[00:00:00] Speaker 1: Bonjour Laure.
[00:00:01] Speaker 2: Bonjour Raphaël.
[00:00:02] Speaker 1: Il aura donc fallu des mois de négociations finalement, donc on en revient au 49-3, comme c'était le cas pour François Bayrou, comme c'était le cas précédemment pour Elisabeth Borne et Michel Barnier, pour faire adopter le projet loi de finances 2026. L'exécutif continue à travailler sa copie. Amélie de Montchalin, la ministre des Comptes publics, annonce des efforts d'économie supplémentaires.
[00:00:23] Speaker 2: Oui, parce que ce n'est pas parce que ça sent le roussier qu'il faut s'arrêter là. En tout cas, effectivement, ce lundi, la ministre de l'Action et des Comptes publics annonce plusieurs milliards d'économies supplémentaires, 2 milliards notamment, sur les agences et les opérateurs de l'État, concernant notamment ce qu'on appelle la trésorerie excédentaire. En gros, quand des opérateurs ou des agences de l'État, celles qui travaillent pour appliquer la politique du gouvernement, dégagent des bénéfices, on va laisser cet argent dormir sur un compte, on va réutiliser cet argent, le remettre en circulation. Et l'effet ressenti, ce sera un effet d'économie à hauteur de 2 milliards d'euros. Ça peut sembler marginal, mais en 2023, un rapport de l'Inspection générale des finances portant sur 180 opérateurs de l'État avait pu voir que leur trésorerie avait effectivement progressé entre 2019 et 2021. Et cette trésorerie, elle était estimée à 2 milliards et demi d'euros. Autres annonces également, 1 milliard d'euros d'économie qui devrait être réalisé sur les achats publics. 1 milliard et demi d'euros également. Grignoter sur la réserve interministérielle, c'est cette cagnotte qui doit servir à tous les ministères, dans laquelle ils peuvent piocher quand ils dépassent leur budget, ce sera gelé. Et puis surtout, il y a cette fin d'une exemption fiscale concernant les biens personnels transmis au moment de la transmission d'une entreprise familiale. Jusqu'à présent, il était permis notamment d'inclure des maisons de famille, par exemple, dans cette transmission. Cet héritage officiellement d'une entreprise est en réalité un petit peu différent. C'était le pacte d'Utreil de 2003. Désormais, c'est mal vu, notamment depuis que l'ancien ministre de l'économie, Éric Lombard, a révélé, début janvier, enfin, il y a quelques jours, que des milliers de Français, parmi les plus riches, ne payaient aucun impôt sur le revenu.
[00:02:04] Speaker 1: Ces mesures, elles complètent un projet déjà revu et corrigé, on s'en souvient, vendredi, avec des annonces de Sébastien Lecornu en faveur du pouvoir d'achat.
[00:02:13] Speaker 2: Oui, c'était encore une mesure pour tenter de sauver le budget, la face, on ne sait pas trop, mais en tout cas, des concessions à la gauche pour éviter la censure, des concessions notamment sur le pouvoir d'achat, avec toujours cet objectif, malgré tout, de réduire le déficit de la France de 5,4% cette année à 5% l'année prochaine. Alors, parmi ces mesures, il y a la revalorisation du barème de l'impôt sur le revenu, ce qui va permettre à un certain nombre de ménages de ne pas payer d'impôt sur le revenu, de ne pas entrer dans l'impôt sur le revenu. Une augmentation de 50 euros de la prime d'activité, c'est un complément de revenu pour 3 millions de ménages à revenu modeste, et ça devrait coûter environ 2 millions. 2 milliards d'euros par an. Création de 2 000 postes dans l'éducation nationale. Pour le logement, Sébastien Lecornu envisage une augmentation de 400 millions d'euros pour les bailleurs sociaux et renonce à cette année blanche pour les APL, les allocations pour le logement, c'est-à-dire à ne pas les augmenter et ne pas les indexer sur l'inflation. Et puis, la généralisation des repas universitaires à 1 euro.
[00:03:11] Speaker 1: Oui, voilà à côté dépenses, mais il faut bien compenser par des revenus supplémentaires. Et c'est auprès des grandes entreprises que Sébastien Lecornu pense les trouver. Au grand dame du patronat.
[00:03:21] Speaker 2: Oui, le patronat qui s'émeut beaucoup de ce nouveau projet, de ces dernières annonces, avec notamment la surtaxe d'impôts sur les sociétés, qui est un impôt sur les bénéfices des 300 plus grandes entreprises, celles qui réalisent plus d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires chaque année. Ça devrait créer un rendement de 8 milliards d'euros en 2026. C'est à peu près ce que ça avait rapporté en 2025, car cet impôt, il est né l'année dernière. Il touche principalement les entreprises du luxe et les banques. Il n'était pas censé être reconduit. Et finalement, c'est la solution qui a été retenue. Entrer dans les clous de ce déficit réduit à 5%, sans augmenter la fiscalité des ménages. Il n'est d'ailleurs pas impossible qu'elle soit reconduite également les années suivantes, parce que l'objectif de l'exécutif, c'est de revenir à un déficit public inférieur à 3%, dans les clous de ce qui a été décidé par Bruxelles il y a fort longtemps. Et ça, ça ne devrait pas arriver avant 2029. Autre mesure qui fâche le patronat, c'est la CVAE, la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, un impôt de production. Sa disparition est annoncée depuis 2022, et devrait avoir lieu avant la fin du quinquennat. Mais bien, en tout cas, cette CVAE ne baissera pas en 2026, alors que c'était un engagement dans le budget initial. Ce sont des mesures qui cassent la confiance du patronat, estiment en tout cas le MEDEF et la CPME. Le patron du MEDEF, Patrick Martin, comparait d'ailleurs sur X la France du chef Bocuse à celle de Sébastien Lecornu. Je le cite, ça, c'était de la grande cuisine, celle qui plaçait la France en haut du podium mondial, pas celle politicienne qui, pour fléter l'opinion avec ça, accable les entreprises. Il va tous nous reléguer dans les profondeurs du classement, pouvoir d'achat, innovation, compétitivité. Il estime en effet que l'argent qui sera pris aux entreprises ne sera pas versé bien, par exemple, pour l'innovation, et que ça, ça va mettre la France en retard. Et puis du côté de la CPME, c'est pas tout à fait les mêmes engagements, puisque les petites entreprises ne sont pas visées par cet impôt supplémentaire, cette surtaxe supplémentaire. En revanche, beaucoup de PME ou d'entreprises de taille intermédiaire sont des sous-traitantes des grands groupes, et ça, ça pourrait leur retomber dessus, estime son dirigeant, Amir Reza Tofigi.
[00:05:19] Speaker 1: Merci Laure, c'était l'explication du budget 2026 pour la France, qui n'est pas encore adopté d'ailleurs. C'est peut-être le début d'ailleurs, la parcours du combattant.
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