[00:00:00] Speaker 1: sur notre santé. Oui, l'article a été publié dans la revue médicale de Lancet hier et les auteurs qui sont chercheurs et médecins ont voulu mener cette étude parce que, je cite, la pollution et les émissions liées à son cycle de vie nuisent au bien-être des populations mais l'ampleur de ces multiples impacts sur la santé n'a pas encore été pleinement quantifiée. Et voici le résultat de leur quantification. Entre 2016 et 2040, les projections concluent à la perte de 83 millions d'années de vie en bonne santé associée à la production et à la mise au rebut de plastique à l'échelle mondiale. Alors 2040, on n'y est pas encore mais c'est si on ne fait rien et qu'on laisse donc la production plastique augmenter encore chaque année. Ce n'est pas une petite augmentation, vous le voyez, selon les chiffres de l'OCDE, si on laisse faire, si on continue sur cette pente, on serait sur une augmentation de 70% entre 2020 et 2040. Je vais faire une parenthèse pour que vous compreniez bien ce que signifient ces années perdues. Les chercheurs en santé publique prennent l'espérance de vie moyenne d'une population et ils ont soustrait les années de vie perdues en raison de la maladie, du handicap ou d'une mort précoce due donc là au plastique. Alors comment est-ce que le plastique nous fait perdre des années de vie concrètement ? Les auteurs de l'étude ont pris en compte certains impacts du cycle de vie des plastiques depuis l'extraction du pétrole dont ils sont issus en très grande majorité jusqu'à la pollution créée par la dégradation et leur rejet dans l'environnement. Et regardez, ils en ont conclu que les trois principales conséquences presque à égalité étaient la contribution de la production de plastique au réchauffement climatique, les effets sur les maladies pulmonaires et cardiovasculaires des particules fines issues de sa dégradation ou de son incinération et enfin les effets toxiques, cancérigènes ou non, de la présence de plastique dans notre environnement. Et vous voyez qu'entre 2016 à gauche et 2040 à droite, le nombre de vies perdues pourrait plus que doubler suivant ainsi la courbe de l'augmentation de la production des plastiques. Faute de données, cette étude n'a pas pu prendre en compte certains effets sur notre santé, notamment les microplastiques et produits chimiques associés qui migrent dans nos aliments en raison des emballages. Ce qui fait dire à l'autrice principale de cette étude, Migan Dini, que c'est sans aucun doute une sous-estimation considérable de l'impact sur la santé humaine. La conclusion logique de cet article est qu'il faut absolument réduire la production mondiale de plastique. C'est-à-dire non recyclé pour en réduire les conséquences sanitaires. Mais dis donc, il n'y avait pas un traité international sur la pollution plastique, Audrey ? Oui, vous vous en souvenez. Ce traité, il est au point mort. Il était négocié depuis 2022. Il devait aboutir fin 2024. C'était il y a un moment déjà à Busan à l'issue de cinq rounds de négociations. Mais les producteurs de pétrole dont le plastique est un gros débouché ont fait barrage. L'idée de ce traité, c'était de trouver un texte qui allait être mis en place. C'est un texte juridiquement contraignant pour limiter cette production en encadrant tout le cycle de vie des plastiques depuis leur production jusqu'à l'élimination des déchets. Il aurait, ce traité, instauré un plafond de production de plastique primaire, contrôlé les additifs chimiques aux plastiques et interdit les plus dangereux. Il aurait rendu plus efficace le recyclage qui concerne, toujours, vous le savez, moins de 10% des plastiques produits et aurait tenté de limiter les rejets dans la nature. Après l'échec de Busan, une nouvelle rencontre avait été programmée en août dernier à Genève, au siège des Nations Unies. Mais là encore, les pays pétroliers, Arabie Saoudite en tête, ont fait barrage, refusant toute limitation de production ou même contrôle des additifs. Et depuis cet échec de Genève, le traité est absolument au point mort. Comme je vous le disais, les pays participants à ces négociations ne se sont même pas donnés rendez-vous pour l'instant pour les poursuivre. Merci beaucoup Audrey.
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