[00:00:00] Speaker 1: Dans cette ville de 5000 habitants au nord d'Helsinki, l'hiver est sombre et glacial, moins 10 degrés en moyenne. Et pourtant, à l'intérieur de cette école, les élèves ne portent que des chaussettes et des t-shirts.
[00:00:14] Speaker 2: On n'a pas besoin de manches ni de portée de chaussures. Il fait bon à l'intérieur, on n'a pas du tout froid.
[00:00:22] Speaker 1: Il fait même plus chaud que l'hiver dernier. Le chauffage de l'école comme de la ville provient de ce silo, un énorme réservoir à chaleur appelé batterie au sable. A l'intérieur, 100 tonnes de gravats venus des chantiers alentours, aux propriétés très particulières.
[00:00:39] Speaker 3: Cela s'appelle de la stéatite. Ça conserve très bien la chaleur avec une capacité thermique très élevée. C'est un déchet très bon marché, du sable qui n'a pas d'autre utilité.
[00:00:50] Speaker 1: Cette batterie est alimentée par l'électricité venue d'éoliennes. Cette énergie chauffe le sable à 500 degrés. Cette chaleur se transforme en eau chaude qui alimente les radiateurs de la ville. Dans le silo, la chaleur peut être conservée une semaine. Une solution pour les problèmes de stockage des énergies renouvelables.
[00:01:10] Speaker 4: Ce système stocke d'énormes quantités d'énergie.
[00:01:14] Speaker 3: La batterie est constamment vidée et rechargée pour fournir la chaleur de manière constante.
[00:01:20] Speaker 1: Autre avantage, l'impact sur le climat. Jusque-là, le chauffage venait des vastes forêts finlandaises, du bois, qu'il fallait donc brûler. Le maire estime que sa ville va réduire de 70% les émissions de CO2 et gagner en autonomie.
[00:01:36] Speaker 3: L'eau chaude venant de la batterie au sable arrive ici. Elle circule dans les radiateurs de ce bâtiment.
[00:01:42] Speaker 4: Et l'eau refroidie repart dans la batterie qui va la réchauffer à nouveau et revenir ici. En cas de pandémie.
[00:01:52] Speaker 3: On a de l'électricité, on a quand même du chauffage. On est complètement indépendant.
[00:01:58] Speaker 1: Une énergie constante et surtout bon marché. Ce retraité finlandais vient de s'installer dans la ville.
[00:02:06] Speaker 2: Le thermomètre du radiateur est réglé sur 22 degrés toute la journée.
[00:02:11] Speaker 1: Dans son ancienne maison, le chauffage lui coûtait bien plus cher en hiver.
[00:02:16] Speaker 2: Évidemment, je suis très satisfait. Je peux économiser presque 300 euros par mois.
[00:02:22] Speaker 1: Techniquement, ces batteries au sable peuvent servir à alimenter des réseaux de chauffage de très grandes villes. En revanche, impossible d'utiliser à ce stade ce système pour chauffer des maisons individuelles.
[00:02:34] Speaker 5: Voilà, on vient de découvrir l'exemple finlandais pour se chauffer au sable. Alexandra Renard nous a rejoint. Bonjour Alexandra, merci d'être là. C'est intéressant car on oublie que ce chauffage participe grandement des règlements climatiques aussi, il faut le rappeler.
[00:02:45] Speaker 6: Oui, effectivement. À l'échelle mondiale, le mode de chauffage le plus utilisé, ça repose encore largement sur les énergies fossiles. C'est-à-dire que c'est le gaz naturel qu'on utilise le plus, ça vient vraiment en tête. Puis ensuite, il y a le fiou, il y a le pétrole et le charbon. Quand nous chauffons nos bâtiments et nos maisons, on consomme 20% des émissions de CO2. Donc 20% d'émissions de CO2 qui partent dans l'air, dans l'atmosphère chaque année par individu. Donc c'est une large part. Mais il y a des solutions, des solutions qui sont innovantes et qui sont écologiques. Certaines sont technologiques comme on l'a vu dans ce sujet. Elles reposent sur du high-tech et puis d'autres sont tout simplement innovantes et très simples. Il y a des solutions. Les ressources naturelles déjà bien installées ? Oui, alors par exemple, on peut prendre l'idée de ce qui se passe au Kenya ou en Islande. L'idée, c'est d'exploiter directement les ressources naturelles qui sont dans les sous-sols. Alors pour la chaleur du sous-sol, par exemple, elle est captée, elle est utilisée, puisée et redistribuée. En Islande, c'est 90% des habitations qui sont chauffées de cette façon, c'est de la géothermie. C'est une énergie qui est locale, qui est renouvelable et qui est stable toute l'année. Donc c'est très intéressant. Pour le Maroc ou pour l'Espagne, ce sont des panneaux solaires. Les panneaux solaires qui chauffent. L'eau, c'est une eau chaude qui est utilisée pour être distribuée partout, dans les écoles, dans les bâtiments publics, dans les hôpitaux. Une fois qu'ils sont posés, ces panneaux solaires, parce qu'il faut les fabriquer, il y a zéro émission de CO2. Et puis, c'est une énergie qui est parfaitement silencieuse. Elle fonctionne très efficacement, notamment dans les pays du Sud qui sont largement ensoleillés.
[00:04:11] Speaker 5: Toutes ces solutions utilisent une énergie renouvelable, déjà présente dans l'environnement. Est-ce qu'il existe d'autres solutions écologiques ?
[00:04:18] Speaker 6: Alors oui, il en existe d'autres solutions écologiques. D'autres solutions écologiques. Par exemple, si on prend l'exemple de la France, mais aussi au Japon, on a des pompes à chaleur qui sont de plus en plus en vogue, qui grimpent vraiment en flèche. En France, notamment, il y a des aides publiques qui soutiennent cette utilisation des pompes à chaleur. Le principe, c'est un fonctionnement assez simple. Finalement, ce sont des réfrigérateurs qui sont inversés. Ils récupèrent finalement la chaleur de l'eau, des sols et de l'air. Et puis, elle est redistribuée, cette eau, pour aller dans des logements. Ça consomme très, très peu d'électricité. Donc ça, c'est intéressant. Et ça produit plus d'énergie que ce qu'on utilise. Pour vous donner une idée, 1 kWh qui est consommé, c'est 4 kWh de chaleur qui est produite. Donc c'est une solution qui devient de plus en plus populaire et qui va, je pense, petit à petit remplacer les chaudières classiques. Et en dehors des villes ? Alors, en dehors des villes, on a, dans certaines régions rurales, comme par exemple en Inde, là, du coup, on s'appuie sur les déchets agricoles et les déchets alimentaires qui sont transformés en biogaz. Ce gaz-là, il est redistribué partout, dans les bâtiments publics et dans les maisons. Et c'est un exemple qui est particulièrement important. C'est un exemple qui est particulièrement intéressant parce qu'il est circulaire. À partir des déchets, on crée une énergie qui est locale et qui est efficace. Et puis, vous aviez aussi un autre exemple à proposer, l'Allemagne ou encore l'Écosse, par exemple. Oui. Alors là, l'idée, c'est de finalement réduire complètement la consommation globale, d'aller vers une vraie réduction de vraie sobriété. On réduit les besoins. En Allemagne et en Écosse, ce qu'on fait, c'est qu'on construit énormément de bâtiments passifs. Comment ça fonctionne ? L'idée, c'est d'utiliser la chaleur des occupants et la chaleur du soleil. Donc on essaie non pas de... On essaie de produire de plus en plus de chaleur, mais plutôt de ne pas la perdre. Donc ça passe par une isolation qui est particulièrement performante, par des fenêtres un peu spéciales, tout un système, une orientation, par exemple, plus vers le soleil. On prend tout en considération pour bien construire, plein sud, idéalement, mais pas toujours, d'ailleurs. Donc ces bâtiments, ils conservent la chaleur. Et donc là, en hiver, on utilise peu de chauffage et le reste de l'année, encore moins. Donc globalement, oui, il existe beaucoup de solutions qui fonctionnent très bien actuellement, qui sont écologiques et qui respectent l'environnement. Merci beaucoup, Alexandra. Merci à vous.
We’re Ready to Help
Call or Book a Meeting Now