[00:00:00] Speaker 1: L'actualité de ce mardi c'est aussi la Syrie, je vous le disais, où le cessez-le-feu signé entre les autorités de Damas et les forces démocratiques syriennes kurdes est plus que menacé. Certains membres de ces FDS évoquent même l'effondrement, je cite, des discussions alors qu'on évoquait ces dernières heures la cession à Damas de tous les territoires administrés depuis des années, une décennie, par ces Kurdes. Bonjour Wassim Nasr.
[00:00:22] Speaker 2: Bonjour.
[00:00:23] Speaker 1: Pourquoi on en est là où on en est ce matin ?
[00:00:25] Speaker 2: Parce qu'en fait on est dans un enchaînement, à chaque fois il y a une signature d'accord avec les forces démocratiques syriennes et puis il y a des éléments au sein même de ces forces qui essaient de faire échouer les accords. On l'a vu à Alep avec les quartiers de Cheikh Maqsoud d'Achrafieh, on l'a vu à Der Hafer, on l'a vu à Tabqa, à Raqqa. On a une carte d'ailleurs qu'on va regarder qui va être assez explicite parce qu'avant les avancées de l'armée syrienne qu'on va voir en vert clair, parce que les zones jaunes étaient les zones tenues par les forces démocratiques syriennes, avant ces avancées le président syrien a fait un décret dans lequel il dit que les forces démocratiques syriennes ne peuvent pas se défendre. Il redonnait des droits, leurs droits en tout cas, aux Kurdes syriens, des droits qu'ils demandaient depuis les années 40. C'est-à-dire acquérir la nationalité, la langue kurde enseignée à l'école, une journée fériée pour les Kurdes, etc. Sauf que ce qu'on voit ici, donc les dernières 48 heures, des avancées fulgurantes de l'armée syrienne sur le terrain. Pourquoi ? Parce que ces territoires sont des territoires peuplés par des populations arabes. 80% des effectifs des forces démocratiques syriennes étaient des effectifs arabes. Donc c'est un peu comme ça. Moi j'étais en Syrie il y a quelques mois pour travailler sur les clans et les tribus arabes. Et donc évidemment que Damas a travaillé, a sifflé, a prendre la majorité des combattants arabes dans son rang. C'est comme ça que l'armée syrienne a avancé, parce qu'il y a eu beaucoup de retournements de veste et beaucoup de zones ont été prises sans combat, parce qu'on est dans des zones, encore une fois, peuplées par des populations arabes que les forces démocratiques syriennes n'ont pas su gagner, malgré les 10 ans, comme vous l'avez dit, d'administration du territoire. Donc là on arrive après dans les zones jaunes toujours tenues par les forces démocratiques syriennes là où il y a une vraie présence kurde, en tout cas populaire, une vraie popularité pour le YPG, donc il y a vraiment la force politique des forces démocratiques syriennes. Et là les combats ne sont pas encore arrivés jusqu'ici. Et on voit par exemple que ce qui a été cédé déjà, c'est les champs pétroliers, Konoko Omar sont les plus importants, les barrages sur le Frat, qui était un point de friction très important avec Damas, où par exemple les forces démocratiques syriennes se sont retirées sans combat. Alors qu'à Raqqa, il y a eu des combats avec certains... Donc on voit aussi les prisons, à Al-Hol et Al-Rosh, c'est les camps où sont détenus les familles des djihadistes de l'État islamique, et à Asaka, il y a les fameuses prisons de Rouiran, qui sont toujours...
[00:02:35] Speaker 1: Donc des prisons par exemple, je vous coupe des prisons, l'accord prévoit que l'administration de ces prisons passe des FDS kurdes aux autorités centrales de Damas, il y a des affrontements autour de certaines de ces prisons, c'est ça ?
[00:02:45] Speaker 2: Bah écoutez, en fait, dans l'accord, la seule exception qui est faite aux intégrations des membres combattants des FDS à titre individuel, c'est l'exception de l'administration pénitentiaire. C'était écrit dans l'accord, ou dans ce mécanisme, disons, d'application de l'accord des 10 mars, que l'administration pénitentiaire serait intégrée en tant que telle, parce que c'est une demande américaine et française aussi. On va voir sur des images, par exemple, une prison, la prison celle-là, c'est allée au nord de Raqqa, de Al-Qattan, ces images sont de ce matin-là, où il y a des membres, donc du YPG, à l'intérieur de la prison, qui refusent de livrer la prison aux autorités de Damas. Et à l'inverse, on va voir la prison centrale de Raqqa, on a les images de la prison centrale de Raqqa, en train d'être livrée, là, à Damas, par les forces du YPG, à l'intérieur de cette prison, qui la tenait, et pour la petite histoire, la personne qui avait en charge cette prison, qu'on va voir avec la capuche bleu marine, donc c'est un membre kurde du PKK, mais il est d'origine iranienne. Donc là où ça devait se passer mal, parce que ce sont des membres étrangers que Damas demande à qu'ils soient expulsés de Syrie, ça se passe bien, et à contrario, au nord de Raqqa, ça s'est bien passé. Dernière chose importante, les Américains sont déployés à Raqqa. On a des images d'hier soir, où les patrouilles américaines à Raqqa se sont accentuées, et surtout, la sécurisation de la prison de Rouiran, la prison où il y a eu un casse début janvier 2022, et plusieurs djihadistes se sont échappés. Après, les deux parties se jettent la responsabilité, ça veut dire la dernière carte aujourd'hui aux mains des forces démocratiques iraniennes après avoir perdu le pétrole, les frontières et le soutien américain, parce que tout ça, si les Américains avaient intervenu, ça n'aurait pas été possible, ça il faut le garder en tête, ils jouent la carte des prisonniers. Et de l'autre côté, Damas aussi a tout intérêt à que ces prisonniers ne s'échappent pas, ne soient pas dans la nature, pourquoi ? Parce que Damas est rentré dans la coalition anti-État islamique, et le président Chara marche la marche du président Trump en faisant rentrer ses forces dans la guerre contre l'État islamique. Et on termine sur une chose très intéressante, depuis la prise du pouvoir d'Ahmed Chara, il y a eu plus de 35 opérations communes, avec les forces de la coalition américaine, contre l'État islamique, sur le sol syrien.
We’re Ready to Help
Call or Book a Meeting Now