[00:00:00] Speaker 1: Avec Audrey Racine. Bonjour Audrey. On retourne avec vous aux Etats-Unis. Il y a quelques jours, vous nous parliez de ce vortex polaire qui touchait la côte est. Désormais, ce sont les régions aussi du sud qui sont moins habituées au froid qui grelotte. Et vous nous disiez la semaine dernière que le réchauffement climatique était l'une des conséquences de ce vortex.
[00:00:24] Speaker 2: C'était l'une des pistes, en fait, de savoir si le réchauffement climatique avait eu une influence sur cette vague de froid. Et ce que je vous disais, c'est qu'il y avait une étude d'attribution qui était en cours. Et bien, cette étude d'attribution, elle vient d'être publiée. Et donc, cette étude, vous la voyez, elle émane de l'équipe du Climate Matter. Elle concerne donc la tempête d'il y a une dizaine de jours, mais elle est toujours valable pour l'épisode qu'on traverse en ce moment. Sans surprise, oui, cet épisode neigeux, vous le voyez sur le schéma de gauche, si vous parlez bien anglais, Strengthened by Climate Change, renforcée par le changement climatique, vous m'excuserez pour l'accent. Ces études, donc, elles prennent en compte plusieurs facteurs. Le volume de neige qui est tombé, la pression atmosphérique, la température au sol, la vitesse des vents. On va écouter l'un des auteurs de cette étude, le climatologue Davide Faranda, sur ses conclusions.
[00:01:14] Speaker 3: Le climat intervient de deux façons. La première, comme on peut l'imaginer, c'est qu'en fait, les émissions des gaz à effet de serre augmentent la température globale et rendent aussi ces vagues de froid plus chaudes. Bien sûr, il reste des vagues de froid avec même des records de température, mais nous, on trouve qu'on a des températures jusqu'à 5 degrés plus chaudes dans la vague de froid qui a frappé les Etats-Unis la semaine dernière. Donc ces températures plus chaudes au sol sont plus chaudes aussi dans l'atmosphère, ce qui veut dire que l'atmosphère peut contenir plus d'humidité. Donc cette humidité supplémentaire est disponible lorsque l'on a des conditions de basse pression qui peuvent produire des précipitations pour créer, dans ce cas, pas de la pluie, mais de la neige ou du verglas qui donc va être plus abondante dans cette zone avec jusqu'à plus de 20% de précipitations qui donc ont contribué à augmenter les impacts de la vague de froid et de neige aux Etats-Unis.
[00:02:22] Speaker 1: Donc la vague de froid aurait pu être plus froide, j'ai bien compris.
[00:02:25] Speaker 2: Oui, tout à fait. L'anomalie, vous l'avez entendu, est de 5 degrés de moyenne, c'est-à-dire que dans les mêmes conditions météorologiques, dans la période de référence étudiée par les scientifiques de 1950 à 1987, la même tempête aurait été de 5 degrés plus froide. Mais vous l'avez aussi entendu, il y aurait eu beaucoup moins de neige. Il y a plus 20% de neige dans l'épisode actuel, donc le ressenti forcément pour les gens est plus important aujourd'hui. Les perturbations dans les transports pour les villes sont aussi plus graves. Pour résumer, le réchauffement climatique rend moins intense et moins fréquente les vagues de froid, mais il ne les empêche pas. Et toujours ce chiffre que je vous rappelle constamment, plus 1 degré de réchauffement climatique, c'est une atmosphère qui va pouvoir contenir 7% d'humidité en plus et qui va donc retomber cette humidité en pluie ou en neige plus abondamment.
[00:03:16] Speaker 1: Et pourquoi c'est limité aux États-Unis seulement ?
[00:03:18] Speaker 2: Alors ça, c'est dû à la déstabilisation du vortex polaire. Je vous montre le schéma que je vous avais montré la semaine dernière, vous allez le voir. À gauche, c'est un vortex polaire stable contenu par un jet stream 4. Ça, c'est quand la différence de température autour de ce courant de jet est important en été, entre la chaleur de nos latitudes et le froid polaire. C'est toujours le contraste de ces températures qui renforce les vents, tous les vents. Or, en hiver, la température baisse dans les zones tempérées et donc ce courant jet va ralentir et il va se mettre à faire des ondulations comme vous le voyez à droite. Et donc, il va y avoir des possibilités de déstabilisation du vortex polaire, des descentes d'air polaire jusqu'à nos latitudes dans le creux de ces ondulations, mais un gros contraste avec les zones, vous le voyez, de remontée d'air chaud. Et encore une fois, on écoute David Faranda.
[00:04:05] Speaker 3: Quand on a un vortex polaire qui est déstabilisé, on a des zones où on a des remontées d'air chaud et d'autres où on a des descentes d'air froid. Donc, dans ce cas-là, c'est l'est des Etats-Unis qui subit la vague de froid. Moi, j'étais à Caltech en Californie la semaine dernière, on a eu jusqu'à 28 degrés Celsius à Los Angeles, donc une véritable vague de chaleur pour l'hiver. L'atmosphère s'est déstabilisée avec des ondes qui ont cette caractéristique de pousser la chaleur dans certaines zones et de faire descendre l'air froid dans d'autres zones en hiver. Pareil, en France, on avait vécu une vague de froid au début de l'année. Là, on est dans une situation qui est un peu intermédiaire, mais il y a des zones de l'Islande ou de la Groëland qui sont dans des phases très chaudes pour la période, et donc c'est une déstabilisation des vortex polaires à l'hémisphère nord qui produit ces conséquences qui sont assez différentes selon la zone géographique que l'on regarde. Merci beaucoup, Audrey, pour ces explications et à demain.
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