[00:00:00] Speaker 1: France 24 est la première présente. Bonjour à tous, bienvenue dans Outre-mer, l'hebdo, émission consacrée à l'actualité des territoires ultramarins. A la une, les sargasses, un enfer pour les Antilles. Ces algues empoisonnent le quotidien des habitants, mais aussi le marché de l'immobilier en Martinique. C'est le dossier de l'hebdo, à tout de suite. Mais d'abord, l'éruption du piton de la Fournaise à La Réunion. Elle n'aura duré que deux jours et a tiré de très nombreux spectateurs. C'est Ida Roussy et nos équipes sur place.
[00:00:53] Speaker 2: La scène est majestueuse. Des projections, des laves. Le piton de la Fournaise se donne en spectacle plus de deux ans après la dernière éruption en 2023. Et dès l'annonce de son réveil, le public, comme d'habitude, s'est rué vers le site, créant au passage des embouteillages monstres sur les routes et les sentiers.
[00:01:16] Speaker 3: Il y a trop de bouchons, donc on a laissé la voiture plus bas et on y va à pied. On est d'ici, donc on en a déjà vu deux jusqu'ici, c'est la troisième.
[00:01:22] Speaker 2: On a un centre de chez nous à 21 ans et il a eu beaucoup d'embouteillages. On arrive ici à minuit. À l'arrivée, de jour comme de nuit, c'est l'émerveillement. Les heures de marche, oubliées.
[00:01:36] Speaker 4: Il voit bien, vraiment, il est super. On peut même voir la lave couler sur le côté aussi un petit peu, donc tranquille, peinard.
[00:01:43] Speaker 5: Première fois ou bien autre habitude ?
[00:01:44] Speaker 4: Première fois là, première fois qu'on voit la lave depuis ici, super, absolument super.
[00:01:49] Speaker 6: La nature à La Réunion, il donne allié en spectacle. Et en plus que ça nage, il est beau temps, donc généralement il couvre, mais là, il est très joli.
[00:01:58] Speaker 2: Afin de profiter jusqu'au bout de ce magnifique spectacle, le premier de 2026, certains visiteurs téméraires ont même passé la nuit au Pas-de-Belcombe.
[00:02:09] Speaker 1: Un accord pour la Nouvelle-Calédonie, baptisé Élysée-Oudinot, il a été signé ce 19 janvier par la plupart des partis politiques calédoniens. Il complète celui de Bougival conclu en juillet et apporte un soutien financier à ce territoire en crise depuis deux ans. Mais il ne fait pas l'unanimité. Le FLNKS, principal mouvement indépendantiste, le rejette. Il dénonce un passage en force. Qu'en pensent les Calédoniens ? Le reportage de Lorella Iobri et Caroline Antitch-Martin.
[00:02:41] Speaker 7: Ranger la boutique en attendant le client. Comme beaucoup de commerçants, Jim traverse une période difficile. Il a pourtant fait le pari de reprendre cette brocante il y a deux mois. Alors pour lui, l'accord Élysée-Oudinot est peut-être le déclic qu'il attendait. ... ... ... ...
[00:02:57] Speaker 8: ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... Une classe politique qui qui qui nous sert et qui qui nous permet enfin d'aller de l'avant parce que là depuis plusieurs années maintenant on stagne au Mont d'or à l'heure du déjeuner.
[00:03:13] Speaker 7: Elisabeth et Peter cassent la croûte dans leur voiture, elle est pépiniériste, lui paysagiste. Comme beaucoup, ils suivent l'actualité de loin sans vraiment savoir quoi en penser.
[00:03:24] Speaker 9: On n'a pas d'avis sur le sujet. Parce qu'en fait, on en voit. Ils ne sont pas très clairs par rapport à cet accord déjà. Et puis nos politiciens, ils ne sont pas vraiment d'accord entre eux.
[00:03:35] Speaker 5: J'espère qu'ils ont signé cet accord pour qu'on puisse essayer d'avancer, d'essayer de se sentir.
[00:03:41] Speaker 7: Dans les rues de Nouméa, d'autres défendent avant tout le principe démocratique.
[00:03:47] Speaker 10: On est en démocratie. Ceux qui ne sont pas venus, ils l'ont voulu et ils ont tout à fait le droit de ne pas venir. Ceux qui sont allés, ils ont répondu à une invitation officielle. Donc c'est très bien qu'ils soient allés. On est plusieurs, il y a une majorité. La majorité a dit que c'est réglé.
[00:04:03] Speaker 7: Changement de décor à Boulary. Ici, les drapeaux rappellent le combat politique. Dans ce quartier durement marqué par la crise, beaucoup de jeunes ne savent plus quoi penser de ceux qui dirigent.
[00:04:15] Speaker 11: Moi, je pense qu'ils ne pensent qu'à eux. Je pense qu'à eux, ils ne pensent pas à ceux qui ne peuvent plus s'en sortir.
[00:04:23] Speaker 12: Est-ce que cet accord aboutira à quelque chose ? Est-ce qu'il y aura des changements ? Ça reste à voir.
[00:04:30] Speaker 7: Après des années d'accords et de promesses, le désenchantement est bien là. Désormais, cet accord devra prouver qu'il peut aller au-delà des signatures et redonner confiance à ceux qui n'y croient plus.
[00:04:42] Speaker 1: En Martinique, l'arrivée massive de sargasses rend le quotidien des habitants invivable. Aux Robert et aux François, des communes côtières, certains propriétaires ont dû déménager. D'autres souhaitent vendre leurs biens. Mais ces algues brunes nauséabondes font fuir les potentiels acheteurs. C'est le dossier de l'hebdo signé Dominique Legraux et François Marlin.
[00:05:09] Speaker 13: Des villes bâties sur les 50 pas géométriques, une spécificité insulaire. Aux Robert et notamment à Pontaléry, des centaines de familles ont construit leurs maisons au plus près de la mer. Un quartier où les habitations côtoient le littoral. Et où les sargasses ont élu domicile.
[00:05:28] Speaker 14: Je n'arrivais pas à respirer. Et puis c'est qu'en arrivant justement à la ménage, le médecin m'a dit à vous, est-ce que vous avez de la sargasse ? J'ai dit oui.
[00:05:38] Speaker 13: Au-dessus de cette mer devenue porteuse d'algues toxiques, une fratrie lutte au quotidien pour ne pas quitter sa maison. Mais elle désespère de pouvoir vendre un terrain situé en contrebas.
[00:05:49] Speaker 14: On a dû baisser sous le prix le mètre carré. On pouvait pas faire plus. On pouvait pas faire autrement parce que les gens, ils ne prennent pas, ils prennent l'odeur déjà. Donc ils viennent presque pas. Ils savent qu'il y a des terrains à vendre, mais ils ne viennent pas.
[00:06:06] Speaker 13: L'expert en immobilier sollicité pour estimer ce terrain se montre peu optimiste quant à une éventuelle vente. Le secteur de l'immobilier semble gravement impacté.
[00:06:17] Speaker 15: Aux Robert, il faut compter environ 100 euros le mètre carré. En l'état actuel, dans ce secteur de Pontaléry, même à 50 euros, j'y crois pas parce que dès qu'on vient, on est malade. Donc c'est ça, le problème. Donc il y a une chute du marché. Mais c'est très important parce que toutes les demandes chutent. Le prix au mètre carré des villas chute. La valeur des villas, en général, il faut faire une décote de 25 % par rapport au sorgas. Je sais pas si vous voyez, mais c'est très important. Et malgré tout, il n'y a pas de clients puisqu'on est malade.
[00:06:51] Speaker 13: Au François, dans des quartiers comme Dostalie ou encore Frégate, certains résidents sont partis. Ceux qui résistent s'en remettent à l'association Sargas Martinique.
[00:07:01] Speaker 16: Quand on perd une télévision, c'est un 4 fois sans frais. Mais là, tout le quartier est en train de perdre sa toiture puisque les toitures sont en tôle. Et qu'est-ce qui est mis pour nous ? Donc comment voulez-vous ? Donc qui est-ce qui va acheter dans notre quartier ? C'est les gens qui ne sont pas informés. Et puis, on pourra très bien argumenter que c'est un vice de forme si on ne prévient pas les personnes qui achètent nos maisons.
[00:07:29] Speaker 13: Dans les villes côtières frappées de plein fouet par les sargasses, on estime que les transactions immobilières ont chuté de plus de 30 %. Un chiffre qui risque d'augmenter si les pouvoirs publics n'accélèrent pas le processus d'éradication de ces algues toxiques.
[00:07:46] Speaker 1: Voici maintenant une initiative gourmande qui se perpétue en Guyane. Tidegra est une épicerie solidaire qui confectionne des galettes des rois pour récolter des fonds dédiés aux personnes en situation de précarité. Et chaque année, elle met beaucoup de cœur à l'ouvrage. Thierry Merlin et Abel Parnas.
[00:08:06] Speaker 17: Une fève aux couleurs de cette épicerie solidaire dans une galette fourrie à la confiture de goyave. Voilà comment, depuis une vingtaine d'années, Kenrica Innocent aide à sa façon les plus démunis.
[00:08:19] Speaker 18: C'était vraiment en fait une idée initiée par les bénévoles de la structure à l'époque parce qu'il fallait chercher une action où on pouvait collecter des fonds et en fait on s'est lancé dans cette aventure tout simplement parce que notre galette familiale avait du succès.
[00:08:33] Speaker 17: Un succès qui passe aussi par la formation de ces apprentis pâtissières.
[00:08:39] Speaker 19: Je faisais rarement des gâteaux mais là j'ai appris beaucoup de choses.
[00:08:43] Speaker 17: La concroi par exemple.
[00:08:45] Speaker 19: Comment peser les pâtes, comment bien les préparer. Et puis le mode d'hygiène aussi. Voilà donc là elles sont super jolies vos galettes.
[00:08:54] Speaker 18: Elles sont là en fait pour apprendre, elles sont en insertion, elles sont en intégration professionnelle. Donc nous, nous devons en fait les accompagner pour les réinsérer.
[00:09:02] Speaker 17: Une galette généreuse mais surtout solidaire.
[00:09:06] Speaker 18: L'objectif c'est de faire de la collecte de fonds pour acheter des denrées alimentaires.
[00:09:10] Speaker 17: Il s'agit donc d'une action solidaire tout simplement.
[00:09:12] Speaker 18: Oui c'est une action solidaire comme on peut en faire autre mais celle-ci spécifiquement en fait, pendant la période du carnaval.
[00:09:20] Speaker 17: Et c'est le cas de ce client qui ce matin avait fait le déplacement.
[00:09:24] Speaker 5: C'est une structure donc qui est très nécessaire sur le département parce que nous avons une population qui est très à la demande dans ce type d'action.
[00:09:32] Speaker 17: Ce sont pas moins de 620 mini-galettes et une soixantaine de grandes galettes qui ont été vendues et distribuées depuis le début de la semaine. Une galette solidaire qui se prête au partage et à la transmission d'un savoir-faire artisanal.
[00:09:45] Speaker 7: On les aime pour le moment.
[00:09:46] Speaker 1: On les aime pour leur ressemblance avec de petits chevaux. Les hippocampes se font rares mais en Nouvelle-Calédonie c'est tout le contraire. Ces poissons sont de retour dans la baie des citrons. Voyons pourquoi avec Valentin Deleforterie et Caroline Antic-Martin.
[00:10:02] Speaker 20: Derniers ajustements avant la plongée. Dans quelques minutes, ces deux amoureuses du lagon rejoindront leurs chouchous à quelques dizaines de mètres du rivage.
[00:10:12] Speaker 21: On va chercher Harry, Sally, Hermès et essayer de trouver Basile. Ok, ça marche.
[00:10:17] Speaker 20: Harry, Sally, Hermès, Basile. Autant de petits noms donnés avec affection aux hippocampes qui ont élu domicile à la baie des citrons. Ces images en attestent, après plusieurs années, les chevaux des mers sont bel et bien de retour. Spectacle grandiose capté sous 5 mètres d'eau.
[00:10:39] Speaker 22: On les voit se reproduire, ils ont une façon de se reproduire. C'est le mâle qui porte les œufs dans sa poche. Quand ils se reproduisent, ils forment un coeur. C'est la force à part.
[00:10:51] Speaker 20: Comment expliquer le retour des hippocampes en baie des citrons ? La réponse se trouve peut-être à une rue seulement de la plage. Depuis quelques années, l'Aquarium des Lagons accorde une place importante à ces petits animaux vulnérables et sans moyens de défense, si ce n'est leur sens du camouflage.
[00:11:10] Speaker 23: Nous, l'Aquarium, on a relâché des milliers d'hippocampes depuis des années. On en a beaucoup à l'Aquarium. Ils se reproduisent. Un mâle adulte, il fait quasiment jusqu'à 900 alevins toutes les trois semaines. Donc nous, on a relâché des milliers, des milliers, des milliers d'hippocampes. Donc c'est difficile de dire quel est l'impact réel du retour des hippocampes à la baie des citrons. Mais en tout cas, c'est plutôt une bonne nouvelle. Ça veut dire que quelque part, quand même, l'écosystème, il va bien.
[00:11:34] Speaker 20: Une nouvelle encourageante pour l'animal emblème de Nouméa, qui à l'échelle mondiale, présente des signes de déclin depuis plusieurs années maintenant.
[00:11:45] Speaker 1: C'est la fin de cet hebdo. Merci de l'avoir suivi. Pour le revoir et suivre l'actualité des Outre-mer, rendez-vous sur france24.com et lapremiere.fr. Je vous souhaite une belle journée ou soirée.
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