[00:00:00] Speaker 1: Pour la première fois depuis 2020, depuis 6 ans donc, Donald Trump est attendu à Davos. Malgré ses 3 heures de retard sur le programme, le président des Etats-Unis arrivera dans la station suisse en début d'après-midi. Vous apercevez ici les dernières images du site où est arrivé, on me le signale, il y a quelques instants, une partie de la délégation américaine, annoncée comme une armada, Jared Kushner ou encore Steve Witkoff, que vous apercevez ici, le gendre du président américain, accompagné par ces hommes qui vont prendre place dans cette salle. Tout à l'heure, il est attendu de pied ferme par les participants Donald Trump. Il va s'exprimer donc tout à l'heure au sein de ce forum économique, un discours en forme de réponse aux Européens qui ont donné le ton hier sur le Groenland, un face-à-face qui s'annonce pour le moins tendu, comme nous le raconte tout de suite Olivier Fessol.
[00:00:53] Speaker 2: C'est un départ en deux temps pour Donald Trump. Après un premier décollage pour Davos, l'avion du président américain doit rebrousser chemin en raison d'une avarie technique. Au milieu de la nuit, il finit par embarquer dans un second vol. Son discours dans la station suisse devrait donc être retardé, mais n'en sera pas moins scruté de près ce mercredi. Quelques heures plus tôt, il martelait une nouvelle fois l'objectif d'annexer le Groenland.
[00:01:21] Speaker 3: Nous construisons un système antimissile, le Dôme doré, et posséder le Groenland rendra ce droit. Le Dôme doré est beaucoup plus efficace. Et même au-delà de la défense antimissile, c'est tellement important pour le Dôme doré. C'est tellement important pour la sécurité nationale et internationale.
[00:01:36] Speaker 2: A Davos, plusieurs réunions sur le sujet sont prévues, alors que la crise fait rage entre l'Union européenne et Washington. Ce mardi, Emmanuel Macron n'a pas mâché ses mots.
[00:01:48] Speaker 4: Ce qui est fou, c'est que nous pourrions être amenés à utiliser pour la toute première fois le mécanisme anti-coercition à l'encontre des Etats-Unis. Ici, ils imposaient des droits de douane supplémentaires.
[00:01:57] Speaker 2: Vous imaginez ? C'est fou. C'est crazy. Une Europe qui fait front et qui a reçu un soutien appuyé du Canada. Dans un discours très commenté, le Premier ministre Mark Carney a même évoqué l'hypothèse d'une aide militaire dans le cadre de l'OTAN.
[00:02:15] Speaker 5: Nous travaillons avec nos alliés de l'OTAN pour renforcer davantage la sécurité des flancs nord et ouest de l'Alliance, notamment grâce aux investissements sans précédent du Canada dans des radars, des sous-marins, des avions et des troupes au sol.
[00:02:30] Speaker 2: Le rendez-vous économique helvétique, baptisé cette année « Un esprit de dialogue », sera aussi l'occasion d'évoquer la guerre en Ukraine. Moscou a envoyé un émissaire à Davos. Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, ont eux aussi fait le déplacement pour poursuivre les tractations sur un éventuel accord de paix.
[00:02:51] Speaker 1: Voilà, aux dernières nouvelles, dernières interventions. Le chef de l'OTAN a appelé à une diplomatie réfléchie, seul moyen, dit-il, de gérer la crise en cours. Marc Routteux, qui se dit par ailleurs convaincu que les pays européens viendraient en aide aux Etats-Unis si nécessaire, contrairement à ce qu'affirme Donald Trump depuis quelques jours. Karim Yahyaoui, bonjour.
[00:03:14] Speaker 6: Bonjour.
[00:03:15] Speaker 1: On va tenter de décrypter ensemble ce qui va pouvoir se dire tout à l'heure. Le discours que tout le monde attend, celui de Trump aux Européens, entre autres. Avant de décoller hier soir, il a confié n'avoir aucune idée de la façon dont son voyage va se passer. Le voyage à Davos allait se dérouler. C'est dire à quel point il laisse toutes les fenêtres et les portes ouvertes. Il y a deux options possibles quand on s'y intéresse de façon assez pragmatique. Soit il persiste et il va au clash avec les Européens, soit la tension retombe aussi vite qu'elle n'est montée. Il semble dire hier soir qu'un accord allait probablement être trouvé avec l'Europe aujourd'hui.
[00:03:46] Speaker 6: C'est vrai, il a laissé entrevoir que le dialogue était possible. Alors, est-ce qu'il s'aveugle complètement et finalement considère... ...que ses capacités à convaincre sont suffisantes pour aller convaincre les Européens ? Il a eu cette phrase avant de partir. Nous aurons beaucoup de réunions prévues sur le Groenland et je pense que les choses vont bien se passer. C'est vrai que Donald Trump semble en décalage par rapport à la façon dont les Européens perçoivent la situation. On l'a aussi interpellé quant à l'hostilité grandissante de la population du Groenland. Et là aussi, il a eu un peu dans la même tonalité cette phrase. Quand je parlerai au Groenland... ...je suis sûr qu'ils seront ravis du Trump dans le texte qui semble montrer... ...c'est vrai que ce sont des déclarations qui semblent un peu décalées... ...mais qui montrent qu'il s'inscrit plutôt dans une logique de discussion et de dialogue. Mais c'est vrai que lorsque la discussion ne va pas dans son sens... ...Donald Trump peut rapidement avoir des coups de sang et s'inscrire plus dans une logique d'affrontement. Depuis Davos, avant que Donald Trump ne s'exprime... ...il y a un homme qui a parlé. Scott Besant, le secrétaire au Trésor américain... ...qui lui aussi a invité au dialogue d'une certaine façon. Il a invité les Européens à attendre que Donald Trump arrive pour écouter ses arguments. Mais on les connaît déjà les arguments de Donald Trump. Il explique qu'il a besoin du Groenland parce que la sécurité des Etats-Unis... ...et la sécurité internationale est en jeu. En même temps, ce même Scott Besant a fustigé les déclarations d'Ursula von der Leyen et d'Emmanuel Macron... ...qui l'a jugé incendiaire. Alors on sent bien que Donald Trump veut croire que les Européens ne résisteront pas longtemps. Mais il a tout de même été probablement surpris de la force et de la fermeté de la réaction... ...notamment d'Emmanuel Macron ou encore d'Ursula von der Leyen. Et sans doute qu'il veut montrer qu'il compte quelques alliés. On a beaucoup parlé du message qu'il a divulgué, ce message que lui avait adressé Emmanuel Macron. Mais il a aussi rendu public un autre message. De Marc Routteux, qu'on va découvrir, le secrétaire général de l'OTAN. Un message emprunt de flatterie. Monsieur le Président, cher Donald, ce que vous avez accompli aujourd'hui en Syrie est incroyable. J'utiliserai mes interventions médiatiques à Davos pour mettre en valeur votre action là-bas, à Gaza et en Ukraine. Je suis déterminé à trouver une solution sur le Groenland. J'ai hâte de vous voir, bien à vous Marc Routteux... ...qui continue en quelque sorte d'afficher une certaine... ...différence et d'utiliser la flatterie à l'égard de Donald Trump, alors que le reste des dirigeants européens, ce sont ces dernières heures, plutôt inscrits dans une logique d'affrontement et de fermeté.
[00:06:37] Speaker 1: Ils l'ont redit, ils l'ont martelé même à la tribune du Forum économique de Davos. Les Européens sont prêts à riposter si nécessaire.
[00:06:44] Speaker 6: Ils sont prêts à riposter. L'Europe privilégie toujours le dialogue, mais elle est prête à agir de manière unie et déterminée. C'est Ursula von der Leyen, Emmanuel Macron qui fustige... ...un monde sans lois où le droit international est bafoué, le Premier ministre canadien Mark Carney qui explique qu'il faut faire un rempart contre les tactiques d'intimidation. L'Union Européenne finalement a déjà commencé à agir, puisque l'accord de l'été dernier avec les Etats-Unis, l'accord commercial avec Washington qui prévoyait limiter à 15% les droits de douane sur la majorité des exportations européennes, est suspendu. Le processus de ratification est suspendu. C'est déjà une première décision côté européenne. Et puis il y a cet outil, cet instrument anti-coercition dont on a beaucoup parlé. Il faudra pour activer ce dispositif d'abord convaincre une majorité de 55% des Etats membres et 65% de la population. En cas de vote favorable, là ça serait une logique de médiation qui s'ouvrirait avec les Etats-Unis. Et si on n'y parvenait pas, il faudrait mettre en place un certain nombre de mesures anti-coercition. Alors en réalité tout ça risque de prendre beaucoup de temps. Et finalement ce bras de fer pourrait perdurer peut-être de longs mois. Alors beaucoup sont favorables à l'utilisation de cet outil anti-coercition, mais beaucoup alertent aussi, notamment le président du Medef en France qui explique qu'il faut faire un rempart face à Donald Trump. Mais attention aux outils qu'on va déclencher parce que ça pourrait éventuellement se retourner contre nous, notamment dans le domaine numérique puisqu'on est très dépendant des Etats-Unis dans ce domaine.
We’re Ready to Help
Call or Book a Meeting Now