[00:00:00] Speaker 1: Bienvenue dans ce Paris Direct qui se poursuit, un peu bouleversé aujourd'hui, on va s'arrêter sur les images emblématiques de la première année de Donald Trump, un second mandat du président américain qui a démarré en fanfare, c'est le moins que l'on puisse dire. C'est votre rendez-vous derrière l'image avec vous Sylvain Rousseau aujourd'hui. Bonjour Sylvain.
[00:00:17] Speaker 2: Bonjour Elisabeth, c'est vrai qu'on a connu des mandats de 4 ans qui étaient moins fournis que la première année de Donald Trump à la maison blanche.
[00:00:22] Speaker 1: Je disais tout à l'heure en introduction, un an déjà ou un an seulement parce qu'il reste encore au moins 3 années de mandature Trump. Alors c'est vrai qu'on a sélectionné les grands clichés, les grandes images emblématiques de ce deuxième second mandat. On va commencer avec une photo que vous avez choisie qui illustre l'arme favorite finalement de Donald Trump lorsqu'il négocie ses complètement d'actualité, ce sont les droits de douane.
[00:00:45] Speaker 2: Oui effectivement, la photo date du 2 avril, on s'en rappelle, c'est ce qu'il avait appelé le jour de la libération. Donald Trump sort son gros tableau et explique au monde entier que les Etats-Unis augmentent les droits de douane. Donc 3 colonnes à la une, le nom des pays, ce que l'administration américaine estime payer en taxes aujourd'hui à chaque pays et ce qu'elle compte imposer comme droits de douane en retour. Alors évidemment les chiffres, on l'avait dit à l'époque, sont plus ou moins incohérents, à commencer par les 39% de taxes que les Etats-Unis estiment payer à l'Europe. On est plus près même en comptant la TVA des 20%. Mais ça fonctionne puisque chacun négocie finalement avec Donald Trump. Les droits de douane augmentent partout, seule la Chine résiste dans un premier temps. Elle utilise les terres rares et les métaux critiques qui sont disponibles chez elle et pas aux Etats-Unis, des métaux nécessaires à l'industrie américaine. Les droits de douane s'envolent, personne ne cède, c'est monté jusqu'à 145%. Finalement la Chine obtient gain de cause, Donald Trump ne perd pas non plus la face et les droits de douane se stabilisent autour de 10%. Mais Donald Trump vient de trouver, vous l'avez dit, son arme économique favoritée. Il n'hésite pas à la réutiliser plus tard, contre l'Inde par exemple cet été, plus 25%. Pour les punir d'acheter du pétrole russe ou même contre certains pays européens, pas plus tard que cette semaine, en menaçant d'une augmentation de 10% de ses tarifs si les Européens ne lui laissent pas prendre possession du Groenland. Donc on sait que depuis son arrivée à la Maison-Blanche, Donald Trump a fait du Groenland sa cible privilégiée en termes de conquête territoriale en tout cas. Il passe désormais à l'action, là sur la fin de sa première année de mandat. L'objectif évidemment c'est de faire main basse sur le sous-sol groenlandais. Également il y a aussi tout l'aspect défense qui va... Il va avec et pour ça tous les moyens sont bons, y compris le chantage aux droits de douane, donc aux alliés, si tant est que Donald Trump est encore des alliés.
[00:02:28] Speaker 1: Effectivement, belle question qui est pour le moment d'actualité. Quel impact ont ces droits de douane aujourd'hui aux Etats-Unis ? Parce qu'on se concentre beaucoup sur sa politique internationale, un peu moins sur ce qui se passe en interne. Or il y a des choses à dire là aussi.
[00:02:39] Speaker 2: Oui effectivement, mais jusque là il y a assez peu d'effets réellement visibles de l'augmentation de ces droits de douane. Bien sûr les prix ont un petit peu augmenté, mais les entreprises américaines s'étaient préparées. C'est réellement en 2026. On va voir si cette opération est à ce point indolore pour l'économie américaine ou si vraiment ça plombe l'économie américaine. Jusque là l'inflation est plutôt contenue, 2,5% en 2025, la croissance plus élevée que prévue à 4,3%. En revanche, ces droits de douane ont été déclenchés sans l'aval du Congrès. Ils sont donc contestés en justice par plus de 1000 entreprises américaines et seront tranchés à partir d'aujourd'hui par la Cour suprême. C'est évidemment un verdict très attendu. On saura si cet organe essentiel... ... du fonctionnement des institutions aux Etats-Unis peut encore s'opposer à Donald Trump ou pas.
[00:03:24] Speaker 1: Alors, guerre tarifaire, méthode favorite de Donald Trump. Il y en a une autre aussi, peut-être un peu plus concrète sur le terrain, car Trump n'a pas hésité pendant cette année à utiliser la force.
[00:03:34] Speaker 2: Oui, effectivement, et on va le voir dans la prochaine photo, notamment en Iran. C'est effectivement l'usine d'enrichissement d'uranium de Fordo, en Iran, qui a été bombardée dans la nuit du 21 au 22 juin. On voit les trous dans la montagne, des bombes ultra-perforantes qui avaient été utilisées, qui avaient été construites spécialement, justement, pour ce site-là. Au total, ce sont trois sites nucléaires iraniens qui ont été bombardés. Le site nucléaire de Natanz, un site, le centre technologique et de recherche nucléaire disparant. Ce qui impressionne, en fait, dans ces bombardements. Il faut rappeler qu'on est... L'Israël et l'Iran sont en guerre à ce moment-là. Ils sont en train de se bombarder depuis une dizaine de jours. Donald Trump tape du poing sur la table, réellement. 125 avions. 126 avions mobilisés, dont 7 bombardiers furtifs B2 qui larguent 14 bombes pénétrantes sur ces sites nucléaires iraniens. Et plus que le résultat, c'est le fait que ces avions soient partis des Etats-Unis jusqu'en Iran. Donc, aller-retour sans avoir été détectés ni inquiétés à aucun moment et par qui que ce soit. Le message que Donald Trump envoie au monde, il est très clair. Il est... D'abord, c'est un message de fond. Il n'a aucune hésitation. Et ensuite, un message de forme. Aucune autre armée ne peut faire ça.
[00:04:45] Speaker 1: Donald Trump qui donne ses interventions à l'étranger. Il s'est arrêté au bombardement.
[00:04:50] Speaker 2: Non, beaucoup plus proche de nous. Six mois plus tard environ, on va le voir sur la photo. Donald Trump déclenche une opération militaire d'ampleur, là encore, au Venezuela, cette fois-ci. On voit sur cette photo Nicolas Maduro, le président, l'ancien président, maintenant, pas encore trop comment il faut l'appeler, vénézuélien, qui est donc menotté, les yeux bandés, dans un hélicoptère de l'armée américaine, en route pour les Etats-Unis, pour être tout simplement incarcéré et jugé pour trafic. Il n'y a pas de drogue, entre autres. Là encore, ce qui impressionne, c'est l'ampleur de cette opération. Le fait d'enlever un président dans sa résidence, en territoire ennemi. C'est aussi de se rendre compte que les dispositifs militaires achetés à la Chine et à la Russie par le Venezuela n'ont absolument pas fonctionné suffisamment pour empêcher cette opération d'exfiltration américaine. Donc, on doutait un petit peu de la puissance de feu américaine après le fiasco du départ de l'Afghanistan. Et le moins qu'on puisse dire. C'est grave avec ces deux opérations. Donald Trump a réaffirmé, en tout cas, la suprématie militaire américaine sur le reste du monde.
[00:05:55] Speaker 1: On vient de voir un Donald Trump, finalement, menaçant économiquement et militairement aussi, quand c'est nécessaire, à ses yeux. On l'a aussi remarqué cette année, humiliant. C'était le cas rien que ce matin, en divulguant les messages privés d'Emmanuel Macron.
[00:06:08] Speaker 2: Oui, effectivement. On a eu un nouvel exemple ce matin. L'exemple le plus frappant de cette volonté, de cette capacité d'humiliation de Donald Trump, une image qui a fait le tour du monde. Alors, peut-être plus la vidéo qu'une image qui a fait le tour du monde. C'est Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche, entre Donald Trump et J.D. Vance. Et cette photo est parlante. On voit Volodymyr Zelensky dans son habit militaire qu'il ne quittait pas jusque-là, depuis le début du conflit. Il n'est pas en costume, comme on serait en droit de l'attendre d'un président qui se rend dans le bureau ovale. Et on le voit réellement se faire sermonner par J.D. Vance. En anglais, on dit qu'il y a... Il y a le good cop et le bad cop, le gentil flic et le méchant flic. Alors, le gentil flic était manifestement malade, parce que là, c'était vraiment le méchant flic et le méchant flic. Et effectivement... Un guet-apens, certains auront dit. Oui, ça peut aussi s'appeler un guet-apens, effectivement, même si les échanges ont été cordiaux pendant les 30-40 premières minutes. Mais effectivement, on a vraiment l'impression à ce moment-là que Volodymyr Zelensky tombe dans un guet-apens. C'était le 28 février. C'est d'ailleurs à ce moment-là également que le bureau ovale se transforme en salle de presse. C'est une technique qui sera également beaucoup réutilisée par la suite. Par Donald Trump. Donc, ce que voulait faire Donald Trump à ce moment-là, évidemment, c'était expliquer, montrer au monde que c'était lui le patron, que c'était lui qui avait la main sur le processus de paix et qu'il avait la possibilité, effectivement, de tordre le bras à l'Ukraine. Si jamais il le souhaitait, il a quand même reproché à Volodymyr Zelensky de parier avec l'avenir du monde, avec la Troisième Guerre mondiale. Alors, depuis, les choses se sont un petit peu apaisées quand même entre les deux. Ils se sont rencontrés à plusieurs reprises. Il n'y a aucune réunion qui a atteint la tension de ce premier rendez-vous, même si, effectivement, rien n'a bougé en Ukraine. Le scénario est bien connu. Il est tourné en rond. Donald Trump s'emporte contre Vladimir Poutine. Poutine lui dit ce qu'il veut entendre. Le cajole pose sur la table des conditions inconcevables pour les Ukrainiens. Zelensky fait parfois un pas, comme dans l'acceptation d'élections ou encore la non-adhésion à l'OTAN. Il pose malgré tout ses lignes rouges, comme la cession de territoire, notamment. Trump s'en prend à l'intransigeance de Zelensky. Poutine bombarde l'Ukraine. Trump s'emporte contre Poutine. Et puis, on prend les mêmes et on recommence. Et ça tourne en boucle comme ça depuis un an. Je vous rappellerai quand même que Donald Trump avait promis de régler le conflit en 24 heures.
[00:08:17] Speaker 1: Un coup de téléphone.
[00:08:18] Speaker 2: C'est ça, un coup de téléphone. Mais en fait, l'Ukraine est maintenant un moyen pour Donald Trump de faire pression sur les Européens. Et là encore, ça marche. On l'a vu avec l'augmentation des dépenses militaires dans le cadre de l'OTAN, validées par tous les pays européens. Et maintenant, il est en train encore une fois d'utiliser cette méthode pour tenter de faire main basse contre le Groenland en utilisant l'Ukraine comme levier de pression, presque monnaie d'échange.
[00:08:40] Speaker 1: Vous nous avez trouvé une autre photo, photo suivante, ou plutôt cliché suivant, parce que ce n'est pas vraiment une photo. C'est un montage de l'IA qui a fait le tour. Le tour du monde, c'était en février dernier. Le sujet, évidemment, c'est Gaza.
[00:08:53] Speaker 2: Ah oui, effectivement, impossible de passer à côté de... Alors, pas de cette photo, effectivement, de cette image. Il s'agit évidemment d'une photo IA. Vous l'avez dit, il n'y a pas franchement besoin d'expliquer pourquoi. Je pense que c'est...
[00:09:04] Speaker 1: Trump à la plage à côté de Benjamin Netanyahou.
[00:09:06] Speaker 2: C'est assez clair sur les images de Donald Trump et Benjamin Netanyahou en slip sur un transat à Gaza. On n'y est pas encore. Et Gaza transformé en côte d'Azur, encore moins. Donc, effectivement, on avait tous vu. Cette vidéo, à ce moment-là, on l'avait trouvée irrisible et ridicule. Mais il n'en reste pas moins qu'il y a des choses à sortir de cette vidéo. Parce que, tout simplement, transformer Gaza en rivière, en côte d'Azur, c'est un vrai projet. Administrer et transformer cette bande de terre, c'est un vrai projet pour Donald Trump. Et ça revient d'ailleurs au cœur de l'actualité en ce moment. Puisque la première étape post-conflit était justement la création d'un conseil de la paix pour Gaza. Qui était censé, à l'origine, travailler sur... Le désarmement du Hamas, le retrait progressif des troupes israéliennes et le déploiement d'une force internationale de stabilisation. Mais on connaît la capacité de Donald Trump à voir les choses en grand. Donc, lui veut utiliser ça pour créer un organe concurrent des Nations Unies. Dont il serait le chef absolu et indéboulonnable. Avec droit de... Presque de vie et de mort, on pourrait dire, sur chacun des invités. À moins de payer un siège permanent à 1 milliard de dollars. Business toujours. Pour l'instant, il y a eu 60 chefs d'État qui ont été invités. Il y en a moins d'une dizaine. Il y en a une dizaine qui ont répondu positivement. Parmi eux, les Hongrois. Donc, Victor Orban, Milleilil Argentin et Yuka Tchenko, le Biélorus. Dites-moi qui sont vos amis, etc. La France, elle, a refusé. Le résultat de ce refus, vous en avez parlé. C'est justement la divulgation, l'humiliation pour Emmanuel Macron de voir des messages personnels et confidentiels diffusés. Et puis surtout, une nouvelle menace d'augmentation des droits de douane. On y revient toujours. Mais cette fois, à 200%. Sur certains produits français emblématiques.
[00:10:50] Speaker 1: Champagne et vin.
[00:10:51] Speaker 2: Champagne et vin. Avec Donald Trump qui dit, vous allez voir s'il ne va pas venir une fois qu'on aura mis 200% d'augmentation de droits de douane. Il n'en reste pas moins que l'intervention de Donald Trump dans ce conflit au Moyen-Orient a malgré tout été décisive. Dans l'autention d'un cessez-le-feu même extrêmement fragile. Dans le retour des otages israéliens. Et même si beaucoup de choses sont loin d'être réglées, cette intervention a permis à Donald Trump de s'imaginer un temps prix Nobel de la paix. Une obsession et visiblement un grand trauma. Un grand traumatisme puisqu'il y a encore quelques jours, il écrivait au président norvégien que ne l'ayant pas eu, il ne se sentait plus obligé de penser uniquement à la paix.
[00:11:24] Speaker 1: On va terminer avec un cliché parce que dans quelques instants, on va prendre la direction de Davos pour écouter Emmanuel Macron. La politique étrangère, c'est une chose qui se passe aussi en interne. Ça fait beaucoup parler. Vous nous parlez de l'Aïs et de cette photo emblématique là aussi.
[00:11:40] Speaker 2: Oui, effectivement. Le 7 janvier dernier à Minneapolis, la voiture de René Goud, le pare-brise perforé par des balles. Elle s'était opposée à cette police fédérale de l'immigration, l'Aïs, et donc elle a été abattue à bout portant dans sa voiture. Des centaines de manifestations dans tout le pays. Pour bien comprendre, l'Aïs, c'est le fer de lance de la politique anti-immigration de Donald Trump. Ce sont des agents qui sont habilités à interpeller, à détenir, à arrêter des personnes soupçonnées de séjour illégal aux Etats-Unis. Mais ils n'ont pas le droit de s'en prendre aux citoyens américains, sauf, et c'est là justement, tout l'enjeu dans des circonstances exceptionnelles, obstruction, agression d'agents notamment. C'est justement l'obstruction qui a été retenue contre René Goud pour expliquer ce geste. Donc Donald Trump leur donne pratiquement tous les pouvoirs. Le nombre d'arrestations a doublé en un an, 33 000 en septembre dernier. 53 000 personnes sont détenues dans leur propre centre, donc les centres de l'Aïs. Et il y en a près de 25 000, c'est une estimation, dans d'autres centres ou dans d'autres prisons. On parle de 340 à 400 000 expulsions en un an et un budget pour l'Aïs en hausse. C'est bien de 75 milliards de dollars.
[00:12:50] Speaker 1: Ah oui, quand même.
[00:12:51] Speaker 2: Donc la population critique évidemment les méthodes extrêmement violentes de cette police, de cette milice. On ne sait plus trop comment l'appeler, aussi bien méthode violente, aussi bien lors des arrestations qu'à l'intérieur de leur centre. La population se rebelle, s'organise, surveille, documente également leurs activités, porte plainte également devant les tribunaux. Et ces mouvements citoyens sont qualifiés de terrorisme intérieur par Donald Trump, qui n'hésite pas à déployer la garde nationale, c'est arrivé plusieurs fois dans l'année, dans les fiefs démocrates justement pour éteindre toute vélité de rébellion. C'était évidemment le cas autour de Minneapolis, mais c'est aussi le cas, ça a été aussi le cas en tout cas à Los Angeles, à Portland, à Chicago, à Washington, à Memphis aussi de mémoire. Donc en fait, ce que Donald Trump fait dans le monde, il le fait aussi chez lui. C'est un peu la même politique, mais il y a une différence de taille quand même entre ce qu'on peut faire à l'extérieur et ce qu'on fait à l'intérieur. C'est que les Américains dans leur pays, eh bien, ils votent. Leur président, le reste, la courbe de popularité de Donald Trump est donc inversement proportionnelle au budget alloué à l'ICE.
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