Groenland : Moscou raille l’OTAN et l’Europe (Full Transcript)

La propagande russe instrumentalise les propos de Trump sur le Groenland, tout en poursuivant la guerre énergétique contre l’Ukraine.
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[00:00:00] Speaker 1: Générique Bienvenue dans Vue de Russie, le magazine hebdomadaire qui analyse la propagande de Poutine sur fonds de guerre en Ukraine avec Elena Voloshin. Bonjour Elena. Bonjour Stéphanie. Après sa rencontre hier avec le secrétaire général de l'OTAN Marc Routteux à Davos, Trump a affirmé qu'il ne prendrait pas le Groenland par la force et qu'il renonçait à imposer des droits de douane supplémentaires aux Européens qui condamnaient son projet d'annexion de l'autonomie danoise. Les Européens restent prudents, la Russie elle est attentiste.

[00:00:30] Speaker 2: Oui alors que Trump n'a cessé de répéter ces dernières semaines que si les Etats-Unis ne s'emparaient pas de l'île, la Chine ou la Russie le feraient. Donald Trump a semblé donc rétro-pédaler. Hier après sa rencontre avec Marc Routteux, les deux dirigeants ont annoncé avoir trouvé un accord pour renforcer la présence de l'OTAN dans l'Arctique. Voilà qui a priori n'a pas de quoi réjouir Vladimir Poutine. Le président russe ne cesse d'agiter le rapprochement de l'OTAN en Europe comme une menace existentielle pour la Russie. Pourtant, loin de condamner les ambitions de Donald Trump, hier matin, Poutine plaisantait encore et semblait trouver l'idée de Trump de s'emparer de l'autonomie danoise pas si mauvaise. Écoutez.

[00:01:12] Speaker 3: En 1917, le Danemark a déjà vendu les îles Vierges aux Etats-Unis. Donc ce précédent, lui aussi. Il n'y a pas de problème. Il existe déjà. À ce propos, le Danemark a toujours considéré le Groenland comme sa colonie et l'a toujours traité avec dureté et même avec cruauté. Mais bon, c'est une autre histoire. Ça n'intéresse plus personne maintenant. En tout cas, ce n'est vraiment pas notre affaire. Je pense qu'ils se débrouilleront bien entre eux.

[00:01:44] Speaker 1: Poutine, on l'a entendu, a dit que le Danemark a toujours traité le Groenland avec cruauté. Et pourtant, selon un récent sondage, 85% des habitants... 80% des habitants du Groenland ne veulent pas sortir du Groenland pour être du Danemark. 80% des habitants du Danemark, pas du Groenland, vous dites ? Non, 85% des habitants de l'île ne veulent pas sortir du Danemark pour être rattachés aux Etats-Unis. Oui, bien sûr, ne veulent pas.

[00:02:04] Speaker 2: Exactement.

[00:02:05] Speaker 1: On s'en met les pinceaux avec tout ça.

[00:02:07] Speaker 2: Ils ne veulent pas sortir du Danemark pour être rattachés aux Etats-Unis. Et le propos de Vladimir Poutine qu'on a entendu, en tout cas, est purement cynique. Tout comme lui, l'establishment russe s'en donne à cœur joie pour tourner en dérision une situation qui semble critique pour l'OTAN et pour les Européens. Face à un Donald Trump toujours aussi débridé pour le président américain, le droit international n'est pas prioritaire. Et ça, ça plaît au régime de Vladimir Poutine. Lundi, justement, le porte-parole de Poutine, Dmitri Peskov, réagissait à l'ambition de Donald Trump d'annexer le Groenland.

[00:02:38] Speaker 4: Écoutez. Il ne s'agit pas de savoir si c'est bien ou si c'est mal, si c'est conforme aux règles du droit international ou non. Certains experts internationaux estiment qu'en ayant résolu... ...le problème du rattachement du Groenland, Trump entrera sans nul doute dans l'histoire. Pas uniquement dans celle des Etats-Unis, mais dans l'histoire mondiale. Indépendamment de savoir si c'est bien ou pas, il est difficile de ne pas être d'accord avec ces experts.

[00:03:09] Speaker 2: Alors, on peut s'arrêter sur les éléments de langage. Peskov parle de problème de rattachement du Groenland comme s'il en existait un avant que Trump ne le dise. Il parle d'ailleurs de rattachement et non pas d'annexion. Tout ça n'est évidemment pas... Sans rappeler l'attitude de Vladimir Poutine en 2014, lorsque il faisait fi du droit international. Il annexait alors militairement la Crimée, tout en parlant là aussi de rattachement. Mais, différence fondamentale, le président américain, lui, ne cache pas ses ambitions et ses objectifs. Alors qu'à l'époque, Vladimir Poutine démentait jusqu'après l'annexion le fait que son armée avait été à la manœuvre. Il n'empêche que les deux dirigeants estiment que tous les moyens sont bons pour assouvir leurs appétits de conquête territoriale et rebattre l'écart du monde. Poutine, quant à lui, il vise... Explicitement, désormais, le démantèlement de l'OTAN et de l'UE. Et sa propagande l'est prédit d'ailleurs déjà l'envoyé spécial au Groenland de la chaîne de télévision publique Rossia 1. En guise de reportage, elle envoie des pamphlets prémonitoires. Vous allez l'entendre dans un extrait diffusé le 17 janvier.

[00:04:12] Speaker 5: Cette île dans l'Atlantique Nord pourrait bien devenir le tombeau de l'alliance de l'Atlantique Nord. Quand l'OTAN attaque l'OTAN, ce n'est plus de la défense, c'est la guerre. Et dans ce conflit entre les Etats-Unis et l'Europe, le Groenland n'est que la partie émergée de l'iceberg.

[00:04:26] Speaker 2: Quelques jours plus tard, l'envoyé spécial de la chaîne NTV à Davos n'était pas en reste. Écoutez.

[00:04:34] Speaker 6: Dans la station de sport d'hiver suisse de Davos, l'humeur n'est pas au sport d'hiver. L'Europe dévale la pente mais n'y prend aucun plaisir. Un sportif de haut niveau aurait sans doute su éviter les obstacles disséminés par Trump, mais l'Europe dégringole au pied de la montagne en sifflant comme une cafetière. C'est un chèque.

[00:04:50] Speaker 2: La fête jointe du parti au pouvoir russie-uni Andrei Esaïev, lui, prédit depuis longtemps la chute de l'Occident, dit collectif selon la rhétorique russe, depuis la rupture de Trump avec ses alliés européens. Il se réjouit comme ce lundi, vous allez l'entendre sur le plateau de 60 minutes sur la chaîne de télévision Rossia 1.

[00:05:12] Speaker 3: C'est quoi Davos ? C'était des requins du globalisme libéral qui se rassemblaient pour faire la fête, boire, fumer des cigares et se féliciter du fait qu'ils dirigeaient le monde. Ces dernières années, ils avaient en plus un agenda russophobe. Mais pour la première fois, ils n'auront plus qu'un seul agenda, sauver leur peau. Leur monde s'effondre. Je pense que les Etats-Unis ne reculeront pas.

[00:05:37] Speaker 7: Cela signifie que les dirigeants globalistes actuels de l'Union européenne seront humiliés et piétinés publiquement.

[00:05:46] Speaker 3: Et leur chute, que les Américains favorisent depuis le discours, à la conférence de Munich, se rapproche de plus en plus.

[00:05:53] Speaker 1: Ce député russe prédit la chute prochaine des dirigeants européens qui s'opposent à la Russie en soutenant l'Ukraine. Et pendant ce temps-là, l'armée russe continue de bombarder le pays.

[00:06:05] Speaker 2: Oui, arrivé aujourd'hui à Davos, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé la Russie de vouloir faire mourir les Ukrainiens de froid. Près de 60% de la capitale ukrainienne est privée d'électricité à cause des frappes russes, alors que les températures vont jusqu'ici. Jusqu'à moins 15 degrés par cet hiver. Mais la propagande russe continue depuis presque 4 ans de guerre à grande échelle d'accuser Zelensky lui-même d'être coupable de cette situation. Écoutez un extrait d'un podcast diffusé hier sur les plateformes de la radio et télévision publique russe.

[00:06:38] Speaker 8: Avec nous, Evgeny Podoubny, un reporter de guerre brillant, un héros de la Russie. Quelles sont tes observations ? Le régime de Kiev fait tout pour plonger son pays dans l'âge de pierre.

[00:06:51] Speaker 3: Les frappes terroristes du régime de Kiev sur nos infrastructures civiles finiront par priver totalement l'Ukraine d'énergie.

[00:06:58] Speaker 7: Notre ennemi continue de nous provoquer.

[00:07:04] Speaker 2: Vladimir Poutine n'a pas renoncé à ses buts de guerre. Volodymyr Zelensky, lui, ne renonce pas à convaincre Donald Trump du fait qu'il faille à tout prix continuer de soutenir l'Ukraine lors de sa rencontre. Avec le président américain aujourd'hui, il dit être parvenu à un accord sur des garanties de sécurité pour son pays, même si la situation des territoires envahis par la Russie n'est toujours pas résolue.

[00:07:26] Speaker 1: Merci Héléna Voloshyn pour Vue de Russie et à la semaine prochaine.

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Arow Summary
Dans ce segment de « Vue de Russie », les intervenants analysent la manière dont la propagande russe exploite les déclarations de Donald Trump sur une possible prise de contrôle du Groenland. Après une rencontre Trump–OTAN à Davos, Trump affirme ne pas vouloir prendre le Groenland par la force et évoque un accord pour renforcer la présence de l’OTAN dans l’Arctique, ce qui devrait déplaire à Moscou. Pourtant, Vladimir Poutine et son entourage adoptent un ton cynique, relativisent le droit international et utilisent le vocabulaire de « rattachement » plutôt que « annexion », faisant écho à la Crimée en 2014. Les médias d’État russes présentent le Groenland comme un facteur de fracture interne à l’OTAN et se réjouissent d’une supposée humiliation prochaine des dirigeants européens. En parallèle, la discussion rappelle la réalité de la guerre : frappes russes sur l’infrastructure énergétique ukrainienne en plein hiver, tandis que la propagande accuse Kiev d’en être responsable. Zelensky, à Davos, tente de sécuriser des garanties de sécurité auprès de Trump malgré l’impasse sur les territoires occupés.
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La propagande russe tourne le Groenland en arme anti-OTAN
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Arow Key Takeaways
  • La Russie exploite les propos de Trump sur le Groenland pour souligner une prétendue fragilité et division de l’OTAN.
  • Les responsables russes emploient un lexique euphémisant (« rattachement ») et relativisent le droit international, en écho à la Crimée 2014.
  • Les médias d’État russes présentent le Groenland comme un possible catalyseur de conflit intra-occidental et d’effondrement des élites européennes.
  • En parallèle, la guerre en Ukraine se poursuit avec des attaques sur l’énergie, tandis que la propagande accuse Kiev de la crise qu’elle subit.
  • Zelensky cherche à obtenir des garanties de sécurité auprès de Trump, mais la question des territoires occupés reste non résolue.
Arow Sentiments
Negative: Ton global critique et inquiet : cynisme attribué au Kremlin, moqueries contre l’Europe, relativisation du droit international, et description de frappes sur l’Ukraine en hiver avec souffrances civiles.
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