[00:00:00] Speaker 1: Après la mort d'Alex Pratty, tué par ICE, la révolte gronde dans toutes les branches de la société américaine. La colère de la rue trouve désormais des échos parmi d'anciens présidents démocrates. Bill Clinton estime ainsi que l'administration Trump a menti sur les circonstances de la mort de l'infirmier, ainsi que sur celles de René Goode.
[00:00:19] Speaker 2: « Il appartient à tous ceux d'entre nous qui croient en la promesse de la démocratie américaine de se lever, de s'exprimer.
[00:00:27] Speaker 1: » Il appelle ses compatriotes à un sursaut.
[00:00:32] Speaker 3: « Le meurtre d'Alex Pratty est une tragédie déchirante. Il devrait aussi être un signal d'alarme pour tous les Américains, quel que soit leur parti politique, face au fait que nombre de nos valeurs fondamentales en tant que nation sont mises à mal.
[00:00:45] Speaker 1: » De son côté, Donald Trump impute la mort des deux Américains au chaos provoqué par les démocrates. Le gouverneur du Minnesota lui répond en exigeant une nouvelle fois le retrait des agents de la police anti-immigration de son État.
[00:00:56] Speaker 4: « Nous respectons la loi et l'ordre dans notre État. Nous croyons en la paix. » « Et nous pensons que Donald Trump doit retirer ces 3000 agents non entraînés de l'Aïs de notre État avant qu'il ne tue une personne de plus.
[00:01:07] Speaker 1: » Tim Walsh réclame aussi que l'enquête sur la mort d'Alex Pratty soit chapeautée par les autorités locales et non fédérales. Quelques élus républicains commencent aussi à exprimer leur malaise et à demander une enquête indépendante, comme les sénateurs de Louisiane, Bill Cassidy et de Caroline du Nord, Tom Tillis.
[00:01:24] Speaker 5: « Une enquête approfondie et impartiale doit être menée sur la fusillade d'hier à Minneapolis. » « C'est le minimum que les forces de l'ordre et le peuple américain attendent après toute fusillade impliquant un policier.
[00:01:34] Speaker 1: » Ce drame pourrait également changer la donne budgétaire. Au Sénat, alors que les démocrates étaient prêts à voter le budget avec la majorité républicaine pour éviter un nouveau shutdown, ils menacent de ne pas approuver le budget du département de la Sécurité intérieure et tentent ainsi d'en finir avec les méthodes de l'Aïs.
[00:01:53] Speaker 6: Et on retrouve Mathieu Mabin en direct de Washington. Mathieu, vous êtes nos yeux aux États-Unis. Y a-t-il un effet loupe en Europe sur la situation à Minneapolis ou est-ce qu'il se passe réellement quelque chose aux États-Unis ?
[00:02:07] Speaker 7: Oui, Julien, c'est vraiment une question essentielle et j'ai envie de dire que c'est systématiquement la question que nous devons nous poser lorsque nous traitons une politique américaine et particulièrement quand elle touche, comme c'est le cas ici, à l'avenir de Donald Trump, évidemment. Concrètement, de part et d'autre de l'Atlantique, les observateurs de la vie politique américaine ne se sont pas totalement adaptés. Il faut le reconnaître. Il faut le reconnaître à la personnalité du président américain et surtout à sa méthode. Elle est déconcertante. Nous restons globalement un peu accrochés à la manière dont les présidents de ce pays faisaient de la politique et surtout communiquaient sur leurs actions autrefois. Autrefois, c'est-à-dire avant Donald Trump. Un autrefois à la fois proche, puisque Joe Biden a quitté la Maison-Blanche il y a un tout petit peu plus d'un an seulement, et à la fois lointain, parce que la personnalité de Donald Trump a clairement transformé la perception que nous avons de l'Amérique. Nous, Européens, et ce, depuis 10 ans ou presque déjà. Alors maintenant, pour répondre directement à votre question. Oui, il se passe bien quelque chose aux Etats-Unis, évidemment. Quelque chose qui s'est cristallisé autour du Minnesota, on vient de le voir, et particulièrement de Minneapolis. Et autour de la mort, bien entendu, de deux opposants à la politique de Donald Trump et à l'action de cette police très spéciale qu'on appelle ICE. On ne va pas revenir ici dans les détails de l'affaire. On aura largement le temps de le faire dans les prochaines éditions. Mais si vous êtes d'accord, je vous propose de mettre en lumière les facteurs qui sont de nature à déformer notre perception de ce qui se passe vraiment ici. Et d'abord, pour nous tromper le moins possible, nous ne devons jamais nous départir d'un constat initial. La réaction que nous croyons observer dans la population américaine et qui consisterait à rejeter l'action de ICE et la politique migratoire de Donald Trump en même temps, est d'abord et avant tout une réaction politique stimulée par des leaders politiques de part et d'autre. Je m'explique. ICE intervient un peu partout aux États-Unis et jusqu'ici au cœur de la capitale américaine pour mener à bien sa funeste mission depuis 2003, c'est-à-dire depuis sa création par George Bush après le 11 septembre. Vous voyez que ce n'est pas d'hier. Donald Trump a fait de ICE un outil au service de la mise en œuvre de son programme. Et donc... Ce que nombre de commentateurs ou d'élus démocrates qualifient de milice, et qui c'est vrai, peut parfois en avoir l'apparence, est en fait strictement encadré par des textes votés par le Congrès des États-Unis. Ensuite, depuis un an, c'est vrai, pour répondre aux objectifs d'expulsion que l'administration s'est assignée, les effectifs de ICE ont considérablement augmenté, sans que le chiffre d'ailleurs soit rendu public. Mais attention . La visibilité de ICE est d'abord la conjugaison d'une augmentation... d'une augmentation de son activité, et de la dénonciation qui en est faite par des associations de défense des droits des étrangers en situation irrégulière. Lesquelles associations sont soutenues, bien entendu, par les adversaires de Donald Trump et du parti républicain. Encore une fois, si nous voulons analyser la situation générale de manière froide, nous ne devons pas nous départir de la réalité qu'est que nous assistons d'abord à un combat politique, encore une fois. Et donc à un combat pour deux perceptions. Et c'est ce qu'on a proposé de l'Amérique. La crise est aujourd'hui incarnée par une ville américaine. On le sait, Minneapolis. Vous connaissez cette ville, c'est la ville de George Floyd. Là-bas ne se joue pas seulement une bataille qui opposerait les policiers de ICE et une population globalement hostile aux expulsions. On assiste en réalité à un duel entre le gouverneur de l'État, Tim Walz, ancien candidat à la vice-présidence lors du dernier scrutin présidentiel, et l'administration républicaine en place. Ce n'est pas anodin. Un combat dans lequel le gouverneur Walz bénéficie du soutien du maire de la ville et donc de l'administration de la ville. Police inclue. Et c'est comme ça que nous, Européens, pouvons ne pas comprendre que deux polices, la police fédérale et la police de la ville, travaillent désormais quasiment l'une contre l'autre. La police de la ville étant soutenue par des associations dont le but est de rendre impossible le travail de ICE, en exerçant sur les policiers de terrain une pression constante et, disons-le, forte. Voilà. Ça n'enlève rien au drame de la mort de ces deux manifestants, évidemment. Ça n'enlève rien au fait que ICE est sans doute une police recrutée trop vite, mal formée et parfois brutale. Mais là encore, j'ai envie de dire bienvenue aux États-Unis. C'est-à-dire dans un pays où l'échelon d'un État peut parfois considérer le pouvoir fédéral, tenez-vous bien, et les actions qu'il mène comme des ingérences extérieures, voire quasiment des ingérences étrangères. Alors oui, Julien, il se passe bien quelque chose ici. Donald Trump, avec le lexique et le manque de retenue qui le caractérisent, tente de mettre en œuvre son programme tout en faisant face à une opposition démocrate qui a enfin trouvé un moyen d'exister politiquement, ce qui clairement n'était plus le cas depuis le retour de Donald Trump, il faut bien le reconnaître.
[00:07:13] Speaker 6: Oui, Obama et Clinton qui prennent position, les anciens présidents Mathieu, c'est assez rare pour le souligner. Je crois que c'est peut-être la première fois. Ils appellent à un sursaut. Est-ce que leur voix porte encore ?
[00:07:23] Speaker 7: Alors, leur voix porte-t-elle, j'ai envie de dire, que dans le brouhaha général et médiatique ? La réponse est évidemment oui. La parole de Barack Obama est toujours précieuse parce qu'elle est rare et elle est accueillie favorablement parce que l'ancien président incarne encore aujourd'hui une époque où le camp démocrate savait mobiliser son électorat. Maintenant, et toujours en poursuivant cette volonté d'analyse froide et en imaginant que nous soyons capables de ne pas perdre en faculté d'analyse, devant ce que certains militants démocrates qualifient d'exécution extrajudiciaire, s'agissant de la mort de ces deux manifestants quand même, Barack Obama est sans doute le plus mal placé pour dénoncer la politique de Donald Trump en matière d'immigration et d'expulsion. Puisque durant ses deux mandats, il a absolument battu tous les records d'expulsion. C'est bien sous son administration que les centres de rétention où étaient accueillis des familles entières avant leur reconduite à la frontière, c'est bien sous son administration que les centres de rétention où étaient accueillis des familles entières avant leur reconduite à la frontière, c'est bien sous son administration que les centres de rétention où étaient accueillis des familles entières avant leur reconduite à la frontière, que l'Amérique a le plus expulsé. Et même si les chiffres du Homeland Security aujourd'hui sont à prendre avec prudence, j'ai envie de dire même avec grande prudence, tout indique qu'au terme du mandat de Donald Trump, de ce second mandat donc, l'administration Trump aura moins expulsé que l'administration Obama en son temps.
[00:08:44] Speaker 6: Merci beaucoup Mathieu Mabin, en direct de Washington, la capitale de la République.
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