[00:00:00] Speaker 1: Mathieu Mabin, bonjour, on vous retrouve à Washington. Tout d'abord, qui compose ce Conseil de paix ? Bonjour. Et l'une des questions importantes, quelle est sa légitimité ?
[00:00:10] Speaker 2: Alors d'abord, il faut être clair, ce que Donald Trump appelle un Conseil de la paix n'est pas une organisation internationale au sens juridique du terme, évidemment. Ce n'est pas une institution dotée d'un traité fondateur, comme peuvent l'être évidemment les Nations Unies, ni d'une reconnaissance universelle, encore moins. On est sur une initiative politique, soyons parfaitement clairs, impulsée directement par la Maison-Blanche, une forme d'outil de politique étrangère. Dans sa composition, on retrouve principalement des États jugés pragmatiques. Ce sont les mots de Donald Trump, au premier rang desquels on trouve la Russie, par exemple. Des partenaires stratégiques des États-Unis, des pays alignés sur une lecture très sécuritaire des conflits et des acteurs disposant d'un poids militaire ou économique qui ne sont pas les mêmes que les États-Unis. L'idée n'est donc pas l'universalité, mais l'efficacité. C'est, encore une fois, tout à fait revendiqué par la Maison-Blanche. Il y a aussi, autour de ce noyau erratique, des envoyés spéciaux, des diplomates chevronnés, pour une part d'entre eux, même des anciens premiers ministres britanniques, parfois issus du secteur privé ou d'anciens responsables politiques. Des profils choisis pour leur capacité à négocier vite, à la manière de Donald Trump, hors des cadres, à la manière de Donald Trump, maintenant, sur la légitimité. Justement, Donald Trump assume une rupture. Ça, c'est parfaitement clair. Ce Conseil ne tire pas sa légitimité d'un vote ni d'un mandat international. Encore une fois, il la revendique par l'action et par la force. La capacité à obtenir des cessez-le-feu, des accords bilatéraux ou à débloquer des situations gelées, comme à Gaza. Évidemment, on ne peut pas penser à autre chose qu'à Gaza dans ce dossier. C'est une légitimité de résultat. Pas de principe. En résumé, ce Conseil repose moins sur le droit international, vous l'aurez compris, que sur le rapport de force. Encore une fois, l'influence américaine et la volonté de contourner ce que Trump considère comme l'impuissance des structures existantes en visant directement l'organisation des Nations Unies.
[00:02:13] Speaker 1: Et on l'a bien compris en vous entendant, Mathieu. Rien à voir, donc, avec les Nations Unies.
[00:02:21] Speaker 2: Non, la différence avec les Nations Unies est fondamentale, effectivement. On a déjà partiellement répondu à cette question. Elle est presque philosophique, d'ailleurs. L'ONU est bâtie sur un principe d'universalité. Encore une fois, tous les États y ont leur place avec un cadre juridique précis. Ça ne veut pas dire qu'ils sont égaux. Il y a bien ce Conseil de sécurité. Mais ce principe d'universalité est fondateur des Nations Unies. Des résolutions, des votes et un Conseil de sécurité structuré autour du droit international. Le Conseil de la paix voulu par Donald Trump, c'est exactement l'inverse, on l'a compris. Pas d'universalité, pas de procédure lourde, pas de veto formalisé en dehors de celui de Donald Trump. On sélectionne les acteurs jugés utiles et on avance. Deuxième différence majeure, la temporalité. L'ONU fonctionne sur le temps long. On l'a vu, on sait de quand datent les premières résolutions des Nations Unies et à quel point elles ont parfois tardé à être mises en œuvre, voire à quel point elles n'ont finalement jamais été mises en œuvre pour une part significative d'entre elles. La négociation, le compromis multilatéral, tout cela, c'est fini. Le Conseil de la paix, lui, s'inscrit dans l'urgence et l'efficacité immédiate. Encore une fois, régler un conflit, geler une ligne de front, sécuriser un corridor, parfois sans résoudre les causes profondes. Troisième point et l'ultime, la philosophie de l'intervention. Là où l'ONU met en avant le droit, les normes, la protection des populations, ce qui est fondamental, le Conseil de la paix met en avant la stabilité, même imparfaite, la paix à tout prix. L'objectif affiché n'est pas une paix juste et durable, mais une paix possible et surtout rapide.
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