[00:00:00] Speaker 1: C'est l'heure du journal de l'Afrique, soyez les bienvenus sur France 24. À la une ce soir, la reprise des attaques terroristes contre les camions-citernes au Mali. À 15 jours du ramadan, les autorités maliennes promettent d'y mettre fin pour éviter les pénuries de carburant et de denrées alimentaires. La correspondance régionale dans un instant. Ce nouvel épisode de la crise diplomatique entre l'Afrique du Sud et Israël. Le chargé d'affaires israélien en poste sur le territoire sud-africain est déclaré persona non grata par Pretoria. Nous serons au cap dans ce journal. Enfin, des créateurs qui se mobilisent contre la fast fashion au Kenya pour la clôture de la Fashion Week ce week-end. Un défilé d'une collection décarbonée a eu lieu à Nairobi, le Kenya, et l'un des pays les plus touchés par la pollution textile. Les détails à la fin de ce journal. Au Mali, les attaques de camions-citernes ont repris après une accalmie. Les djihadistes du JNIM, le groupe de soutien à l'islam et aux musulmans affiliés à Al-Qaïda, ont de nouveau sévi dans l'ouest du pays jeudi dernier. Pour en parler, on retrouve tout de suite notre correspondant régional Serge Daniel. Serge, bonsoir. Alors, la semaine dernière, plusieurs dizaines de camions ont été détruits, des chauffeurs tués. Comment expliquer cette situation ?
[00:01:25] Speaker 2: Alors, il y a eu un changement de stratégie sur le terrain. Vous savez que le Mali est un pays continental, donc il n'a pas accès à la mer. Il fait venir son carburant de deux pays voisins, la Côte d'Ivoire et le Sénégal, donc de l'ouest et du sud du Mali. Et ce qu'on constate, c'est que lorsque l'armée malienne renforce ses positions au sud, les djihadistes attaquent les camions à l'ouest. Et lorsque c'est l'ouest, ils attaquent plutôt au sud. Donc, changement de tactique. Ensuite, est-ce qu'il y a eu la fin de la trêve ? On peut se poser la question. Bamako a toujours dit que nous n'avons jamais négocié une trêve avec les djihadistes, mais les djihadistes, de leur côté, disent que nous avons discuté à un moment avec l'État. Alors, est-ce que c'est la fin de la trêve ? Est-ce qu'il y a eu une trêve ? C'est la fin de la trêve entre les belligérants. Et puis, l'autre chose qu'il faut dire quand même, c'est que les Russes, les paramilitaires russes, contribuaient efficacement à la protection, justement, à la sécurisation des convois. On les voit de moins en moins sur les chemins, sur les routes. Est-ce que c'est aussi une raison ? En tout cas, les dernières attaques ont causé, comme vous l'avez dit, de nombreuses victimes.
[00:02:31] Speaker 1: Alors Serge, je le disais tout à l'heure, le mois de Ramadan, le mois de jeûne pour les musulmans approche, et l'État entend agir pour faire face aux blocus imposés par les djihadistes. Bamako doit à tout prix assurer l'approvisionnement de carburant et également de vivres.
[00:02:47] Speaker 2: Ah oui, tout à fait. Et le gouvernement malien a décidé, dit-on à Bamako, d'assurer la sécurité, l'approvisionnement d'abord en carburant, parce que c'est un mois important pour les musulmans, 2 millions de musulmans. Il y aura un renforcement du dispositif sécuritaire pour faire venir le carburant des deux pays, la Côte d'Ivoire et le Sénégal notamment. Mais de l'autre côté, c'est important, Bamako dit, oui, nous allons approvisionner le pays en carburant, mais nous allons tout faire pour renforcer le dispositif sécuritaire autour des produits vivriers. Nous allons accorder des exonérations aux commerçants, pour qu'à la base, les populations puissent s'approvisionner en carburant et en produits vivriers pour pouvoir faire un bon Ramadan.
[00:03:37] Speaker 1: Merci beaucoup Serge Daniel, notre correspondant régional. Merci pour ce décryptage. En Centrafrique, la Cour pénale spéciale a ouvert une instruction dans l'affaire dite de Boussembele, une affaire qui vise l'ancien président François Bozizé et trois de ses proches collaborateurs. L'ex-chef de l'État, aujourd'hui en exil en Guinée-Bissau, pourrait faire l'objet d'une demande d'extradition. La correspondance à Bangui de Pacom Pabanji avec Jospin Bissi.
[00:04:05] Speaker 3: Le dossier est désormais renvoyé devant la section d'assises de la Cour pénale spéciale. Mais une grande incertitude demeure. François Bozizé sera-t-il présent à son procès ? L'ancien chef de l'État vit en exil en Guinée-Bissau. Et aucun accord d'extradition ne lie pour l'instant. Ce pays à la République centrafricaine. Selon nos informations, des démarches diplomatiques et judiciaires sont en cours. Et en cas de refus des autorités bissau-guinéennes, la CPS assure qu'elle explorera d'autres voies juridiques pour tenter d'obtenir sa comparution.
[00:04:39] Speaker 4: Il est très important que le président Bozizé, de par même sa propre volonté, il peut vouloir à ce que lui-même il vienne à Bangui pour être jugé. Et si un mandat d'arrêt international a été lancé à son encontre, c'est-à-dire qu'il soit jugé en présentiel, que par son propre gré ou par d'autres moyens possibles, la Cour pénale spéciale est en train de faire le nécessaire possible afin qu'il soit présent lui-même lors de l'ouverture du procès.
[00:05:07] Speaker 3: Aucune date officielle n'a encore été annoncée. Mais en coulisses, l'objectif évoqué serait un procès dès avril 2026. Un procès qui pourrait donc se tenir avec ou sans l'ancien président dans le box des accusés. Un moment judiciaire très attendu. Dans un pays où la lutte contre l'impunité reste un enjeu majeur.
[00:05:27] Speaker 1: On en vient à cette nouvelle crise diplomatique entre l'Afrique du Sud et Israël. Le chargé d'affaires israélien est persona non grata en Afrique du Sud. Il doit quitter ce lundi le territoire après plusieurs rappels à l'ordre de Pretoria. Les explications de notre correspondante au Cap, Caroline Dumé.
[00:05:45] Speaker 5: Ariel Seidman était le chargé d'affaires en poste à Pretoria depuis l'année dernière. La plus importante personnalité diplomatique car Israël n'a plus d'ambassadeur en Afrique du Sud depuis que Pretoria l'a attaqué devant la justice internationale pour génocide. Ariel Seidman a été déclaré persona non grata car le ministère des Affaires étrangères a considéré qu'il avait outrepassé ses privilèges diplomatiques. On lui reproche d'avoir plusieurs fois insulté le président Cyril Ramaphosa. Mais surtout d'avoir organisé le mois dernier une visite avec des officiels israéliens dans des hôpitaux de la province orientale du Cap. Il était avec le roi Amatambou d'Aliyingbo et il a promis une coopération. Il a même fait des dons au nom de l'État d'Israël. Le problème, c'est que le ministère des Affaires étrangères n'était absolument pas au courant. Ariel Seidman a été déclaré persona non grata en Afrique du Sud. Il avait 72 heures pour faire ses bagages. En guise de réciprocité, Israël a aussi expulsé le représentant sud-africain Aramala.
[00:07:01] Speaker 1: Dans le reste de l'actualité, en bref et en images, le bilan du cyclone tropical Fiti qui a touché le nord-ouest de Madagascar ce week-end. Au moins 7 personnes ont été tuées et plus de 20 000 ont dû quitter leur domicile. Les rafales de vent ont atteint les 210 km heure. Le cyclone s'est finalement affaibli en traversant la grande île qu'il a quittée dimanche matin par la côte est. Il a été rétrogradé en tempête tropicale modérée. Cette attaque de drones sur l'aéroport stratégique de Kisangani dans le nord-est de la République démocratique du Congo a été ciblée ce week-end selon le gouvernement de la province de la Tchopo. L'attaque n'a pas été revendiquée à ce stade. Mais les autorités locales accusent le M23 et son allié le Rwanda. D'en être à l'origine. Un avion de ligne a atterri dimanche à Khartoum, la capitale soudanaise. Une reprise après quasiment trois ans d'interruption en raison de la guerre qui ravage le pays. Ce vol marque la reprise effective des opérations de l'aéroport qui avait cessé son activité depuis le début du conflit entre l'armée régulière et les paramilitaires des forces de soutien rapide en avril 2023. Plus de trois ans après la signature... ... des accords de Pretoria qui avaient mis fin à deux ans de guerre civile en Éthiopie. Les combats ont repris entre les troupes fédérales et celles du Tigré. Les responsables tigréens veulent montrer des signes d'apaisement mais ils demandent des concessions à Addis Abeba, la correspondance régionale de Bastien-Renouilh.
[00:08:38] Speaker 6: Huit organisations de la société civile tigraine ont publié un communiqué commun demandant aux parties prenantes au conflit d'arrêter la guerre et de privilégier le dialogue. Elles affirment que... ... le peuple tigré... ... ne pourrait pas survivre à un nouveau conflit. Lui qui a déjà tant de mal à se remettre du conflit qui a eu lieu entre 2020 et 2022 et qui, je le rappelle, avait fait près de 600 000 morts selon l'Union africaine. Toute la population civile du Tigré est extrêmement inquiète. En cours de la semaine qui s'est écoulée, il y a eu des combats entre l'armée fédérale et l'armée tigréenne. Et puis ce week-end, l'armée fédérale a utilisé des drones pour fermer le Tigré. Il y a au moins un mort et un blessé à déplorer. Lors d'une interview sur la télévision régionale, Tigréen, le chef de l'administration intérimaire, TDC-ORD, a affirmé qu'il ne souhaite pas voir un nouveau conflit au Tigré. C'est pour cela, dit-il, que les troupes tigréennes ont été retirées d'une région disputée entre le gouvernement fédéral et le gouvernement régional pour essayer d'apaiser les tensions. Il est prêt au dialogue, dit-il, mais il faudrait également que le gouvernement fédéral fasse un geste en direction du Tigré en favorisant notamment le retour des déplacés du conflit de 2020-2022 et également à ce que... Une administration pérenne voit de nouveau le jour au Tigré, lui qui est chef d'une administration intérimaire. S'il fait donc un pas en direction du gouvernement fédéral, il reste extrêmement ferme et ne cache pas être prêt à utiliser la force. Si ces conditions n'étaient pas réunies, la guerre pourrait reprendre au Tigré, dit-il.
[00:10:07] Speaker 1: Avant de se quitter, on vous parle de la 8e édition de la Nairobi Fashion Week. Elle a clôturé ce week-end par un défilé dans la capitale kényane, un défilé sur le thème de la décarbonisation. À l'heure de la fast fashion, l'objectif est de promouvoir une mode plus durable, d'autant que le Kenya est particulièrement confronté à la pollution textile. Aline Botin.
[00:10:32] Speaker 7: Un défilé sur un podium, comme un plaidoyer pour le climat. À Nairobi, cette 8e édition de la Fashion Week invite les créateurs et spectateurs à s'interroger sur l'impact environnemental de la mode.
[00:10:45] Speaker 8: Quand on parle de décarbonisation,
[00:10:48] Speaker 9: beaucoup de gens pensent au combustible fossile. Mais la mode est le 2e émetteur d'émissions de carbone au niveau mondial. Nous devons donc y réfléchir de manière critique et voir comment nous pouvons traiter cela.
[00:11:03] Speaker 7: Chaque année, 92 millions de tonnes de textiles sont jetées à travers le monde. Alors, pour certains créateurs, la seconde main s'est imposée comme une évidence.
[00:11:13] Speaker 10: 80% de la collection que j'ai présentée aujourd'hui était composée de textiles de carbone. C'est-à-dire que la mode est un déficit. C'est un déficit de tissus recyclés. J'ai acheté beaucoup de ces tissus que vous avez vus dans la collection dans des marchés d'occasion, des marchés locaux ou du Gikomba.
[00:11:29] Speaker 7: Et ça n'est pas la matière qui manque. En 2023, le Kenya est devenu le premier importateur africain de vêtements de seconde main. Des milliers de tonnes de vêtements d'occasion en provenance d'Europe, des Etats-Unis et d'autres régions y affluent chaque année. Mais selon un centre de recherche suédois, plus de 30% de ces textiles sont inutilisables. Et finissent dans les décharges.
[00:11:51] Speaker 11: Ce que nous demandons réellement et ce pour quoi nous nous battons, c'est que les pays du Nord cessent le dumping et que les autorités locales veillent à ce que des mesures strictes soient mises en place au point d'entrée afin que tout produit de mauvaise qualité soit refusé.
[00:12:08] Speaker 7: La Fashion Week de Nairobi est donc une invitation à penser une mode plus lente et plus durable face à l'urgence de la fast fashion.
[00:12:15] Speaker 1: Voilà, c'est la fin du journal de l'Afrique. N'hésitez pas à revoir ce journal sur notre site internet france24.com rubrique le journal de l'Afrique. Et puis n'hésitez pas également à nous suivre sur notre chaîne WhatsApp. C'est la fin du journal de l'Afrique. Restez avec nous, l'info continue sur France 24.
[00:12:45] Speaker 12: Sous-titrage Société Radio-Canada
[00:13:15] Speaker 13: La Bulgarie s'apprête à tourner une page historique. Le 31 janvier, la monnaie bulgare, le lèvre, disparaît définitivement au profit de l'euro. Un changement de monnaie, mais aussi un tournant économique et politique pour ce pays le plus pauvre de l'Europe.
[00:13:32] Speaker 8: La zone euro va nous offrir une formidable opportunité de nous développer encore et nous permettra d'économiser sur les frais bancaires et les taux de change puisque nous aurons la même monnaie.
[00:13:45] Speaker 13: Mais derrière un enthousiasme, des inquiétudes persistent.
[00:13:49] Speaker 14: Deux ou trois mois avant l'entrée dans la zone euro, certains prix ont augmenté. Avec ma pension, c'est très dur.
[00:13:59] Speaker 13: Ne manquez pas sur France 24, notre émission spéciale Ici l'Europe sur la Bulgarie.
[00:14:08] Speaker 12: Pour comprendre le monde, il faut vivre au cœur des événements. De Jakarta à Beyrouth, en passant par Kinshasa, Kiev ou Washington. Les correspondants de France 24 sont partout. 200 correspondants qui habitent près de chez vous. Leur mission, vous informer partout dans le monde et à toute heure de la journée. Une information objective, sérieuse, fiable, indépendante. Des faits vérifiés, des fake news démasqués. France 24, on est ici, on est là. Et là pour vous informer. Sous-titrage Société Radio-Canada
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