[00:00:00] Speaker 1: Ce n'est jamais le signe d'un avenir radieux, bien au contraire, les Américains ordonnent le retrait de leur personnel non essentiel du Niger. Cela fait suite à l'attaque d'ampleur qui s'est déroulée au sein de l'aéroport de Niamey. C'était dans la nuit de mercredi à jeudi, opération revendiquée par l'Etat islamique. Wassim Nasr, vous nous avez rejoint, bonjour à vous. Vous avez en possession une nouvelle vidéo de cette attaque. Qu'est-ce qu'on apprend sur le déroulé et sur les responsabilités aussi ?
[00:00:25] Speaker 2: Déjà, on va voir sur une carte quel était le secteur de cet aéroport international de Niamey qui a été attaqué. On va voir sur la carte, c'est la base 101, donc la base militaire 101, dans laquelle par ailleurs a été déployée l'armée française avant son retrait. Et tout ce qu'on voit là, les petites explosions sur les hangars, ce sont les hangars qui étaient endommagés par l'Etat islamique. Et on a vérifié cela par rapport à des images satellites, mais aussi par rapport à ce qu'a diffusé l'Etat islamique et qu'on verra par ailleurs. Ce qu'on sait maintenant, c'est que ce secteur a été... Il a été bien, disons, surveillé et attaqué sur plusieurs axes pour submerger les défenses de ce dispositif qui est supposé être des plus sécurisés de la capitale nigérienne. On parle de 20 motos et on parle au moins d'un 4x4 équipé de mitrailleuses lourdes. Et ça, ce sont des photos diffusées par l'Etat islamique au moment de la revendication, sachant qu'entre-temps, tout le monde a pensé au JNIM, donc la filiale sahélienne d'Al-Qaïda, qui est aussi active, parce qu'ils ont aussi mis... un engin explosif aux portes de la capitale, sur la route qui mène à l'aéroport, donc aux portes de la capitale, il y a quelques jours. Sauf que, si c'était le cas, ils n'auraient pas commis un attentat quelques jours avant, parce que ça dévoile là une opération complexe. Donc c'est pour ça aussi qu'on a pensé ici à France 24, et on l'a dit dans des papiers sur Internet, que c'est plutôt ou probablement l'Etat islamique qui est responsable, sachant que l'Etat islamique aussi avait déjà agi dans la capitale Niamey en octobre, dans le kidnapping d'un ressortisseur. C'est-à-dire qu'il n'y a pas eu de ressortissants américains, selon le communiqué de l'Etat islamique, qui a diffusé ces photos. Il y a plusieurs unités, donc djihadistes, qui ont attaqué cette facilité militaire, et qu'une des unités, pendant le retrait, a été frappée par un drone de l'armée nigérienne. Qu'est-ce que ça nous dit alors sur les capacités de l'EI ? Ça nous dit beaucoup de choses sur les capacités de l'EI, mais aussi sur la présence de mercenaires ou de militaires russes à l'aéroport de Niamey, parce que ce sont eux, finalement, qui ont défendu le secteur. Le secteur où étaient garés les drones turcs Aksungur acquis par l'armée nigérienne il y a quelques mois. Donc c'est eux qui se sont battus contre l'Etat islamique. On sait aussi que l'armée italienne est présente, plus de 300 militaires, parce qu'il y a eu un communiqué du gouvernement italien qui justifiait leur présence par un programme d'entraînement européen. Donc les Italiens sont toujours là-bas. Et on va voir sur une vidéo aussi ce qui est très intéressant, ou le plus intéressant dans cette affaire. C'est une vidéo diffusée par l'Etat islamique concernant l'attaque. Et on voit les hangars qu'on a cités en début de propos. Et ce qui est intéressant, c'est qu'on peut entendre ce qui est dit. On va entendre plusieurs langues. On va entendre les djihadistes parler en arabe, évidemment. Mais aussi, après, on va les entendre parler en hausa, donc du nidjaïa, accent du nidjaïa. Mais aussi en kanouri, accent de la province de Bordeaux. Au nidjaïa. Donc qu'est-ce que ça nous dit ? C'est quelque chose qu'on a évoqué à plusieurs reprises ici. C'est que l'Etat islamique, finalement, on a la preuve matérielle qu'il y a eu une opération conjointe de la filiale Afrique de l'Ouest et de la filiale Sahel contre l'aéroport de Niamey. Parce que les capacités humaines de l'Etat islamique Sahel sont moindres que la filiale Afrique de l'Ouest. Pourquoi ? Parce qu'il y a des drones qui ont été utilisés de nuit. Donc des drones, il faut savoir les manier. Et des drones avec vision nocturne. Donc là, on voit que des compétences, disons, humaines de la filiale Afrique de l'Ouest ont été transférées à la filiale Sahel. Et donc la jonction ou le transfert s'est fait courant au mois d'octobre, d'après nos informations. Donc le mois d'octobre aussi, pendant lequel un ressortissant américain a été kidnappé au cœur de la capitale, à quelques pas du palais présidentiel. Et ce qui nous ramène à quelque chose aussi de très intéressant. Rappelez-vous, il y a eu des frappes américaines au nidjaïa il y a quelques semaines. Et ces frappes ont visé le nord de Sokoto. Donc le nord de Sokoto. Donc à l'ouest du nidjaïa, beaucoup de gens se sont étonnés. Mais en fait, ce n'est pas étonnant quand on sait que c'est le point de jonction entre la filiale Afrique de l'Ouest et la filiale Sahel. Donc aujourd'hui, on passe à une phase nouvelle de l'activité de l'État islamique au Sahel. Parce que de fait, la jonction qui était parcellaire, aujourd'hui est faite. Et on voit que des capacités humaines ont été transférées. Ce qui a permis cette attaque très complexe contre l'aéroport de Niamey. Attaque dont on ne connaît pas le bilan. Attaque dont on ne connaît pas le bilan encore. Il n'y a pas de bilan qui a été donné par les djihadistes. Le gouvernement au Niger a donné un bilan de 4 blessés. Bon, probablement c'est plus que ça. Vu l'ampleur des combats. En même temps, ils ont accusé la Côte d'Ivoire, le Bénin et la France d'être complices dans cette attaque. Donc voilà, on ne peut pas donner foi, disons, à ces déclarations.
[00:05:15] Speaker 1: Merci beaucoup Wassim pour cette analyse et ces nouvelles images sur l'attaque de la semaine dernière à Niamey.
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