[00:00:00] Speaker 1: Des députés iraniens, point levé, qui invectivent les Etats-Unis.
[00:00:06] Speaker 2: Mort aux Etats-Unis .
[00:00:08] Speaker 1: La tension monte encore d'un cran entre l'Iran et l'Occident, alors que l'ayatollah Ramenei agite à nouveau la menace d'un conflit majeur en cas de frappes américaines.
[00:00:20] Speaker 2: Les Américains doivent savoir que s'ils déclenchent une guerre, cette fois-ci, ce sera une guerre régionale.
[00:00:28] Speaker 1: À quoi fait référence le guide suprême ? Des frappes de riposte contre Israël ? Une déstabilisation des pays voisins comme la Turquie ou l'Irak ? Derrière ces menaces, en coulisses pourtant, les dirigeants iraniens discutent avec la Russie, l'Egypte et certains pays du Golfe. Donald Trump, lui-même, parle d'un accord possible.
[00:00:51] Speaker 3: J'espère que nous trouverons un accord. Sinon, on verra si Ramenei avait raison.
[00:00:56] Speaker 1: Pas de quoi faire retomber la pression en Iran. Nous avons réussi à obtenir ces images. Aujourd'hui à Téhéran, les rues sont désertes, les bus presque vides. Les habitants se préparent à la guerre en stockant de l'eau et de la nourriture.
[00:01:12] Speaker 2: Ce sont mes courses pour un mois. J'ai acheté des conserves, du thon et des pâtes.
[00:01:19] Speaker 1: Cette jeune Iranienne, elle, nous explique être partagée entre espoir et angoisse.
[00:01:26] Speaker 2: Donald Trump dit qu'il va frapper.
[00:01:28] Speaker 4: Aujourd'hui, demain, on ne sait pas quand, on ne sait plus quoi faire, on devient fou. Mais c'est sûr que c'est Trump, la seule solution pour nous libérer.
[00:01:41] Speaker 1: La diplomatie française incite Téhéran à faire des concessions majeures pour éviter la guerre.
[00:01:48] Speaker 4: On va aller plus loin avec vous, Bruno. Je le disais tout à l'heure, le président iranien a ordonné ce matin d'entamer des pourparlersies. C'est une tentative de reprise en main du narratif. Ce qu'on va retenir de tout ça, c'est qu'il y a un bras de fer, mais qu'on négocie de façon concrète.
[00:02:05] Speaker 5: Oui, c'est-à-dire que des deux côtés, on est en même temps dans des postures, des déclarations, des actions parfois. Si on pense à la fameuse armada de Donald Trump, extrêmement hostiles l'un vis-à-vis de l'autre. Et dans le même temps, on a Donald Trump qui dit, moi je préférais... On tire à un accord, mais la balle est dans le camp des Iraniens. Et les Iraniens qui disent, nous aussi on est prêts à discuter, mais sur un pied d'égalité. Il n'y a jamais eu d'ultimatum, parce que Trump avait laissé entendre qu'il y avait une forme d'ultimatum sans donner la date. Ce matin, les Iraniens disent, il n'y a pas eu d'ultimatum. Et puis donc, cette déclaration du président iranien, Pesach Kian, qui ordonne l'ouverture de pourparlers avec les Etats-Unis sur le dossier nucléaire. On sait maintenant que c'est là-dessus. Alors, ce n'est pas une première. Juste avant la guerre des 12 jours, au mois de juin, il y avait déjà eu une tentative de dialogue sur le nucléaire entre l'Iran et les Etats-Unis. Ça n'avait pas fonctionné. Il y avait ensuite eu cette guerre des 12 jours. Là, on repart sur ce dossier nucléaire. Mais les Iraniens restent toujours quand même extrêmement prudents, puisqu'en fait, ils disent, on va lancer des pourparlers fixant le cadre des négociations et la méthode de travail. Ça veut dire que ça va prendre encore un peu de temps. Les Iraniens sont maîtres en la matière. Comment gagner du temps ? Comment essayer de manipuler un peu Donald Trump ? Dont il s'avère à la fois qu'il est puissant, mais qu'il est embarrassé, parce qu'il sait, Donald Trump, que pour effectuer des frappes décisives sur l'Iran, même sa fameuse armada n'est pas suffisante. En même temps, il s'est engagé. Donc, s'il ne fait rien, c'est très mauvais pour lui aussi. Donc, ils vont jouer sur cette crête, les Iraniens, en disant, nous aussi, on est prêts à dialoguer sur le nucléaire, mais attention à certaines conditions. Bon, on se souvient qu'au printemps dernier, la discussion sur le nucléaire, les Américains disaient 0% d'enrichissement. Les Iraniens avaient dit, attendez, on est signataires du traité de non-prolifération nucléaire, mais on a droit à un certain seuil d'enrichissement pour faire du nucléaire civil. Les Américains avaient dit, oui, mais vous êtes allés bien au-delà de ce qui était autorisé. Donc, la discussion va tourner à nouveau autour de ça. Cette histoire de seuil d'enrichissement. Quand exactement cela va-t-il se passer ? On ne sait pas. On parle des prochains jours. On parle d'une rencontre qui pourrait avoir lieu à Ankara, en Turquie, entre le ministre iranien des Affaires étrangères, Bassar Akshi, et l'émissaire tout azimut de Donald Trump, Steve Witkoff. Quand exactement ? C'est compliqué à savoir. Parce que Steve Witkoff, il va aller cette semaine en Israël. Il doit aller à Abu Dhabi ensuite, pour parler sur l'Ukraine cette fois-ci. Donc, vous voyez que la fenêtre du tir Ankara, elle est assez sensible. Donc, soit il trouve un moment au milieu de la semaine pour faire ses pourparlers et lieux. Soit ce sera plutôt un peu plus tard, le week-end ou en début de semaine prochaine. Et on évoque même, in fine, alors ça, ce sera vraiment quelque chose de très nouveau, une visioconférence entre le président Donald Trump et son homologue iranien, donc le président Bezéchkian, pas le guide Ali Ramenei. Même en visio. En fait, ce serait quand même une première pour deux pays qui ne se parlent plus directement depuis 40 ans.
[00:05:29] Speaker 4: Parce qu'il faut aussi rappeler que pour les Américains, on a envie que ça aille vite. Parce que toute cette crise leur coûte cher, très cher. Vous évoquiez tout à l'heure le coût de cette armada dans le golfe Persique. Rappelez-vous peut-être le montant.
[00:05:39] Speaker 5: 300 000 dollars par heure.
[00:05:40] Speaker 4: Par heure.
[00:05:41] Speaker 5: Donc, on imagine que la facture s'alourdit très très vite.
[00:05:45] Speaker 4: Sur fond de tensions de part et d'autre, le climat ne s'est clairement pas apaisé. A l'heure aussi où on continue de faire les bilans de la répression terrible, l'un opéré par les gardiens de la Révolution, notamment.
[00:05:57] Speaker 5: Oui, c'est ça. C'est-à-dire que là, aujourd'hui, ce lundi, là, on se parle d'une fenêtre un peu plus positive, avec peut-être une perspective de dialogue, sans doute, très certainement sur le nucléaire. Mais les déclarations hostiles se poursuivent. Les Iraniens ont donc dit qu'il était hors de question qu'ils se soumettent à un ultimatum. Ils ont annoncé aujourd'hui l'arrestation de quatre ressortissants étrangers. On ne connaît toujours pas leur nationalité. Mais ça se serait passé dans la province de Téhéran, pas très loin de la capitale. A priori, vendredi, ils auraient été arrêtés parce qu'ils possédaient des armes qui ont été, selon les médias d'État, utilisées pendant les émeutes. Vous savez que les Iraniens disent que ce sont les États-Unis et les Israéliens qui sont responsables de ce qu'ils appellent quasiment un coup d'État contre les valeurs de la République islamique. Et les autorités iraniennes publient un nombre de morts, quand même, un peu plus de 3 000 morts. Bon, on est très, très loin du nombre de morts de la répression proposée notamment par l'organisation H-Rana, qui est une organisation de défense des droits humains basée aux États-Unis, qui estime qu'à l'heure actuelle, il y aurait eu 6 850 personnes tuées identifiées. 17 000 décès seraient en cours de certification, d'identification. Donc on serait déjà quasiment à 25 000 morts. Et selon certaines organisations, on pourrait aller au-delà. Et selon H-Rana, il y aurait eu plus de 40 000 arrestations. Donc, c'est vous dire l'ampleur de la répression. Une répression qui semble se poursuivre meso voce. On a à la fois envoyé notre correspondance à Vosghazi, à Téhéran, les images d'une ville où une vie normale semble avoir repris. Et puis, on a d'autres témoignages d'Iraniens qui font des réserves de nourriture, etc. Qui ne savent pas trop. Qui ne savent pas trop où tout cela va aller finalement.
[00:07:55] Speaker 4: Merci beaucoup Bruno. On va suivre évidemment avec beaucoup d'attention les prochains développements.
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