Syria–Kurds Accord: Promise, Peril, and the Fine Print (Full Transcript)

Experts say the Damascus–Kurdish deal hinges on implementation, rights guarantees, Turkey’s role, and preventing an ISIS resurgence important to Europe.
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[00:00:00] Speaker 1: Dans cet accord global, dont on ne connaît pas tous les détails, bien sûr, pour le moment, c'est le président Al-Shara qui sort vainqueur. La demande initiale des Kurdes était que leurs forces armées, qui est extrêmement bien organisée et plus nombreuse que les forces de l'État kurde, soient intégrées dans l'armée, mais sous une forme autonome, c'est-à-dire des bataillons kurdes avec un État-major kurde. Ça, c'est très difficile à faire accepter. On le comprend de la part du président Al-Shara qui veut unifier son État, et en particulier son appareil sécuritaire. Il y a aussi, bien sûr, une forte pression de la Turquie. Donc, le diable est dans les détails, comme à chaque fois. On verra bien comment les détails, à la fois sur le plan militaire et sur le plan civil, seront mis en œuvre. Les Kurdes vont vouloir avoir le maximum, d'autonomie ou de contrôle sur leur région, en particulier, si ce n'est sur les forces de sécurité, mais en particulier sur les droits civiques et les droits culturels. Donc, c'est dans le détail que cela va se jouer. Et, bien entendu, la crainte des Kurdes, c'est qu'il y ait un effet de représailles de la part des sunnites, comme il y en a eu dans la province de l'Attaqué, sur les Alawites, anciens soutiens du président Assad. Donc, il y a là une grande incertitude. En général, les mots du président Al-Shahra sont toujours très bien calibrés. La difficulté, bien sûr, sera dans la mise en œuvre.

[00:01:46] Speaker 2: Alors, vous avez évoqué le danger sur les droits civiques et culturels des Kurdes. Est-ce qu'il faut craindre que ce soit toute une pandémie, que ce soit toute une pandémie, que ce soit toute une pandémie, qu'il y ait une population qui soit, en fin de compte, diluée au sein de la population syrienne ?

[00:02:06] Speaker 1: Oui, elle est déjà diluée, puisque dans des régions comme Afrin, qui est tout à fait au nord-ouest de la Syrie, contre la frontière turque, les Kurdes ont essentiellement été évacués pour aller ailleurs. On a vu récemment à Alep d'autres évacuations. Donc, il y a eu des déplacements de population. Il y a énormément de Kurdes qui ne sont plus chez eux, qui n'ont plus leurs terres à cultiver, etc. Donc, c'est très compliqué. Et, bien sûr, il y a une quasi-obsession de la part de la Turquie d'éliminer toute menace des Kurdes syriens envers son territoire. Ceci se fait en parallèle, bien sûr, avec un processus interne à la Turquie, de paix entre le gouvernement et les Kurdes turcs. Donc, ces deux processus marchent en parallèle. Il faut espérer qu'il n'y ait pas d'exaction interne ou externe envers les Kurdes.

[00:03:14] Speaker 2: Si les forces kurdes sont intégrées dans l'armée syrienne quid de la Turquie que vous avez évoquée, ça veut dire que la présence militaire turque en Syrie sera interdite ?

[00:03:27] Speaker 1: Alors, en théorie, la présence militaire turque dans les provinces d'Iblib, au nord d'Alep et plus à l'est, est censée créer un bouclier de sécurité. C'est comme ça que ça a toujours été présenté. Et Ankara déclare qu'au nom de la sécurité nationale, cette présence militaire n'est pas une occupation, mais une garantie de sécurité. Si le président Al-Sharaf, le président Al-Sharaf a obtenu ce qu'il voulait sur l'intégration des forces kurdes dans son armée et sur l'intégration des Kurdes civils dans son administration, en théorie, mais je dis bien en théorie, la présence kurde, au moins à brève échéance, si pas bien sûr immédiatement, n'aura plus de justification. Je doute personnellement que les forces turques évacuent rapidement les frontières du nord, enfin les territoires du nord de la Syrie. C'est une présence qui est déjà là depuis très longtemps et qui est très implantée dans des provinces comme Afrin. La poste est turque, la sécurité est dirigée par les Turcs, la livre turque est la monnaie, etc. Donc ça ne ressemble pas du tout à un territoire syrien par endroit. À terme, il est évident que le président Al-Sharaf voudra restaurer, c'est ce qu'il a dit depuis longtemps, la souveraineté pleine et entière de Damas sur le territoire syrien.

[00:05:06] Speaker 2: Quid du sentiment des Kurdes eux-mêmes ? Ils ont combattu l'organisation État islamique aux côtés des Américains. Aujourd'hui, ils vont peut-être devoir être intégrés, en tout cas par l'État syrien. Est-ce qu'il n'y a pas un sentiment de trahison, dans cette population ?

[00:05:26] Speaker 1: Oui, bien sûr, il y a un tel sentiment. Et ce n'est pas, bien entendu, la première fois que les Kurdes se sentent lâchés par l'opinion internationale. Il est tout à fait clair, à mon avis, que le président Trump n'aimant pas beaucoup les opérations extérieures, c'est une question qui est à mettre en balance avec ce que vous avez dit plus tôt sur l'Iran, ou ce qu'on a vu sur le Venezuela. Mais la présence d'un millier ou un peu plus de soldats américains dans l'est de la Syrie est un fait politique qui risque de ne pas durer très longtemps. Il est vrai, pour autant, que ce sont les forces kurdes syriennes qui ont mis à bas les forces de l'État islamique. Comme on le sait, on a vu des opérations dans les semaines écoulées, il y a encore des forces résiduelles de l'État islamique, et donc il y a une vigilance qui continuera à s'exercer. Si les États-Unis ne sont pas là avec leur logistique de transport d'évacuation, de ravitaillement et logistique sanitaire depuis l'Irak, il est évident que la coalition anti-État islamique sera fortement affaiblie.

[00:06:44] Speaker 2: Marc Pirini, Washington parle d'un accord historique. Du point de vue américain, c'est vraiment une victoire ? Est-ce qu'on peut dire que c'est un bon deal pour l'administration américaine et pour utiliser la rhétorique de Donald Trump ?

[00:07:02] Speaker 1: Le terme historique, ça fait partie de la mise en scène trumpienne, si je puis dire. Il veut collectionner les accords de paix. Il en a une longue liste, comme chacun le sait, qui est un petit peu fausse, à vrai dire, mais peu importe. Donc... Ça fera très bien dans le tableau de pacificateur à l'échelle mondiale que le président américain veut imposer aux médias. Mais en réalité, les États-Unis... La Syrie, c'est extrêmement petit et extrêmement peu important du point de vue économique. C'est parfaitement marginal. Ça n'a rien à voir avec l'Iran, la Turquie ou Israël, bien entendu. Donc ça, c'est le premier point. Ce n'est pas un très grand dossier pour un président américain. Mais pour l'Europe, ce qui est important, c'est que les forces de l'État islamique, quelles qu'elles soient, et c'est très difficile de les mesurer actuellement, restent sous contrôle. Et donc qu'il n'y ait pas de nouveau un foyer de terrorisme qui renaisse dans l'est de la Syrie et qui pourrait, bien sûr, s'en prendre à l'Europe.

[00:08:20] Speaker 2: De ce point de vue-là, le travail de normalisation engagé par le président Al-Shara va dans le bon sens ?

[00:08:30] Speaker 1: Oui. Les mots du président Al-Shara, comme je l'ai souvent dit, y compris sur votre antenne, pourraient avoir été écrits à Londres, à Berlin, à Paris ou à Bruxelles. Donc ces déclarations sont parfaites. Donc ces déclarations sont parfaites. Bien au-delà de sa mise en scène que vous montrez, avec son costume bien taillé et sa barbe bien taillée. Mais la réalité, c'est qu'en pratique, la participation de toutes les composantes ethniques et religieuses du pays, la Syrie, dans le gouvernement, dans le Parlement, dans les forces armées, dans l'administration civile, est encore loin d'être équilibrée. Donc c'est bien sûr très difficile. Après plus de 50 années de dictature sous les Assad père et fils. Mais il y a encore un grand fossé entre les mots du président Al-Shara et les actes. Ceci étant, l'Occident, et l'Europe en particulier, n'a pas beaucoup d'autres choix que de lui faire confiance sous surveillance, je dirais.

[00:09:36] Speaker 2: Dernière question, Marc Pierini. Le dossier kurde, est-ce qu'il augure ? Est-ce qu'il augure de ce à quoi va ressembler la Syrie d'Al-Shara dans les années qui viennent ?

[00:09:50] Speaker 1: En principe, oui. C'est-à-dire, si l'on s'en tient, encore une fois, aux intentions du président Al-Shara, au discours qu'il fait, et à défaut d'une constitution définitive pour le moment, il marche, en parole en tout cas, vers une Syrie pleinement inclusive de toutes ses composantes. C'est bien sûr extrêmement difficile. Parce que le régime Assad-Péréfice, mais surtout la révolution sous Bachar el-Assad, depuis le début de 2011, a été d'une violence absolument inouïe. Le travail de deuil n'est pas fini. Les horreurs ne sont pas toutes documentées. Il y a des centaines, des milliers de disparus qu'on n'a pas retrouvés. Donc tant que ce travail-là n'est pas fait, avec l'aide de partenaires extérieurs, si nécessaire, la réconciliation, en pratique, restera difficile. L'autre chantier, c'est bien sûr la constitution et l'intégration de cette donnée de participation pleine et entière de toutes les composantes ethniques et religieuses, soit inscrite dans la constitution, qu'une justice impartiale soit rétablie. Tout ça, bien sûr, prend du temps. Donc il faudra voir avec un peu de patience. Et beaucoup de vigilance, ce qu'il en est en pratique.

[00:11:12] Speaker 2: – Marc Pierigny, votre commentaire sur une information qui vient tout juste de nous parvenir. C'est la réaction de Paris par la bouche d'Emmanuel Macron. La France félicite Damas et les Kurdes. Le président de la République française promet d'appuyer la pleine mise en œuvre de l'accord conclu entre les deux parties. Comment est-ce que vous commentez, voyez, recevez ce commentaire du président français ?

[00:11:39] Speaker 1: – Je n'ai pas franchement vocation à commenter les propos du président Macron, mais dans ce que vous venez de lire, c'est la mise en œuvre pleine et entière qui compte. Donc vous voyez bien que comme la France, comme l'Europe n'a pas franchement le choix aujourd'hui, il y a un appui à tous les petits pas ou les grands pas qui sont faits entre le président Shahra et les composantes de la société turque, pardon, de la société syrienne, dont les Kurdes au premier rang. Et donc c'est appui et vigilance. Je crois que c'est, faute de mieux, la seule option qui s'offre aux pays européens et en particulier à la France.

[00:12:25] Speaker 2: – Merci Marc Pirini, merci d'avoir été avec nous sur France 24 pour commenter cette information concernant cet accord global en Syrie entre Damas et les autorités kurdes. Je rappelle que vous êtes l'ancien ambassadeur de l'Union européenne en Syrie puis en Turquie.

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Arow Summary
Interview on France 24 about a “global agreement” between Damascus and Kurdish authorities in Syria. Speaker 1 (Marc Pierini) argues President Al‑Shara appears to have the upper hand: Kurds initially sought integration of their well-organized forces into the Syrian army while retaining autonomous Kurdish units, something Damascus (and Turkey) is unlikely to accept. The outcome hinges on implementation details—military integration, civil administration, and guarantees for Kurdish civic and cultural rights. Kurds fear reprisals similar to attacks on Alawites elsewhere and worry about ongoing displacement (Afrin, Aleppo) and Turkey’s long-standing objective to neutralize perceived Kurdish threats. Turkey frames its military presence in northern Syria as a security buffer; Pierini doubts a rapid Turkish withdrawal given deep entrenchment (services, currency, security). He notes Kurdish resentment and feelings of betrayal, anticipating possible U.S. troop drawdown under Trump, which could weaken the anti-ISIS coalition and heighten risks of ISIS resurgence—especially concerning for Europe. He views U.S. “historic” rhetoric as political theater; Syria is marginal economically for Washington, while Europe prioritizes counterterrorism stability. Al‑Shara’s rhetoric is inclusive and Western-sounding, but representation across Syria’s ethnic and religious groups remains unbalanced; Europe has little choice but to support progress “with vigilance.” Longer-term success requires reconciliation, documentation of atrocities, addressing missing persons, constitutional guarantees, and impartial justice. Macron’s congratulatory statement is interpreted as conditional support focused on full implementation.
Arow Title
Damascus–Kurdish Deal: Implementation, Rights, Turkey and ISIS Risks
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Arow Key Takeaways
  • Al‑Shara likely gains more from the deal; Kurdish demand for autonomous military units is hard for Damascus to accept.
  • Everything depends on implementation details: command structure, civil governance, and enforceable guarantees for Kurdish civic and cultural rights.
  • Kurds face insecurity from past displacement and fear reprisals, with Turkey exerting strong pressure on outcomes.
  • Turkey’s military footprint in northern Syria is deeply entrenched; a quick withdrawal is unlikely even if Kurdish forces integrate.
  • Potential U.S. drawdown would weaken logistics and effectiveness of the anti‑ISIS coalition, raising European security concerns.
  • Al‑Shara’s inclusive messaging contrasts with uneven real-world representation; Europe’s approach is support paired with vigilance.
  • Long-term stabilization requires reconciliation, documenting atrocities, resolving disappearances, constitutional protections, and impartial justice.
Arow Sentiments
Neutral: Analytical and cautious tone emphasizing uncertainty, risks, and conditional optimism; highlights fears of reprisals and ISIS resurgence alongside guarded support for inclusive rhetoric and diplomatic steps.
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