Le Pen appeal: ineligibility risk and Bardella’s rise (Full Transcript)

France 24 analysis of appeal-stage requisitions, likely ineligibility, tight legal timelines, and how RN readies Jordan Bardella for 2027.
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[00:00:00] Speaker 1: Et on repart en France pour suivre les réquisitions au procès de Marine Le Pen, procès en appel et on le commente avec vous, on les commente avec vous ces réquisitions. Jean Garrigue, merci d'être sur France 24, vous êtes historien, président de la commission internationale d'histoire des assemblées. On vous voit à l'image, votre dernier ouvrage, les avocats de la République, ceux qui l'ont construite, ceux qui la défendent. Je reprends les termes de l'avocat général, nous allons demander, dit-il, de confirmer très largement la responsabilité pénale reconnue de première instance et les peines d'inéligibilité seront bien entendu requises. Voilà, tout cela n'augure rien de bon pour la dirigeante frontiste, visiblement.

[00:00:41] Speaker 2: Oui, on a cru savoir qu'elle était plutôt pessimiste quant à l'avenir de ce procès. Je rappelle quand même que le verdict ne sera rendu que dans trois mois. Enfin, on a... On a beaucoup de temps encore pour spéculer, mais les réquisitions, là aussi, étaient attendues parce qu'il n'y avait pas de raison, finalement, d'infirmer ce qui avait été jugé au départ. Le Rassemblement national a admis l'erreur, a admis la faute, même si elles les ont présentées comme des erreurs, j'allais dire détourneries. On sait que ce qui a été... Je dirais conclu par les juges au premier procès, c'est-à-dire un détournement de fonds publics, est aujourd'hui avéré. Les preuves sont nombreuses. Donc, évidemment, il n'est pas du tout sûr que le jugement final infirme le premier jugement, y compris sur la durée de l'inéligibilité, parce que cette durée, elle s'est appliquée déjà, dans d'autres cas. Et donc, ça serait quand même assez compliqué d'y revenir.

[00:02:00] Speaker 1: Même si, Marine Le Pen, là, c'est ce que dit la presse depuis le début de la reprise et le début de ce procès en appel, a développé une stratégie beaucoup moins vindicative, plus conciliante, disons.

[00:02:13] Speaker 2: C'est vrai, c'est vrai. Et c'est sans doute, je dirais, la seule raison qui pourrait conduire les magistrats du procès en appel à, justement... réduire un tout petit peu la durée éventuelle de l'inéligibilité. Mais il faudrait que ça soit réduit à moins de deux ans. Et ça, ça n'est pas évident. Si l'inéligibilité est pour trois ans, quatre ans, ce sera toujours une manière d'empêcher Marine Le Pen d'être candidate. J'ajoute que si, de toute façon, la peine, en tant que telle, est maintenue, ou même si elle est un peu réduite, Marine Le Pen se trouverait conduite soit à aller en prison, soit à porter un bracelet électronique. Et faire campagne avec un bracelet électronique, ça serait quand même quelque chose de compliqué.

[00:03:14] Speaker 1: Il lui reste aussi, si le jugement est confirmé, un pourvoi en cassation. Est-ce que ça, c'est jouable aussi au niveau de timing ?

[00:03:24] Speaker 2: Ça me paraîtrait injouable. Le timing du pourvoi en cassation, avec la perspective, n'oublions pas que là, nous sommes maintenant à une quinzaine de mois de l'élection présidentielle, le timing est trop court. Et puis, il y a un deuxième élément qui est quand même très important, c'est qu'on voit que Jordan Bardella est en train véritablement de se préparer à être le candidat de substitution à Marine Le Pen.

[00:03:53] Speaker 1: Et c'est elle qui l'a fait monter sur l'estrade, Jordan Bardella, Jean Garrigue. Est-ce que c'est étonnant, quand on connaît la politique française, Marine Le Pen qui adoube son dauphin alors qu'elle n'a aucune certitude sur son avenir à elle ?

[00:04:07] Speaker 2: C'est vrai, c'est quelque chose d'assez inédit dans la politique française. Nos présidents de la République ont été réputés pour refuser d'adouber un dauphin. C'est vrai. Gérald De Gaulle répugnait beaucoup à laisser Georges Pompidou lui succéder. Et par la suite, ça a toujours été le cas. On se souvient que François Mitterrand n'a pas beaucoup aidé Lionel Jospin, etc. Donc, effectivement, c'est assez unique dans l'histoire politique de voir une chef de parti comme ça, fondatrice du Rassemblement national, laisser la place, ou en tout cas, laisser une hypothèse à son dauphin, à quelqu'un qu'elle a, au fond, fabriquée, puisque c'est vraiment elle qui a fait monter Jordan Bardella, qui l'a conduit à la présidence de son parti. Donc, ce serait quelque chose de tout à fait inédit, mais, répétons-le, qui serait obligatoire dans plusieurs cas de figure aujourd'hui.

[00:05:13] Speaker 1: Et vous le disiez, les Français, et surtout les électeurs du RN, ont intégré l'idée que Bardella allait, pouvait les représenter en 2027. C'est risqué pour l'avenir ? Du RN, surtout si Marine Le Pen peut se présenter au final ?

[00:05:27] Speaker 2: Oui, c'est une vraie prise de risque. D'abord, si Marine Le Pen se présente au final, je pense que ça ne posera aucun problème aux militants et aux partisans du Rassemblement national. Ils la suivront de toute manière, comme ils suivront Jordan Bardella. En revanche, il est évident que l'incertitude, tout ce qui sera dit jusqu'au moment du 20e, le verdict, tout ça affaiblit le Rassemblement national. C'est une incertitude qui est très mauvaise pour une pré-campagne électorale. Et puis, il se pose aussi la question du meilleur des candidats, c'est-à-dire qu'on a d'un côté quelqu'un qui a beaucoup d'expérience, qui est Marine Le Pen, un autre qui n'en a pas de ce type de campagne, qui est Jordan Bardella, dont la jeunesse peut être un facteur négatif, mais qui, en revanche, peut être... mieux à même que Marine Le Pen, à séduire un autre électorat, un électorat conservateur, plus traditionnel. On voit bien que l'idée de l'union des droites, dont même Nicolas Sarkozy a parlé, est une idée qui, je dirais, s'adapte beaucoup mieux à Jordan Bardella qu'à Marine Le Pen. Donc, on a, d'un côté comme de l'autre, des avantages ou des inconvénients. Et il va falloir trancher à un moment.

[00:06:50] Speaker 1: Et c'est pour ça aussi que Jordan Bardella se rapproche de l'autre héritière du Le Penisme, Marion Maréchal.

[00:06:57] Speaker 2: Oui, mais il est certain que Jordan Bardella se rapproche aussi bien, d'ailleurs, de Marion Maréchal que de certains élus de la droite républicaine. Et que, éventuellement, Sarah Knafo et Reconquête pourraient être intéressés par cette union des droites. Donc, c'est vrai que s'il y a une possibilité d'union des droites, elle se fera plutôt, avec Jordan Bardella qu'avec Marine Le Pen. Ça, ça me paraît incontestable en l'état actuel des choses.

[00:07:28] Speaker 1: Merci beaucoup, Jean Garrigue, de votre présence à l'antenne sur France 24. Les avocats de la République, ceux qui l'ont construite, ceux qui la défendent, votre dernier ouvrage.

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France 24 discusses prosecutors’ appeal-stage submissions in Marine Le Pen’s trial for misappropriation of public funds. Historian Jean Garrigue argues the evidence makes a reversal unlikely and that ineligibility penalties are expected; even a modest reduction would need to fall below two years to avoid blocking a presidential run. He says a cassation appeal would likely be too slow given the election timeline and notes the party is preparing Jordan Bardella as a substitute candidate. Garrigue highlights how unusual it is in French politics for a leader to openly anoint a successor, and assesses the strategic risks and potential advantages of Bardella, including a greater capacity to build a broader right-wing alliance involving figures like Marion Maréchal and possibly parts of the traditional right.
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Analysis of appeal requisitions in Marine Le Pen case
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Arow Key Takeaways
  • Prosecutors seek to largely confirm first-instance criminal liability and ineligibility penalties.
  • Given the evidence and precedent, an appellate reversal or major reduction appears unlikely.
  • To avoid blocking a presidential bid, any ineligibility reduction would likely need to be under two years.
  • Even with a reduced sentence, prison or electronic monitoring could hinder campaigning.
  • A cassation appeal is viewed as impractical within the tight pre-election timeline.
  • RN is preparing Jordan Bardella as a potential replacement candidate.
  • Le Pen’s public promotion of a successor is atypical in French political tradition.
  • Bardella may be better positioned than Le Pen to pursue a broader ‘union of the right,’ including outreach to Marion Maréchal and segments of the traditional right.
Arow Sentiments
Neutral: The tone is analytical and political-legal, weighing likely judicial outcomes, timelines, and strategic party implications without overt emotional language.
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