[00:00:00] Speaker 1: Dans ce contexte géopolitique tourmenté, certains sont tentés de renouer des liens. C'est le cas entre Londres et Pékin, semble-t-il. Bonjour Alélaïdi. Bonjour Elisabeth. On va commenter cette séquence. Le Premier ministre britannique qui est en tournée en Chine, il a rencontré ce matin le président Xi Jinping. Alors vous avez suivi pour nous cette séquence. Une visite signifie-t-elle finalement que Londres souhaite se rapprocher des Chinois aujourd'hui ?
[00:00:26] Speaker 2: Oui, c'est assez clair. On a même le sentiment que les dossiers qui fâchaient il y a encore quelques années les relations entre Pékin et Londres, ces dossiers on les a mis un petit peu de côté. Il s'agit essentiellement évidemment de la question de l'Ukraine. Londres reproche à Pékin de soutenir Moscou sur cette question. C'est la question aussi de Hong Kong. Depuis 2019, les fameuses manifestations qui ont permis justement à certains, à un nombre des opposants à Hong Kong de venir à Londres. Et donc la crainte pour les autorités de Londres que les Chinois surveillent et contrôlent ces opposants. Il y a eu des affaires d'espionnage. Un certain nombre de dossiers qui ont été sortis de la part des services de renseignement britanniques sur l'espionnage à la fois politique et économique des Chinois. Souvenez-vous, 2019 aussi, cette fameuse affaire sur Huawei, ce grand équipementier chinois. qui postulait à l'infrastructure 5G des Britanniques qui, sous la pression de Washington, ont exclu formellement Huawei des appels d'offres. Il y a aussi toutes les opérations d'influence qui ont été menées il y a encore quelques années, de cyberattaques et puis, de manière plus générale, les Chinois ont reproché aux Britanniques d'instaurer de plus en plus de réglementations pointilleuses pour freiner les investissements chinois. Alors tout ça, on a l'impression que c'est mis de côté. Dans les nouvelles relations entre Keir Starmer et Xi Jinping, pour parler d'autre chose.
[00:02:03] Speaker 1: On redit peut-être à nos téléspectateurs que Keir Starmer, le Premier ministre britannique, est un travailliste. Ça aide peut-être à apaiser la relation ?
[00:02:10] Speaker 2: En tout cas, il l'a annoncé dès qu'il est arrivé au pouvoir. Il a annoncé qu'il voulait renouer avec les Chinois. D'autant que cette stratégie est confirmée par le fait que l'allié historique des Britanniques est en train de leur faire des mauvais coups. C'est-à-dire les États-Unis. Encore là, très récemment, Donald Trump a qualifié une action britannique de totalement stupide. Il se trouve que les Britanniques ont rendu la souveraineté des îles Chagos à l'île Maurice. Et dans ces îles Chagos, il y a des bases militaires américaines. Et donc Trump a considéré que c'était une stupidité. Il y a aussi d'autres problématiques entre Londres et les États-Unis, notamment la sécurité de l'Europe. Il y a eu des tensions sur la relation spéciale. Et donc forcément, Londres est obligée de se rapprocher de Bruxelles, d'un certain nombre d'États membres de l'Union européenne, et évidemment de se rapprocher de Pékin. Et ce rapprochement a connu un événement très rapide qui s'est déroulé il y a quelques jours. C'est le déblocage du dossier de l'ambassade chinoise, qui était un... Toutes les représentations de diplomatiques chinoises à Londres dans un seul lieu, 55 000 mètres carrés, ça fera de l'ambassade chinoise à Londres la plus grande ambassade d'Europe. Keir Starmer semble donner enfin un feu vert à la Chine pour cette ambassade, d'où très rapidement sont sorties dans la presse britannique, et notamment dans le Télégraphe, des informations venant des services de sécurité américaines, américains, disant qu'un certain nombre de membres du cabinet de Starmer, mais aussi des cabinets précédents, étaient sur écoute des Chinois. Ce que, évidemment, Pékin a démenti.
[00:04:04] Speaker 1: Alors, on voit l'intérêt pour les Chinois de ce rapprochement. Et Starmer, il va chercher quoi en Chine exactement ?
[00:04:10] Speaker 2: Déjà, il ne vient pas seul. Il vient avec une cinquantaine de patrons de grandes entreprises britanniques. L'objectif de tous ces chefs d'État, vis-à-vis de la Chine, c'est de rééquilibrer évidemment les rapports économiques. Les échanges de produits entre les deux pays, c'est 104 milliards de dollars. Les échanges de services, c'est 30 milliards de dollars. Le problème, c'est que les exportations des Britanniques vers la Chine ne représentent que 6% des exportations britanniques. En revanche, les importations de produits chinois au Royaume-Uni, c'est 10%. Donc, c'est ce qu'il va chercher. Et en plus, Kerr Starmer sent bien qu'il faut y aller. Il le dit d'ailleurs. Il faut y aller parce que Bruxelles y va, parce que l'Allemagne y va, parce que la France y va. Et donc, il n'est pas question d'isoler politiquement, diplomatiquement et surtout économiquement les Britanniques.
[00:05:09] Speaker 1: Merci beaucoup Ali pour le décryptage.
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