb. Il pète un plomb, il me dit mais t'es fou, le son, il y a un délire de ouf et tout. Finis-le, parce qu'il n'y avait qu'un refrain. J'ai dit ah ouais, tu penses, vas-y, je finis. Et là, après, je commence à l'envoyer aux autres. Petit à petit, tout le monde me dit mais gros, il est lourd le son. Et c'est à partir de là que je l'ai pris au sérieux le son et j'ai commencé à me projeter dessus.

[00:04:43] Speaker 1: Et maintenant, c'est devenu votre petite signature.

[00:04:45] Speaker 2: Exactement. Tu ne peux pas séparer Dr Yaro de Minimum ça, maintenant c'est fini.

[00:04:51] Speaker 1: On va parler de l'IA, l'intelligence. L'intelligence artificielle qui est très controversée en ce moment, surtout dans le domaine artistique. Il y a la question de la création, mais aussi des droits d'auteur. Il y en a qui sont pour, d'autres contre. Je ne vous pose pas la question parce que je connais votre position. Mais comment trouver un équilibre entre l'IA et le réel quand on fait de la musique ?

[00:05:11] Speaker 2: En fait, c'est quelque chose qui est encore très compliqué à juger, parce qu'on est vraiment au début d'une nouvelle ère, on va dire, musicalement. Que ce soit certaines applications qui permettent de créer, des musiques en partant de zéro, tout ça. Et en vérité, sur ça, je ne me positionne pas vraiment. Parce que moi, ce que je faisais dans mes concepts, c'était surtout utiliser seulement la voix, en vérité. Donc c'est moi, je chante, je fais tout. Il y a toute la création qui passe par mon cerveau. Et l'IA, elle intervient seulement pour remplacer ma voix par celle d'un artiste ou d'un autre. Mais là, aujourd'hui, le débat, il est tout autre. Il est dans un truc de est-ce que maintenant, la création, on la laisse à l'IA ? C'est compliqué, franchement. Là, il faut faire un débat d'une heure. C'est vraiment, c'est intéressant, mais...

[00:05:58] Speaker 1: En tout cas, vous, vous utilisez l'IA ?

[00:06:00] Speaker 2: J'utilise seulement quand je fais mes concepts pour remplacer les voix. Et aujourd'hui, ce qui se fait le plus, c'est chez la plupart des gens, c'est de carrément créer des sons avec l'IA. Et c'est là que peut-être je suis moins là-bas, parce que c'est plus, ça touche à la création, les idées, c'est même plus toi qui les apporte et tout. Je pense que tout se passe dans l'équilibre.

[00:06:22] Speaker 1: Oui.

[00:06:22] Speaker 2: Il faut être utilisé par tout le monde, mais il faut trouver le juste milieu. Que ce soit pas l'IA qui fasse tout, que l'humain, il cède de ça seulement. Je ne sais pas. Je pense que tout réside dans l'équilibre.

[00:06:33] Speaker 1: En tout cas, vous avez commencé à chanter à l'âge de neuf ans sans l'IA.

[00:06:37] Speaker 2: Ouais.

[00:06:37] Speaker 1: Vous êtes originaire des communs et de Madagascar. Comment vos origines nourrissent votre musique et votre identité musicale ?

[00:06:46] Speaker 2: Je pense que c'est plutôt inconscient. Je pourrais pas l'expliquer clairement, mais comme depuis que je suis petit, j'entends beaucoup de musique, que ce soit musique comorienne ou malgache, que ce soit ma mère, ma sœur, toujours à écouter des musiques fort, fort dans la maison. Et je pense que tout ça, ça m'a nourri, on va dire musicalement. Et ça a fait de moi ce que je suis aujourd'hui. C'est peut-être pour ça même que je suis principalement dans l'afro. Et dans certaines mélodies, tu peux retrouver des sonorités qu'il y a dans mon pays aussi, dans mes pays. Donc voilà. Mais après, je pourrais pas t'expliquer précisément l'influence que ça a eu, mais c'est sûr que ça a joué beaucoup.

[00:07:24] Speaker 1: Vous avez été nominé dans la catégorie Révélation masculine francophone de l'année au Energy Music Awards, cher ami, aux côtés d'artistes de renom comme Guy de Besoir, Jouet de Bois de Phil et encore Lehman. Vous n'êtes pas reparti avec le trophée, malheureusement, mais même sans cette distinction, est-ce que vous vous êtes dit que maintenant, votre musique, elle est vue, elle est reconnue et que vous avez votre place dans le paysage musical actuel ?

[00:07:51] Speaker 2: Comme t'as dit, c'est une reconnaissance, c'est vraiment une reconnaissance pour moi. C'est même si le trophée, bon, j'aurais aimé rentrer avec. Mais ça, c'est pas grave. Rien qu'il y a un an, j'aurais jamais imaginé déjà marcher à Cannes là-bas. Donc, c'est vraiment une reconnaissance d'être parmi ces artistes que tu m'as cité, tu vois. Donc ouais, c'est ça. Ça fait plaisir et on espère que ça va recommencer, que c'est que le début.

[00:08:19] Speaker 1: Je vous souhaite en tout cas pour cette année. Docteur Hierro, est-ce que vous aimez aller au cinéma ?

[00:08:23] Speaker 2: Bien sûr.

[00:08:24] Speaker 1: Je vais vous parler d'un film qu'il faut absolument voir et qui a reçu plusieurs prix. Il s'agit de Promis le ciel, le nouveau film de la cinéaste franco-tunisienne Erich Seyri, qui sort en salle cette semaine. Le film se déroule en Tunisie et met en scène l'actrice Aïssa Maïga dans le rôle d'une pasteur ivoirienne engagée auprès de migrants subsahariens. La réalisatrice Erich Seyri fait le choix de raconter la migration au féminin de l'intérieur, loin des clichés, avec beaucoup de justesse et d'humanité. Ce film parle de solidarité, de dignité dans un contexte sensible, celui des violences et des discriminations que subissent les migrants. On regarde un extrait. Ma fille, qui t'a dit jeune fille ? Elle est passée de la maison.

[00:09:06] Speaker 4: Non.

[00:09:10] Speaker 3: On aura la chance de la voir.

[00:09:13] Speaker 4: Tu sais, la distance, ça tue l'amour. Tout le monde nous tourne le dos en ce moment dans ce pays. Tout ce qui nous reste, c'est quoi ? Qu'est ce qu'on a construit les uns avec les autres ?

[00:09:26] Speaker 1: Joli film vraiment touchant. Allez voir mercredi si vous avez le temps, en tout cas cette semaine. On va parler justement d'un titre que vous avez fabriqué en 30 minutes. On peut le voir sur les réseaux sociaux. Ça s'appelle C'est confirmé. Est ce que c'est sain pour vous de fabriquer un son en 30 minutes quand on a le sens du détail comme vous ?

[00:09:44] Speaker 2: Je pense que de temps en temps, il faut. Il faut se lancer des petits challenges comme ça. Et tu sais, si t'es trop perfectionniste, en fait, ça peut te freiner au final. C'est quelque chose que je conseille même que ce soit à ceux qui veulent se lancer dans la musique, dans quoi que ce soit, même un business ou tout. Si t'es trop perfectionniste, tu vas pas. Tu vas jamais. Tu vas toujours attendre le bon moment. Là, c'est pas assez bien, c'est pas assez. Non, lance toi. Et les gens vont pour la plupart pas remarquer ce qui, toi, t'énerve.

[00:10:12] Speaker 1: En tout cas, vous avez lâché prise pendant 30 minutes et ça l'a fait. Ça a marché. On regarde un extrait de Confirmé.

[00:10:20] Speaker 4: Confirmé, c'est sur votre nouvel album qui s'appelle C'est bon, je l'ai écouté avec beaucoup de plaisir.

[00:10:45] Speaker 1: Vous nous attrapez dès l'intro avec différentes sonorités de l'afro, de la R'n'B, de la trap music. C'est un album principalement dansant. Donc, merci de nous faire perdre du poids pour cette année 2026. Et merci vraiment, Docteur Yarrow, d'être passé dans l'émission.

[00:11:02] Speaker 2: Merci pour l'invitation.

[00:11:03] Speaker 1: Ce nouvel album est disponible partout. Vraiment, pour ceux qui aiment danser. Je vous dis à bientôt.

[00:11:09] Speaker 2: A bientôt, j'espère.

[00:11:10] Speaker 1: A bientôt.

[00:11:10] Speaker 2: Et écoutez bien l'album.

[00:11:12] Speaker 1: Écoutez, c'est bon.

[00:11:13] Speaker 2: C'est bon.

[00:11:13] Speaker 1: Et en parlant de danse, on se quitte avec les artistes. Machel Montano, Mela Karibé et DJ Private Ryan qui nous emmènent dans les Caraïbes pour une ambiance festive carnavalesque avec leur titre Dancing in the street. L'info continue sur France 24, france24.com et tous nos réseaux sociaux. A bientôt. Salut.

[00:11:34] Speaker 4: Sous-titrage ST' 501

ai AI Insights
Arow Summary
In a France 24 culture segment “À l’affiche – Planète Afro,” host interviews rising afro-urban artist Dr Yaro, known for using AI voice models on social media to promote songs like “Minimum ça,” later released in his own voice and now certified diamond. Dr Yaro describes himself as a tech-loving “geek” who follows new technologies and initially used AI to swap his voice with those of artists he admires (e.g., Gims, Naza) after noticing online AI being used mostly for jokes. He explains he keeps human creativity central—writing, singing, composing himself—while AI is only a voice-replacement tool; he is more cautious about fully AI-generated music and stresses the need for balance between AI and human input. He discusses how Comorian and Malagasy musical exposure shaped his afro-oriented sound. He reflects on being nominated for a francophone male revelation award as meaningful recognition despite not winning. The program also highlights the film “Promis le ciel,” about female perspectives on migration in Tunisia, and notes Dr Yaro’s challenge of creating a track (“Confirmé”) in 30 minutes, arguing that perfectionism can hinder creation. The segment closes promoting his new dance-focused album “C’est bon.”
Arow Title
Dr Yaro on AI, Afro vibes, and his album “C’est bon”
Arow Keywords
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Arow Key Takeaways
  • Dr Yaro leveraged AI voice-swapping on social media as a marketing/creative concept, then proved his appeal with his own voice.
  • He positions AI as a tool for voice replacement, not a substitute for human songwriting and ideas, and calls for a balanced approach.
  • ‘Minimum ça’ nearly got discarded but became his signature and achieved diamond status after encouragement from peers.
  • His Comorian and Malagasy background influences his afro-centric sound, often subconsciously.
  • He values recognition from award nominations and sees it as a sign of growing legitimacy.
  • Quick-creation challenges can counter perfectionism and help artists release work.
  • The show also spotlights ‘Promis le ciel,’ a nuanced, human portrayal of female migration experiences in Tunisia.
Arow Sentiments
Positive: Upbeat, congratulatory tone focused on success, creativity, and ‘good vibes,’ with constructive nuance around AI ethics and balance.
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