[00:00:00] Speaker 1: Après une étape à Berlin hier, les voilà donc en escale à Paris. Les premiers ministres groenlandais et danois sont reçus à l'Elysée par le président français aujourd'hui. Jens-Frédéric Nielsen et Mette Frederik Riksen viennent chercher des gages de soutien de la part des Français. On va aller prendre le pouls tout de suite à l'Elysée. On se trouve pour nous Clovis Casali. Bonjour Clovis. Je le disais en introduction, déjeuner de travail organisé entre ces trois-là. Sécurité et souveraineté du Groenland seront au menu de cette séquence, visiblement.
[00:00:29] Speaker 2: L'Elysée a souligné que la France, tout comme l'Europe, se tiennent aux côtés du Groenland pour l'accompagner d'un point de vue social et économique, mais tout en défendant son intégrité territoriale et donc sa souveraineté. Ce sont des points très clairs pour l'Elysée. Il va donc y avoir ce déjeuner au palais de l'Elysée avec Emmanuel Macron, le président de la République, la première ministre danoise Mette Frederiksen et le premier ministre groenlandais, M. Nielsen. Avant cela, il y aura une déclaration à la presse. Vous le savez, Donald Trump à Davos a souligné qu'il n'allait pas recourir à la force pour obtenir le Groenland, mais ça ne veut pas dire que les États-Unis ne veulent plus de l'île Arctique. Bien au contraire, ils veulent toujours prendre le contrôle de cette île d'une manière ou d'une autre. Et donc le Groenland et le Danemark sont sur leur garde. La France, elle, souligne, répète sans cesse qu'il faut défendre l'intégrité territoriale. Le Groenland. Et il y a des négociations qui ont lieu entre les Américains, les Danois et les Groenlandais. On sait qu'il y a déjà un groupe de travail de haut niveau qui s'est constitué pour décider de la suite des événements. On sait, par exemple, que les États-Unis soulignent qu'il faut absolument davantage de surveillance dans la zone, dans la région de l'Arctique, davantage de participation militaire des Européens. Les Européens, les Danois, les Groenlandais sont d'accord. Et puis il y a ce point sur des poches de souveraineté. Comprenez, les Américains pourraient vouloir prendre le contrôle de certaines parties du territoire groenlandais. Et là, c'est une ligne rouge pour Nuuk, pour le Premier ministre groenlandais Nielsen, qui l'a répété ce matin à Sciences Po, où il participait à une conférence aux côtés de la Première ministre danoise. Nous y étions. Et je peux vous dire que les deux territoires, le Groenland et le Danemark, sont apparus unis. Merci. Elle a souligné que l'ancien monde, c'est fini, qu'il va y avoir un nouvel ordre international. Comprenez, pas le même que celui hérité de la Deuxième Guerre mondiale. Tout a changé avec Donald Trump, mais aussi avec la Russie et la Chine.
[00:02:43] Speaker 1: Merci beaucoup, Clovis, qu'on retrouvera donc tout à l'heure à un moment de cette séquence. Ce sera évidemment l'objet de l'Info du jour. Et on va aller plus loin avec vous aussi, Anne Corpé. Bonjour, Anne. Bonjour. Le président américain, on s'en souvient tous, a finalement fait volte-face la semaine dernière à Davos. Après des échanges avec le secrétaire général de l'OTAN, Marc Routteux. Mais si Donald Trump a atténué la semaine dernière sa position, les Européens, ils restent extrêmement prudents, voire sceptiques aujourd'hui.
[00:03:11] Speaker 3: Oui, parce que la conquête du Groenland n'est pas une lubie passagère de Donald Trump. Il martèle son ambition de conquérir le territoire depuis la fin de son premier mandat. Et depuis son retour à la Maison-Blanche, les Etats-Unis sont très actifs sur le territoire groenlandais. Ils ont mené de nombreuses actions. De renseignements et d'influence. Dès le début de l'année 2025, on s'en souvient, avec la visite sur place du fils du président, Donald Trump Jr., accompagné de Youtubers, puis avec celle de G. Devens, le vice-président américain. Des déplacements hautement médiatisés, mais qui n'ont pas réussi à conquérir le cœur des Groenlandais, qui ont clairement manifesté leur rejet de toute perspective d'une annexion américaine. Et puis les choses se sont clairement accélérées, fin 2025, début 2026, d'abord avec la nomination d'un émissaire spécial pour le Groenland dans la personne du gouverneur de Louisiane, puis avec ce tweet quelques heures seulement après l'opération menée au Venezuela de l'épouse de Stephen Miller, conseiller du président, sur lequel on voyait une carte des Etats-Unis et du Groenland sous le drapeau américain avec ce mot « Soon », « Bientôt » en lettres majuscules, un tweet qui a mis le feu aux poudres en Europe, surtout qu'il a été suivi de déclarations de Stephen Miller lui-même, qui a dit « Personne n'ira défendre le Groenland », de propos répétés du président américain sur la nécessité de conquérir le territoire pour des raisons impérieuses de sécurité. Alors tout cela est toujours pris très au sérieux par les Européens, qui ont d'ailleurs immédiatement réagi en envoyant quelques dizaines de soldats sur place, une mission qui visait à montrer un signalement stratégique, mais aussi une mission qui visait à appréhender des possibles scénarios d'annexion. Cela a déclenché, comme on le sait, la fureur de Donald Trump, ses menaces de droits de douane. Là aussi, l'Europe n'a pas baissé les bras, elle s'est montrée très combative. Il y a eu cette espèce de dénouement, effectivement, à Davos avec une reculade du président américain, mais son ambition demeure sur le territoire de Groenland.
[00:05:26] Speaker 1: Voilà, d'où ce scepticisme aujourd'hui. Alors on se souvient que la tension est retombée comme elle était arrivée, d'un coup. Trump est passé aussi vite à un autre dossier, après cette entretenue avec Marc Routteux. Ça restait très vague, il y avait le cadre d'un accord qui était posé, c'est ce qu'on nous a annoncé. Ils se sont parlé, est-ce qu'on en sait plus aujourd'hui ?
[00:05:47] Speaker 3: Alors d'abord, c'est après, effectivement, sa rencontre avec Marc Routteux, mais aussi et peut-être surtout après la chute brutale de la bourse. La bourse américaine, suite à l'escalade et à la riposte annoncée par les Européens. Alors quant à ce qui a été décidé entre Marc Routteux et Donald Trump, on n'en sait pas grand-chose. Hier à Bruxelles, le secrétaire général de l'OTAN a dit s'être entendu avec le président américain sur deux axes de travail. Le premier concerne, comme le disait Clovis il y a un instant, le développement de l'OTAN dans la zone arctique pour faire face aux menaces russes et chinoises, même si aucune augmentation de la présence chinoise et russe. Cela a été constaté aux abords du Groenland. Là-dessus, il y a un consensus, les alliés sont d'accord. La deuxième, ça ne concerne pas l'alliance atlantique, c'est ces discussions en cours entre le Danemark, le Groenland et les Etats-Unis. Donald Trump a dit qu'il voulait un accès total et permanent au Groenland. Le Groenland et le Danemark ont marqué clairement leur ligne rouge. Mais ce qu'il faut noter, c'est qu'il y a une méfiance qui s'est installée entre les Européens et le secrétaire général de l'OTAN, qui a balayé hier la possibilité d'une autonomie stratégique européenne, ce qui a entraîné une riposte immédiate de Paris avec un tweet de Jean-Noël Barraud, « Non, Marc Routteux, les Européens peuvent et doivent prendre en charge leur sécurité ». C'est donc de nouvelles tensions qui apparaissent entre le secrétaire général de l'OTAN et les Européens à l'occasion de cette crise autour du Groenland.
[00:07:18] Speaker 1: On l'a senti, l'agacement d'une partie des Européens vis-à-vis de Marc Routteux. On va vous en reparler, évidemment. Toute cette émission, notamment avec Pascal Johannin, tout à l'heure à 13h, hors de Paris. Merci beaucoup, Anne Corpé, qu'on retrouvera également pour débriefer les éventuelles prises de parole.
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