Notre-Dame Reopens: A Global, Sacred, and Civic Moment (Full Transcript)

Live coverage of Notre-Dame’s reopening details restoration feats, heavy security, Macron’s gratitude speech, and the liturgical rites that returned the cathedral to worship.
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[00:00:00] Speaker 1: du patrimoine religieux à l'école pratique des hautes études. Vous connaissez extrêmement bien ce bâtiment, son histoire et son histoire plus contemporaine aussi. Vous allez nous apporter votre éclairage. Lise Leroux est face à vous, vous êtes ingénieure au laboratoire de recherche des monuments historiques du ministère de la Culture. Vous êtes géologue de formation. Vous avez mis en place les approvisionnements des pierres, si j'ose dire, quels chantiers. Vous allez nous en parler. Vous avez effectué aussi le diagnostic de stabilité dès avril 2019. Et donc vous avez vécu ces cinq dernières années aux côtés de tous ces compagnons qui se sont unis pour rebâtir, reconstruire, relever Notre-Dame de ses cendres. Dominique Lang, le père Dominique Lang, nous accompagne. Vous êtes journaliste au magazine Pèlerin, religieux prêtre assomptionniste. C'est une congrégation, je le précise pour nos téléspectateurs, qui date du 19e siècle et qui est très présente, notamment à Kira. Qui a créé justement Pèlerin Magazine, qui a créé La Croix aussi. Et puis Gauthier Rybinski, on ne le présente plus, notre chroniqueur international. Gauthier, merci. Vous allez nous permettre notamment de voir, de décrypter, de comprendre qui vient, qui ne vient pas, qui est là, qui est absent. On sait que notamment le pape est absent. On y reviendra évidemment tout au long de cette prochaine édition spéciale. Alors, un dispositif de sécurité exceptionnel, vous vous en doutez. Vous le savez, inspiré des Jeux Olympiques, a été mis en place. On va retrouver sur place Clovis Casali, notre envoyé spécial, reporter. Vous vous trouvez, Clovis, à quelques mètres de là, sur le pont Lustiger. Vous avez une vue magnifique sur la cathédrale. 1500 personnes, je le disais, attendues, triées sur le volet. Et parmi elles, donc, des chefs d'État et de gouvernement. On en a déjà vu quelques-uns à l'image.

[00:01:52] Speaker 2: Oui, au-delà de la venue de deux chefs d'État du monde entier, une image forte déjà. C'est celle de ce public. Parce que la réouverture de Notre-Dame, c'est aussi l'engouement populaire. Et je peux vous dire, c'est une image forte. Ces milliers de personnes, jusqu'à 40 000 personnes autorisées le long des quais de la Seine, qui sont là, juste à côté, avec leur parapluie entassée, il faut le dire, mais qui veulent être ici, au plus près, le plus près possible de Notre-Dame, pour ce moment historique. Vous l'avez dit, qu'on va suivre tous ensemble, sur nos antennes, un moment historique, la réouverture de la cathédrale Notre-Dame. Alors, ces gens, ce public, on l'a vu arriver tôt dans la journée, même si, en effet, c'est compliqué d'approcher de Notre-Dame. L'île de la cité est coupée du reste de la capitale, avec 6 000 forces de l'ordre déployées, des forces qui sont déployées notamment sur les ponts. Mais les gens ont cherché à s'approcher. Ils veulent participer à leur manière à cette réouverture de Notre-Dame, de la cathédrale, un lieu iconique. Je vous propose tout de suite d'écouter quelques réactions de personnes qui sont venues tôt cet après-midi, au micro. Lodi Ravnac.

[00:02:58] Speaker 3: On a beaucoup entendu parler. Et puis nous, en plus, on a eu un proche qui est décédé le jour même de l'incendie. Alors, cette date-là nous reste marquée à jamais, le 15 avril 19. C'est bien ça? Donc, c'est important pour nous aussi.

[00:03:11] Speaker 4: Ah oui.

[00:03:12] Speaker 3: On la voit juste de face. Donc, on aurait bien aimé la visiter. Mais je pense que c'est demain l'ouverture au public, si je ne me trompe pas. Ça aurait été impossible. Notre vol est demain matin. Alors, il va falloir revenir.

[00:03:24] Speaker 5: Écoutez, moi, je trouve que c'est plutôt une bonne chose. Ça fait partie de l'histoire, de notre patrimoine. Et voilà, c'est un engagement qui a été tenu. Et puis, voilà, je crois que les gens sont au rendez-vous. Et ça, c'est plutôt une bonne chose.

[00:03:41] Speaker 1: Clovis, évidemment, cette concentration pose des questions de sécurité. Quel est le dispositif?

[00:03:48] Speaker 2: Eh bien, on l'a dit, 6000 forces de l'ordre, policiers et gendarmes. Il y a aussi des militaires, des tireurs d'élite sur les toits. On a vu des chiens. Des drones qui ont survolé les lieux toute la journée. Et encore aujourd'hui, forte présence policière. Le pays est en état d'alerte. Au cas où, il faut prévenir de n'importe quoi qui pourrait arriver. Parce qu'il y a forcément des risques avec autant de chefs d'État. Une quarantaine de chefs d'État, on l'a dit. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, mais aussi des chefs d'État africains. Le président élu des États-Unis, Donald Trump. Il y a eu cette image à l'Élysée avec Donald Trump. Et le président de la République française, Emmanuel Macron. Et l'Élysée nous dit que Donald Trump et Volodymyr Zelensky participeront au dîner qui aura lieu à la fin de cette soirée. Mais avant cela, dans une vingtaine de minutes, le président de la République française devrait arriver ici sur le parvis de Notre-Dame pour accueillir les chefs d'État. On nous dit aussi que Donald Trump arrivera en dernier. Pour l'instant, les invités ont déjà pris place dans cette cathédrale. On a vu. De nombreux membres du gouvernement, mais aussi des mécènes qui ont participé à leur manière à la reconstruction. On a vu la famille Arnaud, Bernard Arnaud, ses fils, mais aussi François-Henri Pinault. On a vu différentes personnalités, Xavier Niel. Et il y a aussi des donneurs qui ont donné beaucoup moins d'argent. Des petits donneurs, si vous le voulez, qui ont donné ce qu'ils pouvaient pour participer à la reconstruction. C'est aussi un symbole fort. Alors pourquoi est-ce qu'ils sont déjà dans la cathédrale ? Pour des raisons météorologiques. On attend, il y a déjà la pluie, mais on attend des vents forts tout à l'heure. Et donc, toute la partie, notamment la cérémonie républicaine avec le discours d'Emmanuel Macron, qui devrait durer environ 15 minutes, qui devait se dérouler à l'extérieur, aura lieu à l'intérieur, encore une fois, pour des raisons météorologiques.

[00:05:44] Speaker 1: Je vous remercie beaucoup, Clovis. Je vais m'adresser au père Lang, qui est avec nous sur ce plateau, justement sur ce point d'installation à l'intérieur de la cathédrale. Parce que ça, en principe, c'était un point de non-retour. Normalement, personne ne devait entrer dans la cathédrale tant que l'archevêque n'avait pas frappé, demandé l'autorisation à la cathédrale de laisser entrer les visiteurs.

[00:06:06] Speaker 6: C'est sûr que le symbole aurait été plus fort d'arriver à créer cette séparation entre l'intervention d'Emmanuel Macron il y a quelques jours dans la cathédrale pour tous les ouvriers, toutes les personnes qui ont travaillé à la restauration et ensuite d'entrer dans un temps liturgique spécifique où le passage de la porte d'entrée est vraiment un geste symbolique et dans la liturgie chrétienne très fort. On passe de l'extérieur à l'intérieur. Il y a toutes ces symboliques qui résonnent très fort. Après, il y a la météo. Après, il y a les conditions qui jouent et les sécurités. Après, on est pragmatique.

[00:06:36] Speaker 1: Heureusement, on est en direct. On prend toutes les images en direct. On aura l'occasion de voir quand même ce moment, ce rituel, ce rite important pour les chrétiens, cette réouverture avec l'archevêque. Et vous nous expliquerez la symbolique, justement, notamment de la crosse. Une crosse qui n'a pas été... Qui a été fabriquée, d'ailleurs, avec une poutre qui a survécu à cet incendie. Je me tourne vers vous, Lise Leroux, parce que vous avez accompagné toute cette phase de restauration. D'ailleurs, on parle de reconstruction de restauration, finalement.

[00:07:08] Speaker 7: Une grande partie de l'édifice a été restaurée. Et puis, il y a, dans cette restauration, des parties qui ont été reconstruites, puisqu'il fallait, en particulier au niveau des zones qui avaient subi l'incendie dans les parcs, des parties hautes, déposer, démonter des maçonneries et les reconstruire. Il a fallu reconstruire la charpente et reconstruire la flèche. Ensuite, il y a ce qu'on appelle la restauration qui a eu lieu, c'est-à-dire en conservant les matériaux au maximum. Là, on parle de conservation et de restauration.

[00:07:42] Speaker 1: Alors, vous avez participé à ce chantier ces 4-5 dernières années. Vous avez été actrice de cette restauration. Vous devenez aujourd'hui spectatrice. Vous étiez... dans la Nef, la semaine dernière, en présence d'Emmanuel Macron, qui a rendu hommage à tous les compagnons. Quel a été votre sentiment, votre émotion, ce jour-là ?

[00:08:05] Speaker 7: L'émotion, ce jour-là, a été proche, en fait, de l'émotion que j'ai ressentie le premier jour où je suis rentrée dans la cathédrale, après l'incendie. C'est-à-dire le 29 avril 2019, où j'étais envahie par un sentiment de désarroi qui était très fort. Et les larmes me sont montées aux yeux. Et quand je suis retournée dans l'édifice, vendredi dernier, l'édifice que je fréquente quand même régulièrement, mais là, c'était dans d'autres conditions, des conditions, finalement, de fin de chantier. Ça y est, c'est fini, on a fait le travail. Et donc, de visiteuse, effectivement. J'ai ressenti, j'ai revécu à nouveau cette émotion-là.

[00:08:45] Speaker 1: Cette séquence que nous vivons est le résultat d'une volonté, celle d'Emmanuel Macron, au lendemain de l'incendie. Je vous propose de l'écouter, de réécouter cette promesse, qu'il avait faite, et puis on continue d'en parler avec vous.

[00:08:57] Speaker 8: Nous rebâtirons la cathédrale Notre-Dame plus belle encore. Et je veux que cela soit achevé d'ici cinq années. Nous le pouvons. Et là aussi, nous mobiliserons.

[00:09:11] Speaker 1: Lise Leroux, vous y avez cru quand vous avez entendu le président et que vous êtes ensuite allée sur place. Vous vous êtes dit, est-ce que c'est possible, est-ce que c'est tenable, ce délai ?

[00:09:21] Speaker 7: Alors, on ne s'est pas tout à fait posé la question comme ça. Là, l'objectif était fixé. Il fallait se donner les moyens de réaliser l'objectif avec une très, très grosse incertitude qui a duré plusieurs mois, qui était en fait la capacité qu'on avait à démonter l'échafaudage, qui était le point le plus crucial.

[00:09:45] Speaker 1: Qui en fait appartenait au précédent chantier qui vraisemblablement est responsable de l'incendie. Donc là, il y avait un échafaudage qui avait fondu. Qui était complètement...

[00:09:53] Speaker 7: Il y avait vraiment une intrication de barres métalliques en suspension au-dessus de l'édifice. La moindre barre qui tombait mettait en danger l'édifice en dessous. Et ce démontage a été particulièrement compliqué à mettre en place et à réaliser. Et en fait, le jour où on a su que c'était fait, on savait qu'on pouvait amener le chantier après dans un mouvement qui était un mouvement qui allait atteindre l'objectif.

[00:10:23] Speaker 1: Qui était un mouvement de reconstruction. On voit à l'image, que vous voyez à l'image, ce sont les arrivées progressives des invités de cette réouverture. Pour l'instant, Emmanuel Macron n'est pas encore arrivé. Il devait recevoir et il reçoit en ce moment Donald Trump et Volodymyr Zelensky. Parce qu'il profite évidemment de la présence de tous ces dirigeants venus assister à la réouverture de Notre-Dame pour mener des discussions. C'est une réouverture diplomatique dans un contexte, vous le savez extrêmement déstabilisant, que ce soit en Europe ou au Proche-Orient. Les invités arrivent, vous les voyez avec leur parapluie parce qu'en fait, il y avait un avis de tempête aujourd'hui sur la France. Une tempête qui touche l'ouest et le nord de la France, mais aussi Paris avec des coups de vent. Et donc, finalement, toute la partie qui était prévue à l'extérieur, l'arrivée des invités, l'allocution d'Emmanuel Macron, finalement, a été décalée à l'intérieur. De la cathédrale, ils sont donc en train d'entrer, de s'installer. Et puis, ensuite, Emmanuel Macron accueillera les chefs d'État, Donald Trump étant celui qui devrait arriver en dernier. Je me tourne vers vous Isabelle Saint-Martin. Vous êtes professeure en histoire de l'art et du patrimoine religieux à l'École pratique des hautes études. Il y a cette cathédrale brûlée, amoindrie, qui était grise avant même son incendie. On l'a rappelé. C'est pour ça qu'aujourd'hui, elle est éclatée. Elle est éclatante. On redécouvre vraiment un bâtiment dont on ignorait tout avant même l'incendie. Elle rayonne. Et c'est vrai qu'on sent que chacun a envie un peu de s'approprier de son rayonnement, d'où la présence peut-être d'autant de dirigeants.

[00:12:08] Speaker 9: C'est à la fois, évidemment, une dimension religieuse, une cathédrale, et bien sûr aussi une dimension nationale et politique d'une certaine manière. Mais je crois que cette imbrication, elle est naturelle, en fait. Dans la cathédrale de Paris, il y a aussi l'image de Paris. Il y a la cathédrale de la nation française, d'une certaine manière. Et en fait, une cathédrale, il y a une dimension verticale d'aspiration vers le ciel. Elle est magnifiquement représentée à Notre-Dame avec l'élan de la flèche que Viollet-le-Duc avait voulu deux fois plus grande quasiment que l'ancienne flèche qui avait été démontée à la fin du XVIIIe siècle parce qu'elle menaçait ruines. Et puis, il y a une dimension originale. Il y a une dimension horizontale qui, dans cette cathédrale comme dans beaucoup, prend la forme de la croix qui unit les quatre points cardinaux autour de la forme du Christ. Mais ça s'inscrit dans le temps et dans l'histoire. Et si on regarde les images, par exemple, le tympan du portail de style roman le plus ancien, celui qui est dit de Sainte-Anne, il y a une représentation de la Vierge en majesté, la Vierge tenant l'enfant assise sur un trône. Et de part et d'autre, le roi de France et l'évêque de Paris. Déjà, à cette époque médiévale, cette idée que c'est aussi un lien entre le royaume de France et la cathédrale, c'est important. Alors, il faut rappeler, bien sûr, que pour les rois de France, ce n'était ni la cathédrale du Sacre, ni le lieu de la sépulture Saint-Denis. Mais en fait, dans l'histoire, l'imbrication entre les événements, les grands événements du royaume de France, puis la nation française et la cathédrale Notre-Dame, c'est très, très important. Et ça va continuer. Au-delà de la Révolution française, on pense bien sûr au Sacre de Napoléon en 1804. Et puis ensuite, il y aura les baptêmes, les funérailles des présidents de la République. Et rappelez-vous, il n'y a pas si longtemps, hélas, l'hommage aux victimes du terrorisme. Donc, il y a eu des grands moments d'unité nationaux dans cette cathédrale, qui expliquent aussi cette dimension particulière. Et puis, c'est devenu un symbole de Paris également.

[00:14:18] Speaker 1: On peut en parler aussi sur cette symbolique. C'est une réappropriation. Prétient sur un lieu qui était romain. Alors d'ailleurs, c'est intéressant, puisque j'ai lu, on va recevoir demain, Philippe Bélava, le conseiller à la culture d'Emmanuel Macron, qui nous dit dans son livre, Emmanuel Macron, finalement, va faire son discours à l'intérieur de la cathédrale. Et sous le cœur a été découverte une stèle qui était dédiée au dieu Jupiter. Et donc, c'est vrai, il y avait aussi un temple. Le télescopage est assez intéressant, puisque Emmanuel Macron s'est présenté comme un président jupitérien. Donc, je trouvais que c'était assez l'anecdote. Le lien était quand même assez improbable. Mais c'est vrai que c'est une réappropriation de l'espace par...

[00:14:59] Speaker 9: C'est classique dans l'histoire. Les lieux de culte se construisent très souvent aux mêmes endroits, les uns sur les autres. Parce que c'était le cœur de Paris. Oui, voilà. Donc, ce n'est pas propre à l'histoire de Notre-Dame. Bon, je pense qu'il y a des symboliques qui se sont développées dans le temps et qui ont leur importance de façon autonome. Mais cette imbrication des deux, ce symbole... Effectivement, il est à la fois profondément un symbole religieux de la cathédrale et aussi, ce qui a fait le caractère mondial de l'événement, c'est aussi cette dimension d'une image de Paris et puis d'une image d'un patrimoine qui parle également, on l'a bien vu, au-delà des seuls croyants ou des seuls catholiques. C'est sûr qu'il y a une dimension mondiale, universelle, de ce qui a fait le succès, l'importance de Notre-Dame. Alors, si je peux rappeler à nouveau... Victor Hugo, Notre-Dame, c'est parce que ce n'est pas simplement une fiction qui a eu un succès phénoménal, c'est aussi un moment important dans l'histoire de la reconnaissance de ce que c'est qu'un patrimoine commun partagé. Victor Hugo, il n'a pas simplement écrit le roman, il a aussi, à la même époque, dans les mêmes années, un petit peu avant même, fait des articles de presse pour défendre l'idée qu'il fallait s'occuper de ces monuments médiévaux, très retravaillés aussi pendant... Pendant les époques XVIIe, XVIIIe, mais qu'il fallait les regarder et les sauver. Et il a cette phrase importante, il dit qu'il faut distinguer dans un bâtiment entre son usage et sa beauté. L'usage appartient au propriétaire, mais la beauté appartient à tous. Et donc, on ne peut pas se l'approprier, on n'outre pas son droit si on la détruit.

[00:16:44] Speaker 1: On reviendra sur cette notion de beauté, peut-être, justement, avec vous, Dominique Clanc, dans un instant, sur la notion de transcendance, avec la beauté. Mais, Gauthier Rivinsky, c'est vrai que... Le patrimoine, c'est en somme ce qui fait le lien entre le politique et le religieux.

[00:16:56] Speaker 10: Il semblerait. Il semblerait, parce que...

[00:16:58] Speaker 1: C'est vrai que tout le monde est d'accord.

[00:16:59] Speaker 10: C'est vrai qu'il y a ce que vous avez dit qui est incontestable, notamment sur le fait qu'il y a... Alors, peut-être qu'on peut l'avoir de manière moins positive, cette imbrication entre le pouvoir temporel et celui qui relève de la religion, dans la mesure où on sait très bien qu'il y avait cette influence mutuelle entre les rois de France et l'Ecclesia, d'une certaine manière. Où il était question, finalement, d'être à la fois, par exemple, les rois de France cherchaient une forme de légitimité, parfois même à leur absolutisme. Certains ont été sacrés dans la cathédrale de Reims avec cette idée-là. Et, en même temps, une Église qui était parfois prudente par rapport à ça, parce qu'elle avait peur, justement, d'être absorbée par, j'allais dire, les attendus et les exigences de la politique temporelle. Et, parfois, où il y avait une symbiose tout à fait réelle. Alors, là... Où c'est étonnant, bien sûr, c'est que vous avez ici, par exemple, ce soir, un certain nombre de personnalités qui ne sont absolument pas liées, d'une manière ou d'une autre, à la religion catholique ou à n'importe quelle religion, et qui, effectivement, se sentent, dans le cadre de Notre-Dame, finalement, partie prenante d'un patrimoine. Ça, c'est évident. Et c'est si vrai que vous avez, par exemple, Donald Trump, qui sera présent, alors, peut-être aussi avec des intentions particulières. C'est-à-dire que Donald Trump, qui est un issu de l'Évangile, qui est un évangélique... Il dit, au fond, je m'adresse aussi aux catholiques de mon pays, et notamment à ceux qui m'ont soutenu, pour leur dire, vous voyez, je ne suis pas exclusivement catholique. Donc, un évangélique. Donc, vous voyez bien qu'il y a, bien sûr, des arrières-pensées, mais ça, c'est normal. C'est propre domaine de la politique. Dernière chose, moi, que je trouve surprenante dans la cérémonie de ce soir, c'est qu'on voit que c'est le pouvoir politique qui a voulu, d'une certaine manière, s'imposer. Ou, finalement... ... se mélanger à la composante religieuse, et c'est, justement, les autorités religieuses qui ont dit, attendez, alors, il y a eu cette controverse autour de l'endroit où Emmanuel Macron devait prendre la parole, mais on a senti que l'Église était extrêmement réservée par rapport à ce qu'elle peut appeler légitimement une tentative de récupération, alors que le pouvoir, lui, politique, qui est censé, de par la loi de 1905, être, lui aussi, très prudent et de manière très stricte par rapport à l'usage, et par rapport aussi aux croyances des uns et des autres, eh bien, c'est lui. Alors, c'est évidemment peut-être Emmanuel Macron, c'est aussi sa situation qui corrobore ou qui confirme ce genre de choses, mais il y a cette volonté du pouvoir politique, du pouvoir temporel, d'être plus que présent dans quelque chose dont on pense. Je crois que c'est un des... Je ne me souviens plus qui, au sein de l'Église, qui a dit, attendez, il faut remettre les choses à plat, c'est un édifice religieux avant tout, et donc...

[00:19:47] Speaker 1: Ils l'ont tous dit, je crois.

[00:19:49] Speaker 10: Pardon ? Ils l'ont tous dit. Oui, justement. Alors, effectivement, c'est important, effectivement, de voir qu'il y a, bien sûr, une spécificité de cet édifice, bien sûr, de l'Église catholique, et que, finalement, vous voyez bien que ces sortes, parfois, je ne dirais pas syncrétismes, mais formes de fédération et de ciment qu'on peut trouver autour de la reconstruction de Notre-Dame, c'est parfois aussi trompeur. Donc, peut-être, bien sûr, qu'on peut être satisfait et content, il ne faut pas bouder son plaisir, mais avec quelques réserves ou quelques arrières-pensées, peut-être, un peu en tête.

[00:20:26] Speaker 1: Alors, là, depuis une vingtaine de minutes, en fait, ce que l'on voit, ce sont les images des arrivées. Je me tourne vers vous, Dominique Lang, parce qu'en fait, là, ce que l'on voit, ce sont ce que l'on peut qualifier de puissants. Ce sont des puissants, à l'image. On voit la famille Pinault, on a vu Christine Lagarde, on voit des politiques. Or, la place de l'Église, enfin, l'Église, elle donne la place à tous. Et je crois que c'était la volonté, aussi, pour cette première cérémonie. De ne pas seulement en faire un événement politique et, entre guillemets, des puissants de cette planète ou de la France.

[00:20:59] Speaker 6: En tout cas, la volonté première, effectivement, était de refaire un geste pour dire à tous les chrétiens de Paris, notamment à tous les catholiques de Paris, que ça y est, leur cathédrale redevient disponible, redevient le cœur battant de ces diocèses. D'ailleurs, il y aura ce geste des bannières de toutes les paroisses parisiennes qui vont venir se rassembler pour symboliquement dire, voilà, on a vécu cinq années. Donc, un peu boiteuse, où on ne savait plus très bien qu'est-ce qui nous rassemblait symboliquement. Évidemment, pour le reste, on est des grands garçons et des grandes filles. On sait vivre sans les bâtiments. On n'est pas fascinés. La religion chrétienne a en elle-même, aussi, cette contestation par rapport aux bâtiments et par rapport au folklore religieux. Donc, on a cette distance et, en même temps, on fait partie d'une société. Et donc, les bâtiments patrimoniaux, c'est à la fois notre héritage et on a envie de le transmettre à d'autres.

[00:21:49] Speaker 1: – Là, on voit, apparemment, les indépendants. Les invités qui ont été appelés à s'installer, à s'asseoir. Il était prévu qu'Emmanuel Macron arrive à 18h15. Il a un peu de retard, sachant qu'il rencontrait Donald Trump et Volodymyr Zelensky à l'Elysée. Alors, à 18h10, il y a eu une poignée de main de finale d'au revoir dans la cour de l'Elysée. Donc, on se dit que le président est en train de se préparer et qu'il va finir par arriver. Que si tout le monde s'assoit, c'est pour laisser la place, ensuite, peut-être, aux dirigeants. – Sous-titrage Société Radio-Canada – Sous-titrage Société Radio-Canada – Sous-titrage Société Radio-Canada

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[01:22:51] Speaker 13: – Sous-titrage Société Radio-Canada – Sous-titrage Société Radio-Canada – Sous-titrage Société Radio-Canada

[01:24:21] Speaker 1: – Sous-titrage Société Radio-Canada – Sous-titrage Société Radio-Canada – Sous-titrage Société Radio-Canada – Sous-titrage Société Radio-Canada – Sous-titrage Société Radio-Canada

[01:26:51] Speaker 14: – Sous-titrage Société Radio-Canada

[01:30:50] Speaker 1: – Sous-titrage Société Radio-Canada – Sous-titrage Société Radio-Canada – Sous-titrage Société Radio-Canada – Sous-titrage Société Radio-Canada

[01:31:01] Speaker 15: – Sous-titrage Société Radio-Canada – On retrouve cette belle silhouette qui nous a manqué pendant 5 ans. – Sous-titrage Société Radio-Canada

[01:31:10] Speaker 1: – Sous-titrage Société Radio-Canada – Sous-titrage Société Radio-Canada – Sous-titrage Société Radio-Canada – Sous-titrage Société Radio-Canada – Sous-titrage Société Radio-Canada – Sous-titrage Société Radio-Canada Voilà, on va peut-être entendre quand même encore les applaudissements, parce qu'évidemment, cette courte vidéo était très très forte en émotion, parce qu'elle parle de ceux qui ont rebâti, qui ont restauré, et là, on va rendre hommage à ceux qui ont sauvé, parce qu'avant de rebâtir, il a fallu sauver le bâtiment, et ce sont ces hommes, ces femmes, que l'on voit arriver et qui sont ovationnées, je pense qu'on peut peut-être les entendre un peu plus fort au micro. C'est leur moment à eux, voilà. Il y a le film de Jean-Jacques Hanouf, Notre-Dame brûle, qui a essayé de retranscrire leur travail, voilà, on a le son. Et ils sont arrivés dans une situation catastrophique, déjà trop tard, et malgré tout, grâce à un plan audacieux, ils ont réussi à arrêter le feu et à limiter les dégâts. Sans cela, c'est toute la cathédrale qui se serait effondrée. Merci dans toutes les langues. Applaudissements Je vous permets de laisser vivre ces applaudissements, parce qu'ils sont destinés à tous ces inconnus, il n'y a que des inconnus, et tout à l'heure, c'est vrai qu'il y en a un qui est mort, et pendant un long moment, on a vu arriver des officiels, on a vu arriver des personnalités économiques, médiatiques, qui étaient présentes, qu'on reconnaissait. Et il faut se souvenir, parmi ces personnalités, certaines ont participé au don et ont permis cette reconstruction, mais elle a été aussi possible parce qu'il y a ces hommes, ces femmes, qui se sont battues dès les premières heures, les premières minutes, pour sauver cet édifice au rayonnement. On a cessé de l'évoquer depuis le début de cette édition spéciale, depuis dix-huit heures. Et ce que l'on voit aussi, Gauthier, on voit ces uniformes, c'est que ce fut un effort de guerre. On pense notamment au général Jean Jolin, qui a été chargé, qui s'est occupé, ça a fait grincer des dents. On lui a rendu hommage, il a perdu la vie il y a un an. Et il y a ces militaires, ces pompiers, qui ont sauvé cet édifice. Avant cela. Ils ont été prêts à se sacrifier, parce que quand ils ont tenté ce dernier effort, dont ils ne savaient pas s'ils seraient salvateurs, ils ont accepté de risquer leur vie pour sauver un bâtiment. Et ça, normalement, c'est une ruche qu'on ne franchit pas quand on est pompier. On ne met pas sa vie en péril pour sauver un bâtiment. On le fait pour un être vivant, mais pas pour un bâtiment. Et c'est dire le caractère vivant de Notre-Dame de Paris.

[01:35:09] Speaker 10: C'est une particularité parisienne. D'ailleurs, les pompiers de Paris, soit des militaires, d'autres pompiers en France, ne sont pas militaires. Donc là, il y a une association, si vous me permettez la plaisanterie en l'occurrence, c'est qu'on a souvent dit qu'il y avait le sabre et le goupillon en France. C'est-à-dire une association presque intrinsèque de ce qui est du pouvoir, là encore, du pouvoir temporel, avec le religieux. Alors, ce que vous dites, c'est... Ce que vous dites, effectivement, sur le sens du courage de ces hommes, il est indéniable. Il est aussi lié à la mesure du traumatisme qu'a été l'incendie de Notre-Dame, de par le fait que ça a été ressenti comme un traumatisme, justement, et on le disait tout à l'heure, par des personnes qui sont relativement éloignées de la foi, de la croyance, de la religion, ou qui en ont une autre. Mais ça n'est pas, effectivement, quelque chose d'innocent.

[01:36:12] Speaker 1: Là, ce sont les frères Capuçon, Renaud et Gauthier Capuçon, qui nous offrent cet intermède musical, pardonnez-moi, j'allais faire un lapsus, à l'issue duquel le président Emmanuel Macron va prendre la parole, on va les écouter. ... ... ... ... ... ...

[01:37:37] Speaker 13: ... ... ...

[01:37:50] Speaker 1: ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... Voilà, on a tous été, j'oserais dire, touchés par la grâce en les écoutant tous les deux avec cette harmonie parfaite entre Renaud et Gauthier Capuçon. Et à présent, c'est le président Emmanuel Macron qui doit venir s'exprimer. Est-ce que son allocution se fait dans le cœur ? Oui, vraisemblablement. Voilà, on attend le président qui doit se présenter. Dominique Lang, c'est vrai qu'on a été déjà extrêmement émus par le chant de cette maîtrise. On l'a vu principalement des jeunes.

[01:42:13] Speaker 6: Oui, c'est une maîtrise très importante de plus d'une centaine de membres, des adultes et des enfants qui se relaient tout au long de l'année. Ce n'est pas une chorale, c'est une chorale liturgique qui te service des célébrations et qui assure plus de 1000 célébrations par an accompagnées ainsi par la tradition liturgique.

[01:42:32] Speaker 1: Voilà, le public qui salue les deux musiciens. Alors qu'ils ont avant cela, on l'a entendu ovationner les pompiers et des bâtisseurs. Emmanuel Macron s'installe et va s'exprimer pour une allocution.

[01:42:52] Speaker 8: Je me tiens devant vous avant que ne commence la liturgie pour vous dire la gratitude de la nation française. Gratitude. Gratitude à l'égard de tous ceux qui ont sauvé, aidé et rebâti Notre-Dame de Paris. Gratitude à l'égard de tous ceux qui sont présents au moment où nous nous apprêtons à la rendre aux catholiques, à Paris, à la France et au monde entier. Oui, ce soir. Les cloches de Notre-Dame sonnent à nouveau et l'orgue dans un instant s'éveillera. Musique d'espérance, familière aux Parisiens, à la France et au monde. Les cloches de Notre-Dame sonnent à nouveau, qui ont scandé les heures du jour et celles de l'histoire. Elles sonnent. Elles sonnent. Comme elles ont sonné pour les onze rois. Pour les trois qui ont vu s'élever la cathédrale. Pour Saint Louis rapportant d'Orient la couronne d'épines. Pour Henri IV, pensant la blessure des guerres de religion. Pour le vœu de Louis XIII et les victoires de Louis XIV. Pour Napoléon se sacrant lui-même un matin de décembre 1804. Pour Victor Hugo, déambulant, rêveur, cherchant, les yeux levés, l'ombre de question. Quasimodo. Pour Claudel, ployé au pied d'un pilier, revenu à l'espérance, un soir de décembre 1886. Pour annoncer aux résistants de Paris l'arrivée du général Leclerc et des siens. Puis pour célébrer la libération aux côtés du général de Gaulle, pour les adieux de la France à ses génies, à ses soldats, à ses grands hommes. Oui, elles sonnent. Elles qui ont accompagné notre histoire. Pourtant, nous aurions pu ne jamais réentendre cette voix. Le 15 avril 2019, la nouvelle de l'incendie a couru de lèvre en lèvre. Les images de flammes dévorant le transept, la fumée noire, la flèche qui vacille puis s'effondre. Dans un fracas d'ossements. Et ces hommes... Des heures de combat face au feu. La décision de lui laisser sa part. Et ces minutes désespérées où tout pouvait partir, où la pierre, le bois, les vitraux auraient pu disparaître. Durant ces heures, il s'est trouvé des étudiants descendus de la montagne Sainte-Geneviève pour entonner des chants. Des promeneurs à Times Square pour s'arrêter en larmes devant les premières images. Et de Rome à Moscou, des croyants de partout venus se réunir devant nos ambassades. Des chameliers au long du Niger, descendus de leur bête pour prier dans leur religion Notre-Dame. Ce soir-là, heure et malheur étaient mêlés. L'enchaînement de malchance, le vent d'Est qui s'est levé au pire moment, poussant les flammes vers le Beffroi Nord. Et l'enchaînement de coïncidences aussi, que certains appelleront hasard, d'autres destins, d'autres providences. Il y eut surtout de la bravoure. Celle de ces sapeurs-pompiers et de leurs chefs, envoyés pour une dernière tentative plus dangereuse encore que les autres. Ces hommes escaladant la façade, plongeant dans le feu afin d'emprunter. Ils empêchaient les 16 cloches de tomber et avec elles toute la cathédrale. A 22h47 retentit ce message. Nous sommes maîtres du feu. Nos pompiers reprenaient l'avantage et il n'y eut cette nuit aucun mort. Vers minuit, nous avons ouvert le grand portail. La flèche n'était plus là. Le transept effondré. Le plomb continuait de couler partout, par flamèche. L'eau. Une odeur âcre. La croix et la piéta qui apparaissaient dans un éclat singulier. Et la Vierge au pilier, intacte, immaculée, à quelques centimètres à peine de la flèche tombée. Notre-Dame de Paris était sauvée. Défigurée, mais sauvée. Par la bravoure, le courage de ces hommes. Alors commencèrent ces minutes où tout pouvait vaciller. Tristesse et désespoir devant un tel drame. Incertitude et désolation de ne jamais revoir la cathédrale comme avant. Vertige de découvrir que Notre-Dame de Paris pouvait disparaître. Et que nos cathédrales ont été détruites. sont mortels alors nous avons choisi le sursaut la volonté le cap de l'espérance nous avons décidé de rebâtir notre dame de paris plus belle encore en cinq années le sursaut la volonté et pour rendre cela possible une fraternité inédite fraternité de ceux qui ont donné sur tous les continents de toutes les religions de toutes les fortunes unis par l'espérance est réunie dans ses murs fraternité des compagnons apprentis et de tous les métiers ici réunis sous la conduite du général jean-jean pour qui j ai ce soir une pensée émue puis de philippe jost et de leurs équipes fraternité des échafaudeurs des grutiers cordistes électricien forestier scieur et carisseur charpentiers et taillandiers et puis les menuisiers d'art parqueteurs couvreurs fondeurs ferronniers d'art serrurier dynandier patineur lustrier artistes Visant de la pierre et maçon, tailleur, carillé, sculpteur, restaurateur de sculptures et de peintures, maître verrier, facteur d'orgues et campagniste, archéologue, ingénieur, chercheur, historien, conservateur, régisseur d'art et architecte, et tant de métiers encore. Oui, ces femmes et ces hommes, plus de 2000 durant cinq ans, se sont inscrits dans la chaîne de ceux qui, depuis le XIIIe siècle, ont bâti la cathédrale. Reconstruisant la forêt de Notre-Dame, cette charpente de 2000 chaînes, puis la flèche à l'identique et ranimant les pierres, les peintures. Redécouvrant cette blondeur, ils ont montré que nous avions la volonté encore de bâtir de grands dessins et de continuer la légende des siècles. Durant cinq années, ici, chaque femme, chaque homme fut nécessaire pour rebâtir. Chaque aide même du bout du monde fut nécessaire pour tenir. Chaque geste fut nécessaire. Chaque chef fut nécessaire. Réconciliant la grandeur de cette cathédrale et l'exigence de tous ces métiers. Nous avons redécouvert ce que les grandes nations pouvaient faire, réaliser l'impossible. Cette cathédrale fut ainsi la métaphore heureuse de ce qu'est une nation et ce que devrait être le monde. Fraternité d'un peuple déterminé à faire de grands choix. Fraternité universelle et entre aides. Notre-Dame nous dit que nos rêves, même les plus audacieux, ne sont possibles que par la volonté de chacun et l'engagement de tous. Notre cathédrale nous rappelle que nous sommes les héritiers d'un passé plus grand que nous, qui peut chaque jour disparaître. Et les acteurs d'une époque. Et les acteurs que nous avons à transmettre. Notre cathédrale nous dit combien le sens, la transcendance, nous aide à vivre dans ce monde. Transmettre et espérer. Tel le sens de ce travail, et de notre présence ce soir. Nous nous inscrivons à notre tour dans ce cortège de bâtisseurs. Nous réunirkindlons tous les services aux gens et à também en partagons le Bridge enilians nousấn izcs primerares nous avons à transmettre nos اللes et esperants de sont thriller ce travail et de notre présence ce soir nous nous inscrivons à notre tour dans ce cortège de bâtisseurs sprint et nous rende siguiente. révélant à nous-mêmes face à l'adversité. Les cloches sont sonnées, l'orgue va s'éveiller. Les fidèles, bientôt, viendront prier. Le monde retrouvera la cathédrale rebâtie et embellie. Et nous, il nous faudra garder comme un trésor cette leçon de fragilité, d'humilité et de volonté. Et n'oubliez jamais combien chacun compte et combien la grandeur de cette cathédrale est inséparable du travail de tous. Ce soir, ensemble, nous pouvons partager la joie et la fierté de notre pays, de notre pays, de notre pays. Mon Seigneur, Notre-Dame de Paris vous est redonnée. Ensemble, vous avez rendu cela possible. Soyez-en remerciés. Vive Notre-Dame de Paris, vive la République, vive la France. Applaudissements

[01:54:15] Speaker 1: Voilà, on vient d'entendre Emmanuel Macron qui s'adressait à l'intérieur de la cathédrale, ce qui avait été un enjeu d'ailleurs. En principe, le président aurait dû s'exprimer depuis le parvis. Mais les conditions météo en ont décidé autrement. Et vous entendez la maîtrise qui s'élance. A nouveau, c'est à présent l'archevêque qui va débuter cette cérémonie léturgique pour permettre à la cathédrale de redevenir vivante puisque la cathédrale est aujourd'hui rendue occulte. Et donc, là, c'est cette procession Dominique Lang. On a deux invités qui nous ont rejoints sur ce plateau. J'en profite pour les présenter. Le père Philippe Bérachet, pardonnez-moi. Vous êtes prêtre ascensionnaire. Sonie, je vous remercie beaucoup de nous avoir rejoints, de nous accompagner avec Dominique Lang pour comprendre cette liturgie qui se déroule sous nos yeux. Et puis, Mélina Huet, qui est avec nous, reporter à France 24. Vous avez eu l'occasion de découvrir à l'antenne son très beau reportage, son billet retour. Mélina a suivi toutes ces phases de reconstruction, de restauration de Notre-Dame. Vous avez été aux côtés des compagnons ces quatre dernières années. Et vous nous parlerez de cette union de corps de métier, qui a fait bloc pour parvenir à ce résultat en un temps aussi court. Gauthier Rybinski, on va revenir peut-être avant cela avec vous sur ce discours d'Emmanuel Macron. Je le disais, c'est une allocution qui était très attendue, qui aurait dû être prononcée dehors. Elle s'est faite finalement à l'intérieur. Que retenez-vous de cette allocution présidentielle ?

[01:56:09] Speaker 10: Podons les choses par la fin. Vive Notre-Dame, vive la République, vive la France. C'est un exemple. C'est un exemple, on va dire, typique de syncrétisme, qui correspond d'ailleurs à la formation d'Emmanuel Macron. D'abord, vous vous souvenez qu'il a été le secrétaire de Paul Ricoeur, qui était un philosophe qui, bien qu'étant protestant, me semble-t-il, avait bien sûr toute une vision de ce que devait être ou pas le christianisme. Et puis, Emmanuel Macron lui-même a été, je ne sais pas s'il est encore, mais un admirateur de Georges Bataille, qui, avant d'être marxiste, avait envisagé, de faire le séminaire et de consacrer sa vie au catholicisme et à sa foi. Donc, il n'y a rien d'étonnant. Il y a encore, si vous voulez, l'expression de ce fameux « en même temps », qui est censé être fédérateur. Et là, ça se retrouve dans cette formule de conclusion. Là aussi, il y a quelque chose d'intéressant, c'est quand il mentionne plusieurs fois la nation française. Il faut savoir que le terme de nation, quand il apparaît, notamment au cours de la Révolution française en 1789, c'est quelque chose qui clive. Qui clive parce que... Que la nation est une manière de s'émanciper de la monarchie royauté, dont certains, et c'est ce qu'a cité Emmanuel Macron, ont été, effectivement, partie prenante dans l'histoire de Notre-Dame, mais ont été aussi des souverains absolus et absolutistes. Donc, vous voyez, c'est ça, c'est cette tentative, au fond, je dirais, presque désespérée, mais je vais vous dire pourquoi. Parce qu'il y a forcément une allusion à ce qu'il vit en ce moment.

[01:57:44] Speaker 1: Il y a une crise politique, on la peut évoquer, parce qu'il y a un moment suspendu qui est cette réouverture, mais effectivement, ce moment s'inscrit dans une crise politique sans équivalent dans l'histoire de la Ve République.

[01:57:56] Speaker 10: Que l'on peut trouver peut-être dans les termes de sursaut de volonté de la nation. Bon, une fois qu'on a dit ça, il y a justement cette prise en compte du terme, du concept de nation, qui, au départ, non pas qu'il s'oppose au catholicisme, mais en tout cas, au poids de... de l'ecclésia, au poids des prêtres, à l'époque. Et de ce fait-là, il y avait eu un clivage, parce que, pendant longtemps, la nation va être un terme important pour, disons, on va dire, une partie plutôt progressiste de l'échiquier politique français. Et ensuite, il y aura une récupération aussi par celle qui est plutôt à droite. Et là, évidemment, on se retrouve avec cette volonté de rassembler les choses. J'ai remarqué, je ne sais pas si vous l'avez, perçu comme tel, quand il dit « elles sonnent, les cloches », ça ressemblait un petit peu, mais là aussi, ça serait une forme de syncrétisme, ça ressemblait un peu à ce que Galilée a dit lorsque, échappant à la condamnation de l'Église, il dit « et pourtant, elle tourne la terre » à propos du fait qu'elle n'était pas plate. Bon, une fois que, si vous voulez, une fois qu'on a vu quel est le personnage qui dit ça, manifestement, il y a cette volonté aussi de dire « par-delà les divisions », « par-delà les clivages », « par-delà les dissensions », il y a cet attache de la nation française. Et on le redit, encore une fois, de la part de gens qui ne sont pas proches de la foi vis-à-vis de cet édifice. Bien, ce qu'il en restera plus tard, et je m'arrêterai là, ce qu'il en restera plus tard de cette volonté de cimenter, de rendre, finalement, de fédérer des parts différentes de la société française, on verra plus tard. Des fois, il y a des illusions. Et puis, des fois, c'est… Il est possible que ça soit confirmé par le futur.

[01:59:47] Speaker 1: Gauthier, on va rejoindre Clovis Casali, qui est tout à côté, à l'extérieur de la cathédrale, parce que là, on a un public qui est à l'abri des intempéries. Mais Clovis Casali, ces conditions climatiques en France, il y a du vent et il pleut, n'empêche pas de très nombreux parisiens, touristes, fidèles, visiteurs, enfin, de s'être amassés devant la cathédrale pour suivre cette réouverture et cette cérémonie liturgique qui vient de débuter.

[02:00:17] Speaker 2: Et je pense que les personnes ici n'oublieront jamais le moment qu'elles viennent de vivre avec la réouverture des portes de Notre-Dame, les lumières, le jeu de lumière qui s'est fait sur les façades de Notre-Dame. Par moments, on avait l'impression qu'elle était constituée d'or, des lumières sublimes, jaunes et d'autres aussi. Et ici, il y a des milliers de personnes, certainement des dizaines de milliers de personnes, le long de la scène, amassées, qui ont attendu. De plusieurs heures et qui ont des parapluies parce qu'il pleut ici, il fait assez froid. Et qui respectent un silence complet. Alors qu'elles regardent sur les écrans géants qui sont disposés le long de la scène, et bien cette cérémonie, ces chants religieux magnifiques, silence aussi lorsqu'il y a eu le discours d'Emmanuel Macron, le président français, qui a voulu débuter son discours en parlant de gratitude. Gratitude à l'égard de ceux qui ont permis de sauver la cathédrale Notre-Dame. Gratitude à l'égard de ceux qui ont permis de sauver la cathédrale Notre-Dame. Gratitude à l'égard de ceux qui ont permis de sauver la cathédrale Notre-Dame. Gratitude à l'égard de ceux qui ont permis sa reconstruction. Les donateurs, 340 000 donateurs, faut-il leur appeler, petits et grands. Et Emmanuel Macron a aussi souligné l'élan de solidarité internationale, parlant de gens au Niger, aux Etats-Unis, en France bien sûr, un peu partout à Rome, qui spontanément, lorsqu'ils ont vu les images en 2019 de ces flammes ravageant Notre-Dame, cette cathédrale qui était au bord de l'implosion, qui aurait pu s'écrouler à n'importe quel moment, sans les sauvetages des pompiers qui ont fait preuve de courage, de bravoure, d'ingéniosité, de sang-froid pour prendre les bonnes décisions au bon moment pour sauver cette cathédrale en plein cœur de la capitale parisienne. Et je peux vous dire, les gens ici, en silence, mais ils ont applaudi. Ils ont applaudi à quel moment ? Eh bien, lorsque les sapeurs-pompiers, lorsque les secouristes sont entrés dans Notre-Dame, ont traversé la cathédrale, applaudis chaudement par des chefs d'Etat, à l'intérieur de l'église, de la cathédrale de Notre-Dame de Paris, mais aussi à l'extérieur, par cette foule, ces dizaines de milliers de personnes qui souhaitent participer à ce moment, être aussi près que possible de Notre-Dame, mais aussi exprimer leur gratitude.

[02:02:26] Speaker 1: Merci beaucoup, Clovis, Père Bérachet, dont on voit, on assiste là, à cette procession. L'archevêque va prendre la parole dans un instant. Est-ce que vous pouvez tout d'abord nous expliquer en quoi consiste cette procession ? Qu'est-ce qu'on vient de voir avec ces fanions magnifiques qui ont été créés ? Jean-Charles de Castelbajac.

[02:02:44] Speaker 16: Je veux faire un lien avec ce que dit le président Emmanuel Macron. Il a parlé de mémoire, et la cathédrale est un lieu de mémoire, un lieu de mémoire biblique, un lieu de mémoire, effectivement, où on trouve les personnages de l'Ancien Testament, le Nouveau Testament, mais aussi la mémoire de la vie chrétienne et de la vie de l'histoire. L'histoire de la ville de Paris, notamment. Et ce qu'on voit ici, c'est d'abord la procession des pancartes des paroisses parisiennes. Là aussi, c'est la mémoire. C'est la mémoire de l'évangélisation de Paris et de tout ce que la ville de Paris a connu et découvert de la foi chrétienne.

[02:03:20] Speaker 1: On pense à Sainte Geneviève, on pense à Clovis, à Sainte Clotilde.

[02:03:24] Speaker 16: Exactement. Et il y a aussi dans la mémoire, et c'est là où est l'importance d'une cathédrale, dans la mémoire, on a aussi aujourd'hui une crise de la mémoire. On parle de crise politique, c'est vrai. Il y a peut-être une crise qui est plus importante dans les événements aujourd'hui, c'est cette crise de la mémoire. On ne sait plus trop. Quelle mémoire ? C'est une question d'identité. Et peut-être que cette réouverture de Notre-Dame, justement, nous permet de redécouvrir mais qu'est-ce que c'est que la mémoire et la mémoire juste ? Un peu en référence, effectivement, à ce qu'on disait de Paul Ricoeur. Là, on va découvrir justement comment une cathédrale fait justement mémoire. Et là, on va réentendre l'orgue avec la réouverture de l'orgue, le réveil de l'orgue. Et l'orgue, ce n'est pas simplement un instrument de musique, c'est aussi un instrument de musique sacré. La musique sacrée, c'est la musique d'abord des psaumes. C'est les psaumes que l'on va entendre. Et les psaumes, c'est d'abord l'histoire, la mémoire d'Israël.

[02:04:20] Speaker 1: On va écouter l'archevêque qui va s'adresser pour la première fois.

[02:04:23] Speaker 12: Je vous remercie de ces mots et de ceux de la semaine dernière qui traduisent votre reconnaissance à tous ceux qui ont sauvegardé cet édifice au moment de l'incendie. Les pompiers de Paris sous la garde du général Gallet et ceux qui ont travaillé à ce chantier, incroyables. Les 250 entreprises au grand complet, le personnel de l'établissement public rebâti en Notre-Dame de Paris, aujourd'hui sous la responsabilité de M. Philippe Jost, et les équipes de la cathédrale conduites par Mgr Olivier Ribadot-Dumas. Tous les pompiers de Paris, sous la garde du général Gallet, tous ont travaillé de grand cœur, mais aussi avec un effort permanent et de longue haleine. Nous savons ce que l'Église, Paris et la France vous doivent, votre présence devant la cathédrale au moment où lui était infligée une blessure si forte, en ce soir du 19 avril, du 15 avril 2019. Votre décision immédiate, de nommer un délégué spécial pour la reconstruction de l'édifice en la personne du général Jean-Louis Georges Lain, dont la mémoire reste si vive chez nous. La promesse, un pari auquel vous étiez le seul à croire à ce moment, d'obtenir ce résultat en cinq années. La création de l'établissement public, ayant pour unique mission de rebâtir Notre-Dame de Paris, et votre attention de tous les instants à ce chantier, marquée par vos visites régulières, notamment à la date anniversaire de l'incendie, jusqu'à cet anniversaire par anticipation, il y a tout juste un an. Pour tout cela, vous savez la gratitude des Parisiens, des Français et du monde entier, que vous avez tenu à rendre témoin de ce joyeux événement d'aujourd'hui. Et tous ici savent, ce que nous devons aux généreux mécènes de cette reconstruction et aux trois cent quarante mille donateurs. Cette immense et universelle générosité est un signe très remarquable. Elle manifeste un désir profond de participer à la beauté qui sauve l'humanité de tant de tristesse et de maux de toutes sortes. Et la générosité des plus modestes signe, la participation à une œuvre collective. Elle est comme un morceau du filet de fraternité qui recouvre heureusement ce monde et lui évite de céder aux seuls intérêts particuliers. Et maintenant, avec vous et tous les invités de ce soir dans cette cathédrale qui éclate de lumière au cœur de la cité et sur les écrans chez vous ou dans les rues de Paris, nous entendons maintenant chanter la louange de Dieu. Le grand orgue de Notre-Dame complètement révisé pendant cette période va redonner sa voix, ses voix multiples, ses harmonies capables de traduire tous les sentiments de la prière chrétienne, de la supplication à l'exultation pour l'œuvre de Dieu, l'œuvre de sa liberté et de sa volonté puissante et aimante. Monseigneur Lenonce, maintenant, a reçu un message de sa sainteté le Pape François à l'intention de tous ceux qui s'associent à notre célébration qu'il va nous lire.

[02:08:36] Speaker 17: « A son Excellence, Monseigneur Laurent-Hurric Archevêque de Paris, je suis très heureux de m'unir à vous, Excellence, par la pensée et la prière, ainsi qu'à tous les peuples fidèles réunis et à toutes les personnes présentes en ce jour solennel où votre cathédrale est rouverte au culte. Nous avons encore tous en mémoire le terrible incendie qui avait, il y a cinq ans, fortement compromis l'édifice. Nos cœurs s'étaient serrés devant le risque de voir disparaître un chef-d'œuvre de foi et d'architecture chrétienne, un témoin séculaire de votre histoire nationale. Aujourd'hui, la tristesse et le deuil font place à la joie. À la fête et à la louange. Je salue tous ceux, en particulier les sapeurs-pompiers, qui se sont employés courageusement à sauver du naufrage ce monument historique. Je salue l'engagement déterminé des pouvoirs publics ainsi que le grand élan de générosité internationale qui ont contribué à la restauration. Cet élan est le signe non seulement d'un attachement à l'art et à l'histoire, mais plus encore, et combien cela est encourageant, le signe que la valeur symbolique et sacrée d'un tel édifice est encore largement perçue, du plus petit au plus grand. Je salue aussi le travail remarquable des nombreux corps de métiers qui se sont investis, donnant généreusement le meilleur d'eux-mêmes pour rendre à Notre-Dame sa splendeur. Il est beau et rassurant que le savoir-faire d'autrefois ait été sagement gardé et amélioré. Mais il est plus beau encore que nombre d'ouvriers et d'artisans aient témoigné avoir vécu cette aventure de la restauration dans une authentique démarche spirituelle. Ils se sont mis sur les traces de leur père, dont seule la foi, vécue dans leur travail, a pu édifier un tel chef-d'œuvre où rien de profane, d'inintelligible ni de vulgaire n'a sa place. Puisse donc la renaissance de cette admirable Église constituer un signe prophétique du renouveau de l'Église en France. J'invite tous les baptisés qui entreront avec joie dans cette cathédrale à ressentir une légitime fierté et à se réapproprier leur héritage de foi. Chers fidèles de Paris et de France, cette demeure que notre Père du Ciel habite est votre. Vous en êtes les pierres vivantes, ceux qui vous ont précédés dans la foi l'ont édifiée pour vous. Les innombrables représentations et symboles qu'elle renferme vous sont destinés afin de vous guider plus sûrement vers la rencontre du Dieu fait homme et redécouvrir son immense amour. Par ailleurs, Notre-Dame sera bientôt de nouveau visitée et admirée par une foule immense de personnes de toutes conditions, provenance, religion, langue et culture, pour beaucoup en recherche d'absolu et de sens à leur vie. Je sais, Excellences, que les portes leur seront largement ouvertes et que vous serez attachés à les accueillir généreusement et gratuitement comme des frères et sœurs. Au témoignage de la communauté chrétienne, puissent-elles percevoir la paix qui habite sa louange, ressentir la joie de connaître et d'aimer le Seigneur qui s'effraie pour proximité, compassion et tendresse. Puissent-elles, levant les yeux vers ces voûtes qui ont retrouvé la lumière, partager son invincible espérance. Implorant sur l'Église de France et sur tout le peuple français la protection de Notre-Dame de Paris, je vous donne de grand cœur, ainsi qu'à toutes les personnes présentes, la bénédiction. François.

[02:13:55] Speaker 1: Donc, on vient d'entendre le représentant du Pape, son ambassadeur, si je puis dire, Père Bérachet, qui vient de s'exprimer.

[02:14:09] Speaker 12: ... du Père et du Fils et du Saint-Esprit. La paix soit avec vous. Et avec votre esprit. Notre-Dame a connu l'absence. Aujourd'hui, elle retrouve la présence de ceux et celles qu'elle rassemble. Notre-Dame a connu les ténèbres. Aujourd'hui, elle retrouve la lumière qui la fait resplendir et qui éclaire nos vies. Notre-Dame a connu le silence. Aujourd'hui, elle retrouve la joie des chants et de la musique. La joie de la louange qui monte vers Dieu.

[02:14:44] Speaker 1: Voilà, j'ai laissé l'archevêque s'exprimer puisque c'était le début de la célébration, cette cérémonie avec sa bénédiction. Philippe Bérachet, pardonnez-moi, je suis désolée. Mon Père, je vous interrogeais après ce discours, ce texte lu du Pape. Le Pape est absent. Il l'a bien dit, ce n'est pas ma place. Je n'ai pas à occuper, à tirer l'attention vers moi. Mais il a tenu évidemment à s'exprimer. C'est un Pape politique, il n'a pas pu s'empêcher de parler de la gratuité du lieu de culte. Parce que ça, c'est un débat en France qui est important. On sait que Rachida Dati l'a évoqué pour éventuellement permettre de faire entrer des fonds. Vous en êtes les pierres vivantes, Otzi a-t-il rappelé. C'est vrai que c'est toute l'importance du décalage entre le lieu qui est le lieu du culte, mais qui n'est vivant, qui n'est qu'un lieu religieux parce qu'il y a des personnes et une foi qui animent ce lieu.

[02:15:46] Speaker 16: C'est un Pape politique, effectivement, on le voit avec la question de la gratuité. C'est aussi un Pape jésuite à travers sa pédagogie. Pierre vivante, cela signifie que ce qui compte dans une cathédrale, c'est cette mémoire et une mémoire vivante. Parce que c'est ça que ça signifie, c'est de Saint Paul les pierres vivantes. C'est cette mémoire qui est vécue et toujours transmise. Là, on va s'adresser à l'orgue, donc l'archevêque va s'adresser à l'orgue.

[02:16:11] Speaker 1: On va l'écouter. Voilà, c'est ce qu'il va faire maintenant. Il remet sa mythe. Voilà.

[02:16:21] Speaker 16: Il va y avoir une prière et puis huit invocations. Il s'adresse directement à l'orgue.

[02:16:26] Speaker 1: Et donc on va l'écouter.

[02:16:28] Speaker 12: Éveille-toi, orgue, instrument sacré, entonne la louange de Dieu, notre Créateur et notre Père.

[02:16:49] Speaker 1: Sous-titres par Jérémy Camus ... ... ... ... ... ... ...

[02:18:22] Speaker 12: Orgue, instrument sacré, célèbre Jésus, notre Seigneur, mort et ressuscité pour nous.

[02:19:20] Speaker 1: ... ... ... ...

[02:20:19] Speaker 12: ... ... Voilà, c'est donc le grand orgue de Notre-Dame de Paris

[02:20:26] Speaker 1: qui sonne pour la première fois depuis l'incendie. Dominique Lange, je me tourne vers vous. On va assister, il y a 8 séquences au total. Expliquez-nous l'importance du réveil de cet orgue. C'est une prière à laquelle on assiste.

[02:20:43] Speaker 6: Oui, c'est l'évocation du rôle premier de ce bâtiment, de cet espace sacré qui n'est pas sacré, il est sacré par lui-même, il est sacré parce que là, des hommes et des femmes font monter de manière permanente et depuis des siècles une prière, une réponse à ce qu'ils ont cherché dans leur cœur, à ce Dieu qui se fait reconnaître. Et donc, dans la tradition chrétienne et partout en tradition catholique, l'orgue est devenu un instrument qui accompagne cette prière depuis le haut Moyen-Âge et qui est devenu vraiment un instrument qui permet à la fois d'honorer la puissance, la grandeur de ce qui est célébré, la grandeur du mystère de Dieu et en même temps d'accompagner humblement par d'autres manières de jouer. C'est tout l'art qu'on voit des titulaires de l'orgue, de passer de la puissance des jeux très impressionnants à la douceur la plus humble et donc d'évoquer tous les aspects de la prière chrétienne.

[02:21:36] Speaker 1: Mélina Huet, vous avez accompagné tous les corps de métier dans ce processus de restauration de Notre-Dame. Notamment, vous avez suivi cet or qui d'abord a dû être déposé parce qu'il faut le rappeler. C'est un miraculé de cet incendie, mais il avait été extrêmement pollué malgré tout.

[02:21:53] Speaker 18: Oui, on utilise souvent le terme de miraculé pour tous les éléments de la cathédrale qui ont survécu aux flammes. C'est peut-être un peu galvaudé, mais pas tant, parce que c'est la cathédrale de tous les superlatifs de toute façon. C'est vrai qu'il a survécu à l'incendie, il a survécu aux flammes, mais également à l'eau des pompiers. Souvent, ce qu'on oublie aussi, c'est qu'il y a des éléments de la cathédrale qui ont pu, notamment les pierres, être affectés par l'eau des pompiers, notamment des salés. Mais le problème, je dis lui, l'orgue, c'est qu'effectivement, des poussières de plomb ont été redéposées sur cet orgue. Il a été question, à un moment donné, de le dépolluer et de le restaurer sur place. Finalement, c'est plusieurs étages, un orgue de cette nature. C'est le plus grand de France en termes de jeux. Il y a 8000 tuyaux environ. Et donc, a été prise la décision très rapidement de le répartir dans plusieurs ateliers en France. Donc nous, on avait filmé. une partie de l'orgue et de ces tuyaux à l'Eau d'Ève. Donc, pour nos téléspectateurs et téléspectatrices internationaux et internationales, c'est dans le sud de la France. On avait rencontré des facteurs d'orgue qui s'occupaient justement de le nettoyer, de le dépoussiérer, de nettoyer le sommier également. Et ensuite, on a suivi son parcours jusqu'à son retour à Paris, au point zéro des routes de France, pour sa réharmonisation. Et ça, c'est un moment extrêmement privilégié. C'est pour ça que c'est très émouvant de l'entendre là, le poumon de Notre-Dame ce soir, parce qu'évidemment, quand on démonte un tel orgue, il faut aussi le remonter. Et ça prend du temps, beaucoup de temps. Et ensuite, il faut le réharmoniser. Il faut régler chaque tuyau. Exactement, un par un, avec des outils modernes, mais aussi avec des outils traditionnels. Et donc, on ouvre ou on vient refermer les tuyaux selon la note qui sonne juste ou pas. Et donc, on a eu ce privilège là, avec Julien Sauvaget, de pouvoir rentrer dans la cathédrale à l'heure où les marteaux se taisent, où il ne faut absolument aucun bruit pour juste entendre tous ces tuyaux, un par un, qui puissent résonner à nouveau en parfaite harmonie. Et c'est un moment extrêmement privilégié, parce qu'on sait qu'à partir de maintenant, il n'y aura plus jamais cette qualité de silence pour nous, les visiteurs, en tout cas, plus jamais.

[02:24:07] Speaker 1: Gauthier Rybinski, on a pourtant un auditoire qui est très attentif, mais qui, pour certains, parce qu'on voit par exemple le frère du roi du Maroc, qui est présent, il s'agit là de rassembler toutes les cultures, toutes les religions dans cette église. Et on voit que tous se sont rassemblés pour saluer cette renaissance de Notre-Dame.

[02:24:33] Speaker 10: Oui, n'oublions pas qu'il s'agit là de chefs d'État ou de proches, en tout cas, qui ont un statut assez élevé. Tout le travail, me semble-t-il, de l'écuménisme se fait justement beaucoup plus, à l'échelon de l'équidame que nous sommes, que sont les gens de la rue. Là, c'est quelque chose de plus important, mais c'est vrai que l'image qui est donnée, qui est volontairement donnée, oui, à cet aspect-là des choses. Mais vous savez très bien qu'il y a souvent, il y a loin de la coupe aux lèvres, c'est-à-dire qu'entre ce qui est présenté comme étant un effort conséquent et presque abouti d'entente, au moins d'entente, et que l'on voit et que l'on vit aussi ce que l'on peut vivre, dans la réalité de la géopolitique, dans la réalité de certains pays, c'est plus compliqué. Mais bon, sans doute que ça a une valeur précise, qui est peut-être de lancer ou de relancer des mouvements. Et ensuite, ça descendra par capillarité, si j'ose dire, vers les acteurs de terrain.

[02:25:38] Speaker 1: Même, Elina, concernant la réalité de cette restauration, parce qu'on sait que certains points de division ont été glissés sous le tapis, notamment pour cette réouverture. Par exemple, au Vitraux, ça, c'est un grand sujet qui... Voilà, des nouveaux Vitraux vont être révélés d'ici quelques jours ou quelques semaines. C'est vrai qu'il y a eu un point d'orgue, une unité qui s'est faite pour la restauration, mais il y a quand même eu quelques points de discorde.

[02:26:04] Speaker 18: Mais disons que ce que soulignent les personnes qui sont contre ce concours qui a été lancé pour effectivement apporter cette touche moderne, ou en tout cas qui porte la marque de l'époque de sa rénovation, comme l'avait souhaité le président Emmanuel Macron, c'est peut-être la contradiction entre ce qui a été fait depuis cinq ans et ce qu'on fait désormais. Je m'explique. On a décidé de reconstruire à l'identique de la cathédrale que l'on connaissait, c'est-à-dire celle de Viollet-le-Duc au mi-temps du XIXe siècle. Lui-même avait apporté une touche puisque cette flèche qui culmine à 96 mètres n'existait évidemment pas au Moyen Âge. Néanmoins, à partir du moment où il a été décidé, et c'est aussi conforme à la charte de l'UNESCO, de reprendre la dernière bâtisse, le dernier édifice que l'on connaissait, s'est posée la question de quelle marque de ce temps allait donc être apposée. Alors, il y a eu le coq. On l'a vu sur les images au tout début de la cérémonie. Ce coq moderne qui a été redessiné par l'architecte en chef Philippe Villeneuve, qui porte des reliques, mais également une liste avec les 2000 noms des femmes et des hommes qui ont contribué à sa restauration, qui a été redessiné tel un phénix et du cuivre doré. Ce sont des ailes en forme de flammes. Il y a une symbolique très, très forte évidemment. Et puis les vitraux remplacés des vitraux qui ont été, qui sont intacts, qui ont été par ailleurs restaurés ou en tout cas dépoussiérés, décrassés. C'est ce paradoxe que soulignent les détracteurs de cette position aujourd'hui.

[02:27:31] Speaker 1: On est en train de terminer d'écouter le réveil de l'orgue. Il y a huit séquences. Je crois qu'en principe, c'est la septième séquence. Et après cela, Dominique Lang, l'archevêque, doit faire une prière sur Paris et sur la France, c'est ça ?

[02:27:51] Speaker 6: On entre dans l'office du soir, si c'est bien ce qui est respecté pour ce soir-là. Donc l'office des Vêpres avec un hymne, quelques psaumes, le Magnificat. Voilà, un office assez traditionnel qui dure une vingtaine de minutes et qui va être célébré et qui se terminera par le TDO.

[02:28:08] Speaker 1: Quelle est la différence entre, je me tourne vers vous, Père, quelle est la différence entre cette célébration de ce soir et la messe qui se déroulera demain matin dans la cathédrale ?

[02:28:20] Speaker 16: L'office du soir, comme disait Dominique, c'est un office avec les psaumes. C'est d'abord la prière ordinaire de l'Église. C'est la prière ordinaire parce que c'est la prière la plus ancienne. C'est la prière qu'a prié Jésus. Les psaumes sont les psaumes d'Israël. Il faut savoir que dans la Bible, le livre des psaumes, c'est ce qui ouvre les livres de la sagesse. Et la prière, autrement dit, dans la Bible, la prière des psaumes, c'est une prière qui n'est pas d'abord une prière répétitive, mais une prière qui nous fait découvrir comment Dieu agit dans la vie des hommes et des femmes. Comme disait l'archevêque de Paris, ça nous fait découvrir quels sont nos sentiments humains et comment les exprimer et comment Dieu travaille avec ces sentiments humains. La prière des psaumes, c'est exactement cela. Autrement dit, la prière ordinaire, c'est la prière de l'office. Demain, il va y avoir une autre célébration, c'est la célébration eucharistique. Alors pourquoi aujourd'hui on ne célèbre pas la messe ? Parce que, eh bien, l'autel n'est pas consacré.

[02:29:18] Speaker 1: On a vu les prêtres qui ne se sont pas salués,

[02:29:22] Speaker 16: qui ne sont pas signés devant l'autel. Ils ne s'inclinent pas. Effectivement, la cathédrale aujourd'hui est ouverte. La cathédrale voit son orgue réveillé, mais la cathédrale ne peut pas, entre guillemets, célébrer l'eucharistie parce que l'autel n'a pas été consacré. Demain, à 10 heures, il y aura la célébration où il y aura l'onction de cet autel. L'autel sera consacré avec l'huile du Saint-Crème pour, eh bien, redire que cet autel représente le Christ. On oint l'autel avec de l'huile, comme le Père a oint le Fils dans l'Évangile. Et ce qui est ce soir, c'est, au fond, les prémices. C'est pour ça qu'on célèbre l'évêtre, les prémices de cette célébration. Il ne faut pas voir, justement, les célébrations qui vont se dérouler d'ailleurs sur plusieurs jours comme quelque chose qui est tout à fait détaché, qui est comme un ensemble unique. Une progression. Exactement. Il y a une progression. Exactement comme ce qui se passe dans cette cathédrale, dans cet espace. On entre par les portes, on a vu le baptistère, on entre dans la nef et puis on va vers l'autel.

[02:30:28] Speaker 1: Alors, je crois que le dialogue est terminé ou peut-être s'agit-il du dernier. On va écouter l'archevêque.

[02:30:41] Speaker 12: Orgue, instrument sacré, proclame gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit.

[02:30:56] Speaker 1: Voilà, en principe, je pense que c'est le dernier dialogue. On va l'écouter. Sous-titrage MFP. Sous-titrage MFP. ...

[02:32:41] Speaker 12: ... Que le Seigneur qui est digne de toute louange nous accorde de le chanter sur terre, de bouche, de cœur et par toute notre vie, et qu'il nous donne de chanter au ciel le cantique nouveau éternellement. Par le Christ notre Seigneur.

[02:33:06] Speaker 13: Amen.

[02:33:11] Speaker 1: ... ... ... ...

[02:33:40] Speaker 13: ...

[02:34:08] Speaker 1: ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... Sous-titrage MFP. Sous-titrage MFP.

[02:35:37] Speaker 18: Sous-titrage MFP. Sous-titrage MFP. Sous-titrage MFP. Sous-titrage MFP. Sous-titrage MFP.

[02:38:07] Speaker 1: Sous-titrage MFP. Sous-titrage MFP. Sous-titrage MFP.

[02:39:37] Speaker 18: Sous-titrage MFP. Sous-titrage MFP. Sous-titrage MFP.

[02:41:07] Speaker 12: Sous-titrage MFP. Sous-titrage MFP. Sous-titrage MFP. Sous-titrage MFP. Sous-titrage MFP.

[02:43:37] Speaker 1: Sous-titrage MFP.

[02:44:07] Speaker 16: Sous-titrage MFP. c'est qu'on ne demande pas le pédigré ou le niveau de foi de ceux qui y entrent. Parce qu'il y a une conviction dans la foi chrétienne et dans la théologie, c'est que le lieu d'une cathédrale, c'est le lieu aussi d'une expérience. Et chacun peut faire cette expérience, quelle qu'elle soit.

[02:44:54] Speaker 1: Dominique Lang, est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que nous voyons ? On a vu des incensoirs qui font partie des nouveaux, d'ailleurs, ornements liturgiques. Et là, on voit à l'image que l'église a été pour cette célébration ouverte à tous, absolument. Ça, c'était le vœu de Mgr Ulrich.

[02:45:10] Speaker 6: C'est impressionnant de voir des personnes qui portaient handicap, des personnes... Il y a eu un souci d'inviter aussi des gens qu'on n'invite jamais à ces grandes fêtes, avec des gens importants, avec des leaders politiques et économiques. On a aussi tous ces pauvres, qui est une très belle expression, pas du tout condescendante, parce que nous le sommes tous, d'une manière ou d'une autre. Et c'est important qu'ils soient là aussi, au premier rang. La suite de l'office, donc, après le... Le commentaire, le court commentaire de l'évêque, c'est maintenant de chanter le Magnificat. C'est-à-dire, on reprend les paroles de louanges de la Vierge elle-même. Et c'est pour ça que le célébrant vient, pendant le chant du Magnificat, encenser la statue de la Vierge, qui a retrouvé, elle aussi, son lieu au pied de la colonne.

[02:45:51] Speaker 16: Je rajouterais qu'effectivement, le chant du Magnificat, c'est un chant qui est important, parce que c'est le chant de Marie. Et c'est un chant qui reprend le chant des psaumes, qui est le chant des pauvres. Et c'est tout à fait une belle image de... de voir, justement, que les plus humbles sont à côté des puissants, parce que dans le chant du Magnificat, eh bien, il y a une critique, finalement, de la part du psalmiste et de l'Évangile, à l'égard des puissants, qui, justement, eh bien, écrasent les plus faibles. Il y a cette conviction dans le chant du Magnificat que Dieu relève le faible et, finalement, abaisse les puissants. Alors, pourquoi l'archevêque Mgr Ulrich a encensé, la statue de la Vierge Marie ? Parce que, justement, comme on le disait tout à l'heure, l'autel n'est pas consacré, normalement, au chant des Vêpres. Si vous allez, eh bien, au chant des Vêpres, si vous avez la chance d'aller au chant des Vêpres à Notre-Dame, eh bien, dans les prochains jours, eh bien, vous verrez que l'officiant, eh bien, encensera l'autel, puis la statue de la Vierge Marie.

[02:46:55] Speaker 1: Mélina, vous vouliez continuer de nous parler de lumière.

[02:46:58] Speaker 18: Peut-être, juste pour rebondir sur ce que vous disiez, sur la terminologie, également, effectivement, le terme « pauvre » qui a pris une teneur péjorative, à quel point le langage a changé d'année en année, de siècle en siècle. Le terme de « clochard », par exemple, il y avait des nécessiteux présents sur le parvis de la cathédrale qu'on invitait à monter pour faire sonner les cloches. D'où le terme de « clochard », qui, aujourd'hui, est utilisé de façon extrêmement péjorative. Pour revenir sur ce que, donc, effectivement, une cathédrale ouverte à toutes et tous, et pour finir sur ce que je disais tout à l'heure, j'ai oublié peut-être le principal en parlant de cette lumière et de ces lustres qui ont été rénovés par une lustrerie dans le sud de la France, à Gargasse. Je n'avais pas pris la mesure du tout, à titre personnel, de l'importance de ces lumières. On pourrait presque croire, après quatre années à suivre le chantier, qu'on est devenus peut-être des geeks de l'artisanat. Mais en réalité, c'est très important. Pourquoi ? Parce qu'on a parlé de l'orgue, qui est le poumon, qui est le souffle, de Notre-Dame. On a parlé des cloches, qui sont la voix de Notre-Dame. Et la lumière, ce sont à la fois les vitraux qui laissent passer à nouveau la lumière, et ce sont effectivement ces candélabres et ces chandeliers qui portent le regard vers le haut, comme le disait l'une des membres de cette lustrerie, qui entraînent le regard vers le haut, et donc à découvrir la majesté aussi de cette cathédrale qui est extrêmement gracile.

[02:48:27] Speaker 1: On revient aux images que l'on suit, aux directs que l'on suit, qui entendons-nous, Dominique Lang ?

[02:48:35] Speaker 6: Donc après le chant du Magnificat, il y a une litanie, une prière répétitive, qui est une prière de demande, où nous prions les uns pour les autres. Dans la prière chrétienne, ce genre de prière est toujours une prière qui s'élargit peu à peu, qui part de ma prière personnelle, qui peu à peu prend en compte tout le reste du monde, les communautés chrétiennes, la communauté humaine dans laquelle nous sommes, celle de notre pays, celle de tous les pays. Et c'est vrai que la présence du président Zelensky est très émouvante de ce côté-là, parce que nous sommes dans la joie, dans la beauté de la restauration d'un édifice. Je pense à ce que peut porter ce genre d'homme, alors qu'il sait que son pays est meurtri, est bombardé, et que là aussi, il y a d'autres édifices religieux qui sont détruits aussi rapidement et aussi de manière aussi vulgaire et aussi insupportable.

[02:49:23] Speaker 1: Et il y a aussi les chrétiens d'Orient, je pense, avec ce qui se déroule en ce moment en Syrie, parce que les rebelles sont aux portes de Damas depuis quelques heures, et c'est vrai qu'on a vu ces communautés diminuer considérablement ces dernières décennies.

[02:49:41] Speaker 6: Pour la première fois dans l'église de Notre-Dame rénovée, il y aura une chapelle dédiée spécifiquement aux chrétiens d'Orient, pour se souvenir de la présence importante de ces petites communautés minoritaires, qui pour le coup, du coup, sont essentielles. Parce qu'elles sont minoritaires, elles nous rappellent ce que nous sommes tous, nous ne sommes pas dans une forme de puissance, nous sommes dans une forme de présence au monde pour aider chacun à avancer.

[02:50:04] Speaker 1: Et d'autant plus parce qu'elle était majoritaire, et qu'elle a drastiquement diminué au fil des siècles. Je pense qu'on va écouter les dernières prières et les chants associés.

[02:50:24] Speaker 19: Pour l'église répandue à travers le monde entier, afin qu'éclairée par la parole de vérité, et conduite par l'Esprit de sainteté, elle ne cesse de proclamer les merveilles de Dieu pour les hommes, prions le Seigneur. Pour que nous sachions nous émerveiller, de la splendeur de la création qui nous est confiée, pour que nous la respections, et la transmettions aux générations futures, prions le Seigneur.

[02:51:11] Speaker 1: Ô Seigneur, écoute-nous . Ô Seigneur, résence-nous .

[02:51:28] Speaker 12: Préceptis salutaribus moniti, et divinar institutione formati, oderemus diricere.

[02:51:40] Speaker 13: Pater noster, primis in caeis, sanctificet humum nobentum, advenia creduntum, fiat voluntas tua, sicut in ceo et in terra.

[02:52:05] Speaker 1: Adem noscum quotidianum, ad nobis sodie, et dimiter nobis, liebita nostra,

[02:52:19] Speaker 13: sicut retros divitibus, debitoribus noscris, et vivos in lucas, litegratione,

[02:52:33] Speaker 1: sed libera nos amano.

[02:52:43] Speaker 12: Dieu notre Père, tu nous donnes ce jour de joie

[02:52:45] Speaker 1: pour cette nouvelle Vierge. C'est vrai que cette célébration liturgique est en train de toucher à sa fin. Vous vous interrogiez notamment concernant toute cette rénovation et cette difficulté que l'on a peut-être à apporter un souffle nouveau dans ce projet de restauration.

[02:53:04] Speaker 10: Oui, c'est une question que j'adresse à nos invités et à Mélina également. Il semblerait qu'à l'époque, Viollet-le-Duc ait eu gain de cause, même si ça n'était pas forcément révolutionnaire, mais dans sa volonté d'apporter, notamment avec la flèche, d'apporter une innovation. Est-ce que là, on est revenu à quelque chose d'un peu plus crispé ? On sait qu'il y a eu débat à propos de la reconstruction des parties qui avaient été détruites. Que s'est-il passé ? Est-ce qu'il valait mieux être à l'époque de Viollet-le-Duc ou à la nôtre ? Je ne sais pas, c'est une hypothèse à laquelle...

[02:53:38] Speaker 1: C'est vrai que l'archevêché aussi donne l'impulsion. C'est à lui aussi de décider, Dominique Blanc, si vous voulez, peut-être, avant Mélina.

[02:53:46] Speaker 6: C'est toujours une tension entre préserver un patrimoine et le laisser vivre. Je pense à... On a évoqué tout à l'heure les fouilles archéologiques où on a redécouvert ce jubé extraordinaire. Il faut se souvenir du geste que ça a été, ce geste audacieux, après le concile de Trente, d'abattre ce jubé, qui était vraiment un fruit du Moyen Âge magnifique. On voit la qualité de la sculpture. Ça a été abattu au marteau et ensuite déposé avec respect, mais ça a quand même été cassé en petits morceaux. Et donc, il y a des décisions qui étaient un mélange de décisions politiques, puisque c'est Louis XIII qui a demandé pour exaucer son vœu qu'on réouvre l'espace, etc. Donc, c'est toujours une tension entre maintenir l'existant parce qu'on en est héritier et que, donc, on doit respecter ce qu'on reçoit. Et en même temps, c'est pas un musée. On n'est pas dans la muséologie où on ne touche à rien. Il faut laisser vivre aussi. Alors, l'équilibre entre ceux qui ne veulent qu'on touche à rien et ceux qui veulent qu'on change tout est toujours délicat. C'est un balancier, vous pensez ? Pardon.

[02:54:44] Speaker 18: Je dirais qu'une cathédrale est toujours vivante. Elle a évolué au gré des siècles. Et donc, effectivement, cette flèche n'était probablement pas du goût de tout le monde au moment où Viollet-le-Duc a décidé de l'élever dans le ciel de Paris. Le jubé, effectivement, alors ça correspondait à une évolution des pratiques liturgiques. Mais c'est vrai que, comme vous le dites, il y a eu un paradoxe immense entre la façon dont ça a été détruit et on le voit avec les fouilles. C'est-à-dire que ce sont des milliers de petits fragments parfois qui font un centimètre. Mais quand même, on les a enterrés au cœur de la cathédrale. Donc, bon, voilà, on ne savait pas trop quoi faire. Pas trop fort. Pas de profanation non plus. Pas de profanation non plus. Il ne faut pas aller trop, trop loin. Mais effectivement, on a la possibilité aujourd'hui de déposer ce qui a appartenu au passé et qu'on veut préserver par souci, évidemment, de mémoire et de patrimoine dans des si beaux musées qu'on a absolument partout. D'ailleurs, le jubé est visible au musée de Cluny qui est le musée du Moyen Âge. Et puis, laisser vivre la cathédrale. Pourquoi peut-être ça a été compliqué ? Je pense, c'est un avis personnel, il vaut ce qu'il vaut, c'est-à-dire, probablement pas grand-chose, mais le fait que ce soit si scruté a aussi... Peut-être que le plus facile était de ne pas trop y toucher parce qu'il y avait, on le rappelle, 340 000 donateurs venant de 150 pays. Impossible de susciter l'adhésion de toutes et tous. Et quand on est regardé par les yeux du monde, eh bien, finalement, reprendre ce qu'on a connu et décider de le sublimer, de le restaurer, peut-être que c'était un moindre mal. En tout cas, c'est ce que j'imagine.

[02:56:16] Speaker 1: Il y a eu trois séquences qui étaient importantes pour la France cette année. Les Jeux olympiques, le sommet de la francophonie et la réouverture de Notre-Dame de Paris. C'est vrai que les JO et la réouverture semblent les deux points forts de cette année. Est-ce qu'il vous semble, mon père, je m'adresse à vous, mais peut-être que vous aurez tous envie de réagir, qu'aujourd'hui aussi, avec cette cérémonie, avec cette réouverture, est restauré le sens du sacré après ce que l'on a vu être une période de réouverture, peut-être une polémique, je pense, à la cérémonie d'ouverture des JO. Là, on a vu, vous parliez de tous ces donateurs à travers le monde qui ont soutenu Notre-Dame et qui ont été aussi extrêmement offensés par cette cérémonie d'ouverture des JO et par les codes qu'elle reprenait du christianisme.

[02:57:04] Speaker 16: Je réponds en trois temps. D'abord, en reprenant la question de la mémoire et de la manière dont on fait de l'architecture. Je parlerai de mon domaine, ce qui est de la théologie et de la liturgie. C'est vrai que c'est un domaine qui est sensible et on a la tendance aujourd'hui un peu à chosifier les choses et avoir peur, peut-être, effectivement, de ce qu'on appelle l'innovation, de ce qui peut changer. Ce qui est assez curieux, c'est qu'au Moyen-Âge ou même à la Renaissance, on n'avait pas du tout cette peur. C'est quand même assez curieux qu'à l'époque de saint Thomas d'Aquin ou à l'époque même de la restauration, donc de Sainte-Véloduc, il n'y avait pas cette inquiétude. Je pense que c'est une crispation religieuse, je pense que c'est une crispation qui est beaucoup plus dans l'ère du temps, dans la société, qui tient peut-être à cette absence de mémoire ou cette difficulté à entrer dans la mémoire. Ce qui implique justement dans la célébration à la fois des JO, mais aussi des temps forts. En France, on a une propension à la mémoire, aux événements mémoriels. Et comment est-ce qu'on les interprète ? C'est là la question. C'est une question qui, à mon avis, est fondamentale parce que ce qu'on fait dans la restauration de Notre-Dame, on pourra en discuter, mais ce qu'on fait dans la restauration de Notre-Dame, c'est un peu de l'histoire. La mémoire, c'est quelque chose qu'on interprète. Et c'est là l'enjeu de ce qui va se passer maintenant dans la réouverture de Notre-Dame. Au-delà des choix des architectes et des choix politiques et religieux, de reconstruire Notre-Dame à l'identique. Très bien. Ce qui s'ouvre maintenant, c'est une période qui est très importante, c'est le moment de la réappropriation par les chrétiens, par les visiteurs, par les Français, par le monde, de la cathédrale Notre-Dame. Comment va se faire cette réappropriation ? En théologie, on dirait cette réception. Comment est-ce que ça va se faire ? Est-ce que, tout simplement, les chrétiens vont finalement dire on refait à l'identique, on refait la même chose ? Ou est-ce qu'il n'y a pas quelque chose qui a changé ? Et je crois que ce qui va changer, ce n'est ni les décisions des politiques, ni même les décisions peut-être des théologiens, mais c'est aussi, et c'est le sens de la foi, c'est aussi la manière dont les gens, aujourd'hui, vont se réapproprier. Et ce que disait Mgr Ulrich, mais aussi ce que disait le Pape François, et c'est là où on voit qu'ils sont politiques et spirituels, ce qui compte pour eux, c'est la manière dont les gens, les plus humbles ou les plus grands, vont s'approprier, maintenant, Notre-Dame. Et c'est ça qui fera, justement, finalement, une nouvelle histoire de Notre-Dame.

[02:59:47] Speaker 1: Oui, Dominique.

[02:59:50] Speaker 6: Juste rajouter, puisqu'on a évoqué cette question des Jeux Olympiques, qui, effectivement, ont été très sensibles, rappeler que les organisateurs eux-mêmes ont dit, mais on a évoqué le travail de restauration de Notre-Dame. Notre-Dame de Paris, dans le premier temps de cette célébration laïque, donc il y a eu ce travail mémoriel en disant, on est fiers de ce patrimoine-là. Et puis, un peu plus tard, il y a eu un mélange de provocation, d'humour, peut-être même de second degré pas complètement assumé, parce qu'on ne voyait même pas où était le symbole, où, effectivement, on a évoqué de manière directe ou indirecte la scène de Léonard de Vinci. Mais ce qui rappelle aussi, à la fois, l'hypersensibilité des pratiquants, des croyants qui n'aiment pas qu'on touche à leur symbole. Et puis, en même temps, ce ne sont que des symboles. Et ce n'est pas parce qu'on caricature la scène de Léonard de Vinci qu'on touche au cœur de notre foi. Et c'est là aussi où les croyants doivent apprendre à la fois à dire, on a le droit d'être qui on est dans une société laïque, on a le droit d'assumer notre foi, on a le droit de célébrer notre foi et de dire, ça, c'est nos symboles et on y tient. Et en même temps, ne pas en faire quelque chose qui va créer de la violence ou créer des polarisations au point qu'on ne puisse plus vivre ensemble. Ça serait vraiment un contre-témoignage.

[03:00:58] Speaker 1: On vient de voir à l'instant la flèche à vue de haut avec le coq tout en haut qui veille. D'ailleurs, on surnomme aussi le paratonnerre spirituel, je crois. On assiste à quoi ? On a vu une procession qui repartait, Dominique Lang ?

[03:01:15] Speaker 6: C'est la fin. C'est la fin de la cérémonie. L'évêque vient saluer les autorités politiques. On a vu le cardinal de Lannes, le cardinal de New York, qui était là. Et c'est vrai qu'en regardant la cérémonie, je me disais, tiens, il y a quand même quelque chose un peu du 11 septembre des États-Unis, dans ces deux tours effondrés et les deux tours de Notre-Âme de Paris. Quand j'ai vu les violoncelles tout à l'heure, je pensais aussi au mur de Berlin avec Rostropovich qui jouait devant. Il y a tous ces symboles qui résonnent de ces moments où on a l'impression qu'on fait l'histoire en fait, en direct, parce qu'on voit la fin de quelque chose et le début de quelque chose d'autre.

[03:01:48] Speaker 1: Gauthier, vous vouliez réagir sur le sacrum.

[03:01:49] Speaker 10: Oui, sur ce que vous disiez tout à l'heure. Il me semble que ce qui s'est passé au moment des Jeux olympiques, même s'il y a des maladresses, c'est aussi l'expression au fond d'une autre tradition française qui ne nuit pas à la tradition chrétienne, mais qui est une autre, qui vit et qui a vécu aussi. Parce qu'aujourd'hui, nous sommes dans un contexte plutôt apaisé entre les rapports entre la religion et le profane ou les laïcs. Ça n'a pas été toujours le cas. Alors, est-ce qu'il y a toujours... C'est-à-dire cet esprit en quelque sorte un peu de combat contre, finalement, ce que peut être la religion ? Ce que vous disiez tout à l'heure est exact. Certains disent, au fond, en France, il n'y a que cette tradition-là. Et puis d'autres, de l'autre côté, auront tendance aussi à nier ce que peut être le religieux. Au fond, il y a coexistence et ça, c'est quand même une manière aussi de voir ce que la laïcité peut accomplir, même si elle est bourrée de défauts, même si c'est qu'à un cas, il y a quand même quelque chose de cet ordre-là qui fait qu'on ne s'étripe plus. Qu'on ne se tire pas dessus, qu'il n'y a plus de Saint-Barthélemy et ce n'est pas finalement totalement négligeable.

[03:02:56] Speaker 1: Là, ce que l'on voit ce soir, on vient de voir la tour Eiffel éliminée puisqu'il est 21h05 à Paris. Elle s'élimine à chaque heure. Là, ce sont les dirigeants qui sortent, qui suivent cette procession de Mgr Ulrich. Et maintenant, la cathédrale va se vider. Aujourd'hui, c'est une France qui a su s'unir, qui a su montrer le meilleur d'elle-même, qui a su peut-être inspirer. Et c'est ce message-là qu'il va falloir porter au-delà des frontières, dans un contexte qui est extrêmement instable, qui n'a jamais été aussi instable depuis plusieurs décennies. Justement, on évoquait la chute du mur de Berlin. On était entrés dans une ère de paix avec la chute du mur de Berlin et on est entrés dans une ère de très grande déstabilisation ces derniers mois.

[03:03:43] Speaker 18: Ce que j'ai tendance à dire sur ce qu'on qualifie volontiers de chantier du siècle, à tort ou à raison d'ailleurs, c'est qu'on me demande souvent, est-ce que le pari est réussi ? Et je dis toujours qu'en étant française, on a tendance à être très, très sceptique quand même et à toujours critiquer et à s'imaginer que tout est infaisable et inimaginable. Et je fais partie de ces gens, puisque clairement, en 2019, quand j'ai mis un pied sur le site et que j'ai découvert cette plébéance, je me suis dit, oulala, cinq ans, jamais de la vie. Et la réalité, c'est qu'elle est là, elle est debout, elle est plus belle que jamais, que c'est possible, évidemment. Ça, ça l'afflue de dons et ça, on ne le répétera jamais assez. Et il en faut pour toutes les Vénus et les Parois. Et tous les monuments culturels et culturels de France n'ont pas cette chance. Et ça, c'est inévitable, il faut le dire, c'est le nerf de la guerre. Néanmoins, ces savoir-faire, ils sont là et c'est faire savoir aussi. Et ils existent depuis des centaines et des centaines d'années. Et c'est possible grâce aussi à quoi ? Donc au travail de ces hommes et de ces femmes, depuis les artisans jusqu'aux ingénieurs, aux archéologues, aux scientifiques, aux personnes de l'administration aussi, aux membres du culte, c'est un travail collectif. Et ce qui est important, je pense, surtout, on le sait à France 24, on parle constamment de ce dont l'homme est capable, et Dieu sait s'il est capable de choses absolument affreuses, et on parle de la noirceur dont il est capable au quotidien, de montrer la beauté dont nos mains sont parfois porteuses. C'est aussi peut-être une parenthèse enchantée qu'il faudra savoir faire perdurer.

[03:05:19] Speaker 1: Oui, et Gauthier, ce symbole, il est là maintenant. Les Parisiens vont vous voir, mais pas seulement, l'image va rayonner partout.

[03:05:27] Speaker 10: Toute la question, c'est effectivement de savoir comment on fait perdurer la chose. L'exemple que vous donniez tout à l'heure, celle du mur de Berlin, souvenons-nous que ça a été une espérance énorme, portée également aussi par les églises, par les profanes, et au fond, qu'est-ce qu'il en reste aujourd'hui, y compris même...

[03:05:43] Speaker 1: Un potentiel.

[03:05:44] Speaker 10: Voilà, un potentiel. Et vous voyez bien que même en Allemagne, où il y a eu vraiment... Il y a eu des retrouvailles, des réunifications, cette Allemagne, elle est encore... Elle est de nouveau fracturée par d'autres choses, probablement, mais qui sont des héritages aussi de ce que certains ont vécu sous des régimes totalitaires. Donc, là aussi, ce symbole qui avait été d'abattre le mur, qu'en reste-t-il ? Alors, c'est vrai, vous disiez, on est toujours dans le désespoir, d'une certaine manière, quand on fait ce métier, mais je pense qu'aussi, c'est en se posant cette question qu'on peut essayer de trouver, de susciter et d'instiller des formes de solutions. Mais c'est vrai, encore une fois, que... Ben oui, le pari a été tenu. Pour la suite, il faut encore retrousser les manches.

[03:06:26] Speaker 1: Pierre Berrachet, vous vouliez réagir, mais j'aimerais qu'on entende cette fin de cérémonie. On reviendra d'ailleurs dans un instant sur les temps forts. Alors ? Voilà, il y a les cloches et c'est ça que je voulais entendre. Merci. Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Père Berrachet, on a vu, on le voit à l'instant, ce coq qui porte à la fois ce symbole de cette renaissance, mais aussi le nom de tous ces compagnons qui ont permis la restauration de Notre-Dame.

[03:08:01] Speaker 16: Il y a une chose aussi qui a été émouvante dans ce qui a été dit, là, par le pape François et par l'archevêque Mgr Ulrich, on voit que ce sont deux hommes, et c'est ça qui est aussi émouvant, un homme de 87 ans et un archevêque qui va bientôt prendre sa retraite, et qui ont le souci, effectivement, de voir que, l'enjeu du siècle, c'est la coexistence. Même si le mot n'a pas été dit, c'est ce qui les travaille. Il y a une inquiétude, on va dire, du côté du Vatican, même de l'Église, de la coexistence humaine. C'est ce que le pape François appelle la Troisième Guerre mondiale fragmentée. Et on voit bien que, là, il utilise cet événement, on verra ce qu'il dira en Corse la semaine prochaine, mais on voit que cet événement de la reconstruction de Notre-Dame, pour lui, c'est le moment où il faut dire que c'est ensemble que l'on travaille. Et cette unification pour un travail, pour être ensemble. Ça évoque aussi pour moi, dans ce qui était dit, on peut le dire...

[03:09:04] Speaker 1: Oui, pardonnez-moi, je vous interromps, excusez-moi, on va écouter quand même la Marseillaise. ... ...

[03:09:12] Speaker 20: ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... Aux armes citoyens, formez vos bataillons, marchons, marchons, car ce pays le brève le Seigneur.

[03:10:15] Speaker 21: Amour sacré de la patrie, on lui soutient l'ombre avancheur. Liberté, liberté, chérie, qu'on arrête les défenseurs, qu'on arrête les défenseurs. Sous nos drapeaux, qu'elle a du poids. Aux armes citoyens, formez vos bataillons, marchons, marchons, car ce pays le brève le Seigneur.

[03:11:15] Speaker 13: Amour sacré de la patrie, on lui soutient l'ombre avancheur.

[03:11:45] Speaker 16: Liberté, liberté, chérie, qu'on arrête les défenseurs, qu'on arrête les défenseurs. Amour sacré de la patrie, on lui soutient l'ombre avancheur.

[03:12:45] Speaker 10: Amour sacré de la patrie, on lui soutient l'ombre avancheur. Amour sacré de la patrie, on lui soutient l'ombre avancheur.

[03:15:59] Speaker 18: Amour sacré de la patrie, on lui soutient l'ombre avancheur. Amour sacré de la patrie, on lui soutient l'ombre avancheur. Amour sacré de la patrie, on lui soutient l'ombre avancheur.

[03:16:13] Speaker 1: Amour sacré de la patrie, on lui soutient l'ombre avancheur. Amour sacré de la patrie, on lui soutient l'ombre avancheur.

[03:16:14] Speaker 18: Amour sacré de la patrie, on lui soutient l'ombre avancheur. Amour sacré de la patrie, on lui soutient l'ombre avancheur. Plus de 450 tonnes de plomb ont fondu, se sont évaporées, puis sont venues se redéposer sous forme de particules toxiques. C'est la raison pour laquelle nous portons ces combinaisons, mais c'est aussi ce qui complique la tâche des restaurateurs. À l'hiver, le chantier est un temps suspendu à cause des intempéries. En 2020, c'est le Covid qui freine les travaux. Mais le patron d'alors, le général Georges Lain, se veut rassurant devant notre caméra.

[03:16:41] Speaker 22: C'est un programme extrêmement ambitieux. Nous maintenons le cap de la réouverture de la cathédrale occulte en 2024.

[03:16:53] Speaker 18: De fait, fin 2020, tout s'accélère. L'immense échafaudage qui servait à la restauration du toit en 2019 est démonté. De gigantesques cintres enchaînent viennent sécuriser les voûtes menaçant de s'effondrer. Chaque opération de sauvetage est un défi technique et humain.

[03:17:11] Speaker 23: Il y a nos gens en dessous. Là, il y a toujours une petite part de risque, un peu de vent, on ne sait jamais. Donc tout se passe bien, on est très contents.

[03:17:18] Speaker 18: Une fois la cathédrale hors de danger, la phase de restauration peut pleinement commencer. Les chapelles retrouvent des couleurs cachées sous une poussière centenaire, entre ciel et terre.

[03:17:30] Speaker 24: On est vraiment comme les peintres quand ils ont réalisé le décor. On est vraiment au même endroit, au même niveau. Ça, c'est très agréable.

[03:17:38] Speaker 18: Pour rebâtir à l'identique la forêt de Notre-Dame, on a besoin de des bâtiments. À Notre-Dame, 2000 chaînes sont soigneusement sélectionnées partout en France. Joyau de l'architecture médiévale, la charpente est inaugurée en janvier 2024. En février, le monde entier découvre la nouvelle flèche. Culminant à 96 mètres, la signature de Viollet-le-Duc surmontée d'un coq moderne redonne à Notre-Dame sa silhouette si familière. En juin, après avoir suivi son nettoyage deux ans plus tôt, nous assistons au projet de la chambre. C'est la première note du Grand Orgue. À l'heure où les marteaux se testent enfin.

[03:18:17] Speaker 25: C'est un bon privilège d'avoir une qualité de silence comme ça parce qu'évidemment, on n'aura plus jamais cette qualité de silence.

[03:18:24] Speaker 18: Après son souffle et sa lumière, Notre-Dame retrouve sa voix. Les huit cloches du Beffrois Nord sont bénies avant de regagner les hauteurs de Paris.

[03:18:34] Speaker 26: C'est aussi Notre-Dame de l'humanité. C'est quelque part la cathédrale du monde.

[03:18:38] Speaker 18: Une cathédrale du monde qui, cinq ans plus tard, lui est restituée, plus que jamais sublimée.

[03:18:48] Speaker 1: Non, c'est vrai qu'on est émerveillés quand on voit le défi qui a été relevé. Ça, on doit quand même le rendre à la fois à Emmanuel Macron, au général Georges Lain.

[03:18:57] Speaker 18: Mais c'est aussi pour ça que je disais que j'y croyais absolument pas parce qu'en me replongeant dans les archives, j'avais même jusqu'à oublier l'épidémie de Covid. Parce que c'est à la fois hier et ça paraît tellement loin, et puis le plomb, et puis les intempéries. C'est-à-dire que... On parle d'un chantier de restauration en cinq ans, mais ça n'a pas duré cinq ans. Ça a duré trois ans et demi, la restauration en elle-même. Le reste du temps, c'était de la sécurisation, c'était de la gestion humaine, de la gestion technique, de la gestion administrative, etc. C'est quand même... C'est-à-dire que le prodige là-dedans aussi, au-delà du travail qui a été accompli par ces milliers d'hommes et de femmes, c'est l'organisation, la logistique. On parle souvent... Il y a eu un général à la tête de ce chantier jusqu'en 2023, le général Jean-Louis Georges Lain. Ce n'est pas anecdotique d'avoir un exécutif qui décide qu'une cathédrale sera rendue d'ici cinq ans et d'avoir à l'exécution un général, cinq étoiles, chef d'état-major au président de la République. Ça montre aussi qu'il y a une volonté de ne pas se soustraire à la promesse qui a été faite.

[03:20:03] Speaker 1: Le temps d'ouverture va durer en fait des semaines, Dominique Lang, jusqu'à la Pentecôte. Il va y avoir des offices tout au long... De la semaine, des communautés vont être invitées en fait. C'est extrêmement bien organisé. Mais il y a un temps fort qui est très important en tous les cas pour les catholiques, pour les chrétiens aussi. C'est le retour de la couronne d'épines qui avait été sauvée. Alors je pense qu'on peut peut-être rappeler cette séquence incroyable parce que plus de 1300 oeuvres, je crois, ont été sauvées de cet incendie. Et ça, c'est essentiel parce qu'elle est extrêmement bien protégée. Donc il fallait aller la récupérer, ce qui n'a pas été chose facile. Et elle a été mise en protection ensuite à Saint-Germain-l'Auxerrois.

[03:20:44] Speaker 6: On a entendu le témoignage des acteurs des premières heures dont un des soucis, c'était d'aller chercher cette relique. Cette relique ne pouvait pas disparaître dans l'incendie. C'est une des reliques les plus précieuses de la chrétienté. Je ne sais pas si c'est la bonne expression. En tout cas, qui évoque de manière la plus proche possible la crucifixion du Christ, puisque c'est un reste de couronne d'épines, un des clous et un morceau du bois de la croix. Je ne parle pas là en tant qu'historien. Peut-être que les historiens mettraient beaucoup de nuances sur la véracité de ces reliques. Mais en tout cas, pour un chrétien, ce n'est pas tellement la véracité historique qui importe, c'est ce que ça représente pour nous, à quoi ça nous rend présent. On est tout proche de ce geste ultime d'un homme qui donne sa vie par amour pour d'autres. Et donc, on vient vénérer ces objets-là, non pas comme des objets magiques, mais comme quelque chose qui nous rend très proche de ce gesteur. Et effectivement, maintenant, il faut rendre ces reliques. Et on ne les rend pas... La Sainte-Chapelle, qui n'est pas très, très loin, qui est en face de la grande cathédrale, mais qui est enfermée dans le palais de justice, et qui est devenue...

[03:21:48] Speaker 1: Il faut rappeler qu'initialement, cette couronne d'épines était la Sainte-Chapelle et que c'est Saint-Louis qui les avait rapportées.

[03:21:54] Speaker 6: La chapelle elle-même était un reliquaire. Et aujourd'hui, c'est la cathédrale qui joue ce rôle et qui invite des pèlerins, des hommes et des femmes, à se mettre en route pour venir vénérer ces reliques. Et donc, les mois à venir vont remettre tout ça en place et permettre à toutes les paroisses parisiennes, parisiennes et d'Île-de-France de venir se remettre en route, de redevenir des pèlerins à la suite de cet appel.

[03:22:15] Speaker 1: Père Berrachet, ce n'est pas la seule relique qui va revenir. Il y a aussi des reliques qui vont être placées dans l'hôtel.

[03:22:21] Speaker 16: Exactement. Et pour poursuivre, notamment sur les reliques qui vont être placées sur l'hôtel, de Saint-Parisien, la relique de la couronne d'épines, ce qui est important théologiquement, c'est ce que disait la lecture dans l'office, le Christ, c'est la pierre angulaire. Effectivement, on a parlé beaucoup de pierre. Il y a une pierre qui est essentielle, qui est une pierre invisible et pourtant qui rend tout visible, c'est la pierre du Christ. Et la pierre du Christ, ici, le Christ, cette pierre, demain on consacrera à l'hôtel, qui est le signe, la pierre, le Christ qui est la pierre fondamentale, c'est Dieu qui s'est fait homme et qui est mort sur une croix. Et ça, ça dit beaucoup de choses justement sur les puissants et les plus faibles qui sont présents. Effectivement, il y avait dans cette célébration quelque chose de très émouvant entre le religieux et les politiques. Mais finalement, ce n'est pas ça qui était le plus important spirituellement dans cette célébration. Dans cette célébration, il y avait aussi des puissants et des plus petits. Et ce que nous rappelle peut-être cette relique et ce que nous rappelle aussi Notre-Dame, la cathédrale Notre-Dame, c'est qu'entre les petits et les puissants, Dieu élève les humbles.

[03:23:32] Speaker 1: Je vous remercie beaucoup, Pierre... Père, je voulais dire père en fait. J'ai dit Pierre, vous voyez, vous parlez, de pierre et d'église bâtie. Je pensais à Saint-Pierre, c'est pour ça. Père Philippe Bérachet, merci beaucoup d'être venu sur ce plateau. Dominique Lange, je vous remercie aussi. Mélina et Gauthier, merci infiniment d'avoir suivi cette spéciale. Je vous propose de nous quitter en images et de revenir sur les temps forts qui ont marqué la réouverture de Notre-Dame. Merci à tous d'avoir été avec nous. ... ...

[03:24:21] Speaker 13: ...

ai AI Insights
Arow Summary
The transcript covers a live TV special on the reopening of Notre-Dame de Paris after the 2019 fire. Anchors and guests (heritage experts, clergy, journalists) discuss the restoration vs reconstruction, key technical challenges (notably the melted scaffold removal, lead contamination, and rebuilding the roof structure and spire), and the emotional impact on workers and the public. Security is extensive with thousands of police, snipers, drones, and restricted guests including many heads of state; weather forces parts of the ceremony indoors. President Emmanuel Macron delivers a speech emphasizing gratitude, national and global solidarity, and the feat of completing work within five years. The ceremony transitions into liturgy: parish banners process, the archbishop and clergy re-open worship rites, and the great organ is ceremonially “awakened” through invocations. A message from Pope Francis is read, praising firefighters, donors, craftsmen, and urging renewed faith, open doors, and free welcome to visitors. The program reflects on Notre-Dame’s dual religious and national symbolism, tensions between heritage preservation and contemporary interventions (e.g., future stained-glass plans), and broader geopolitical context with present leaders like Zelensky and Trump. The evening concludes with prayers, the Magnificat, the Lord’s Prayer, and the Marseillaise, stressing unity, memory, and coexistence.
Arow Title
Notre-Dame Reopens: Ceremony, Politics, Liturgy, and Restoration
Arow Keywords
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Arow Key Takeaways
  • Notre-Dame’s reopening is framed as both a religious rite and a national/international event with major diplomatic presence.
  • The most critical early technical risk was dismantling the fire-warped scaffold without endangering the structure below.
  • Restoration prioritized conservation and rebuilding key destroyed elements (roof ‘forest’ and spire) largely ‘à l’identique,’ though debates remain about modern additions (notably future stained glass).
  • Firefighters and first responders are publicly honored as essential to preventing total collapse.
  • Macron’s speech centers on gratitude, national will, and global solidarity, using the project as a metaphor for collective capability amid political crisis.
  • The liturgy highlights symbolic thresholds (entering the cathedral), the role of music, and the organ’s ‘awakening’ as a sacred act.
  • Pope Francis emphasizes the sacred and symbolic value of the cathedral, encourages renewed faith in France, and stresses welcoming visitors freely and generously.
  • The event underscores Notre-Dame’s global resonance beyond Catholicism, attracting widespread popular engagement despite heavy security and bad weather.
Arow Sentiments
Positive: The tone is predominantly reverent and uplifting, focused on gratitude, pride, collective achievement, and emotional recovery, while acknowledging pragmatic concerns (security, weather) and some underlying controversies (political-religious boundaries, future design choices).
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