[00:00:00] Speaker 1: Avec nous en duplex de Washington, notre correspondant Mathieu Mabin. Bonjour Mathieu. Face à ces événements dramatiques qui se poursuivent à Minneapolis, la ligne de la Maison-Blanche ne change pas. ICE a toujours raison.
[00:00:16] Speaker 2: Alors c'est certainement très difficile à admettre pour des observateurs français. Nous, français, qui dans notre écrasante majorité n'avons pas peur de notre police. Même si ces dernières années, le débat public, c'est vrai, en France a un peu changé de nature. Croyez-moi, il n'y a pas de comparaison possible entre les polices françaises et américaines. Ni en matière de formation, ni dans le niveau général, ni, disons-le, dans l'utilisation de la violence. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Un policier français peut réaliser une carrière complète sans utiliser son arme. Ce n'est pas du tout la réalité ici. Et donc, cela se traduit forcément sur le terrain et dans les tribunaux par des réalités divergentes aussi. Le policier qui a tué Nicole Goode a sans doute changé d'affectation, mais pour sa propre sécurité. Pas par mesure disciplinaire. Quelques magistrats ont eu beau tenter de le poursuivre, il a, dans ce pays, la loi avec lui. Et je réponds partiellement à votre question, déjà. L'écrasante majorité des républicains, parce qu'on ne peut jamais dire tous, en est convaincue. Même une part importante de l'électorat démocrate, également, la loi est avec la police. Je ne m'avancerai pas sur le cas de cet homme tué également à Minneapolis hier, mais rien ne me surprendrait moins qu'une issue à peu près comme celle-ci. Même si on le verra sans doute dans les prochaines heures ou les prochains jours, le cas est peut-être cette fois un peu plus litigieux. Et je finirai là-dessus. Minneapolis, vous vous en souvenez, c'est aussi la ville de George Floyd. On a beaucoup dit que c'est le fait d'avoir filmé l'assassinat de Floyd qui a conduit à la condamnation du policier. La triste réalité, c'est que ce sont sans doute les émeutes qui ont conduit à une peine plus sévère, mais ces émeutes ont aussi, et j'ai envie de dire surtout, apporté des électeurs à Donald Trump.
[00:01:59] Speaker 1: Donald Trump, justement, dont on a aperçu le message tout à l'heure, Mathieu, en alimentant autant ces tensions, en jetant de l'huile sur le feu à l'évidence, qu'est-ce qu'il cherche à faire, finalement ?
[00:02:10] Speaker 2: Alors, je vais sans doute vous surprendre, mais avec les années, les observateurs assidus de la vie politique américaine ont appris à décoder Trump. En tout cas, de ce côté de l'Atlantique. Un peu mieux que du vôtre, et c'est d'ailleurs parfaitement normal. Ce que veut Donald Trump, c'est tout simplement ce qu'il dit. Donald Trump veut faire baisser drastiquement le nombre d'étrangers en situation irrégulière sur le territoire américain. C'est sa feuille de route. Et pour cela, contrairement aux apparences, il ne mise pas principalement sur ICE ou sur une quelconque police. Donald Trump mise sur la peur. Regardez ce que nous sommes en train de faire, comme tous les médias de la planète à ce moment-même. Nous diffusons en permanence la traque, ou ce qui a l'apparence au moins, d'une traque généralisée aux étrangers aux États-Unis. Que croyez-vous que cela a comme effet sur les candidats à l'immigration clandestine ? Ces hordes de policiers, fraîchement recrutés, à peine formés, harnachés comme s'ils partaient en Afghanistan, ce ne sont pas les arrestations qui réduisent le nombre de migrants illégaux dans ce pays. En tout cas, pas majoritairement. C'est la dissuasion. Depuis que Donald Trump est retourné dans le bureau Oval, les franchissements illégaux à la frontière sud du pays sont proches de zéro. Vous m'entendez bien. Il n'y a quasiment plus de candidats à l'aventure américaine. En tout cas, pas l'aventure clandestine. Il n'y a plus non plus de petits cadavres qui flottent dans le Rio Grande, comme on en repêchait par centaines durant le mandat de Joe Biden. Nos équipes y étaient, elles s'en souviennent. Aussi surprenant que cela puisse vous paraître, Barack Obama a sans doute mené une politique d'expulsion deux fois plus efficace que celle de Donald Trump. Les experts parlent ici de 350 000 expulsions en un an. C'est à peu près la moitié de ce qu'a revendiqué le Homeland Security Department, les bonnes années, pardon, sous Barack Obama. En revanche, l'effet qui est parvenu à produire Donald Trump dans des proportions quatre fois supérieures à celles de Barack Obama, ce sont des départs volontaires avec 1,6 million, certains disent même 1,9 million.
[00:04:07] Speaker 1: Merci beaucoup, Mathieu Mabin, pour ces explications.
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