[00:00:00] Speaker 1: Quel avenir pour le cessez-le-feu conclu il y a deux semaines en Syrie après d'intenses combats entre l'armée syrienne et des combattants kurdes dans le nord-est du pays, négociés par les États-Unis. Il expire aujourd'hui. Les combattants kurdes pour l'instant sont retranchés dans trois localités situées à l'extrémité nord du territoire. Il s'agit de Kobané, d'Assaké et de Kamichli. Kamichli, de nous rejoint notre envoyé spécial Marie-Charlotte Roupi, correspondante régionale de France 24. Bonjour Marie-Charlotte. Est-ce que ce cessez-le-feu sera prolongé ?
[00:00:33] Speaker 2: C'est toute la question. Et d'ailleurs, hier soir, quand on s'est rendu dans les rues de Kamichli, c'était la question qui était sur toutes les lèvres des habitants. Les habitants qui, dans la ville, sont mobilisés. Il y a à chaque intersection des petits groupes d'hommes portant des armes ou pas, qui sont là pour surveiller et s'assurer de protéger leur quartier. Face à toute violence éventuelle. Et c'est toute la question d'aujourd'hui. C'est de savoir si le cessez-le-feu va tenir et dans quelles circonstances il va être prolongé. Pardon, et dans quelles circonstances. Et puis, s'il n'est pas prolongé, est-ce qu'un accord est annoncé ou pas ? Depuis quelques jours, il y a eu des rencontres, notamment il y a jeudi, une rencontre entre le représentant américain, l'envoyé spécial américain pour la Syrie, Tom Barak, et le commandant en chef des forces kurdes, Mazloum Abdi. Ils se sont rencontrés au Kurdistan irakien pour échanger sur, justement, les discussions, les négociations en cours avec Damas, mais aussi sur la possibilité de prolonger le cessez-le-feu. Aucune déclaration n'a été faite officiellement, mais on voit de plus en plus de communications qui laissent penser que ce cessez-le-feu devrait être prolongé. Ce n'est pas forcément une bonne nouvelle, d'une certaine façon, notamment pour les réfugiés qui attendent de savoir ce qui va, leur arrivée et à la ville de Kobané, qui est coupée du monde depuis plusieurs jours. Donc, on va devoir attendre un peu plus tard dans la journée pour savoir ce qui va se passer. Mais le ministre des Affaires étrangères turc, lui, a insisté hier sur sa volonté de voir ce cessez-le-feu se prolonger aussi, pour permettre le transfert des prisonniers combattants de l'État islamique de la Syrie vers l'Irak.
[00:02:20] Speaker 1: Et justement, Marie-Charlotte, parallèlement à cela, se pose la question du devenir des djihadistes prisonniers, du groupe État islamique, et parmi ceux transférés en Irak, il y a 150 Européens, dont des Français. L'Irak demande leur rapatriement dans leur pays d'origine.
[00:02:35] Speaker 2: Oui, l'Irak a d'abord accepté ce transfert dans l'idée d'éviter de voir ces prisonniers combattants de l'État islamique, parfois très haut gradé dans l'État islamique à l'époque, se retrouver dans la nature en Syrie et profiter du chaos syrien pour réactiver des cellules dormantes et réactiver l'État islamique sur le terrain. Et donc, cela poserait une menace pour l'Irak. Donc, l'Irak a accepté de les accueillir, mais l'Irak insiste sur le fait que cela doit être temporaire. Il y a eu un échange entre Mohamed Cheikh Soudani, le Premier ministre irakien, et Emmanuel Macron, le président français, sur cette question. Emmanuel Macron a assuré que la France soutiendrait financièrement et techniquement, pratiquement, l'Irak pour gérer cette situation et cet accueil des prisonniers. Mais le Premier ministre irakien a dit très fermement qu'il faut véritablement que les États européens rapatrient leurs prisonniers. Et c'est une demande qui avait été faite par la Syrie pendant des années, qui n'avait pas été particulièrement entendue. Donc, on ne sait pas véritablement si cela sera entendu aussi, cette fois-ci, du côté irakien. Mais il y a une véritable inquiétude en Irak de voir ces combattants s'amonceler dans les prisons.
[00:03:55] Speaker 1: Charlotte Roupi, correspondante régionale de France 24, envoyée spéciale de notre chaîne à Kamichli, en Syrie. Merci beaucoup, Marie-Charlotte. Sous-titrage ST' 501
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