[00:00:00] Speaker 1: Allez, on passe à notre focus de ce samedi soir consacré à l'Africa Eco Race. Cette course de rallye qui traverse le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal, née dans l'héritage du Paris-Dakar, elle prétend aujourd'hui faire rimer aventure et respect du continent africain. Mais que signifie vraiment Eco ? Quels sont les impacts réels pour les sociétés locales et les environnements fragiles, les populations traversées ? Avec moi exceptionnellement sur le plateau, notre spécialiste sport Cédric Ferreira. Ensemble, nous accueillons Elodie Medj, qui est la fille du légendaire René Medj, pour une interview à deux voix. Merci Elodie, bienvenue dans votre JTA de France 24. Bonsoir. Bonsoir. Cédric, d'abord peut-être nous présenter l'invité. Qui est Elodie Medj et qui est son père en particulier ?
[00:00:44] Speaker 2: Oui, le papa d'Elodie est une légende du sport automobile français. Parmi les plus grandes lignes de son palmarès, c'est évidemment les trois victoires lors du Paris-Dakar en 1981, 1984 et 1986. Beaucoup de victoires automobiles. Il a aussi organisé de nombreux rally-raids et il a surtout fait partie de l'équipe qui a fondé l'Africa Eco Race en 2009. Cette année, c'est la 17e édition. Cette course avait été lancée en 2009 avec l'aide de plusieurs pays africains et d'autres pilotes automobiles, dont René Medj. Le but, pour résumer, c'était de maintenir sur le continent africain un rally-raid après le départ du Paris-Dakar en Amérique du Sud et aujourd'hui en Arabie Saoudite. Elodie, merci d'être avec nous. On vient de parler de votre papa. Cette année, vous faites la compétition avec votre frère Jonathan en catégorie historique, aux commandes d'un Range Rover, véhicule mythique de votre père. Expliquez-nous pourquoi vous avez décidé de vous lancer un tel défi ? J'entends plus. Est-ce que vous m'entendez, Elodie ? Oui, ça y est, je vous entends. Excusez-moi, il y a eu une coupure.
[00:01:51] Speaker 3: Il y a beaucoup de vent à Darla, donc je pense qu'il y a une petite coupure, mais ça y est, je suis avec vous.
[00:01:56] Speaker 2: La question est simple. Pourquoi vous avez décidé de vous lancer un tel défi avec votre frère Jonathan ?
[00:02:04] Speaker 3: On a voulu rendre hommage à notre papa qui a marqué l'histoire du rally-raid. Quand il est parti il y a deux ans, on s'est rendu compte qu'il avait marqué aussi les gens qui l'ont côtoyé, que ce soit dans l'organisation, les pilotes, les copilotes. On a reçu énormément de témoignages et c'était très émouvant pour nous. On a voulu lui rendre hommage et on a profité des 45 ans de sa victoire en 1980 sur le Dakar pour venir ici parce qu'on voulait symboliquement revenir sur la plage de Dakar avec sa coupe. La seule solution pour faire ça, c'était de participer à l'Africa Eco Race.
[00:02:44] Speaker 1: Elodie, on vous entend évidemment cette fierté de porter cette mémoire familiale, mais aussi l'aventure moderne. J'ai envie de savoir, vous, en tant que femme engagée, quel regard vous portez sur ce que représente un rallye en Afrique en 2026 ?
[00:02:59] Speaker 3: Ça n'a pas beaucoup évolué, il n'y a pas encore beaucoup de femmes sur les rallies, mais il y en a quand même de plus en plus. J'ai été inspirée par des femmes comme Michèle Mouton ou Jutta Kleinschmidt qui a gagné le Dakar dans les années 90. Je crois que maintenant il y a de plus en plus de pilotes féminines sur le Dakar, donc ça met du temps, mais ça se met en place petit à petit.
[00:03:28] Speaker 1: On parle dans cette course d'éco-responsabilité. Concrètement, qu'est-ce que ça a changé ? Et que répondez-vous à ceux qui estiment que même sous cette étiquette d'éco, ces courses restent invasives, notamment pour les territoires fragiles ?
[00:03:46] Speaker 3: Alors ça, c'est plus l'organisation qui pourrait vous répondre à cette question, mais c'est vrai qu'il y a une attention particulière qui est portée à l'environnement et aussi au respect des pays qu'on traverse. Les organisateurs de l'Afrique et Corée sont énormément en relation avec les gouverneurs. Hier, on a croisé le gouverneur d'une province du Maroc qui s'est déplacée, donc tout ça se fait en collaboration avec eux. Et ça se passe plutôt très bien et ils sont plutôt contents de nous voir.
[00:04:21] Speaker 2: Pour parler un peu de l'aspect sportif, Elodie, vous en êtes quasiment à une semaine sur la route. Comment se passe la compétition jusqu'ici pour vous ?
[00:04:32] Speaker 3: Alors elle a été difficile au début, on a eu beaucoup de problèmes mécaniques parce qu'on a préparé notre voiture avec peu de temps. Donc on a eu pas mal de pannes au début du rallye, mais depuis deux jours, elle se passe très bien. Après, on se découvre avec mon frère parce que j'ai fait la course avec mon petit frère. Donc il a fallu mettre les choses en place dans l'habitacle, mais ça se passe très très bien. Chacun est à sa place, on s'aide mutuellement et en fait, notre objectif, c'est d'arriver à Dakar. On ne vise pas le podium, on ne vise pas une victoire d'étape, on n'a pas les moyens, on n'a pas la voiture pour ça. Et nous, notre objectif, c'est d'amener la coupe à Dakar. Donc on préserve la voiture, on prend soin l'un de l'autre et on essaie d'arriver à Dakar.
[00:05:18] Speaker 2: Pour nos téléspectateurs qui ne sont pas forcément aguerris sur le fonctionnement d'un rallye raide, est-ce que vous pouvez nous expliquer un peu votre quotidien ? Il y a évidemment les grandes parties de la journée qui sont occupées par les étapes à travers le continent africain. Mais entre les deux, ça se passe comment ? La vie au bivouac ? Les réparations, par exemple, du véhicule, c'est à vous de gérer ?
[00:05:39] Speaker 3: Alors non, on est accompagné d'une assistance avec des mécaniciens. Donc quand on a fini les spéciales du jour, on fait aussi beaucoup de kilomètres pour rejoindre le bivouac. Toujours des secteurs qui ne sont pas chronométrés, ça s'appelle des liaisons. Et quand on arrive au bivouac, la voiture arrive au camion d'assistance et les mécanos sautent sur la voiture pour réparer ce qu'il y a à réparer, prendre soin de la voiture. Et nous, moi en général, quand on rentre avec Jonathan, on prend une petite douche, on va manger et moi j'ai mon roadbook à préparer pour le lendemain. Parce que le roadbook nous est donné la veille pour le lendemain. Donc il y a du travail de navigation à faire.
[00:06:19] Speaker 2: Vous avez accompagné votre père quand vous étiez plus jeune sur un Paris-Dakar, notamment le fait maintenant d'être aux commandes d'un véhicule. Est-ce que ça vous rappelle un petit peu vos souvenirs d'enfance ? Est-ce que ça réveille des sentiments particuliers pour vous et même peut-être pour Jonathan ?
[00:06:36] Speaker 3: Pour moi, en fait, c'est très émouvant parce que quand j'ai fait le Dakar avec mon papa en 2003, j'étais sa copilote et là on a choisi avec Jonathan.
[00:06:54] Speaker 2: Problème technique visiblement, on a perdu Elodie dans le désert marocain.
[00:07:00] Speaker 1: Ce sont les joies du direct, on lui souhaite...
[00:07:02] Speaker 2: En direct du bivouac, c'est ça.
[00:07:04] Speaker 1: En direct du bivouac, on lui souhaite énormément de courage et de chance pour terminer cette course, on l'a entendu, très éprouvante. En tout cas, merci beaucoup Cédric Ferreira d'être venu et d'avoir aidé à conduire cet entretien avec Elodie Medj, fille de René Medj. Merci beaucoup, c'est la fin de cette édition. Merci à tous ceux qui nous ont suivi partout dans le monde et ce soir en particulier, forcément de Darla au Lac Rose en passant par Noidibou par exemple, pour reprendre le tracé de l'Africa Eco Race. Merci, c'est la fin de ce journal, restez avec nous car l'actualité continue sur France 24, ça ne s'arrête jamais d'ailleurs, n'est-ce pas Cédric ?
[00:07:41] Speaker 2: Rendez-vous tout à l'heure .
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