[00:00:00] Speaker 1: Oui, Barack Obama et Bill Clinton sont sortis dimanche du silence, tous deux en publiant leurs déclarations sur les réseaux sociaux. Barack Obama parle d'un électrochoc et appelle les Américains à se réveiller, quel que soit leur camp. Même appel du côté de Bill Clinton qui évoque un moment charnière, je cite, « les décisions que nous prenons et les actions que nous menons façonneront notre histoire pour les années à venir ». Ces réactions sont inédites. Hillary Clinton avait pris la parole après la mort de René Goode, mais pas son époux. Côté Maison-Blanche, le récit reste le même. Ils évoquent des terroristes de l'intérieur. Mais la mort d'Alex Prétit commence à fracturer le camp républicain. Dimanche, le président de la commission Sécurité intérieure de la Chambre des représentants, le républicain Andrew Garbarino, a demandé l'ouverture d'une enquête, un appel relayé par plusieurs élus républicains, sénateurs comme représentants. La question du port d'armes est notamment centrale dans la mort d'Alex Prétit. C'est un sujet particulièrement sensible pour un représentant. Le parti républicain est historiquement très pro-armes. Or, politiquement, l'enjeu est crucial. Pourquoi ? Parce que d'ici le 30 janvier, le Congrès doit à nouveau voter le budget fédéral. Et ce budget prévoit le financement du département de la Sécurité intérieure. Les sénateurs démocrates ont d'ores et déjà annoncé qu'ils voteraient contre ce budget. Or, les républicains disposent d'une très courte majorité au Sénat. Il suffirait qu'un petit nombre de sénateurs républicains basculent pour qu'un shutdown redevienne tout à fait probable.
[00:01:27] Speaker 2: Voilà pour le côté politique. Émilie, vous revenez de Minneapolis. Vous avez suivi les manifestations. Quel est le sentiment qui domine chez ces manifestants ? Est-ce que c'est celui d'une forme d'impunité dont bénéficieraient ces agents fédéraux ?
[00:01:40] Speaker 1: Absolument. Les manifestants sont révoltés par un sentiment d'impunité. On entend partout le même sentiment. C'est celui d'une invasion. Rappelons que les agents fédéraux qui sont à Minneapolis ne viennent pas du Minnesota. On entend dans toutes les manifestations « dégagez, rentrez chez vous ». Parfois même, on sait qu'il faut que les gens rentrent chez eux. Ce sentiment d'invasion est renforcé par le conflit institutionnel très violent qui oppose d'une part la Maison-Blanche et de l'autre part les autorités locales. Le maire de Minneapolis, le gouverneur Tim Valls. Concrètement, dans l'affaire René Goud, aucune enquête n'est en cours. Le numéro 2 du ministère de la Justice, Todd Blanche, a traito annoncé qu'aucune enquête fédérale ne serait ouverte. Et la police criminelle du Minnesota a été dessaisie du dossier. En revanche, des enquêtes ont bien été ouvertes au niveau fédéral, mais elles concernent la campagne de René Goud et plusieurs figures politiques du Minnesota. Plusieurs procureurs de l'État ont d'ailleurs démissionné mi-janvier en signe de protestation. Les manifestants sont nombreux à brandir le nom de l'agent de l'Aïs qui a tiré sur René Goud, Jonathan Ross, devenu symbole de cette impunité. Concernant la mort d'Alex Préty, Todd Blanche a affirmé cette fois qu'une enquête serait toujours... ouverte, mais sans en préciser du tout à ce stade les contours.
We’re Ready to Help
Call or Book a Meeting Now