France’s Homelessness Crisis: Lives on the Street (Full Transcript)

A look at rising homelessness in France through Valérie and Romain, and how shelters and donors support health, dignity, and reintegration.
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[00:00:00] Speaker 1: ... C'est une urgence nationale, souvent oubliée. En France, des centaines de personnes meurent chaque année dans la rue.

[00:00:24] Speaker 2: Les rencontres, l'alcool, la drogue... Voilà, je suis passé par des mauvais moments.

[00:00:35] Speaker 3: Je pensais m'en sortir tout de suite. Je pensais pas que ça aurait été aussi dur.

[00:00:42] Speaker 1: Des femmes, des hommes, mais aussi des enfants qui vivent en marge de la société.

[00:00:48] Speaker 4: À la rue, ils développent des craintes, des peurs, des limites qui font qu'ils perdent confiance en eux et dans les autres.

[00:00:58] Speaker 1: Les associations tirent la sonnette d'alarme et appellent à la solidarité. ... Valérie aime venir à la Porte d'Orléans, au sud de Paris. ... Ici, elle connaît toutes les rues, les cafés, les jardins. Elle les arpente inlassablement.

[00:01:35] Speaker 3: Je lis et je regarde la nature. J'écoute les oiseaux et je regarde les enfants jouer. Et les entendre rire, c'est... C'est là où je reprends ma source. Voilà. C'est ma liberté à moi, les parcs.

[00:01:53] Speaker 1: ... Valérie est sans domicile fixe. Après un divorce et le décès de ses parents, elle se retrouve seule, en situation de précarité, à l'âge de 60 ans.

[00:02:13] Speaker 3: Après le Covid, on a racheté notre société, moi-même aussi, hein. Mais j'ai donné ma niaque. Et, bah, au bout d'un moment, bah, on est fatigué. On est fatigué, donc j'ai eu un arrêt de travail, deux arrêts de travail. Et après, un jour, personne ne me prenait de mes nouvelles, plus de 30 ans de boîte. Je me suis dit, mais pourquoi tu y vas ? Donc, je n'ai pas envoyé d'arrêt de travail, j'ai rien fait du tout. Et j'ai reçu un courrier, plus d'un mois après, en disant, pas de nouvelles, pas d'arrêt de travail, donnez-nous de vos nouvelles, sinon, c'est abandon de poste. Eh ben, j'ai répondu en lettres recommandées. J'accepte le terme abandon.

[00:02:52] Speaker 1: Pour Valérie, c'est le point de bascule. Sans ressources financières, elle ne paye plus son loyer.

[00:03:02] Speaker 3: Un vendredi, en juin, vous arrivez chez vous à plus de 22... Il était quoi ? 20h30. Et là, vous avez... Vous voyez que c'est plus votre serrure. Vous voyez que vous avez un papier plié, quand même, hein, en disant... Vous n'avez plus le droit de rentrer, vous êtes expulsé, sinon, vous avez le droit à une amende. Et un vendredi soir, qu'est-ce que vous voulez faire ? Vous n'avez plus rien. Je me retrouve dans la rue avec mon sac. En me disant, mais qu'est-ce que je fais ?

[00:03:37] Speaker 1: En France, le nombre de SDF a doublé en 10 ans. Aujourd'hui, il serait près de 350 000. Romain a lui aussi vécu dans la rue pendant 2 ans. A la suite d'une séparation, il a perdu son logement, puis son travail, pour finir dans une tente avec sa chienne Marley.

[00:04:07] Speaker 2: Quand on dort dans une tente, il y a... La nuit, quand on dort, il peut y avoir des gens qui se promènent. Eh ben, elles me prévenaient. Elles me prévenaient si... Elles grognaient s'il y avait des... S'il y avait des gens qui rôdaient autour de ma tente. J'ai... Voilà, c'est... Et puis ça... C'est une compétence. C'est une compagnie, c'est une présence. Et puis j'étais sûr avec elle qu'il pouvait rien m'arriver.

[00:04:29] Speaker 1: Problème, les structures d'accueil ont longtemps refusé d'accueillir les chiens des sans-abri, jusqu'aux Jeux de Paris 2024.

[00:04:37] Speaker 2: Il y a une association qui est venue me voir, qui s'appelle les Enfants du Canal, qui venait me voir à la tente. Et quand il y a eu les Jeux olympiques, comme ils voulaient plus de SDF dehors, eh ben, ils ont trouvé une solution avec mon chien, parce que, de toute façon, il était hors de question, que je me débarrasse du chien. Et donc, ils ont fait... Ils ont secoué toutes les portes pour que j'arrive ici.

[00:05:01] Speaker 1: Ce foyer, c'est la Mide Pain, une association de quartiers qui accueille tous les jours près de 1 500 personnes dans ces différentes structures.

[00:05:12] Speaker 4: Ici, à la Mide Pain, nous attachons à beaucoup d'importance, à accueillir chaque personne comme une personne unique. Nous avons beaucoup de... de personnes qui ont plus de 40, 50 ans, qui ont des longs parcours de rue. Ça peut être quelques années, mais quelquefois, c'est en dizaines d'années. Des personnes qui restent à la rue aussi longtemps, ce sont des personnes qui s'éloignent des codes de la société habituelle. Donc, il y a ce travail à faire avec eux, qu'il... de les rejoindre là où ils sont et de les amener à revivre en collectivité, avec les règles du bien vivre ensemble. Alors, un pantalon de...

[00:05:52] Speaker 1: L'association est financée à 70 % par les pouvoirs publics, mais elle compte aussi sur les mécènes et les donateurs.

[00:06:00] Speaker 5: C'est quoi, un petit truc ?

[00:06:01] Speaker 4: La Mide Pain, chaque année, collecte 5 millions de dons. C'est extrêmement important parce que dans la différence que l'on va pouvoir faire, par exemple, de pouvoir avoir un infirmier qui va accompagner les personnes qui ont des maladies chroniques, eh bien, ça, c'est payé exclusivement par les dons. Le fait que dans chaque structure, il y ait une permanence, un psychologue qui va pouvoir accompagner le renforcement du nombre de personnes présentes autour des sans-abris, ce sont les dons.

[00:06:32] Speaker 2: Un peu mal aux dents.

[00:06:33] Speaker 5: Un peu mal aux dents. Et est-ce que t'as vu avec Katia pour un rendez-vous chez le dentiste ?

[00:06:37] Speaker 2: Oui, ça y est, j'ai pris rendez-vous sur Doctolib, mais c'est la semaine prochaine.

[00:06:43] Speaker 1: Selon un rapport récent, les SDF ont une espérance de vie de 30 ans inférieure à la population générale.

[00:06:52] Speaker 2: Encore un an à la rue, je pense que j'aurais lâché l'affaire. J'aurais sombré. Les rencontres, l'alcool, la drogue, voilà, je suis passé par des mauvais moments et ça aurait pu être pire. Et je pense que si j'avais pas là, ici, et mes enfants, je pense que, bah, peut-être mort ou alors pas loin, quoi. Mais en fait, je me suis senti bien. Est-ce que ?

[00:07:22] Speaker 1: Est-ce que je devais avoir des premières signes ?

[00:07:25] Speaker 3: Le 1er 23h25 ça va. Voilà, moi je prends celui-là d'une heure du matin.

[00:07:33] Speaker 1: Valérie, elle, n'a pas encore retrouvé d'adresse. Des mois qu'elle tente de s'en sortir sans faire la manche ni appeler au secours. On se retrouve seule au monde.

[00:07:48] Speaker 3: Et puis on a aussi notre dignité. C'est comme aller voir, chercher de l'aide. On ne peut pas. Parce qu'au départ, on se dit, mais pourquoi je vais chercher de l'aide ? Puis je vais m'en sortir, quoi. Je pensais m'en sortir tout de suite. Je ne pensais pas que ça aurait été aussi dur. Le bus et le voyage, c'est comme ça que je passe mes journées à mes vallées. Peut-être pour oublier ce que je vis.

[00:08:43] Speaker 1: Ce jour-là, Valérie rejoint l'Arche d'Avenir, un accueil de jour pour hommes et femmes, où elle a ses habitudes.

[00:08:52] Speaker 3: A tout à l'heure. Ça va, tu vas bien ?

[00:09:00] Speaker 2: Oui, ça va, ça fait longtemps.

[00:09:02] Speaker 3: Oui, mais t'inquiète, tu vas bien. Comment tu vas ? Ça fait plaisir.

[00:09:14] Speaker 1: Dans ce foyer mixte, les femmes ont un espace dédié où elles peuvent souffler en toute sécurité.

[00:09:22] Speaker 6: Ici, c'est le dortoir. C'est là où on se repose de l'ouverture jusqu'à midi et même l'après-midi. Pour moi, personnellement, je trouve ça au top. C'est vraiment une salle niée au repos.

[00:09:47] Speaker 2: Ça, c'est les cadeaux d'anniversaire pour ma fille pour demain. Et en fait, tu m'apprends. On prête à les emballer, justement. J'ai acheté le papier cadeau et tout à l'heure, je vais les emballer. Le gros cadeau, c'est pour elle et le petit cadeau, c'est pour la grande parce qu'il y a toujours un cadeau pour la deuxième. Et il y a même le cadeau pour Marley aussi.

[00:10:09] Speaker 1: À la Mide Pain, Romain travaille ses dossiers avec l'assistante sociale, Katia.

[00:10:16] Speaker 2: Je veux qu'on ouvre plus de droits pour les filles. Et je veux qu'elles demandent qu'on m'accorde des demi-journées au moins. Que je puisse sortir avec les filles, les emmener au musée. Peut-être même qu'on m'accorde d'aller les chercher à l'école ou quoi.

[00:10:34] Speaker 1: Objectif pour Romain désormais, la réinsertion.

[00:10:39] Speaker 2: Maintenant, j'ai repris du travail, donc la vie à la plateforme. Je rentre pour dormir, je me lève le matin pour aller au travail. En fait, c'est presque un retour à la vie. Merci Katia, bonne journée. Merci à vous. Pour la suite, j'attends que l'assistante sociale m'aide à retrouver un logement ou une pension de famille pour pouvoir commencer à réaccueillir mes enfants. Pouvoir revivre avec elles. L'objectif principal, c'est vraiment revivre avec mes filles. J'ai que ça comme projet.

[00:11:18] Speaker 1: C'est ça. C'est ça. C'est ça. C'est ça. C'est ça. C'est ça. C'est ça. C'est ça. L'après-midi, il est l'heure de quitter le foyer pour Valérie et tous ses compagnons de l'Arche.

[00:11:28] Speaker 3: Je suis comme eux, je suis dans la rue. Ils savent ce que je vis. Et c'est ça l'important, c'est qu'on n'a pas les mêmes mots, on a les mêmes besoins. Un lien social, on n'est pas invisibles. Il faut rester positif, il y a toujours un rayon de soleil dans la journée. Voilà, c'est tout ce que j'ai à vous dire et tenez bon, on va y arriver.

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Arow Summary
The transcript highlights homelessness as a national emergency in France, where hundreds die on the streets each year and the homeless population has doubled in a decade to an estimated 350,000. It follows Valérie, 60, who becomes homeless after divorce, bereavement, and job loss leading to rent arrears and eviction, and who struggles to seek help while trying to preserve her dignity. It also follows Romain, who lived in a tent with his dog Marley after separation and job loss; he describes how his dog provided safety and companionship and how Olympics-related pressure led to solutions for accommodating pets in shelters. Associations like La Mie de Pain and l’Arche d’Avenir provide day reception, health and psychological support, social work, and reintegration help, funded largely by public money but reliant on donations for key services such as nurses and psychologists. The piece underscores severe health impacts, including a 30-year lower life expectancy for people living on the street, and stresses the importance of solidarity, tailored support, and social links to restore stability and reintegration.
Arow Title
Homelessness in France: Stories of Valérie and Romain
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Arow Key Takeaways
  • Homelessness in France is rising sharply, with an estimated 350,000 people affected and hundreds dying annually on the streets.
  • Pathways into homelessness can be rapid, triggered by divorce, bereavement, job loss, and administrative breakdowns leading to eviction.
  • Living on the street erodes confidence and social trust; dignity can prevent people from seeking help early.
  • Companionship (including pets) can be critical for safety and emotional survival; pet-friendly accommodation remains a barrier but is improving.
  • NGOs and shelters provide essential services beyond beds—healthcare, psychological support, and social reintegration—often funded by donations.
  • People experiencing homelessness have dramatically reduced life expectancy, underscoring the need for urgent, coordinated public and community action.
  • Reintegration commonly centers on restoring rights, stable housing, and family connections, as shown by Romain’s goal of reuniting with his children.
Arow Sentiments
Negative: The tone is largely somber and urgent, emphasizing death on the streets, loss of housing and work, isolation, and reduced life expectancy, while also containing cautious hope through supportive associations and reintegration efforts.
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