[00:00:00] Speaker 1: La famille, les amis et les collègues d'Alex Préty ont tenu à prendre la parole pour honorer sa mémoire. Tous le décrivent comme un homme dévoué aux autres. Cet infirmier de 37 ans a été abattu par la police de l'immigration hier à Minneapolis. Les autorités l'accusent d'avoir voulu se livrer à la violence. Une version démentie par plusieurs vidéos diffusées ensuite. On va s'intéresser avec vous Bruno Darou. Bonjour. Aux réactions de la classe politique américaine. Comment est-ce qu'à la fois républicains et démocrates regardent ce qui se passe à Minneapolis ?
[00:00:31] Speaker 2: De toute façon, il y a eu évidemment beaucoup d'émotions aux Etats-Unis. Après ce deuxième meurtre consécutif aux agissements des agents de l'ICE. Cette force chargée de l'immigration et des douanes qui agit sur ordre du gouvernement fédéral, notamment à Minneapolis. Beaucoup d'émotions dans le monde, y compris... Des partisans du port d'armes, qui sont en général des trumpistes. Puisque la version, vous l'avez dit, la version des autorités fédérales, c'est de dire qu'en fait... Comme il portait une arme, évidemment, il est assez logique que ça ait inquiété les agents de l'ICE. Alors que le deuxième amendement de la constitution américaine dit qu'on peut manifester aux Etats-Unis en portant son arme. Si évidemment le port d'armes est légal, mais c'était le cas d'Alex Pratt. Émotions dans ce milieu. Émotions aussi dans... Dans le milieu culturel, le milieu du cinéma. Il y a eu des réactions de la part de plusieurs stars d'Hollywood. Mais évidemment, le plus important, c'est les réactions de la classe politique. Voilà. Chez les Républicains, globalement, soit on reste discret, soit on fait cœur derrière Donald Trump. Mais il y a quelques voix dissidentes. Alors, notamment, il y a ce sénateur de Louisiane, Bill Cassidy, qui a posté un tweet, qu'on va peut-être voir à l'écran. Où il dit, en fait, que... Je cite... Les événements de Minneapolis sont incroyablement perturbants. Voilà. Bon, là, pour le moment, c'est la version en anglais. Mais on va traduire ça. Les événements de Minneapolis sont incroyablement perturbants. La crédibilité de l'Aïs et du DHS sont en jeu. Le DHS, c'est les forces de police, on va dire, pour faire simple. Et donc, il demande... C'est ça qui est important aussi. Une enquête exhaustive menée conjointement au niveau fédéral et au niveau de l'État. Parce que, pour nos téléspectateurs, il faut expliquer qu'en fait, il y a un bras de fer entre le gouvernement fédéral et son représentant, là, Minneapolis, cette agence Aïs, et les autorités locales, le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, qui est un démocrate, qui a été le colistier de Kamala Harris, le maire de Minneapolis, qui est également un démocrate, et qui, eux, accusent, en fait, le gouvernement fédéral d'avoir envoyé sans concertation, sans consultation, ces agents de Aïs mener ces actions contre les migrants de manière totalement indiscriminée et vraiment aux limites de ce que permet la loi aux États-Unis. Et plus largement, vous savez, aux États-Unis, les États, quand même, sont très férus de leurs prérogatives. Et donc, n'aiment pas comme ça que l'État fédéral vienne s'immiscer. Donc, il y a ce côté-là aussi. Et le fait de demander une enquête conjointe, évidemment, c'est très important. Les démocrates, évidemment, ont dit qu'il faut absolument une enquête conjointe, parce que s'il n'y a qu'une enquête fédérale, évidemment, ça va être favorable aux agents de Aïs. Les démocrates, qu'est-ce qu'ils peuvent faire ? Ils ne peuvent pas faire grand-chose, mais ils ont un levier sur lequel, peut-être, ils vont jouer. Le budget de Aïs, de cette agence, pour 2026, a été voté au niveau de la Chambre des représentants. Mais, au Sénat, il doit être voté dans quelques jours, en fin de semaine prochaine. Or, pour que ce soit voté, il faut 60 sénateurs supplémentaires. Sur 100 sénateurs au total, les Républicains sont 54. Donc, ils ont besoin, ils avaient besoin, même avant ces événements, du vote de 6 sénateurs démocrates pour que le budget de Aïs passe, en quelque sorte. Là, que vont faire ces 6 sénateurs démocrates, sans compter le sénateur républicain dont je parlais, Bill Cassidy ? Donc, il y a des chances qu'au niveau du Sénat, le budget de Aïs ne soit pas voté pour 2026 et que, donc, ça remette en cause toute la politique. Donc, vous voyez, il y a déjà cette première conséquence politique.
[00:04:26] Speaker 1: Et on va revenir sur les objectifs officiellement affichés par l'administration Trump-Bruno. C'est celle de lutter contre l'immigration ou d'expulser, en tout cas, les sans-papillons. Est-ce qu'il y a une autre stratégie derrière ?
[00:04:37] Speaker 2: Alors, officiellement, le but, effectivement, c'est la priorité de l'administration Trump. C'est d'expulser le maximum de migrants. Donc, c'est le travail de Aïs, à l'intérieur du pays, et puis aussi à la Border Patrol, la patrouille aux frontières. Qui fait son travail. Les chiffres, pour l'instant, sont en nette augmentation. Mais par rapport à certaines administrations, comme l'administration Barack Obama, les chiffres sont inférieurs. Disons qu'il y a à la fois, officiellement, cette volonté d'expulser les immigrants illégaux du territoire américain. Et puis, avec cette démonstration de force, il y a aussi un effet dissuasif pour tous ceux qui, de l'autre côté des frontières, veulent arriver aux Etats-Unis. Et, de fait, ça, c'est notre correspondant Mathieu Mabin qui nous l'expliquait très justement. Il y a quelques heures, le franchissement des frontières entre, notamment, le Mexique et les Etats-Unis, depuis quelques mois, est au plus bas, comme ça ne l'a pas été depuis des années. Donc, cet effet dissuasif semble marcher. Ça, c'est pour les objectifs officiels. Mais, il y a certainement aussi avec Donald Trump, du moins beaucoup de spécialistes américains le pensent, peut-être une visée plus politique. C'est-à-dire que certains suggèrent, alors ce n'est qu'une théorie bien sûr, que Donald Trump soit très presque organisé délibérément le chaos pour dire, « Ben, voyez, ça ne va pas. Les Etats... » ... Donc, je fais appel à l'armée. Et si je fais appel à l'armée, ça va créer une situation totalement tendue. Et, en fait, on a l'impression, selon certains spécialistes, que Donald Trump voudrait jouer sur cette polarisation dans la perspective, là, on revient à la politique des élections de mid-terms au mois de novembre, pour essayer de regagner des voix, ou si la situation est trop tendue dans certains endroits, pour faire en sorte que les électeurs ne puissent pas aller voter en espérant que ça change le résultat.
[00:06:23] Speaker 1: Merci beaucoup Bruno. Merci pour cette analyse et ces éléments de compréhension.
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