Rafah Reopens, but Gazans Face Tight Limits (Full Transcript)

France 24 guests say Rafah’s reopening offers hope, but quotas, unclear procedures, and Israeli veto risk making it symbolic as needs in Gaza remain acute.
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[00:00:00] Speaker 1: C'est une étape qui était attendue dans les territoires palestiniens. La réouverture maintes fois annoncée du point de passage de Rafah est depuis ce matin effective. A 8h30 précise, les grilles se sont donc ouvertes avec possibilité désormais d'entrer ou de sortir de l'enclave palestinienne. Une étape positive saluée dans un premier temps par la chef de la diplomatie européenne. Mais attention, attention, les transits vont rester strictement conditionnés. La circulation se fera seulement au compte-gouttes, ne dépassant pas pour le moment 50 personnes par jour. Bonjour Bouchra Khalidi, vous êtes directrice des politiques de l'ONG Oxfam en Palestine. Merci d'être avec nous. On va aller prendre le pouls dans quelques instants à Gaza City où nous attend Rami Amoudjamous. Mais d'abord, cette question qu'on a envie de vous poser, on vous a régulièrement entendu dans les médias, appelée à la réouverture de ce point de passage ces derniers mois. C'est une bonne nouvelle, cette étape aujourd'hui ?

[00:00:54] Speaker 2: Oui, bien sûr. Toute réouverture de Rafah après des mois de fermeture, elle est significative. Elle est attendue. Bonne nouvelle, c'est un peu trop tôt de parler de bonne nouvelle. On a trop vu de réouverture les dernières deux années. Donc ça existe sur le papier, mais ça s'effondre dans la réalité. Donc ce qui compte, ce n'est pas le point de passage qui ouvre, mais c'est que les Palestiniens puissent réellement se déplacer librement, en sécurité et sans contrôle israélien.

[00:01:24] Speaker 1: Et c'est aussi une façon d'appréhender, j'imagine, différemment l'avenir. Racontez-nous. Qu'une telle étape peut représenter dans la vie, dans le quotidien, dans la projection aussi des Palestiniens ? Parce qu'on dit fermée depuis des mois, depuis mai 2024, 21 mois de fermeture, ce n'est pas rien, évidemment.

[00:01:42] Speaker 2: Comme je vous ai dit, ce qui compte davantage encore, c'est que cette réouverture permette réellement aux personnes de se déplacer avec dignité et de rentrer chez elles aussi, si elles le souhaitent. Je vis ici en Cisjordanie, à Ramallah. Je suis travailleuse immunitaire et pourtant, moi, je ne peux pas rentrer à Gaza. Pour soutenir ma propre communauté, ma famille aussi a été brisée par la fermeture de Rafah. Sur une vingtaine de proches à Gaza, nous avons réussi à en faire sortir que cinq en mai 2024. Un coût énorme. Les autres sont toujours piégés à Gaza. C'est pour ça que les gens ont peur de célébrer des annonces comme telles. Les déplacements dépendront-ils toujours de l'approbation israélienne ? Est-ce que les personnes seront-elles refoulées ? Je suis le point de passage. Est-ce que les familles seront-elles séparées de manière permanente ? Tout ça, c'est des questions qu'on se demande. Je ne veux pas plaider pour que les Palestiniens quittent Gaza définitivement. Nous savons très bien où cela mène. Mais le retour est essentiel. Mon beau-père, par exemple, il est amputé et bloqué en Égypte. Tout ce qu'il veut, c'est rentrer chez lui. Même si Gaza n'a plus de système médical fonctionnel et que sa maison est en grande partie détruite. Ainsi, la réouverture de Gaza, c'est un problème. Le retour de Rafah ne peut pas être que symbolique. Les personnes doivent pouvoir partir et revenir en toute sécurité, sans contrôle arbitraire israélien ou d'autres, sans devoir payer tout ce qu'ils possèdent aussi, et sans craindre une séparation définitive. Sinon, ce n'est pas une réouverture, c'est une nouvelle forme de punition collective et de coercition.

[00:03:21] Speaker 1: Bouchra, pardon pour la question qui va probablement vous paraître naïve pour la palestinienne que vous êtes. Vous nous expliquez que vous avez votre famille. C'est un territoire palestinien, mais je trouve qu'elle mérite d'être posée quand on l'entend en tant qu'occidentale. Réouverture du point de passage de Rafah, on s'imagine tout de suite des palestiniens qui ont envie de partir. Vous, vous nous expliquez, c'est très important de pouvoir rentrer de nouveau dans l'enclave palestinienne. C'est aussi important de pouvoir sortir que de rentrer.

[00:03:49] Speaker 2: Absolument, mais bien sûr. Mais moi, c'est mon rêve d'aller à Gaza et de pouvoir travailler dans ma communauté et de pouvoir soutenir mon peuple qui a souffert depuis deux ans d'un génocide brutal. Donc pour nous, il y a aussi l'autre, l'autre de l'autre côté, mon beau père, il est déprimé en Égypte. Il est complètement isolé, il n'a plus sa communauté autour de lui. Il est, il est âgé, il est senior, donc pour lui, il veut mourir dans sa patrie, dans son dans sa maison, dans son lit et pas tout seul en Égypte, dans un appartement amputé, coincé dans un dans une chaise, une chaise roulante. Donc vraiment, pour nous, c'est les deux côtés. Il y a des gens qui travaillent aussi à Gaza. Par exemple, moi, mes collègues, ils ne vont pas quitter Gaza et ils voudraient pouvoir venir visiter leur famille et retourner au travail, par exemple. Donc ça, ça n'a jamais été le cas avec Rafa, même avant l'octobre 2023. Donc voilà, nous, pour nous, une ouverture, ça veut dire la liberté aussi. Ce n'est pas que l'entrée de matériel et que les évacuations médicales, ça a une grande définition pour nous, la réouverture de Rafa.

[00:04:59] Speaker 1: Qui reste évidemment le passage du matériel, des malades, des médicaments, une priorité. Évidemment, on va regarder quelques quelques images avant de vous retrouver. Ce sont donc les habitants qui sont désormais autorisés à traverser cette frontière sous de très strictes conditions, même très limitées pour l'instant. Cette réouverture du seul passage entre Gaza et le monde extérieur était attendue avec beaucoup d'impatience, notamment par ces malades ou blessés qui espèrent recevoir des soins à l'étranger. C'est ce que nous raconte tout de suite en images Noémi Roche. Regardez.

[00:05:32] Speaker 3: Pour Mohamed Nassir, l'espoir réside dans ce document qu'il ne quitte plus des yeux. Amputé au début de la guerre à Gaza en novembre 2023, ce père de famille de 39 ans a obtenu les permis nécessaires pour bénéficier de soins médicaux à l'étranger, où il pourra recevoir une jambe artificielle. Son précieux sésame en main, il n'attend désormais plus qu'une seule chose, pouvoir franchir la frontière pour rejoindre l'Egypte.

[00:05:59] Speaker 4: Le point de passage de Rafah est une bouée de sauvetage. J'ai besoin d'une opération sérieuse qui n'est pas disponible à Gaza, mais qui peut être réalisée à l'étranger. J'espère pouvoir reprendre ma vie en main et subvenir aux besoins de ma famille.

[00:06:15] Speaker 3: Partir à l'étranger, c'est aussi le rêve de ces deux jeunes femmes. Étudiantes en médecine, elles ont vu leur projet de vie réduit en cendres par la guerre. Pour elles, la réouverture du seul point de passage entre Gaza et le reste du monde... ...sans passer par Israël, symbolise une lueur d'espoir et la possibilité de rêver à nouveau à un futur.

[00:06:36] Speaker 5: La guerre n'a pas seulement détruit nos maisons et nos familles, elle a détruit notre avenir. Il n'y a pas d'avenir à Gaza. La situation est difficile et nous attendons l'ouverture du point de passage pour trouver des possibilités de poursuivre nos études à l'étranger.

[00:06:51] Speaker 3: Dans ce camp de déplacés, l'espoir se vit au présent. Après des mois de souffrance et de privations, ces Palestiniens espèrent que l'aide humanitaire arrivera enfin en masse.

[00:07:02] Speaker 6: Nous voulons que l'aide et les matériaux de reconstruction puissent entrer. Et nous voulons sentir qu'il y a des personnes qui se soucient de nous et reconstruisent nos maisons.

[00:07:10] Speaker 3: Mais pour l'heure, les autorités israéliennes qui contrôlent le côté palestinien du point de passage de Rafah... ...n'ont pas mentionné une éventuelle augmentation de l'aide vers Gaza...

[00:07:20] Speaker 1: ...où la population reste toujours confrontée à une crise de la guerre. ...et qui ne sont pas en mesure de se réunir.

[00:07:54] Speaker 2: Optimistes, il va falloir des mois, peut-être même des années, pour traiter plus de 20 000 personnes. Et ça, c'est seulement les cas médicaux existants. N'oubliez pas que Gaza était sous bombardement hier. 33 civils sont morts. La plupart des enfants, on va continuer à avoir, je pense, j'assume, des bombardements. Puisqu'ils ne se sont pas arrêtés vraiment depuis le cessez-le-feu officiel. Donc on aura beaucoup plus de cas médicaux. Donc cela signifie que, en fait, pour la majorité des personnes, cette réouverture, elle ne changera pas du tout la réalité quotidienne. Si seule une infime fraction de la population peut se déplacer, tandis que des millions restent piégés, ce n'est pas une solution. C'est un rationnement du droit pour le circuler. La même chose pour l'aide humanitaire. Si on voit le compte-gouttes qu'on a vu depuis les dernières deux années, encore une fois, c'est une ouverture symbolique. Et nous avons besoin de bien plus que ça.

[00:08:55] Speaker 1: Alors, on a des chiffres qui nous parviennent à l'instant. Je vais vous les donner, Bouchra Khalidi, en direct, qui nous viennent des autorités égyptiennes. Donc des chiffres officiels depuis la réouverture du point de passage de Rafah. On apprend que 150 personnes sont autorisées à quitter Gaza, 50 à entrer. Il y a déjà une différence dans le rapport. Qu'est-ce que ça vous inspire, ces chiffres ?

[00:09:21] Speaker 2: Oui, c'est ça. C'est ça. C'est exactement ce que je vous disais. Donc voilà, c'est encore une infime fraction de la population qui va pouvoir se déplacer. Tandis qu'en fait, les millions, le reste des millions, ils vont rester piégés à Gaza. Et comme je dis, le retour à Gaza, pour moi, 50 personnes, c'est des sérieuses inquiétudes quant au fait que le retour vers Gaza soit beaucoup plus restreint que la sortie.

[00:09:47] Speaker 1: On veut encourager à quitter plus qu'à rentrer dans Gaza.

[00:09:51] Speaker 2: Et bien sûr que non. Alors, je ne sais pas. En tout cas, les autorités israéliennes ont été très claires sur ça. Ce qu'on entend de Ben Egevir et Smotrich, c'est le déplacement forcé vers l'Égypte. Ils appellent au déplacement forcé et au transfert permanent de la population de Gazaoui depuis le début de la guerre. Donc, en tout cas, du gouvernement israélien, c'est ce qu'ils disent. Après, s'ils vont pouvoir faire ça ou non, c'est autre chose. Et qui va les accepter ? Et puis, bien sûr, ça reste un... Un crime contre l'humanité et complètement en contravention du droit international. Les personnes, le droit de retourner chez soi ne doit pas être effacé discrètement par des décisions administratives. Les personnes qui sont parties pendant la guerre, y compris les nouveaux-nés, s'ils se voient refuser la réentrée, et bien cela risquera aussi des séparations permanentes et un déplacement forcé de fait en contravention du droit international.

[00:10:46] Speaker 1: Sauf que là, aujourd'hui, Bouchra, il y a un cadre, on vient de le dire, extrêmement strict de poser, posé par l'État israélien.

[00:10:54] Speaker 2: Oui. Encore une fois, le rôle des partis de la communauté internationale, de l'Égypte, des missions européennes, sont très importantes ici. Mais encore, le contrôle et la surveillance, ils ne peuvent pas compenser un contrôle politique, ce qui compte, ce que les Palestiniens puissent se déplacer sans veto israélien. Pas simplement savoir... Qui a posé le premier tampon. Donc, encore une fois, il reste à voir comment se développeront, se développera cette semaine même.

[00:11:28] Speaker 1: Avant de rejoindre Rami, qui est à Gaza City, pour nous, une question Bouchra, en tant qu'ONG, Oxfam, est-ce qu'elle est tenue informée de ses conditions de circulation ou pas du tout ?

[00:11:36] Speaker 2: Non, enfin, pas du tout, puisque nous, nous avons été désenregistrés par les autorités israéliennes à la fois, par les autorités israéliennes, par les autorités israéliennes, par les autorités israéliennes, par les autorités israéliennes, par les autorités israéliennes, par les autorités israéliennes, à la fin de décembre. Donc, nous ne savons pas du tout quelles sont les conditions de Rafah, mais nous sommes absolument prêts à augmenter significativement l'acheminement de notre aide, si l'accès est réel, s'il est prévisible, s'il est sécurisé. Mais bien sûr, cela suppose que Rafah fonctionne de manière régulière, sans interruption soudaine ni blocage en aval. Nous n'avons pas vu ça depuis les deux dernières années. Donc, encore une fois, l'aide humanitaire ne peut pas dépendre de mécanismes exceptionnels ou militarisés ou privatisés. On avait déjà vu ce que ces modèles font et ils ont échoué et ils ont laissé des civils sans protection. Donc, cet accès humanitaire doit être régi par le droit international, humanitaire et les besoins civils des Palestiniens à Gaza et gérés par des organisations avec des principes comme celles d'Oxfam et leurs partenaires locaux.

[00:12:47] Speaker 1: On va aller retrouver tout de suite Rami, qui nous attend à Gaza City. Bonjour, Rami Aboudjamous, en direct de Gaza, en ce premier jour de réouverture du point de passage de Rafah. La première question, évidemment, qui est posée, j'imagine, à un moment, s'il reste symbolique, important pour les Palestiniens.

[00:13:06] Speaker 7: On peut dire, oui, c'est une fenêtre d'espoir, mais pas plus que ça, parce qu'avec les conditions de sortir et de revenir, c'est des conditions vraiment très strictes. Donc, on peut dire que c'est juste une fenêtre d'espoir, mais pas plus, parce que s'il faut sortir 150 personnes par jour, les 50 qui peuvent rentrer, il fallait des années et des années, comme Bouchra l'a dit, pour évacuer les familles, les blessés et les patients qui doivent se faire opérer ou bien soigner à l'étranger. Aujourd'hui, jusqu'à présent, ils ont déclaré l'opération du terminal à 8 heures du matin. Jusqu'à l'heure où on est en train de parler, ils ont fait juste demander à 5 personnes, 5 patients, avec chacun 2 campagnes de compagnons, pour monter dans un bus pour aller à Rafah pour sortir. Et jusqu'à présent, ils ne sont pas sortis. On parle aussi qu'ils ont demandé à des employés de l'autorité palestinienne d'avoir accès aussi au terminal Rafah par Gaza. Et je crois aussi que ce n'est pas encore le cas. On a vu du côté égyptien, avec les médias égyptiens, comment il y a des dizaines de personnes, des Palestiniens, qui veulent retourner. Et jusqu'à présent, ils ne sont pas entrés dans la bande de Gaza. Donc, on voit très bien qu'il y a beaucoup d'obstacles. Et ça se voit que l'ouverture du terminal Rafah, c'est juste un peu une façade, ou juste pour faire plaisir aux Américains, qu'ils ont fait pression. Mais il n'y a pas de fluidité de faire partir les passagers. Il y en a beaucoup qui veulent partir. Il y en a beaucoup qui veulent rentrer, comme l'entreprise de Bouchra, qui absolument, ils veulent rentrer. Moi, je connais, d'après l'ambassade palestinienne en Égypte, il y a à peu près 60 000 personnes qui se sont inscrites pour retourner à Gaza. Et bien sûr, il y en a beaucoup à Gaza qui veulent partir, comme le reportage que vous venez de montrer. Il y a des étudiants qui veulent partir aussi, mais non pas que des blessés. Il y a aussi des gens qui veulent, ils veulent fuir l'enfer à Gaza, ils ne veulent pas rester à Gaza, ils veulent partir. Mais malheureusement, ce qui s'est passé aujourd'hui, il y a toujours, la procédure de partir, c'est toujours flou. On ne sait pas comment, qui fait quoi. Et jusqu'à présent, il y a juste 5 personnes, même sur les 150 qui devaient partir, aujourd'hui, on parle juste de 15, ils ne sont pas encore sortis. On est là, il est 14h à Gaza, et malheureusement, rien n'est fait. Donc, pour le moment, c'est juste une bonne fenêtre d'espoir pour les Palestiniens. Mais pour le moment, cette fenêtre est à moitié ouverte et que ce n'est pas vraiment à l'attente de besoins de la population palestinienne à Gaza.

[00:15:29] Speaker 1: Rami, vous l'évoquiez à l'instant, cette réouverture marque évidemment une étape majeure dans le plan de paix américain de Donald Trump. On est maintenant à la phase 2 de ce plan. Que peut-on dire sur la gouvernance de Gaza aujourd'hui ?

[00:15:45] Speaker 7: Oui, normalement, les premiers qui devaient rentrer, c'est le comité qui a été créé par l'administration américaine et qu'il y avait un consensus de beaucoup de pays pour que ce comité de 12 personnes gouverne Gaza. Pour le moment, c'est le gouvernement du Hamas qui est en train de faire tout le travail public. Depuis que le CSE, ils ont revert les ministères, il y a aussi la police. On a vu que la dernière fois, hier, les Israéliens, ils ont bombardé le commissariat de police où il y a eu plus de 15 morts parmi eux, 4 policières. Et justement, c'est parce que, les Hamas, ils ont déclaré que la police est prête à accueillir le comité. Donc, ils ont ciblé la police pour leur dire que non, ce n'est pas vous qui vous gouvernez. Il y a aussi tout ce qui est état civil. Le gouvernement du Hamas, il donne des actes de naissance et surtout des actes de décès parce qu'il y a des dizaines de milliers qui sont morts. Ils ont besoin d'actes de décès. Les tribunaux aussi. Donc, tout ce qui est service public qui est en train de fonctionner, c'est toujours les fonctionnaires du gouvernement du Hamas qui sont en train de servir la population. On attend ce comité de venir. On va voir comment ils vont gouverner. Malheureusement, tout est flou. Ce n'est pas que l'ouverture de Terminal Rafah. Le devoir ou bien le pouvoir de ce comité-là, comment ils vont procéder ? Est-ce qu'ils vont travailler avec le ministère de Gaza ? Est-ce qu'ils vont employer de nouveaux employés ? Tout est flou. Et surtout que la population attendait qu'ils soient les premiers à entrer dans la bande de Gaza. Jusqu'à présent, ce n'est pas le cas. Je crois qu'ils n'ont pas encore eu le feu vert d'Israël. Mais on sait très bien à la fin que tout ce qui se passe à Gaza, les clés, c'est dans la main des Israéliens et bien sûr les Américains. S'il y a une volonté d'améliorer un peu la vie quotidienne des Palestiniens. Mais pour le moment, ce n'est pas le cas.

[00:17:32] Speaker 1: Merci beaucoup Rami, en direct de Gaza Ville pour France 24. Bouchra Khalidi, on évoquait le passage à cette phase 2 qui a donc démarré au début du mois. Et la réouverture du point de passage de Rafah évidemment fait partie de ces étapes. Comment est-ce que vous l'appréhendez ? Vous, cette deuxième phase ?

[00:17:54] Speaker 2: Pour moi, il n'y a pas de cessez-le-feu. Donc même la première phase n'a pas été respectée. C'était la première phase de cessez-le-feu. Donc pour moi, je n'ai pas vraiment de grandes attentes de phase 2 parce que la phase 1 n'a pas été respectée et nous n'avons pas vu vraiment de changement matériel avec l'arrivée du Board of Peace en novembre. Je rappelle. Je rappelle que la résolution des Nations Unies du Conseil de sécurité date de novembre. Ça fait quand même plus de trois mois là. Moi, de ce qu'on entend sur le terrain, de nos collègues, de nos équipes, mais aussi de ma famille, on ne voit pas un changement matériel sur le terrain. On ne voit pas de machines qui rentrent pour enlever les destructions massives. On ne voit pas de caravanes entrer à Gaza. On ne voit pas de matériaux pour remouver, pour enlever les destructions massives. On ne voit pas de réparer les maisons. On ne voit pas de ciment. On ne voit pas assez de fuel. Enfin, voilà. On a besoin de tout à Gaza toujours. Donc pour moi, sur le Board of Peace, si on veut parler de ça, il faut être très clair aujourd'hui, ce n'est pas simplement une question de qui administre le territoire, mais de conditions structurelles. On parle d'années de blocus israéliens sur Gaza depuis 18 ans. On parle de bombardements répétés et de contrôles externes de frontières. On parle de déploiements, de placements forcés depuis deux ans en continu et des ressources complètement vidées de toute capacité de gouvernance civile normale. Donc dans ce contexte, oui, l'idée d'un Board of Peace ou d'un mécanisme international de gouvernance peut sembler bien sûr séduisante, mais elle comporte de sérieux risques. Aucune structure internationale ne peut remplacer l'autodétermination des Palestiniens et des Palestiniennes, ni fonctionner de manière crédible tant que le siège israélien et que le contrôle externe, on est persistant, je suis désolée. Donc si un tel mécanisme de phase 2 doit être envisagé, il ne doit être que temporaire, strictement encadré et orienté vers un objectif absolument clair, mettre fin à l'isolement de Gaza, mettre fin au siège israélien sur la bande de Gaza et rétablir la liberté de mouvement des Palestiniens et rouvrir, pas seulement Rafah, on parle de sept points de passage avec Gaza, entre Israël et Gaza.

[00:20:14] Speaker 1: Vous dites l'aide existe, mais ce qui pêche aujourd'hui, rien qu'on pourrait déployer, les camions, on les a, l'aide aussi, ils attendent aux différentes entrées. Ce qui pêche, ce sont les accès, sept points d'accès à Gaza que vous appelez à la réouverture. Rafah, c'est une première étape, forcément.

[00:20:31] Speaker 2: Absolument, exactement. On en a sept. Tout est pas seulement ouvert aujourd'hui et fermé demain, parce que nous voyons aussi ce schéma où on a des Rafah Kerem Shalom qui est ouvert aujourd'hui et fermé le vendredi à 15h. Et ensuite, ils rouvrent le dimanche, à midi. Donc, on a besoin aussi d'une ouverture prévisible et sécurisée. Parce que les gens sont tellement désespérés qu'on a eu plein de...

[00:20:59] Speaker 1: Justement, Bouchra, les priorités, quelles sont-elles aujourd'hui ? Parlons des Palestiniens dans le besoin. Ils sont passés relégués au deuxième, au troisième, même à la fin de l'actualité internationale. On parle beaucoup moins de Gaza dans les médias. Les priorités aujourd'hui pour les civils, quelles sont-ils ? L'eau, l'alimentation, le fuel ?

[00:21:15] Speaker 2: Les besoins sont immédiats. Les besoins sont immédiats. On a besoin de soins médicaux. On a besoin des évacuations médicales urgentes. On a besoin de médicaments. On a besoin d'eau potable. On a besoin de matériaux pour l'assainissement. On a besoin de plus de carburant pour les systèmes vitaux. On a besoin de nourriture suffisante. On a besoin aussi de rétablir, par exemple, les fermes à Gaza pour que les gens puissent aussi planter et pas que de survenir au besoin avec un kilo de farine. On a besoin aussi des abris dignes. On a vu des gens mourir dans leurs tentes pendant cet hiver rude à Gaza. On a besoin d'une protection pour les familles qui ont été séparées et pour ceux qui ont été déplacés. Il faut être clair. Aucune réponse humanitaire ici ne peut composer l'absence d'accès et de sécurité et du respect du droit international. Ça, c'est à la communauté internationale. L'État français, par exemple, a des obligations à protéger les organisations humanitaires pour qu'elles puissent faire leur travail. Elles ne l'ont pas fait. Les États membres et la communauté internationale n'ont pas protégé les organisations humanitaires.

[00:22:17] Speaker 1: Aujourd'hui, c'est la réalité et qui sont ciblées par les colons, notamment si j'en venais occupée, on en parlait hier récemment, et par les autorités israéliennes qui ont annoncé hier à la fin prochaine les activités notamment de MSF dans la bande de Gaza parce que l'organisation refuse de donner la liste détaillée de ses personnels. Ça nous rappelle quand même sensiblement ce qui s'est passé avec l'Une-Roi dont l'un des bâtiments a été démoli puis incendié ces dernières semaines. Comment est-ce que vous, vous le vivez ? En tant que membre partie prenante d'une ONG Oxfam ?

[00:22:53] Speaker 2: Encore une fois, la crise humanitaire à Gaza, ce n'est pas une crise de logistique, c'est une crise politique, c'est une crise d'accès, c'est une crise de protection et de droits. La réouverture de ce point de Rafah, c'est peut-être un tournant, mais seulement encore si elle est réelle, si elle est durable, si elle est respectueuse des droits des Palestiniens. Sinon, encore une fois, tout ça, ce sera une annonce de plus à Gaza et les annonces ne sauvent pas de vie à Gaza. Donc voilà, pour moi, c'est encore le système d'occupation d'Israéliens qui coercit et qui contrôle pas seulement les organisations humanitaires, mais la vie et notre droit de respirer ici, en Palestine, dans le plus grand contexte, au large.

[00:23:34] Speaker 1: Bouchra, on vous a entendu beaucoup cet été sur les antennes, alertés avec beaucoup d'émotion. Vous nous parliez de votre famille qui est encore à Gaza, sur l'état des plus démunis, des plus fragiles. Alors, il y a évidemment les massacres, les malades, les personnes âgées, mais aussi les enfants qui continuent de mourir de faim aujourd'hui encore. Et vous disiez, il y a quelques mois, on demande aux enfants de ne pas jouer parce qu'en fait, jouer, c'est se fatiguer et prendre le risque d'accélérer l'arrivée de la mort. C'est encore le cas aujourd'hui. Quelle est la situation ?

[00:24:03] Speaker 2: Absolument. On a encore vu, on a vu le rapport de l'IPC en décembre. Oui, il n'y a pas de famine officielle déclarée comme on l'a vu en août. Mais le truc, la chose qu'il faut comprendre, c'est qu'on ne devrait pas attendre que la famine arrive parce qu'il y a plein d'étapes jusqu'à ce que la famine arrive. Et là, c'est trop tard. Quand la famine est déjà déclarée, c'est trop tard. La souffrance est irréversible, en fait. Et les impacts sont à long terme. Donc déjà, les enfants qui ont souffert depuis la dernière année de faim, ils ont déjà des impacts pour leur vie entière. Donc ils auront besoin de soins médicaux à vie. Ils ne vont certainement pas grandir comme d'autres enfants normalement. Ils vont grandir en France. Et on va voir ça. Et moi, comme je vous le disais, c'est une histoire personnelle et une anecdote, mais nous, toute ma famille vit encore sur un repas par jour. Ça, ça n'a pas changé. À Gaza, on ne mange pas trois fois par jour à part si on peut acheter à des prix exorbitants sur les marchés. Mais la plupart des gens ont perdu leur travail, leur maison et tout ce qu'ils possèdent, comme ma famille. Donc encore en train de survivre. On est encore en train de parler de survie.

[00:25:18] Speaker 1: Merci beaucoup, Bouchra Khalidi, pour ce témoignage. Vous étiez l'invité de l'Info du jour. Merci également à Rami Abou-Djamous en direct de Gaza City pour France 24.

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Arow Summary
Interview (France 24) about the reopening of the Rafah crossing between Gaza and Egypt after ~21 months. Oxfam Palestine policy director Bouchra Khalidi says reopening is significant but may be merely symbolic if movement remains tightly rationed (initially ~50/day) and subject to Israeli veto. She stresses freedom of movement includes the right to return, warns of risks of permanent family separation and de facto forced displacement, and argues humanitarian crisis is political—driven by access restrictions, insecurity, and lack of protection—rather than logistics. A Gaza correspondent (Rami Abou-Djamous) reports the process remains unclear and slow, with only a handful of patients processed despite announced quotas; many want to leave for treatment/studies or to escape conditions, and tens of thousands in Egypt seek to return. Discussion also covers phase 2 of a U.S. peace plan and governance uncertainty; Khalidi doubts phases will deliver change without ending bombardments, lifting the siege, and reopening multiple crossings. Immediate needs cited: medical care/evacuations, medicines, potable water, sanitation supplies, fuel, food, dignified shelter, and reconstruction materials; hunger remains widespread even absent an official famine declaration.
Arow Title
Rafah Crossing Reopens: Hope, Rationed Movement, and Aid Access
Arow Keywords
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Egypt Remove
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Arow Key Takeaways
  • Rafah’s reopening is symbolically significant but may not materially change life in Gaza if crossings remain tightly restricted.
  • Freedom of movement includes both exiting and returning; restricting return risks permanent separation and de facto forced displacement.
  • Announced quotas (e.g., 150 out / 50 in) are too small for the scale of medical and civilian needs and raise concerns about intent.
  • Humanitarian shortfalls are driven primarily by political constraints on access and security, not a lack of supplies or trucks.
  • Governance plans for Gaza remain unclear; external mechanisms cannot substitute for Palestinian self-determination while siege/control persists.
  • Urgent needs remain: medical evacuations, medicines, water/sanitation, fuel, food, dignified shelter, and reconstruction equipment/materials.
  • International actors (EU, Egypt, states) are urged to ensure predictable, durable openings and protections under international humanitarian law.
  • Hunger and its long-term impacts on children persist even without an official famine declaration.
Arow Sentiments
Negative: Tone is wary and urgent: reopening is acknowledged as meaningful, but dominated by concern over strict quotas, continued Israeli veto, ongoing bombardments, and persistent deprivation (hunger, lack of medical care, shelter). Limited optimism appears as a 'window of hope' yet framed as largely symbolic.
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