Jean-Claude Némoro on 50 Years of Zouk Legacy (Full Transcript)

On France 24, Kassav’ icon Jean-Claude Némoro reflects on zouk’s rise, new collaborations, Grammy highlights, and his Feb 21 Cabaret Sauvage concert.
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[00:00:00] Speaker 1: ... Bonjour à tous, bienvenue dans À l'affiche, Planète Afro, l'émission consacrée à l'actualité culturelle, africaine et caribéenne.

[00:00:19] Speaker 2: ...

[00:00:19] Speaker 1: Jean-Claude Nemoro est l'une des figures majeures du groupe Kassab, pianiste, compositeur et chanteur. Il a marqué l'histoire du zouk et de la musique caribéenne. Vous avez forcément déjà entendu certains de ses titres emblématiques comme Ave ou Doudou, Embalaté ou encore Collé serré. Pour fêter ses 50 ans de carrière, il est en concert le vendredi 21 février au Cabaret Sauvage. Bonjour Jean-Claude Nemoro. Bonjour. Merci d'être avec nous dans Planète Afro.

[00:00:48] Speaker 3: Merci de m'avoir invité.

[00:00:49] Speaker 1: Avec grand plaisir. Avant de parler de votre actualité, on ouvre cette émission avec le palmarès de la 68e édition des Grammys Awards. qui se sont déroulées dimanche soir à Los Angeles. Dans la catégorie meilleure performance de la musique africaine, c'est l'artiste sud-africaine Taïla qui remporte le prix avec le titre Push to Start. C'est la seconde fois que Taïla décroche un prix dans cette même catégorie. ... L'artiste Fela Kuti, pionnier nigérian de l'Afrobeat, a reçu un Grammy Award posthume pour l'ensemble de sa carrière. Il est le premier artiste africain à obtenir cette distinction. Inventeur de l'Afrobeat et figure de l'activisme politique, il a profondément influencé la scène musicale mondiale. Son héritage se perpétue à travers ses fils, Femi, Sean Kuti et son petit-fils Maid. Cette reconnaissance est saluée comme une victoire pour l'Afrique. Elle arrive près de 30 ans après sa mort en 1997. Jean-Claude, vous vous connaissez. Vous l'avez écouté, vous inspirez.

[00:02:01] Speaker 3: J'ai même été à un spectacle à l'époque à Paris. Je ne le connais pas personnellement, mais j'assistais à un de ses derniers concerts. Je pense que c'est un des artistes qui a marqué vraiment l'Afrique avec une musique bien particulière. Il vaut mieux tard que jamais qu'on le fête maintenant, c'est bien.

[00:02:20] Speaker 1: Totalement aussi, vous avez marqué des gens avec votre musique. Ça fait plus de 40 ans que vous excellez dans le groupe Kassav. Quand vous regardez en arrière, de quoi êtes-vous le plus fier ?

[00:02:32] Speaker 3: De ce que mes collègues et frères et famille, parce que c'est plus que des collègues, avons fait pendant 40 ans, parce que c'est très rare sur cette terre d'avoir un groupe musical qui perdure, pas seulement par la musique, mais par le soutien des uns par rapport aux autres. C'est ce qui fait notre force finalement à l'arrivée, c'est cette force-là d'être restés ensemble.

[00:03:04] Speaker 1: Avec Kassav, vous avez créé un courant musical, c'est le zouk. Miles Davis disait que c'était la musique du futur. Edouard Glissant a prédit que c'était la musique du tout-monde, ouverte à tous. Est-ce qu'au final, le projet, l'objectif avec Kassav, c'était de réunir et de rassembler les gens ?

[00:03:23] Speaker 3: Je pense que c'est venu un peu par la suite. Le début de ce projet initié par les frères Desimus et Jacob, c'était de créer une musique qui est bien à nous, nous, Antillais, Martinique, Guadeloupe. Parce que depuis mon plus jeune âge, on a toujours été les buvards des musiques du monde, que ce soit la musique française, que ce soit la musique américaine, l'époque James Brown et compagnie, même dans la Caraïbe. On venait de Trinidad, le Sokka, etc., après ça a été le Reggae. Il n'y avait pas de musique qui nous appartienne vraiment, à part la Big In et la Masioka, qui étaient la musique de nos anciens et qui s'essoufflait. Donc, les frères Desimus, encore une fois, et Jacob, avec nous ensuite, puisque c'est Jacob qui nous a tendu la main pour qu'on participe à cette opération, que ce soit Jocelyne, Jean-Philippe Martelly, Patrick Saint-Éloi, et moi aussi, on a réussi quand même à créer cette musique et à la perpétuer dans le monde et à faire qu'aujourd'hui, d'autres la reprennent. C'est formidable, on n'en espérait pas tant.

[00:04:39] Speaker 1: Vous avez fait des bébés avec ce courant musical. Vous, Jean-Claude, vous avez composé pour le groupe Kassav, mais aussi pour vous. En 1985, vous sortez votre premier album qui s'appelle « En bas la terre ». Et dans cet album, il y a un titre emblématique, c'est « Ave au doudou ». Littéralement, en français, ça veut dire « Ave au doudou ». Avec toi, chéri, qu'est-ce qui vous a inspiré cette chanson ?

[00:05:01] Speaker 3: Est-ce qu'on sait de quoi est fait une chanson ? On se lève le matin, enfin, en ce qui me concerne, on a deux, trois notes dans la tête. On passe derrière son instrument et ça devient au fil du temps une chanson. On ne sait pas trop pourquoi et comment, jusqu'à la fin. L'inspiration ? L'inspiration, elle vient ou elle ne vient pas. Ce n'est pas quelque chose qu'on peut… On ne peut pas donner un nom à cela. On ne peut pas dire qu'il y a une méthode. On ne peut pas dire qu'il y a une manière de faire. Les choses viennent comme elles viennent. Et loin de moi l'idée que ce titre aurait fait autant de succès, puisqu'à l'heure d'aujourd'hui, il a été joué pendant les Jeux olympiques, ce qui est… Enfin, c'est un remix qui a été joué de Chloé Caillé de ce titre. Et puis, beaucoup le reprennent. Il y a plusieurs remixes de ce titre. Donc, voilà quoi.

[00:05:57] Speaker 1: En tout cas, ce titre, vous l'avez remixé avec une jeune artiste martiniquaise qui a une délicieuse voix. Elle s'appelle Kélia Paulin. On propose qu'on regarde un extrait. …

[00:06:45] Speaker 4: J'aime beaucoup cette artiste, Kélia Paulin. Vous aussi, vous l'appréciez énormément.

[00:06:49] Speaker 3: Magnifique, magnifique. En plus, je suis tombé un peu par hasard sur son profil sur Insta. … En plus, je suis tombé un peu par hasard sur son profil sur Insta. Moi qui ne vais pas beaucoup sur les réseaux, mais quand j'ai appris son parcours, qu'elle a commencé à jouer dans le métro et tout, ça m'a tellement touché. Je me dis mais comment quelqu'un va avoir autant de talent et ne pas avoir une vision, une vue plus large que ça. Donc, j'ai pris contact avec elle. Et on a choisi de reprendre ce titre un peu différemment avec une version un peu plus lente qui a fait son petit bon nombre de semaines.

[00:07:21] Speaker 1: Et ça a très bien marché.

[00:07:22] Speaker 3: Oui. J'arrive à un moment de ma carrière où je m'amuse, en fait. Oui. On a 45 ans, on a parcouru le monde entier. Il est l'heure de prendre un peu de recul avec les choses au lieu d'essayer à tout prix de recréer de nouvelles choses qui ne vont peut-être même pas intéresser le nouveau public puisqu'on est dans une période d'un sol et de choses qui sont complètement nouvelles et qui ne sont pas de mon académie. Donc, je préfère m'amuser en faisant des remixes avec des gens qui le méritent déjà et puis qui sont d'une génération plus jeune que moi. Et puis, ça me réussit bien puisque le titre écrit de là a bien marché. J'espère que le prochain qu'on sort là pour ce carnaval, on a pris du temps parce que j'étais au Cameroun, j'étais après à Saint-Barth avec les amis. Donc, j'ai pris du temps à sortir ce titre, ce remix avec Stryka en mouvement mais qui sort là parce qu'un peu tard. Mais comme le carnaval, les basses sont pleines, c'est parfait pour le carnaval. Oui.

[00:08:18] Speaker 1: Voilà. C'est qui qui a eu l'idée justement de collaborer l'un avec l'autre ?

[00:08:21] Speaker 3: Eh bien, ni lui ni moi, en fait. On peut l'entendre son carnaval. C'était dans les valises de mon ami DJ Jackson depuis au moins 4-5 ans. Et puis, il avait son ordinateur qui a brûlé. Enfin bref, on a retrouvé les éléments et à partir de ces éléments, j'ai retravaillé le titre. On l'a sorti un peu tard, mais on l'a sorti.

[00:08:43] Speaker 1: Oui, en tout cas, ça bouge bien. Moi, je vous fais voyager aujourd'hui. Je vous emmène au Maroc pour l'art contemporain africain qui vous donne rendez-vous du 5 au 8 février à Marrakech. Cet événement est organisé par la foire 1-54 au cœur de l'hôtel La Mamounia. Cette 7e édition africaine réunira plus de 20 galeries issues de 12 pays, réunissant de nouvelles figures de la création contemporaine. Une attention particulière est portée à la scène marocaine avec une forte présence de galeries locales. Au-delà de la foire, 1-54 Marrakech transforme la ville en parcours artistique vivant. Expositions muséales, discussions, événements dans des lieux emblématiques tels que Makaal, le musée Yves Saint-Laurent en Marrakech, le 18, le MAP ou encore les galeries de Guélise. Vous avez beaucoup voyagé avec le groupe Kassa. Vous êtes produit dans plus de 80 pays. L'année dernière, à peu près à la même époque, vous étiez au Bénin pour les Vaudoundaises en hommage à Jacob Desvarieux qui nous a quittés en juillet 2021. Quand vous revenez en Afrique, quand vous vous produisez sur des scènes africaines, est-ce que vous vous sentez comme à la maison ?

[00:09:51] Speaker 3: Oui, c'est d'abord l'Afrique qui nous a fait vraiment passer le cap international. C'est une chose qu'on doit reconnaître. Au début de Kassa, on était un petit peu connu chez nous, mais c'est la Côte d'Ivoire d'abord qui nous a fait passer ça. Après, tous les pays africains nous ont invités. Parallèlement au groupe Kassa, j'ai beaucoup travaillé avec les Camerounais et surtout avec Manu Dibango et ensuite avec tous les artistes camerounais. Je suis chez moi au Cameroun et la preuve en est, c'est qu'en novembre dernier, j'ai passé 15 jours là-bas et j'ai donné des concerts à mon nom. Je suis invité de nouveau le mois prochain. Je me sens chez moi en Afrique et particulièrement au Cameroun.

[00:10:33] Speaker 1: Vous allez fêter vos 50 ans de carrière. Ce sera le 21 février au cabaret Sauvage. Même avec 50 ans de carrière, on a toujours le stress de rencontrer son public sur scène.

[00:10:42] Speaker 3: Le stress, non. Il y en a qui disent que si on ne monte pas sur scène avec le stress, c'est qu'on n'est pas. Ce sont des paroles inutiles. Ce sont des paroles inutiles pour moi. Après 50 ans, je crois que ce n'est pas une histoire de stress. C'est une histoire de bien faire. Moi, ce que je veux, c'est réussir un concert. C'est-à-dire que la première note jusqu'au dernier titre, je veux que les gens apprécient une qualité. J'essaie de mettre des choses un petit peu nouvelles. J'essaie d'avoir un regard un peu particulier sur chaque concert et j'espère que j'aurai, enfin je n'espère pas, une ou deux choses un peu inédites à ce concert de Cabaret Sauvage.

[00:11:22] Speaker 1: On attend ça avec impatience. Bon courage et bonne chance pour le 21 février au Cabaret Sauvage. Merci d'être venu dans Planète Afro. Et on se quitte avec Sonny Troupé, qui est une figure majeure du groka moderne, à la croisée du jazz et des musiques contemporaines. Son troisième album, Evidence, mêle polyrythmie, tradition caribéenne et jazz. On écoute sans mêlée avec la douce voix de la chanteuse Lou Tavano. L'info continue sur France 24. France24.com et tous nos réseaux sociaux. Je vous dis à bientôt. Salut, ciao, bye.

[00:12:16] Speaker 2: Nous sommes mêlés

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Arow Summary
France 24’s “Planète Afro” interviews Jean-Claude Némoro (Kassav’), highlighting his 50-year career and the origins and global impact of zouk. The show opens with Grammy notes: South African artist Tyla wins Best African Music Performance for “Push to Start,” and Fela Kuti receives a posthumous lifetime recognition Grammy, praised as overdue. Némoro reflects on Kassav’s longevity as a family-like collective, the original goal of creating a distinctly Antillean music, and how inspiration strikes without a fixed method—citing his hit “Ave au doudou,” later remixed and used in contexts like the Olympics. He discusses collaborations with younger artists (Kélia Paulin, Stryka), his strong connection to Africa—especially Cameroon—and his focus on delivering high-quality, slightly new concert experiences rather than stage “stress,” ahead of his Feb 21 Cabaret Sauvage show.
Arow Title
Jean-Claude Némoro celebrates 50 years: Kassav’, zouk, and Africa ties
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Arow Key Takeaways
  • Jean-Claude Némoro marks 50 years of career with a Feb 21 concert at Cabaret Sauvage in Paris.
  • Kassav’ aimed to create a distinctly Antillean music, helping birth and globalize zouk.
  • Némoro credits Kassav’s durability to mutual support and a family-like bond.
  • Songwriting inspiration is described as spontaneous, not methodical; “Ave au doudou” became an enduring hit with multiple remixes.
  • Némoro enjoys collaborating with younger talents like Kélia Paulin and releasing carnival-ready remixes (with Stryka).
  • He feels at home performing in Africa, noting the continent—starting with Côte d’Ivoire—boosted Kassav’s international reach.
  • The episode also highlights Tyla’s Grammy win and Fela Kuti’s posthumous lifetime Grammy recognition.
Arow Sentiments
Positive: Warm, celebratory tone around career milestones, cultural recognition (Grammys/Fela Kuti), pride in collective longevity, and upbeat collaboration and concert anticipation.
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