Europe’s Digital Sovereignty Drive Beyond Big Tech (Full Transcript)

Europe explores privacy-first tools, open standards and sovereign clouds to reduce dependence on Google, Apple, Amazon and Meta amid geopolitical risk.
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[00:00:03] Speaker 1: Un défi à vous proposer aujourd'hui, une vie sans les big tech. Peut-on vivre sans Google, Apple, Amazon, Meta ? Oui, qu'on sort dans un monde saturé de surveillance et d'algorithmes. S'affranchir des big tech devient un acte d'indépendance. De Brest à Nairobi, un mouvement de renaissance numérique s'organise. Des acteurs locaux construisent des alternatives respectueuses de la vie privée. C'est ce qu'on va développer avec vous, Guillaume Gralet. Bonjour, Guillaume. Bonjour, Nadia. Voilà. Commençons d'abord par un peu de contexte qui a une influence sur notre vie numérique, les tensions entre les Etats-Unis et l'Europe, et elles atteignent un seuil critique.

[00:00:36] Speaker 2: Oui, en fait, ce dont on se rend compte aujourd'hui, c'est que 70% des données qu'on appelle très essentielles de notre pays, elles sont hébergées sur des plateformes américaines. Et le cloud américain, vous savez qu'il date de 2018, permet à Washington d'accéder à toutes les données européennes qui sont stockées sur des serveurs américains, y compris en Europe. Alors, le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025 a ravivé les craintes, notamment sur les menaces tarifaires lors de la crise du Groenland. On s'est rendu compte, en réalité, que l'accès aux infrastructures numériques américaines pouvait devenir un levier géopolitique, qu'en réalité, on pouvait tout perdre. Et c'est ce qui a motivé notamment la France à annoncer il y a quelques jours le remplacement de Microsoft Teams ou encore de Zoom par une solution nationale qui s'appelle Visio dans l'administration d'ici à 2027, et aussi de créer un observatoire de la souveraineté numérique. C'est, en réalité, voir si on est capable de résister au fait d'avoir toutes les données numériques, l'accès aux infrastructures coupées du jour au lendemain. Et puis, j'ai montré quelques images d'Anthropique, vous savez, un des géants de l'intelligence artificielle, parce que j'ai pu m'entretenir il y a quelques jours avec Christophe Grosbeau, un des porte-parole de Lima, l'Innovation Makers Alliance, qui recense, rassemble pas mal d'acteurs du numérique français et ligue avec l'IA décisionnelle. C'est-à-dire celle qui pourra prendre des décisions à notre place, avec les agents, vous savez, dont on a beaucoup parlé, Nabia. Eh bien, c'est tout simplement une puissance étrangère, c'est assez fort, qui pourrait prendre le contrôle de certaines des décisions qui sont en France et comme dans tous les autres pays européens.

[00:02:06] Speaker 1: Alors, comment est-ce qu'on peut communiquer sans se passer de certains services ? On va en nommer quelques-uns, des services très répandus comme WhatsApp ou encore Gmail.

[00:02:12] Speaker 2: Oui, alors la bonne nouvelle, Nabia, c'est qu'il y a beaucoup, beaucoup d'autres acteurs indépendants qui essayent de se faire connaître. Alors, ce n'est pas forcément évident parce qu'ils sont souvent beaucoup plus petits, mais c'est pour ça qu'on trouvait important. On parlait ensemble Nabia. Il y a par exemple Peertube, c'est une alternative à YouTube qui est hébergée en local, qui est portée par Framasoft. Du côté de la Bretagne, on a un acteur qui s'appelle Tribal qui propose une messagerie chiffrée de bout en bout avec des serveurs hébergés localement sans tracer les métadonnées. Mail.lo, un autre serveur mail européen, lui aussi hébergé en France. Très intéressant aussi, la messagerie de Protonmail. Là, on est en Suisse et c'est là aussi une messagerie chiffrée de bout en bout. Ça, c'est très important. Et puis, j'ai voulu faire un tout petit focus. Sur une messagerie qui s'appelle Element, qui est basée sur le protocole Matrix, un standard ouvert pour la communication en temps réel. C'est décentralisé. Ce qui est intéressant, c'est que c'est utilisé par de plus en plus de pays en Europe. C'est recommandé par la Commission européenne et je voulais donner la parole, Nabia, à Amandine Lepape, qui est une de ses co-créatrices.

[00:03:14] Speaker 3: Matrix est un protocole qui permet aux applications de messagerie d'être interopérables. C'est-à-dire que l'utilisateur peut choisir le fournisseur. Il crée son compte, puis là où les applications qu'il préfère pour y accéder, comme pour l'email. Aujourd'hui, Element en particulier et Matrix en général sont principalement utilisés par les gouvernements comme alternative souveraine à Teams et WhatsApp. C'est notamment le cas de la France, avec Tchap, ou l'Allemagne, mais aussi la Suède, le Luxembourg ou la Belgique. Et tous peuvent communiquer entre eux. Element est accessible au grand public et chacun est libre de créer un compte sur le serveur gratuit Matrix.org ou choisir un autre fournisseur.

[00:03:49] Speaker 1: Il y a également des smartphones qui permettent de se passer d'Android, Guillaume.

[00:03:53] Speaker 2: Oui, on avait déjà parlé du Fairphone. Vous savez, c'est un téléphone qui est inventé en Europe, inventé aux Pays-Bas et surtout qui est livré avec un tournevis pour qu'on puisse le réparer soi-même, qu'il fasse le moins appel aux terres rares et le moins de conflits possibles dans le monde, le plus écolo possible. Mais surtout, il y a eu un accord très intéressant entre un acteur français qui s'appelle Murena, qui a été co-créé par Gaël Duval. Et pour populariser ce Fairphone, Gaël Duval, avec Murena, a noué d'autres accords avec Iro, notamment. L'idée, en réalité, c'est de développer une gamme de téléphones, de tablettes avec iOS. C'est son propre système d'exploitation qui doit protéger les utilisateurs de la collecte des données personnelles et professionnelles. Et surtout, Murena, vous développez une suite numérique qui permet justement de remplacer les grands de la tech, d'avoir tous les outils bureautiques, bref, d'avoir une vraie solution souveraine. Je vous propose d'écouter aussi Gaël Duval, à l'origine de Murena.

[00:04:49] Speaker 4: Un smartphone Murena, c'est quoi ? C'est avant tout un smartphone, donc ça permet d'appeler, d'envoyer des messages, d'utiliser des applications, toutes les applications qu'on connaît, alors qu'elles sont plus ou moins vertueuses. Mais c'est surtout un environnement numérique qui, par défaut, respecte votre vie privée. C'est-à-dire que, par défaut, un smartphone Murena, il ne va pas envoyer toutes vos données, votre géolocalisation, tout ce que vous faites sur Internet, les applis que vous utilisez, il ne va pas envoyer tout ça chez Google, Apple ou d'autres big techs. Et même, il va beaucoup plus loin, puisqu'il est un appareil numérique. Puisqu'il va vous protéger de toutes les applications mobiles qui, aujourd'hui, envoient aussi énormément de données via ce qu'on appelle les trackers. Et ça, c'est quelque chose de totalement unique et qu'on a développé, qui est dans iOS, le système d'exploitation qu'on a développé. Et qui permet de bloquer, en fait, tous les trackers applicatifs qui représentent vraiment une somme colossale d'informations qui sont envoyées en permanence.

[00:05:43] Speaker 1: Et on peut aussi stocker ces données sans passer par les géants du secteur comme Amazon, par exemple.

[00:05:47] Speaker 2: Oui, il y a plusieurs acteurs très intéressants. À suivre, Freedombox, notamment, Cybox en Tanzanie, qui va proposer des clouds communautaires. Et puis, côté français, Rapid Space, c'est un cloud très intéressant. On peut aussi se mettre... Rapid Space, c'est vraiment très intéressant, on en voit quelques images à l'écran. Nitropad, en Allemagne, propose un PC qui doit permettre le chiffrement matériel de ses propres données. Bref, on voit une véritable effervescence. Il faut savoir pouvoir héberger ces données chez soi.

[00:06:14] Speaker 1: Et puis, Daman peut aussi jouer en encourageant des studios indépendants.

[00:06:17] Speaker 2: Oui, c'est ça. C'est que j'ai voulu donner... Oui, c'est ça. C'est que j'ai voulu donner... C'est quand même une bonne nouvelle. C'est qu'on l'avait vu à travers un jeu vidéo de Montpellier qui avait fait beaucoup... qui avait suscité une curiosité et beaucoup d'admiration au niveau mondial. C'est aussi le cas du jeu que l'on voit à l'écran qui s'appelle Kaherne. C'est une simulation d'escalade réaliste. En fait, chaque ascension est un défi physique. Ça s'appuie en réalité sur des conseils de plusieurs alpinistes comme Elisabeth Revol. Et surtout, c'est né à Montpellier dans un de ces petits studios qui rappelle que la créativité française, européenne, africaine... Moi, j'adore aussi tout ce qui se fait du côté d'Orion au Cameroun, par exemple. Eh bien, elle peut encore éclairer, impressionner le monde entier. Bref, il n'y a pas de fatalité. On peut s'afficher sur d'autres acteurs du numérique.

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Arow Summary
The discussion explores whether individuals and governments can live without Big Tech (Google, Apple, Amazon, Meta) amid pervasive surveillance, algorithmic control, and growing geopolitical risk. With a large share of essential national data hosted on U.S. platforms and laws enabling U.S. access to European data, European states fear dependency could be weaponized. France plans to replace services like Teams and Zoom in administration with a national videoconferencing tool by 2027 and to set up a digital sovereignty observatory. The speakers highlight a “digital renaissance” of privacy-respecting, decentralized alternatives: PeerTube for video, local end‑to‑end encrypted messaging providers, European email such as Proton Mail, and Element built on the open Matrix protocol adopted by several European governments. They also point to hardware and OS alternatives like Fairphone and Murena’s /e/OS aimed at reducing tracking and default data collection, plus community and sovereign cloud options (FreedomBox, community clouds, French and German providers) and secure devices like NitroPad. The segment ends by emphasizing the broader ecosystem, including independent game studios, arguing there is no technological fatalism and that alternatives can thrive.
Arow Title
Living Without Big Tech: Europe’s Push for Digital Sovereignty
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Arow Key Takeaways
  • Heavy reliance on U.S. cloud services creates geopolitical and legal exposure for European data.
  • Governments are beginning to replace Big Tech tools with national or sovereign alternatives to reduce dependency.
  • Open standards and decentralization (e.g., Matrix/Element) enable interoperability and vendor choice, similar to email.
  • Privacy-respecting alternatives exist for video (PeerTube), messaging, and email (e.g., Proton Mail), though they are smaller and less visible.
  • Hardware and OS choices (Fairphone, Murena /e/OS) can reduce tracking and default data collection on smartphones.
  • Self-hosting and community/sovereign clouds can help individuals and organizations retain control over their data.
  • A broader independent digital ecosystem—including creative industries like gaming—supports the idea that alternatives can compete globally.
Arow Sentiments
Neutral: The tone is cautionary about geopolitical and privacy risks but broadly optimistic about emerging independent and European alternatives; it mixes concern with constructive solutions.
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