[00:00:00] Speaker 1: Place maintenant à l'invité d'Au coeur de l'info. Retour ce soir sur la situation en Syrie où l'accord entre le gouvernement syrien et les forces kurdes doit commencer à être mis en oeuvre demain. Il prévoit l'intégration progressive de ces forces et de l'administration kurde au sein du nouvel état et porte un coup d'arrêt de fait aux espoirs d'autonomie des Kurdes. Conséquence de la reconquête fulgurante par les forces d'Armed Al-Shara de large pan du territoire syrien. Les FDS acculés par l'armée syrienne sont désormais repliés sur des poches territoriales autour des bastions de Assaké. Kamishli Kobane, qui est d'ailleurs littéralement assiégé, la situation humanitaire y est toujours très préoccupante. On reparle de tout cela ce soir avec notre invité Kendall Nezan. Bonsoir. Président de l'Institut kurde de Paris. Merci beaucoup d'être avec nous sur France 24. Et vous revenez d'ailleurs tout juste du Kurdistan irakien. Kendall Nezan. Kendall Nezan, Kurdistan irakien, qui a vu arriver de nombreux Kurdes déplacés par ces combats, à la fois des civils et des cadres également kurdes.
[00:01:02] Speaker 2: Oui, également, évidemment, parce que la situation est tellement grave sur le plan humanitaire qu'il y avait déjà plus de 150 000 Kurdes syriens installés au Kurdistan irakien, des réfugiés. Et puis il y a un nouvel afflux de gens qui arrivent parce qu'ils sont très inquiets par la tournure prise par les événements. Et ils sont extrêmement, évidemment, déçus par le lâchage des alliés occidentaux. On va y revenir. Et la situation humanitaire, en particulier à Kobané, est vraiment dramatique.
[00:01:38] Speaker 1: Alors justement, Kobané, ville très symbolique d'ailleurs, puisque c'est la première grande ville que les forces kurdes avaient à l'époque reprise à l'organisation État islamique. Elle est aujourd'hui assiégée, et ce depuis plus de dix jours.
[00:01:53] Speaker 2: Depuis le 17 janvier.
[00:01:56] Speaker 1: Voilà, donc ça fait plus de deux semaines. Quelle est la situation sur place en termes humanitaires ? On sait que l'eau a été notamment coupée, l'électricité aussi, et la nourriture vient à manquer.
[00:02:07] Speaker 2: Écoutez, il y a 250 000 habitants nés déplacés dans cette ville symbolique de Kobané. Depuis le 17 janvier, ces résidences déplacées sont privées d'eau, d'électricité. La nourriture commence à manquer aussi. Il fait extrêmement froid, il y a de la neige dans les rues. Et tous les jours, les chaînes de télévision kurdes locales diffusent des reportages justement par téléphone des habitants. Il y a des enfants qui meurent de froid. Et tout ça, assiéger une ville alors qu'on est en pleine négociation sur l'avenir de la Syrie, l'intégration des forces kurdes, ça montre quand même la mentalité de revanche et de vengeance des milices islamistes mobilisées. C'est-à-dire qu'ils sont en pleine négociation contre les Kurdes parce qu'ils veulent venger Daesh qui a été vaincu pour la première fois en 2015 dans cette ville.
[00:03:01] Speaker 1: Et Ahmed Al-Sharaf avait promis la mise en place de corridors humanitaires, notamment en direction de Kobané. Qu'en est-il ?
[00:03:07] Speaker 2: Il y a un corridor humanitaire où l'aide humanitaire arrive à compte-gouttes, quelques camions par-ci, par-là. Mais on est très, très loin de besoin de la population.
[00:03:17] Speaker 1: C'est des camions de l'ONU ?
[00:03:18] Speaker 2: C'est des camions. Il y a une dizaine de camions de l'ONU. Hier, il y avait des camions d'aide humanitaire venant de la Turquie. Donc les Kurdes de Turquie voulaient venir en aide à leurs frères de Syrie. Et ces camions ont été arrêtés à la frontière par l'armée turque. Et il faut dire que cette ville est vraiment à la frontière de la Turquie. La Turquie se vante de venir en aide aux Ghazalis, aux musulmans d'Oringa, en Birmanie, à la terre entière. Et sous leur nez, il y a une population. Donc ils meurent de faim et ils regardent ailleurs. D'ailleurs, leur chaîne de télévision glorifie les exploits de l'armée syrienne. Ils attendent avec impatience la chute de Kobané, qui serait aussi une revanche pour la Turquie, parce que la Turquie était pour la prise par Daesh de la ville de Kobané en 2015.
[00:04:11] Speaker 1: La Turquie qui a soutenu militairement les forces armées syriennes dans cette reconquête territoriale, à l'aide de drones notamment ?
[00:04:19] Speaker 2: Alors, d'abord, cette offensive est intervenue le 6 janvier, le lendemain d'un entretien téléphonique entre le président Trump et le président Erdogan. Le président Erdogan a présenté la nécessité d'une offensive limitée contre les quartiers tenus par les Kurdes à Alep. Et le feu vert a été donné en disant « attention quand même aux populations civiles ». Et là, il l'a le jour même. Il a informé Al-Sharaq qu'il pouvait y aller.
[00:04:51] Speaker 1: Donc c'est un arrangement ?
[00:04:52] Speaker 2: C'est un arrangement, un deal, comme dirait le président Trump. Et qu'est-ce qui s'est passé ? Dès le lendemain, ces quartiers qui étaient déjà assiégés depuis trois mois... Alors, quand on dit des quartiers, ce sont des bidonvilles où se sont réfugiés les déplacés des gens qui habitaient des territoires kurdes syriens qui ont été occupés par la Turquie. Donc, en particulier, les gens d'Afrin. Donc, vous avez déjà des gens déplacés dans ces bidonvilles et qui sont assiégés. Et puis, ces quartiers ont été pilonnés par l'artillerie lourde, par des drones turcs venant de la Turquie. Contre quoi ? Contre une police locale de 400-500 combattants armés de Kalachnikov. C'est quand même invraisemblable. Donc, de l'autre côté, il y avait plus de 30 000 miliciens syriens, parce que ce qu'on appelle l'armée arabe syrienne, en fait, c'est un assemblage hétéroclite de plusieurs dizaines de milices islamistes. Les unes, vraiment islamistes. Les unes, islamistes et djihadistes. Et les autres, ce sont des milices auxiliaires de l'armée turque qui ont déjà sévi dans ces territoires. Récemment, la chaîne CNN a diffusé des reportages sur les crimes de guerre reprochés à ces chefs de milices pro-turques. Et ça, c'est très important de le souligner. Dans cette armée arabe syrienne, il y a plusieurs milliers de djihadistes étrangers. D'après une enquête, le monde, il y en avait 4 000. Le Kurd pense qu'il y en a 7 ou 8 000. Alors, il y a des ouïghours, des ouzbeks, des tchétchens, des turcs-mains, des maghrébins, des égyptiens. Qu'est-ce qu'ils sont venus faire en Syrie ? Ce n'est sûrement pas pour se battre pour la démocratie, c'était pour le djihad. Et donc, ces gendarmes, maintenant, y compris, ils ont des commandants promus par le nouveau régime qui veulent se venger des Kurdes qui ont défait Daesh.
[00:06:41] Speaker 1: Et pour Recep Tayyip Erdogan, c'est une opportunité aussi de, à nouveau, régler, entre guillemets, le problème kurde ?
[00:06:49] Speaker 2: Alors, le régime turc craint vraiment l'émergence d'une entité autonome kurde, même si c'était en Australie. Pour eux, c'est un mauvais exemple parce que...
[00:07:00] Speaker 1: En l'occurrence, ce serait à leurs frontières.
[00:07:01] Speaker 2: Voilà, en l'occurrence, c'est à leurs frontières. Parce qu'en Turquie même, d'après le chef de l'opposition turc-kémaliste-nationaliste, il y a 26 millions de Kurdes. Alors, s'il y a une autonomie pour les 3 millions de Kurdes syriens, les Kurdes de Turquie vont aussi réclamer cela. Et la Turquie... La Turquie, depuis le début de la guerre civile en Syrie, a mobilisé toutes ses forces pour empêcher cette émergence en faisant feu de tout bois, y compris en s'alliant avec les mouvements djihadistes, puisque les 40 000 djihadistes qui sont venus se battre en Syrie ont tous traversé la Turquie. C'était une autoroute de djihad.
[00:07:39] Speaker 1: Outre le soutien de la Turquie pour expliquer, disons, cette progression fulgurante des forces armées d'Al-Shara, c'est aussi parce que les Kurdes, l'administration kurde n'a pas réellement... Réussi, durant toutes ces années, à gagner le cœur des populations arabes majoritaires dans ces zones qu'ils contrôlaient du territoire syrien ?
[00:07:57] Speaker 2: Alors, il faut dire qu'il y a un problème sérieux. Donc, il y a une trahison des alliés arabes des Kurdes. Enfin, trahison. Pourquoi ? Parce que ces tribus arabes...
[00:08:06] Speaker 1: Au sein des FDS.
[00:08:07] Speaker 2: Voilà.
[00:08:08] Speaker 1: Désormais réduits à leur composant kurde. Voilà, exactement.
[00:08:11] Speaker 2: Parce que ces tribus avaient soutenu auparavant Daesh. Ensuite, quand le vent a tourné et qu'elles ont vu que... Les Kurdes étaient soutenus, les Kurdes victorieux étaient soutenus par la coalition internationale, notamment les États-Unis. Donc, elles se sont ralliées aux Kurdes. Et les Kurdes ont essayé de les intégrer au sein de conseils militaires, conseils municipaux. Ça allait bien jusqu'à il y a 15 jours, trois semaines. Mais entre-temps, le nouveau régime, qui est financé par le Qatar, soutenu militairement par la Turquie, mais aussi soutenu par l'Arabie saoudite, a travaillé avec ces tribus arabes en disant... Et finalement, les tribus ont changé de camp. Vous voyez, l'acte le plus symbolique, c'est quand ces troupes entrent dans la ville de Raqqa, l'ancienne capitale. De l'État islamique. Qu'est-ce qu'elles vont faire le premier ? Déboulonner la statue de la femme combattante anonyme, libératrice de Raqqa. Donc, les femmes, première cible. Deuxièmement, on va vers la prison d'Al-Qahtani, où sont détenus les gens de Daesh. Et ils en ont libéré un certain nombre, avant que les aliens n'interviennent. Donc, voilà un peu comment ça se passe. Et pourquoi, après la chasse des Américains et le changement d'alliance, les tribus kurdes, les forces kurdes se sont repliées sur les territoires à majorité kurde ?
[00:09:54] Speaker 1: Et justement, concernant ce que vous appelez le lâchage des forces kurdes par les Occidentaux, à commencer par les Américains, c'est parce que, on le rappelle, les Kurdes étaient le fer de lance de la lutte contre l'organisation État islamique. Vous l'avez vous-même rappelé. D'ailleurs, à ce sujet, on va revisionner des images de la libération de Kobané par les forces kurdes. C'était en 2015. Alors, il ne s'agit pas de cette carte, mais on va voir des images d'archives, Kobané 2015, c'est votre carte blanche du jour, Kendal Nezan, que vous avez sélectionnée à ma demande. Pourquoi, que vous évoquent ces images par rapport au contexte actuel ?
[00:10:31] Speaker 2: Écoutez, ça m'évoque déjà la première défaite de l'État islamique, qui était un fléau pour les Européens, pour la Terre entière. N'oublions pas ce qui s'est passé dans les rues de Paris, de Berlin, de Londres. Donc, si l'État islamique... Il n'était pas vaincu par les Kurdes, parce que la seule coalition internationale par voie aérienne n'a jamais réussi à avoir une victoire nulle part. Regardez ce que les Américains ont fait en Afghanistan. Ils ont dépensé 1 000 milliards de dollars sans victoire. Dans le Sahel, on a fait tout ce qu'on a pu. On n'a pas su vaincre l'État islamique, parce qu'il faut des gens sur place pour se battre. Les Kurdes se sont battus. Il y a eu 15 000 morts parmi les jeunes Kurdes. Plusieurs dizaines de milliers. Ils ont réussi à mettre hors état de se battre, hors état de nuire, plusieurs dizaines de milliers de djihadistes, parce que 70 000 djihadistes et leurs proches étaient dans les camps surveillés par les Kurdes jusqu'à récemment. Et donc, parmi eux, vraiment 7 000, 8 000 de djihadistes très, très endurcis. C'est autant de gens dangereux qu'on a enlevé des rues de Paris, de Berlin et d'Europe. Et tout ce sacrifice... Au nom des valeurs communes, au nom du combat commun contre Daesh. Et on les a oubliés. C'est une trahison ? C'est une trahison, en tout cas des Américains. Ils parlent d'un deal. Mais cela n'exonère pas les 89 autres membres de la coalition internationale. On ne les entend pas. Il y a un silence sidérable.
[00:12:08] Speaker 1: La France s'est défendue de tout lâchage.
[00:12:11] Speaker 2: Alors la France a fait beaucoup mieux que les autres. C'est le seul pays qui a essayé de faire quelque chose, le président Macron. À quelle mesure ? Négocier les conditions d'intégration éventuelles. Et puis, empêcher un 22-100. Parce qu'une guerre civile, ça va être un 22-100. Mais nous pensons que la France aurait pu faire plus pour ses alliés. C'est-à-dire saisir d'urgence le Conseil de sécurité des Nations unies. Parce que c'est un problème qui met en danger la paix régionale, la sécurité régionale, mais aussi la nôtre. En Europe. Et donc, les Kurdes n'ont pas d'État. Ils sont 40 millions, mais ils n'ont pas d'État et ils n'ont pas de voix.
[00:12:54] Speaker 1: Justement, on va visionner à présent une carte de cette présence kurde. Un de ces 40 millions de Kurdes qui sont donc présents, on le rappelle, sur principalement 4 États. Iran, Irak, Turquie, Syrie. Le rêve d'autonomie dans le nord et le nord-est de la Syrie. L'indépendance du Rojava-Kendal-Nezan semble, en tout cas pour l'heure, s'évaporer. Comment est-ce que vous expliquez que... Justement, ces 40 millions de Kurdes n'ont jamais réussi à avoir leur propre État ?
[00:13:23] Speaker 2: Écoutez, après la Première Guerre mondiale, le président américain, Woodrow Wilson, avait préconisé pour la paix régionale la création d'une Arménie et d'un Kurdistan indépendant. Simplement, il est resté ici six mois, et puis après lui, la France et l'Angleterre ont tracé les frontières de la région. Les Kurdes ont été privés de leur propre État. Depuis, ils luttent pour leur livre. Depuis, ils luttent pour leur livre. Ils ont eu leur propre liberté dans des conditions extrêmement difficiles. Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, ils ont créé une république laïque en Iran, qui a été écrasée ensuite au bout d'un an. Au Kurdistan irakien, en 1991, quand la France a saisi le Conseil de sécurité, on a créé une zone de protection pour les Kurdes, et qui a abouti au Kurdistan irakien actuel, qui est une région démocratique, pluraliste, protectrice des minorités, pro-occidentale. On espérait qu'on ferait la même chose avec le Kurdistan. On espérait qu'on ferait la même chose avec le Kurdistan. Mais malheureusement, nos alliés ont manqué à l'appel. Et la France aurait pu aussi mobiliser l'Union européenne pour qu'on conditionne l'aide financière et les relations politiques de l'Union européenne au nouveau régime islamiste, au respect des droits des Kurdes, des droits des chrétiens, des droits des Alawites, des Russes. Mais malheureusement, on s'est précipité dans la reconnaissance de ce régime issu de la mouvance islamiste.
[00:14:46] Speaker 1: Est-ce qu'on a suivi Donald Trump ?
[00:14:49] Speaker 2: Je pense qu'on s'est précipité à la demande du Qatar, de la Turquie, de l'Arabie saoudite. Et on a suivi Donald Trump, ce qui est un malheur, parce que l'Europe devrait affirmer sa propre personnalité, puisque sa sécurité est en danger. S'il y a plusieurs milliers de djihadistes relâchés, la Syrie va devenir un foyer islamiste. Et dans quelques années, on va nous dire qu'on a été naïfs, comme on l'a dit avec la République islamique. Je me souviens de cette période aussi.
[00:15:16] Speaker 1: Et justement, un mot de ces candidats. Djihadistes qui étaient jusque-là gérés par les forces kurdes, où se trouvaient des dizaines de milliers de personnes, ainsi que leurs familles et leurs enfants. Que va-t-il se passer à présent, selon vous ?
[00:15:30] Speaker 2: Écoutez, c'est extrêmement dangereux, parce que les Kurdes ont dû retirer leurs forces pour se défendre eux-mêmes. Déjà, parce qu'ils n'ont pas vocation à devenir des gardiens de prison. Ils ont fait ça pour rendre service aussi aux Occidentaux. Et là, plusieurs milieux d'entre eux doivent être transférés vers l'Irak.
[00:15:48] Speaker 1: Oui, 7000 d'entre eux, oui.
[00:15:50] Speaker 2: Ce qui montre que même les Américains n'ont pas confiance dans le nouveau régime syrien. Puisque, rappelez-vous, quand ils ont fait une mission à Palmyre, une mission d'évaluation, donc la première mission avec l'armée syrienne, les trois Américains ont été tués, parce que l'armée syrienne est truffée de djihadistes, d'islamistes, etc. Donc, effectivement, c'est une crainte majeure. Ne vous étonnez pas, demain, après-demain, il y a ces djihadistes qui sévissent à nouveau dans les villes d'Europe. Et je pense qu'on va regretter quand même les Kurdes qui ont tant sacrifié. Et quand ils en avaient besoin pour eux-mêmes, mais aussi pour l'avenir de la Syrie, parce que les Kurdes, ils réclamaient quoi ? Qu'il y ait une élection pour une assemblée constituante dans un délai d'un an ou de deux ans pour que la Syrie se dote d'une nouvelle constitution pluraliste, démocratique, respectueuse de droit, d'être russe, d'être alaïde, d'être chrétienne, de tout le monde, des Arabes laïcs, des femmes. Dès maintenant, on commence à sévir contre les libertés des femmes dans les villes de Syrie. Est-ce que c'est pour remplacer une dictature épouvantable, pour créer une nouvelle république islamique, comme on l'a fait en Iran ? Je pense que, malheureusement, les alliés n'ont pas été à la hauteur.
[00:17:10] Speaker 1: Merci beaucoup, Kendall Nezan, d'avoir répondu à nos questions ce soir. Dans Au coeur de l'info sur la situation en Syrie, et notamment pour les forces kurdes qui, je le rappelle, doivent être intégrées en principe à partir de demain à l'armée syrienne. Merci encore. Cet entretien est à retrouver sur notre site internet et nos réseaux sociaux. Restez avec nous sur France 24. Prochain point complet sur l'actualité internationale dans quelques minutes.
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