Ex-Evin detainee recounts torture and Iran crackdown (Full Transcript)

Louis Arnaud tells France 24 of hostage detention in Evin, psychological torture, prisoner solidarity, and fears over renewed repression and foreign strikes.
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[00:00:00] Speaker 1: Place maintenant à l'invité d'Au coeur de l'info. On va revenir ce soir sur la situation en Iran alors que les chiffres actualisés de la répression sont glaçants. Plusieurs ONG parlent désormais d'au moins 30 000 morts en 48 heures seulement et se posent aujourd'hui plus que jamais la question d'éventuelles pressions extérieures contre le régime iranien. Donald Trump a envoyé une seconde armada dans la région et prévient que le temps est compté avant une possible attaque. On va reparler de tout cela avec un homme qui a vécu cette répression de l'intérieur. Bonsoir Louis Arnaud, ancien détenu en Iran durant 21 mois dans la prison d'Evin. On sait que c'est l'une des plus redoutables au monde. Entre 2022 et 2024, vous étiez détenu dans le sillage des manifestations du mouvement Femmes, Vie, Liberté, une expérience traumatique mais qui a aussi été à l'origine d'une véritable révolution intérieure comme vous le dites dans votre livre qui vient de paraître aux éditions des Équateurs. Merci beaucoup. Merci beaucoup Louis Arnaud d'avoir accepté notre invitation ce soir sur France 24. On va donc revenir sur votre histoire. Vous êtes donc en Iran en 2022 et vous effectuez alors un tour du monde. Vous rencontrez d'ailleurs une jeune femme, Alessia, qui effectue elle aussi un tour du monde, en tout cas qui voyage seule. Vous vous liez d'amitié. On est quelques jours après la mort de Marsa Amini, donc à l'automne 2022. Point de départ, on le sait, du mouvement Femmes, Vie, Liberté. Je précise d'ailleurs que vous n'avez participé à absolument aucune manifestation à ce moment-là. Et pourtant, le 28 septembre 2022, vous êtes arrêté alors que vous participez à une fête.

[00:01:31] Speaker 2: Oui, exactement. Ce soir-là, on allait fêter les 30 ans d'Alessia. Et en fait, on se rendait à un escape game. C'est quand même une drôle d'histoire. Et on est interpellé brutalement avant d'y pénétrer. Et effectivement, là, on nous promet qu'on va nous emmener dans un commissariat. C'est le début d'une mécanique du mensonge. Et en réalité, on nous emmène à la prison d'Evin.

[00:01:57] Speaker 1: Qu'est-ce qu'on vous invoque lors de cette arrestation ? Vous parlez de kidnapping, d'ailleurs. Comment ça s'est passé concrètement ?

[00:02:04] Speaker 2: Au début, on ne rencontre personne qui parle anglais que des rottweilers qui hurlent des injonctions en farcie et qui nous jettent dans des voitures. Et on va finir par rencontrer quand même un responsable qui semble être un commissaire et qui nous dit qu'on va juste nous poser quelques questions, que tout ça est une formalité. Mais sans nous dire de quoi il retourne. C'est que plus tard, on comprendra qu'on a été arrêté en lien avec ces manifestations, quand bien même nous n'y sommes jamais allés.

[00:02:35] Speaker 1: Et vous êtes alors emmené dans la prison d'Evin. Quand est-ce que vous réalisez d'ailleurs que les choses se gâtent, si je puis dire ?

[00:02:43] Speaker 2: Quand on arrive devant cette porte. Qu'est-ce que vous ressentez alors ? À ce moment-là, c'est la tétanie. C'est... L'incompréhension, c'est le cœur qui s'arrête. Parce que je connais ce nom. Je sais que c'est la pire prison politique du pays. Que les gens y sont torturés. Et que beaucoup n'en ressortent jamais vivants.

[00:03:08] Speaker 1: Vous écrivez d'ailleurs à ce sujet dans le livre « Comment, en suivant le parfum d'une rose, devient-on l'ennemi d'un État ? » Une incompréhension totale. Vous en faites part, on imagine, aux personnes qui sont face à vous ?

[00:03:19] Speaker 2: Oui, bien sûr. On essaye d'avoir une discussion rationnelle. À ce moment-là, face à cette sidération de cette folie, de pourquoi sommes-nous arrêtés alors que nous n'avons rien fait ? Mais c'est là qu'on va commencer à comprendre qu'il n'y a pas de dialogue possible, en fait, à ce niveau-là. Et ce que je ne réalise pas encore à ce moment-là, mais qui va venir assez vite, c'est que je suis non pas un prisonnier arrêté pour une quelconque manifestation, mais un otage.

[00:03:49] Speaker 1: Vous êtes donc emprisonné dans des conditions de détention extravagantes. Après ?

[00:03:55] Speaker 2: Oui, et effectivement, c'est très important, je trouve, d'en témoigner aujourd'hui parce que c'est ce que vivent des dizaines de milliers d'Iraniens. C'est ce qui s'ajoute à l'horreur de la tragédie, du massacre auquel on a assisté.

[00:04:06] Speaker 1: Des dizaines de milliers qui ont été arrêtés pendant la dernière répression.

[00:04:10] Speaker 2: Exactement. Et qui se trouvent dans les prisons aujourd'hui, qui vont y rester pendant des semaines et des mois. Et donc, ce sont des gens qui sont entassés dans des cellules sans fenêtres, qui sont réduits en esclavage, qui dorment à même le sol sous des écrans, qui ont des éclairages qui vous fouillent, littéralement, jour et nuit. Et tout est fait pour déshumaniser, pour vous réduire, pour vous faire disparaître de votre vivant.

[00:04:37] Speaker 1: Pour vous faire craquer aussi.

[00:04:39] Speaker 2: Bien sûr.

[00:04:39] Speaker 1: On sait qu'il y a beaucoup d'aveux sous la contrainte, notamment en ce moment, entre des opposants.

[00:04:46] Speaker 2: Oui, et c'est là qu'intervient la torture. Et donc là, il y a tout ce qu'on peut imaginer d'absolument atroce, que ce soit les électrocutions, les simulations de pendaisons, les viols. Même si la torture, bien souvent, c'est beaucoup plus subtil que ça. Et elle passe par beaucoup de moyens. Et notamment, l'un d'entre eux, c'est le mensonge. Le mensonge sur votre mère qui se trouve entre la vie et la mort à l'hôpital. Le mensonge sur vos proches qu'on n'hésitera pas à tuer, à violer, à assassiner. Donc, torture psychologique. Exactement. Et à ce moment-là, ils n'ont même plus à salir les mains. Parce que, une fois que... La porte de la cellule s'est refermée, on se torture soi-même. Par l'esprit qui tresse les sérieux de l'horreur. Et de cette torture-là, il n'existe aucune échappatoire.

[00:05:32] Speaker 1: Et la torture physique, vous-même n'en avez pas été victime, si je ne me trompe pas. Mais vous l'avez constatée sur des co-détenus ?

[00:05:40] Speaker 2: Bien sûr. De la violence physique, des côtes cassées, des visages tuméfiés, sur lesquels on peut à peine distinguer un nez, une bouche, des yeux. Et vraiment des... Des électrocutions, des gens... Ouais, ces simulations de pendaison où on serre la corde jusqu'à ce que vous perdiez connaissance. On vous bat pour vous réveiller. Et on recommence. Et encore et encore pendant toute la nuit.

[00:06:05] Speaker 1: Et c'est ça qui était le plus difficile ? Cette torture mentale, également ?

[00:06:11] Speaker 2: Le plus difficile, effectivement, c'est l'esprit. En tout cas, pour moi, qui n'ai pas été torturé physiquement. Qui était... Qui ait subi cette autre forme de torture. On m'a laissé pendant des mois. Dans cette cellule, sans aucun lien avec l'extérieur. Dans cet endroit où ne filtre plus que les hurlements des autres détenus. Et sans savoir ce qui va m'arriver. Et avec cette peur, cette folie d'avoir même été oublié dans cet endroit. Parce que personne ne vous parle. Et quand plus personne ne vous voit, comment exister quand personne ne vous reconnaît vivant ?

[00:06:46] Speaker 1: Qui est en cellule avec vous ? Qui sont les détenus à vos côtés ?

[00:06:52] Speaker 2: Ce sont essentiellement des Iraniens. Des manifestants de toutes les classes de la société. Des dealers, des étudiants, des maçons, des ouvriers, des médecins, des avocats, des journalistes. Des gens qui sont tous unis par une chose. Leur désespoir face à une vie dépourvue de liberté. Et l'absence d'avenir. Mais aussi par leur détermination. Et c'est ça qui est extrêmement fort chez eux. C'est ce courage qui est incarné par tous ces Iraniens. Qui ont été des gens qui m'ont accueilli, qui m'ont porté. Et qui m'ont baigné d'amour. Aussi tout au long de cette détention.

[00:07:34] Speaker 1: Parce que durant cette détention, vous avez failli sombrer. Et puis finalement, vous trouvez cette force intérieure qui, dites-vous, vous a sauvé. C'est ça ?

[00:07:43] Speaker 2: Exactement.

[00:07:44] Speaker 1: C'est le titre de votre livre. Cette révolution intérieure, de quoi s'agit-il ?

[00:07:48] Speaker 2: Exactement. C'est cette lente métamorphose. Qui m'a permis de m'extraire de ma condition d'esclave au milieu des enfers. Et elle est traversée de rencontres. Et notamment l'une d'entre elles, c'est celle de Mohsen Chikari. Mohsen avait 22 ans. Il en paraissait déjà 30. A cause de cette corrosion qu'engendre la suffocation de liberté. Il était cuisinier. Pris à la gorge dans une économie en ruine. Et il me confiait qu'il était descendu dans la rue. Pourquoi ? Parce que... Parce que... Parce que... Parce qu'il ne désirait juste qu'un peu de liberté et un peu de dignité. Et pour ce rêve, Mohsen a été exécuté. Et c'est l'une de ces rencontres qui m'a fait prendre conscience d'une chose. Parce que jusque-là, pour moi, je sympathisais avec ces gens. Mais ça n'était pas mon combat. Mais à ce moment-là, je comprends. Je comprends que je ne peux pas me dérober à ce qui existe et ce que je vois. Et il sera mon devoir de porter la parole de ce peuple. De mon peuple. Parce qu'à ce moment... Il y a une transformation qui a lieu. Je deviens l'un d'entre eux. Je deviens l'Iranien. Le combattant de la liberté. Mais agrandi d'une humanité qui m'a précisément sauvé des ténèbres. Et ce sont eux, les Iraniens, qui m'ont enseigné ce qu'était la liberté.

[00:09:07] Speaker 1: Et c'est ce qui vous a préservé aussi votre liberté intérieure, disons ?

[00:09:13] Speaker 2: Cette liberté, c'est la poursuite de ce cheminement. Mais c'est prendre conscience, à un moment, que si les murs de la prison qui m'enferment sont très réels, c'est cette identité d'otage qui m'enferme plus encore. Mais je commence à comprendre que l'identité n'est pas fixe. Que l'identité est une construction sociale, culturelle, et qu'il m'appartient de m'affranchir de cette condition qu'on m'impose. Et c'est comme ça que je vais pouvoir m'extraire de cette condition d'esclave pour devenir non plus l'otage, mais le survivant. Le tenant de la dignité. L'activiste. Et parce que je cesse de me définir par rapport à mon bourreau, je me libère de son emprise. Et c'est là que je comprends que je suis libre. Je prends ma liberté. Et c'est ça que les Iraniens m'ont appris, que j'ai appris à leur côté. C'est qu'on peut nous arrêter, on peut nous torturer, on peut nous assassiner, mais on ne pourra jamais nous asservir. Et c'est ça qui est si bouleversant aussi dans la tragédie à laquelle on a assisté. Parce que les gens qui sont descendus dans la rue, et qui se sont fait massacrer, ne demandaient pas seulement la liberté, c'était une revendication de cette liberté. Parce qu'ils s'étaient déjà libérés en eux-mêmes.

[00:10:27] Speaker 1: Et avec vos co-détenus, vous faites l'expérience d'une fraternité extrêmement forte. Et depuis, vous le dites, votre devoir c'est de témoigner, de devenir le porte-parole de ces Iraniens qui ne peuvent plus s'exprimer puisque le blackout est toujours en vigueur.

[00:10:45] Speaker 2: Précisément. Et c'est l'objet de ce livre. C'est mon devoir que je porte à travers.

[00:10:51] Speaker 1: Les circonstances maintenant de votre libération, on va en parler au terme d'un accord diplomatique, je le rappelle. C'est quoi du coup, par rapport à tout ce que vous venez de décrire, votre état d'esprit quand vous apprenez que vous allez être libéré ? Donc, bonne nouvelle. Et en même temps, quand vous allez quitter ses frères, finalement ?

[00:11:09] Speaker 2: C'est un moment terrible. Probablement le plus terrible de toute cette expérience. Il y a ce moment où je sors de l'avion et j'arrive sur ce tarmac grec. Et où je m'effondre, pulvérisé par la douleur. Et c'est là que...

[00:11:25] Speaker 1: Une culpabilité aussi ? Une culpabilité très profonde.

[00:11:28] Speaker 2: Mais c'est là que cette histoire prend toute sa singularité. Parce qu'à travers cette révolution intérieure, je me suis sauvé. Mais je me suis aussi condamné en même temps. Et si ma reconnaissance est absolument immense envers la France et tous ceux qui se sont battus pour ma libération, et que je suis profondément heureux d'avoir retrouvé mes proches et ma famille, mais pour celui qui a survécu, survécu en rejoignant une lutte, en demeurant fidèle à ce qu'il a trouvé de plus grand que lui, soudain, c'est le sentiment de faillir. C'est le sentiment de trahir, d'abandonner mes frères, mon peuple, qui, eux, restent en prison.

[00:12:02] Speaker 1: Parlant de frères, justement, vous dédiez le livre, entre autres, à ceux que vous appelez vos petits frères, Ali et Daï, dont on va voir tout de suite à l'antenne une photo que vous m'avez transmise. C'est d'ailleurs votre carte blanche, dans le cadre d'Au cœur de l'Info. C'est une tradition. Qui sont, donc, Ali et Daï, à qui vous avez dédié votre livre ?

[00:12:25] Speaker 2: Ce sont mes valeureux petits frères. Ce sont les petits génies de l'Université de Sharif, médaillés d'or aux Olympiades d'astronomie internationale. Et ils sont le visage de tous ces gens qui m'ont accueilli, qui m'ont recueilli comme l'un des leurs. Et comme ce jour où ils ont organisé pour moi, le plus merveilleux des Noëls, en trouvant un morceau de branche dans la cour et en l'entourant de fils de couverture en guise de guirlande. Mais ce sont aussi les visages de la détermination de ce peuple à se libérer. Eux qui me disaient qu'ils préféraient mourir que de donner quoi que ce soit à la République islamique, et qui ont manqué de peu d'être exécutés, et qui poursuivent la lutte en prison, aux côtés du papa d'Ali, qui a 70 ans, a déjà passé 15 ans en prison, et poursuivent la lutte à leurs côtés. Et vraiment, ce courage mérite toute notre admiration.

[00:13:25] Speaker 1: Quelques questions à présent évidemment d'actualité. Votre regard sur la répression actuelle d'une brutalité inédite ?

[00:13:34] Speaker 2: C'est... Même si elle n'est pas fondamentalement une surprise, parce que ce que j'avais compris aux côtés des manifestants pendant la répression du mouvement Femmes, Vie, Liberté, c'est que le régime préférerait tirer jusqu'à la dernière balle, plutôt que de céder le pouvoir. Et c'est malheureusement ce à quoi on assiste. Et ce dont me témoignent les Iraniens, c'est un traumatisme absolu, mais une détermination qui reste sans faille sur nous n'avons aucune autre solution. La solution, c'est la révolution.

[00:14:07] Speaker 1: Et comment est-ce que vous appréhendez le scénario d'une éventuelle intervention américaine dans le pays ?

[00:14:12] Speaker 2: Elle est très désirée par beaucoup de gens, beaucoup d'Iraniens avec lesquels je suis en contact, dans l'espoir que le régime tombera. Mais on sait aujourd'hui que Donald Trump, malgré l'espoir qu'il avait suscité à un moment, ne recherche absolument pas la libération de ce peuple, et juste à préserver ses intérêts dans la région. Et ce que me disent beaucoup d'Iraniens, c'est qu'aujourd'hui, on a le choix entre mourir de faim à cause d'une économie en ruine, mourir sous les balles des molars, ou sous les bombes des Américains. Et sachant que s'il y a une intervention américaine, et que le régime ne tombe pas, ce qui va s'en suivre, c'est ce que fait la République islamique, c'est ce que font toutes les dictatures humiliées, c'est se venger sur leurs enfants. Et alors la répression sera terrible.

[00:15:00] Speaker 1: Dans ce contexte qu'on a décrit, on imagine que vous pensez aussi à Cécile Koller et Jacques Paris, qui ont donc été libérés de prison, mais qui n'ont toujours pas la possibilité de rentrer en France. Ils sont donc toujours actuellement à l'ambassade.

[00:15:14] Speaker 2: Oui, exactement. Et on espère très rapidement leur retour.

[00:15:18] Speaker 1: Vous dites que votre cœur est donc resté en Iran. Vous espérez sans doute, peut-être, pouvoir y retourner bientôt, un jour en tout cas ?

[00:15:27] Speaker 2: Absolument. C'est mon plus grand rêve.

[00:15:29] Speaker 1: Merci beaucoup, en tout cas Louis Arnaud, pour votre témoignage ce soir sur France 24 dans Cœur de l'info. Et donc je rappelle votre livre, La révolution intérieure, qui vient de sortir aux éditions Les Équateurs. Merci encore d'être venu. Cet entretien est à retrouver sur notre site internet. Et nos réseaux sociaux. Restez avec nous sur France 24.

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Arow Summary
Interview on France 24 with Louis Arnaud, a French former detainee held 21 months in Iran’s Evin prison after being arbitrarily arrested in Sept 2022 during the “Women, Life, Freedom” crackdown. He describes being treated as an “hostage,” the prison’s dehumanizing conditions, psychological torture and witnessed physical torture of other detainees. He recounts solidarity with Iranian prisoners and a “inner revolution” that helped him reclaim dignity and purpose, including meeting Mohsen Shekari who was executed. After release via diplomatic deal, he felt guilt for leaving fellow prisoners, dedicating his book to younger Iranian friends Ali and Daï. He comments on ongoing repression, doubts about U.S. intervention motives and fears of worsened retaliation, while hoping for Iran’s freedom and to return someday.
Arow Title
Louis Arnaud on Evin Prison, Hostage Diplomacy, and Iran’s Repression
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Arow Key Takeaways
  • Arnaud says he was arrested despite not protesting and came to see himself as an ‘otage’ used for leverage.
  • He depicts Evin prison as designed to dehumanize through isolation, constant light, overcrowding, and coercion.
  • Psychological torture—lies about family, threats, uncertainty—can be as crushing as physical torture.
  • He witnessed severe physical abuse on other detainees, including beatings, electrocution, and mock hangings.
  • Solidarity among Iranian prisoners helped him survive and shaped his ‘inner revolution’ toward dignity and activism.
  • Meeting Mohsen Shekari, later executed, crystallized his sense of moral duty to testify for Iranians.
  • His release brought profound guilt for leaving fellow prisoners behind; he dedicates his book to imprisoned friends.
  • He expects the regime to use extreme force to retain power and warns foreign strikes could trigger harsher internal retaliation.
Arow Sentiments
Negative: The dominant tone is somber and harrowing, focused on arbitrary arrest, dehumanization, torture, executions, mass repression, and fear of further violence; moments of solidarity and inner resilience add limited hope.
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