[00:00:00] Speaker 1: On vous parlait aussi du peuple. Un peuple toujours en état de choc après la répression sanglante des manifestations. Nombre d'Iraniens recherchent encore un proche au moment où l'on se parle. Parallèlement, les témoignages et les nouvelles d'Iran nous parviennent chaque jour plus nombreuses. À l'heure où les bilans sont toujours évolutifs, une certitude s'impose. La répression s'annonce être l'une des plus sanglantes de ces dernières décennies. Les chiffres ne cessent de s'alourdir. Estimés à quelques milliers, il y a trois semaines, les enquêtes indépendantes suggèrent désormais un seuil bien plus lourd. L'ONG Rana faisant état d'au moins 30 000 morts dans la répression. Anne Corpé, bonjour. Ça fait beaucoup de développement en peu de temps. Ce n'est plus au nom de la répression, on évoquait ces chiffres à l'instant, que Donald Trump aujourd'hui menace d'agir en Iran. Il parle de nucléaire maintenant.
[00:00:47] Speaker 2: Oui, comme on l'a vu dans le sujet, Donald Trump presse l'Iran de venir s'asseoir à la table des négociations. Il rappelle dans un message, où comme d'habitude il est très grandiloquent sur la puissance de la force américaine, il rappelle que les Etats-Unis ont déjà frappé l'Iran en juin dernier pour l'empêcher d'acquérir l'arme atomique. La prochaine attaque sera bien pire, prévient-il. Au début des manifestations en Iran, le président américain avait pourtant menacé de sévir en cas de bain de sang. Et au plus fort de la répression, il avait même précisé que l'aide était enregistrée. Ce qui avait suscité une forme d'espoir chez une partie des manifestants. Mais le massacre a donc continué de se poursuivre sans intervention américaine. Donald Trump se fiche du sort de la population iranienne ou de l'instauration d'une démocratie en Iran. Dans son message, il évoque d'ailleurs l'opération menée au Venezuela qui n'a abouti sur aucun changement de régime. Il est confronté à une situation de politique intérieure très compliquée. Du fait de la situation à Minneapolis, le président américain cherche peut-être la diversion. Mais il revient surtout à l'une de ses vieilles obsessions. Conclure un accord qui soit meilleur que le JCPOA. Le texte signé en 2015 sous l'administration Obama. Et dont Donald Trump avait fait sortir les Etats-Unis dès son premier mandat en 2018. Alors même si ce texte était imparfait, il permettait quand même de juguler l'enrichissement. Il permettait aussi des visites sur place de l'Agence internationale pour l'énergie atomique. Depuis la sortie des Etats-Unis de cet accord, l'Iran a repris l'enrichissement de son nucléaire. Il disposait de 400 kilos d'uranium enrichi à 60%. Ce qui rapproche dangereusement la République islamique de l'acquisition de la bombe atomique. Un stock qui a d'ailleurs été complètement perdu de vue depuis les frappes américaines de juin dernier. Quel que soit l'objet, les raisons des menaces de Donald Trump, elles sont quand même prises très au sérieux. On l'a vu par Téhéran, mais aussi par la Russie, qui prévient qu'une intervention pourrait conduire à de graves conséquences. Appel à la négociation. La Turquie propose sa médiation. Le ministre des Affaires étrangères iranien sera d'ailleurs demain en Turquie. Et puis les marchés réagissent également pour la première fois depuis le mois de septembre. Le pétrole Brent a franchi ce matin la barre des 70 dollars.
[00:03:30] Speaker 1: Voilà, ça c'est peut-être un indicateur qui pourrait parler à Donald Trump. On sait évidemment les conséquences désastreuses sur le pétrole qui sont brandies par les détracteurs à une intervention américaine. En tout cas, c'est dans ce contexte que les ministres des Affaires étrangères de l'UE se réunissent aujourd'hui à Bruxelles. L'Union européenne pourrait à cette occasion décider d'ajouter des gardiens de la révolution à la liste des organisations terroristes de l'UE. Écoutez tout de suite la chef de la diplomatie européenne, Kaya Callas, mettre en garde dès ce matin.
[00:03:57] Speaker 3: Nous ajoutons de nouvelles sanctions à la liste.
[00:04:00] Speaker 4: Et je m'attends également à ce que nous inscrivions les gardiens de la révolution islamique sur la liste des organisations terroristes. Cela les mettra sur un pied d'égalité avec Al-Qaïda, le Hamas et Daesh. Si vous agissez comme un terroriste, vous devez également être traité comme tel. Ce que nous voyons est clair.
[00:04:21] Speaker 3: Le bilan des manifestations en Iran et les mesures prises par le régime sont vraiment très sévères. C'est pourquoi nous envoyons également un message clair. Si vous réprimez le peuple, cela aura un prix et vous serez également sanctionné pour cela.
[00:04:40] Speaker 1: L'Union européenne, à entendre Kaya Callas, serait donc prête à accentuer elle aussi la pression sur le régime ?
[00:04:51] Speaker 2: Oui, elle annonce des sanctions ciblées sur 21 entités ou individus. L'Iranien pour les violations des droits de l'homme, mais aussi pour avoir fourni des armes à la Russie dans le cadre de la guerre menée en Ukraine par Vladimir Poutine. C'est évidemment l'inscription des gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes qui serait la mesure la plus importante. Comme toutes les décisions qui relèvent de la politique étrangère, cela doit être pris à l'unanimité des 27. Jusqu'à présent, il y avait plusieurs pays qui s'y opposaient, notamment la France. Paris estimait que c'était un levier. C'était un levier qui pouvait être utile dans le cadre de négociations éventuelles avec Téhéran. Il craignait aussi des représailles contre Cécile Collère et Jacques Paris, qui sont toujours assignés à résidence à l'ambassade française de Téhéran. Il est essentiel de lutter contre l'impunité des auteurs de cette répression sanglante, a dit hier soir Jean-Noël Barraud en annonçant le revirement de la France. L'Italie et l'Espagne étaient aussi opposés à cette inscription. Sur la liste des organisations terroristes, les gardiens de la Révolution ont changé d'avis également. Si cette mesure est votée, les gardiens de la Révolution rejoindront Al-Qaïda et Daesh sur cette liste. Cela voudra dire que les gardiens de la Révolution verront leurs avoirs gelés et qu'ils n'auront plus accès au territoire de l'UE.
[00:06:16] Speaker 1: Au-delà du symbole de cette décision, merci beaucoup Anne Corpé qu'on retrouvera dans le Club France 24 à 14h, heure de Paris.
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