[00:00:09] Speaker 1: Musique Sortir du métro, longer un trottoir, patienter à un passage piéton. A Londres, ces gestes ordinaires peuvent suffire à déclencher un contrôle invisible où chaque visage est capté, scanné et confronté en un instant à une base de données policières. Longtemps cantonné à la science-fiction, la reconnaissance faciale en direct est devenue un outil du quotidien pour Scotland Yard. Exceptionnellement, nous avons pu accompagner les forces de l'ordre. Au cœur du dispositif, ce fourgon rouge bardé de caméras, installé ce jour-là près d'une rue piétonne très fréquentée. A bord, le sergent qui coordonne l'opération doit rester anonyme pour des raisons de sécurité. A chaque fois que le système détecte un visage, il le compare instantanément à la liste de surveillance. Aujourd'hui, elle compte 1500 personnes. Combien de visages pouvez-vous scanner en même temps ? Des centaines par minute.
[00:01:03] Speaker 2: Il nous arrive de le faire lors de matchs de foot, quand 60 000 spectateurs sortent du stade en même temps.
[00:01:09] Speaker 1: A l'extérieur, les policiers sont équipés de téléphones spéciaux qui les alertent en cas de détection d'un suspect.
[00:01:16] Speaker 3: En cliquant sur l'image que vous recevez, vous obtiendrez deux photos pour mieux le reconnaître.
[00:01:20] Speaker 1: Nous faisons le test en entrant temporairement mon visage dans la base de données des personnes recherchées. Puis je m'engage sur l'écran. Je me cache dans la rue, sous l'œil des caméras. En quelques secondes, le système me reconnaît. L'alerte est diffusée aux policiers. En une heure seulement, ils procèdent à cinq interpellations entièrement guidées par la technologie. Certains suspects sont sous mandat d'arrêt. D'autres sous contrôle judiciaire doivent justifier leur présence dans ce quartier. Cet outil permet à la police londonienne d'être plus efficace selon elle.
[00:01:52] Speaker 3: La première fois que nous avons utilisé la reconnaissance faciale dans ce quartier, nous avons arrêté 17 personnes en cinq heures. Alors qu'en moyenne, il nous faut environ deux jours pour trouver une personne recherchée avec des moyens traditionnels.
[00:02:04] Speaker 1: Plus de 1500 arrestations à Londres en deux ans. C'est le bilan de ce système, régulièrement déployé dans la rue et dans de grands rassemblements. Au carnaval de Notting Hill l'été dernier, les caméras ont permis de mettre la main sur 61 personnes recherchées, dont sept hommes, qui échappaient à la police depuis dix ans. Vous faites l'objet d'un rappel en détention depuis trois ans. Face à ce succès, le Royaume-Uni investit pour généraliser ce dispositif à l'ensemble du pays. Un outil qui divise les britanniques.
[00:02:37] Speaker 4: Pourquoi devrais-je être filmée et fichée à chaque coin de rue ? Je veux être libre et maître de mes choix.
[00:02:45] Speaker 3: Ça me met mal à l'aise, mais je comprends le raisonnement. Je trouve que c'est moins biaisé qu'un contrôle aux faciès. La reconnaissance faciale est probablement moins discriminatoire, et c'est sans doute mieux.
[00:02:55] Speaker 1: Pour l'heure, l'usage de la reconnaissance faciale est peu encadré au Royaume-Uni. Des associations réclament davantage de garde-fous, car elles dénoncent un manque de transparence de la part de la police.
[00:03:05] Speaker 2: Vous pouvez être ajouté à une liste de surveillance pour avoir été simplement témoin d'un délit, ou parce que vous pourriez connaître une personne recherchée. Même des enfants de 12 ans ont été inscrits sur ces listes, et la police n'a jamais pu nous en donner la raison.
[00:03:19] Speaker 1: Londres est déjà la capitale la plus surveillée d'Europe, mais ces centaines de milliers de caméras dans l'espace public ne sont pour la plupart pas d'une qualité suffisante pour permettre la reconnaissance faciale généralisée. Une limite technologique, mais pour combien de temps encore ?
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