Macron’s Davos moment, Lecornu’s 49.3, Paris race (Full Transcript)

France 24 analysis: Macron’s viral Davos stance, Lecornu’s budget via 49.3, and a foggy, alliance-driven Paris municipal contest.
Download Transcript (DOCX)
Speakers
add Add new speaker

[00:00:02] Speaker 1: L'Essentiel Politique, ce soir c'est avec Arnaud Benedetti. Bonsoir.

[00:00:05] Speaker 2: Bonsoir à vous.

[00:00:06] Speaker 1: Vous êtes directeur de la Nouvelle Revue Politique et dans un instant on va revenir avec vous sur un discours devenu viral, celui d'Emmanuel Macron mardi dernier à Davos, lunette aviateur sur le nez. Le président français a employé des formules choc pour défendre l'Europe et le Groenland. Est-ce suffisant pour redorer son image ? Vous nous donnerez votre sentiment. On évoquera aussi l'utilisation par Sébastien Lecornu du 49-3 pour faire passer le budget. Le volet recette a été adopté, ni le RN ni la France Insoumise n'ont pu l'en empêcher. Est-ce une victoire de la méthode Lecornu ? Enfin, les municipales, c'est dans 50 jours précisément et à Paris, il n'y a jamais eu autant d'incertitudes. Un sondage IFOP révèle une élection particulièrement serrée dans la capitale. Il a donc fait la une des journaux cette semaine avec son look de dur à cuire. Emmanuel Macron a pris la lumière lors du forum de Davos. Avec des formules choc comme celle-ci.

[00:01:01] Speaker 3: Mais nous préférons le respect des bullies. Nous préférons la science. Nous préférons le plotisme. Et nous préférons la loi de l'ordre à la brutalité.

[00:01:32] Speaker 1: Arnaud Benedetti, sur le fond tout d'abord, le fait que le président français tienne tête à Donald Trump. Tout le monde applaudit.

[00:01:41] Speaker 2: Oui, vraisemblablement en tout cas. Au niveau français, ce qui est intéressant, c'est que son intervention n'a pas suscité de critique. Et on a vu d'ailleurs tant du côté de LFI que du Rassemblement National. On considérait qu'à partir du moment où le président de la République avait été attaqué par Donald Trump, c'était la France qui était attaquée, c'était l'image de la France qui était attaquée. Et donc il était hors de question, évidemment, de critiquer le président de la République et de l'affaiblir, d'autant plus qu'il s'exprimait à l'étranger. Donc il bénéficie, si vous voulez, d'un contexte de ce point de vue-là qui est plutôt favorable. Après, on voit qu'aussi sur le niveau européen, il a eu plutôt le soutien d'un certain nombre de responsables politiques européens. Quelque part, le contexte le sert. C'est vrai que... C'est vrai que l'international, aujourd'hui, pour un président de la République qui est en fin de mandat, une fin de mandat quand même particulièrement difficile et où il est quand même très empêché nationalement, où il ne peut plus véritablement peser sur le cours des choses, l'international devient une scène où il peut se redonner un peu de légitimité. Alors après, la question qu'il faut se poser, c'est de savoir si c'est la forme ou le fond, si c'est le signifiant ou le signifié, comme on dit en linguistique, qui l'emporte. Je pense que la forme... En effet, explique récemment la viralisation de ce discours. Ce président qui vient avec des lunettes noires s'exprimer devant un parterre international. En tout cas, ce qui est évident et ce qui est sûr, c'est que pour ce moment très particulier, Emmanuel Macron s'en est plutôt bien sorti. Mais c'est un moment. Et un moment, par essence, c'est toujours éphémère.

[00:03:23] Speaker 1: Il y a eu des mèmes à son sujet. Il y a eu des remises. des remixes eux-mêmes, la presse étangère l'a mis en une de ses journaux. Emmanuel Macron, il a compris qu'il fallait faire comme Trump de la politique spectacle ?

[00:03:37] Speaker 2: Oui, alors vous savez, ça fait très longtemps qu'Emmanuel Macron a compris que la communication était un levier essentiel pour exister politiquement. Il se trouve qu'en 2018, j'avais publié un petit ouvrage qui s'appelait « Le coup de comble permanent » et qui décryptait les stratégies de communication d'Emmanuel Macron. Donc ce n'est pas nouveau, si vous voulez, sauf que clairement, Trump a, j'allais dire, upgradé d'une certaine manière les dispositifs communiquants en étant dans un rapport de force constant, en étant brutal, en cassant les codes de la communication. Alors Emmanuel Macron n'est pas tout à fait dans ce registre, mais quelque part, il veut montrer à Trump qu'il veut imposer un rapport de force que l'on qualifierait de viril, qu'il en est capable lui aussi. Mais encore une fois, on est véritablement... On est véritablement là dans des questions d'images. Est-ce que les questions d'images auront ensuite, j'allais dire, un impact sur l'opinion et notamment sur l'opinion publique nationale ? C'est véritablement là, pour le coup, une autre question, une autre interrogation.

[00:04:37] Speaker 1: Sébastien Lecornu a lui aussi sorti les muscles cette semaine avec un passage en force budgétaire. Il a utilisé le 49-3 pour faire adopter le volet recette du budget, même s'il avait promis de ne jamais le faire. La méthode Lecornu a fonctionné. Les deux motions de censure déposées contre lui ont été rejetées. Cela devrait également être le cas la semaine prochaine pour la partie dépenses du budget. Bref, on en voit enfin le bout. Est-ce que Sébastien Lecornu sort renforcé de cette séquence et est parti pour durer jusqu'à la fin du mandat d'Emmanuel Macron ?

[00:05:07] Speaker 2: En tout cas, c'était une hypothèse qui apparaissait hautement improbable il y a encore quelques mois, voire quelques semaines. Et l'hypothèse que finalement Sébastien Lecornu accompagne le président de la République jusqu'à la fin de son quinquennat est une hypothèse. Ce qui aujourd'hui est possible. Alors, est-ce qu'il y a un succès de la méthode Lecornu ? Je ne suis pas sûr qu'on puisse le dire dans ces termes. La réalité, c'est qu'à la différence de ses prédécesseurs, il n'a pas essuyé les plâtres. Les deux prédécesseurs qui ont été à Matignon, autant M. Barnier que M. Bayrou, se sont retrouvés dans une situation qui était en effet particulièrement nouvelle et inédite. Et de ce point de vue-là, Sébastien Lecornu a quelque part peut-être tiré des leçons. Des échecs de ses prédécesseurs.

[00:05:56] Speaker 1: Et puis il a fait beaucoup de concessions, non ?

[00:05:58] Speaker 2: Ensuite, voilà, le deuxième point, c'est qu'il fait des concessions importantes, notamment des concessions importantes au Parti Socialiste. Et que ce qu'il a servi, vraisemblablement, d'une certaine manière, c'est que les anciennes forces de gouvernement, que sont d'un côté LR et de l'autre le Parti Socialiste, ont quelque part, sans le dire, eu peur des électeurs. C'est-à-dire qu'un retour aux urnes, pour l'un comme pour l'autre, c'est-à-dire une censure qui aurait entraîné une dissolution, a peut-être réfréné, d'une certaine manière, les pulsions de censure dans cette année 2025, dans cette fin d'année 2025 et dans ce début d'année 2026, de ces deux formations politiques. Ceci expliquant, d'une certaine façon, le succès de M. Lecornu. Maintenant, c'est de savoir qu'est-ce qu'il va faire. Comment peut-il être encore utile ? Rappelez-vous, le président de la République avait dit, qu'il fallait que cette année soit utile. Le problème, c'est que le calendrier est compliqué, d'abord, parce que nous avons les municipales. Ensuite, nous aurons des sénatoriales au mois de septembre. Et puis arrivera à nouveau le budget, et qu'on rentrera très vite dans une élection présidentielle. La capacité, si vous voulez, du Premier ministre à pouvoir faire adopter des textes, qui soient des textes structurants, apparaît quand même considérablement limitée.

[00:07:15] Speaker 1: Troisième et dernier titre, thème Paris à 50 jours, très précisément, des municipales. Les sondages montrent un scrutin. Un scrutin extrêmement serré. Selon un sondage IFOP Fils du Ciel pour le Parisien, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire est donné en tête du premier tour, devant l'actuel ministre de la Culture, la candidate LR Rachida Dati. Malgré tout, l'issue du second tour reste incertaine, en fonction des alliances et des reports de voix. Qui a les meilleures cartes, aujourd'hui, Arnaud Benedetti, pour remporter Paris ?

[00:07:44] Speaker 2: On est véritablement dans un brouillard. Parce que quand vous regardez les équilibres de force, vous voyez quasiment, au premier tour, finalement, M. Grégoire et Mme Dati, qui ne sont pas loin l'un de l'autre. Et puis ensuite, vous avez trois, voire quatre offres politiques qui, derrière, vont jouer un rôle extrêmement important au second tour. Vous avez M. Bournazel, qui est le candidat d'horizon, qui, selon les sondages, est donné à 12 ou à 16, et dont, finalement, le poids au second tour de cette élection sera absolument capital. Vous avez ensuite Mme Chikirou de la France Insoumise. Est-ce qu'il y aura alliance entre le candidat socialiste et la France Insoumise ? En tout cas, ça n'en prend pas le chemin à ce stade. Vous avez ensuite, en effet, quelles seront les forces politiques que constituent Reconquête, avec Mme Knafou et le Rassemblement National. Ils prennent des voix à Rachida Dati, non ? Ils prennent des voix à Rachida Dati. Là aussi, il faudra savoir ce qu'ils feront dans un second tour. Donc, on est véritablement... On a ouvert une boîte de Pandore, et on ne sait pas trop ce qui va en sortir dans les semaines qui viennent. Ce qui est sûr, c'est que, si vous voulez, Mme Dati, à la fois, on va avoir une boîte de Pandore, on va avoir l'avantage, aujourd'hui, de combattre les sortants. De combattre les sortants qui, finalement, gèrent la capitale depuis 25 ans. Donc, quand vous êtes un sortant, c'est surtout après une très longue période de gestion municipale, plus de deux décennies, évidemment, vous pouvez être confronté à un besoin d'alternance, un besoin de changement. Et, clairement, aujourd'hui, Rachida Dati joue cette carte. Elle joue une carte qui sera, en tout cas, extrêmement tributaire, à la fois de M. Bournazel, également de Mme Knafo, parce qu'il y a une petite dynamique pour Mme Knafo, comme le montre, aujourd'hui, le sondage de l'IFOP. Il semblerait qu'elle prenne pas mal de catégories sociales, dans pas mal d'arrondissements. Donc, il faudra voir quelles sont ses évolutions et quelle est l'évolution de la tectonique électorale et des intentions de vote dans les jours qui viennent, et dans les semaines qui viennent.

[00:09:47] Speaker 1: Il y a, bien sûr, d'autres villes à suivre très près, comme celle de Marseille, où, de Lyon, on aura l'occasion d'en reparler dans nos prochaines émissions. Merci à vous, Arnaud Benedetti, d'avoir fait le déplacement. Merci à France 24 et à vous de nous rester fidèles pour cette émission. Tout de suite, c'est le Journal de l'Afrique avec Fatima Tawane.

ai AI Insights
Arow Summary
In a France 24 segment, political analyst Arnaud Benedetti discusses three French political developments: Emmanuel Macron’s viral Davos speech framed as standing up to Donald Trump; Prime Minister Sébastien Lecornu’s use of Article 49.3 to pass the budget’s revenue section despite prior promises; and the highly uncertain Paris municipal election 50 days out, with tight polling between Socialist Emmanuel Grégoire and LR’s Rachida Dati and pivotal roles for other candidates and second-round alliances.
Arow Title
Macron at Davos, Lecornu’s 49.3 budget move, and Paris election uncertainty
Arow Keywords
Emmanuel Macron Remove
Davos Remove
Donald Trump Remove
political communication Remove
France 24 Remove
Arnaud Benedetti Remove
Article 49.3 Remove
Sébastien Lecornu Remove
budget vote Remove
motions of censure Remove
French politics Remove
Paris municipal election Remove
IFOP poll Remove
Emmanuel Grégoire Remove
Rachida Dati Remove
Pierre-Yves Bournazel Remove
La France Insoumise Remove
Sophia Chikirou Remove
Reconquête Remove
Sarah Knafo Remove
Rassemblement National Remove
second-round alliances Remove
Arow Key Takeaways
  • Macron’s Davos speech drew broad domestic support because criticism abroad could be framed as weakening France amid perceived attacks from Trump.
  • The virality of Macron’s intervention is attributed largely to political spectacle and communication strategy, though its lasting impact on French public opinion is uncertain.
  • Lecornu survived censure votes after using 49.3, helped by concessions (notably to the Socialist Party) and parties’ fear of dissolution and electoral punishment.
  • Lecornu’s apparent ‘success’ may reflect lessons from predecessors and a changed parliamentary context more than a durable governing method.
  • Even if the budget passes, the legislative window for major reforms is narrow due to upcoming municipal elections, senatorial elections, and the accelerating presidential timeline.
  • Paris municipal elections appear extremely tight; second-round outcomes hinge on alliances and vote transfers involving Bournazel (Horizons), LFI, and right-wing parties (Reconquête and RN).
  • Dati’s key argument is the desire for alternance after 25 years of similar municipal leadership, but she risks vote leakage to Knafo/RN blocs.
Arow Sentiments
Neutral: The discussion is analytical and descriptive, noting favorable context for Macron internationally, pragmatic parliamentary dynamics around the budget, and uncertainty in Paris polling without strong value judgments.
Arow Enter your query
{{ secondsToHumanTime(time) }}
Back
Forward
{{ Math.round(speed * 100) / 100 }}x
{{ secondsToHumanTime(duration) }}
close
New speaker
Add speaker
close
Edit speaker
Save changes
close
Share Transcript