[00:00:00] Speaker 1: Avec Cécile Coquet, mon coco, professeure de civilisation américaine à l'université Versailles, 50 ans. Yveline, bonsoir à vous, merci d'être là. On peut dire qu'il y avait une atmosphère particulière à ces Grammy Awards hier ?
[00:00:13] Speaker 2: C'était assez attendu qu'il y ait des réactions des stars. Il y avait eu déjà plusieurs personnes qui avaient élevé la voix, notamment des sportifs, dont Victor Wemanyama. Donc c'était assez prévisible, effectivement.
[00:00:25] Speaker 1: C'était prévisible, mais très différent de l'année dernière, par exemple, où effectivement, là, tout le monde attendait de voir un petit peu, non ?
[00:00:31] Speaker 2: Oui, mais il y a effectivement toute la question de savoir si on va payer un prix financier qui ne se pose plus vraiment là de la même façon, puisqu'on a quand même des sondages qui sont assez clairs, s'agissant d'une opinion publique plus large.
[00:00:47] Speaker 1: Donc, effectivement, quand Bad Bunny, qui a pris position, on l'a vu, un contrat, et s'il a parlé aussi espagnol, il n'était pas le seul. Ces artistes prennent, vous l'avez dit, de plus en plus la part... Carole, de plus en plus, position contre Ice. Quel est l'impact ? Parce qu'on sait que les artistes sont d'une manière générale, en général, démocrates, même si une partie, on suit aussi Donald Trump, mais la plupart sont démocrates. Mais est-ce qu'il y a quelque chose de nouveau, cette année ?
[00:01:10] Speaker 2: Je ne pense pas qu'il y ait vraiment quelque chose de nouveau, ni que ça ait un impact sur l'opinion publique, par rapport à des sujets qui sont vraiment lourds, comme le pouvoir d'achat et l'économie.
[00:01:21] Speaker 1: En revanche, ça aurait un impact, justement, contre Ice, sur l'opinion, à votre avis.
[00:01:28] Speaker 2: Je pense que l'opinion n'a pas besoin de savoir ce que pensent les stars. Mais elles le font, donc elles pensent que ça a un impact. Elles s'engagent. Je pense qu'elles se verraient mal n'avoir aucune réaction, parce que là, maintenant, c'est vraiment du sursaut citoyen qu'il est question. Et en tant que citoyenne américaine, Bad Bunny est portoricain, donc c'est une situation qui est encore bien particulière, puisque Porto Rico est une colonie, concrètement. Mais je pense qu'il y a vraiment une... une façon de dire qu'ils ne peuvent pas rester sans rien dire. D'autant plus que les membres du Congrès sont très, très pusillanimes.
[00:02:06] Speaker 1: Et donc, du coup, ça les a incités à être encore plus vociférants. Donald Trump a menacé de poursuites judiciaires l'humoriste Trevor Noah, qui était l'animateur de la soirée. Il a déclaré, à tort, je cite Trump, à mon sujet, que Trump et Bill Clinton avaient passé du temps sur l'île d'Epstein. C'est faux. Ça, c'est ce qu'il a écrit sur Truth Social. Et il va, effectivement, le poursuivre. Est-ce que... Qu'est-ce qu'il risque, finalement, Trevor Noah ? Il a pris un risque. Oui, mais Trump...
[00:02:37] Speaker 2: Il a dit qu'il lui restait qu'une année et que, finalement, il était content de le prendre. Oui, effectivement. C'est aussi une façon de montrer qu'on n'a pas peur de Trump, qui est connu pour poursuivre en justice énormément de gens, en fait. Donc, Trevor Noah est aussi un humoriste qui répète... Il répète assez souvent qu'il ne vient pas des États-Unis, qu'il vient d'Afrique du Sud et qu'il peut se permettre d'être critique vis-à-vis de la politique américaine, aussi parce qu'il a vécu d'autres systèmes.
[00:03:07] Speaker 1: On sait que nombreux Latinos avaient voté pour Donald Trump. Est-ce que, justement, une réaction comme celle du rappeur Bad Bunny de Porto Rico, est-ce que ça a un impact sur l'électorat latino ? Est-ce qu'on a l'impression, en plus, qu'il risque de ne pas voter républicain lors des élections de mi-mandat ?
[00:03:22] Speaker 2: Alors, effectivement, il y avait eu 48% des Latinos, enfin, des personnes qui se définissent, il faut bien le préciser de cette façon-là, qui avaient apporté leur suffrage à Donald Trump en 2024. Mais aujourd'hui, plus que Bad Bunny, c'est plutôt l'inquiétude économique qui, vraiment, les rend très critiques vis-à-vis de l'administration Trump et de sa politique et économique, parce que les tarifs douaniers ont un impact assez énorme sur les petites et moyennes entreprises, mais aussi les très petites entreprises. Et de nombreuses personnes d'origine hispanique sont à la tête, tous ces petites entreprises. Et là, on a pratiquement 68% à 70%, selon les sondages, de personnes qui estiment qu'elles sont moins bien financièrement et économiquement qu'il y a un an. Donc, il y a un grand détournement.
[00:04:13] Speaker 1: Oui, une grande déception, exactement. À l'égard de Trump, avec cette affordability, c'est-à-dire ce pouvoir d'achat qui revient en ce moment aux États-Unis, comme c'était le cas au moment de l'élection de Trump face à Biden.
[00:04:25] Speaker 2: Exactement, et pour les mêmes raisons. Et on ajoute à cela que... 52% de ces électeurs ont peur maintenant de voir quelqu'un qu'ils aiment, quelqu'un à qui ils tiennent, se faire expulser du pays. Et là, on est face à des problématiques un peu de naïveté de certains électeurs qui croyaient de bonne foi que Dieu ne laisserait pas faire ça, qu'effectivement, le gouvernement Trump allait juste expulser des criminels endurcis, mais pas des gens bien qui travaillent, alors que, très clairement, pour atteindre le genre de chiffres que Trump promet, il faut expulser absolument n'importe qui.
[00:04:57] Speaker 1: La réalité a dégringolé depuis, justement, la mort de l'infirmier à Minneapolis, Donald Trump. Il sent un peu le vent tourner.
[00:05:06] Speaker 2: Je ne sais pas s'il le sent tourner ou s'il va continuer à foncer dans la même direction. Je pense qu'il va se débarrasser de certains fusibles. On a déjà vu son chef de la police des frontières, Greg Bovino, qui a été un peu démis de ses fonctions et renvoyé plus du côté de la frontière mexicaine. Mais ça va commencer à être plus compliqué de continuer à soutenir, par exemple, Christine Nome. Et la patronne de la Sécurité intérieure. Oui, voilà. Et Stephen Miller, son conseiller sur l'immigration, qui commence à se faire attaquer par les sénateurs républicains, qui, comme Trevor Noah, n'en ont plus un peu plus rien à faire, puisqu'ils ne se représentent pas pour des élections sénatoriales, mais qui peuvent avoir des ambitions présidentielles.
[00:05:51] Speaker 1: Merci beaucoup, Cécile Kokemokoko. Et justement, on va voir celui dont le sort avait ému une partie de l'Amérique, Liam, de 5 ans arrêté par ICE, qui a finalement été libéré avec son père, deux semaines après leur arrestation. Luc Lacroix.
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