[00:00:00] Speaker 1: Sous pression et sous menace américaine, le président iranien semble tendre la main aux Américains. Il faut laisser une chance à la diplomatie, plaidé Massoud Pesachkian. Il en a d'ailleurs appelé à la Turquie et c'est justement à Istanbul qu'il a dépêché ce vendredi son chef de la diplomatie. On va tenter de comprendre comment interpréter ces déclarations, de manière plus générale, cette situation avec Bouhan Korp. Merci d'être là, Anne. Pour l'instant, ce qu'on voit, c'est que c'est le scénario d'une intervention américaine qui n'est pas écartée, mais dans le même temps, la diplomatie s'active. On le voit aujourd'hui encore en Turquie.
[00:00:32] Speaker 2: Oui, la Turquie qui partage une frontière avec l'Iran et qui a des relations diplomatiques avec Téhéran. Alors, Abbas Harakshi, le ministre des Affaires étrangères iranien qui est sur place, s'est dit prêt à reprendre des négociations avec les Etats-Unis, mais dans le même temps, il a exclu qu'elle porte sur les capacités de défense de l'Iran. Les Iraniens ne veulent pas non plus renoncer à l'enrichissement d'uranium. C'est un programme à des fins civiles. Or, Donald Trump veut non seulement anéantir les capacités nucléaires iraniennes, mais aussi le programme balistique du pays, et veut aussi que Téhéran cesse de soutenir ce qu'on appelle ses proxys dans la région, comme le Hezbollah libanais ou encore les Houthis au Yémen, un ensemble de conditions jugées inacceptables par l'Iran. Le ministre des Affaires étrangères iranien a cependant qualifié sa visite à Ankara, et ses contacts avec son homologue turc de utile et bon. Alors, il y a d'autres pays qui s'activent pour tenter de faire descendre la pression, notamment les pays du Golfe. Oman et le Qatar ont depuis le début des manifestations à Téhéran un canal de discussion ouvert avec l'Iran. Et les pays du Golfe, notamment le Qatar, le Koweït, les Emirats arabes unis, l'Arabie saoudite, qui ont des bases américaines sur leur territoire, ont fait le choix de s'assurer qu'elles soient visées par des représailles iraniennes en cas d'attaque américaine. Le ministre saoudien de la Défense est à Washington. Il a rencontré Marco Rubio, Steve Whitcoff et Pete Exet, le secrétaire à la Défense. Il y a deux semaines, quand Trump menaçait déjà d'intervenir, tous ces pays avaient fait pression pour empêcher une opération militaire. Israël était aussi intervenu, mais aujourd'hui, il n'y a plus d'intervention américaine. Tel Aviv serait plus favorable à une intervention américaine, selon le New York Times. Benyamin Netanyahou souhaiterait l'anéantissement des capacités balistiques de l'Iran, qui, selon Israël, aura été reconstituée depuis la guerre du mois de juin dernier. Mais dans l'ensemble, tous les voisins de l'Iran craignent une intervention américaine parce qu'elle risquerait de déstabiliser le pays. Et par effet de domino, il n'y a aucune garantie qu'une intervention américaine débouche sur l'effondrement du régime. Et même si cela advenait, il n'y a aucune garantie qu'à la place, ce serait un pouvoir plus favorable aux intérêts américains et à ceux des pays du Golfe qui s'installeraient à Téhéran.
[00:03:13] Speaker 1: Et Donald Trump, lui, pendant ce temps-là, continue de souffler le chaud et le froid.
[00:03:16] Speaker 2: Oui, il a affirmé prévoir des discussions directes avec Téhéran, mais dans le même temps, il n'y a pas eu d'avantage de la puissance du dispositif militaire américain déployé dans la région. C'est vrai qu'il était inédit. Nous sommes prêts à accomplir tout ce que demandera le président, a fait savoir le secrétaire à la Défense américain, Pete Exet. Plusieurs scénarios ont été présentés à la Maison Blanche. Et selon le New York Times, ces options vont au-delà de ce qui avait été prévu il y a deux semaines quand Donald Trump voulait intervenir pour soutenir les manifestants. Parmi les options qui existent, il y aurait notamment celle d'une intervention de commandos américains sur le sol iranien pour détruire ces sites de lancement de missiles balistiques. Il y a aussi dans les scénarios prévus des frappes ciblées contre les QG des forces de sécurité et bien sûr contre les infrastructures nucléaires. Le président américain n'aurait pas encore tranché. Jusqu'à présent, Donald Trump s'est toujours dit hostile à des boots on the ground, comme on dit, c'est-à-dire une intervention sur le sol iranien, mais il semble grisé par l'opération qu'il y a eu au Venezuela. Et selon le New York Times, il adopte la même approche, à savoir déployer une armada massive au large des côtes pour faire pression sur le régime et agir si cela n'a pas d'effet. Le problème, c'est que le Venezuela et l'Iran, ça n'a rien à voir. L'Iran a des moyens de défense beaucoup plus importants. D'ailleurs, Téhéran dit les avoir renforcés. Et avoir adopté une nouvelle stratégie depuis la guerre des 12 jours du mois de juin dernier. Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a lui-même reconnu devant le congrès mercredi dernier qu'une opération en Iran serait beaucoup plus complexe que l'opération qui a eu lieu au Venezuela. Merci beaucoup, Anne.
[00:05:09] Speaker 1: Merci pour ces éléments de compréhension.
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